Trois activistes ukrainiennes, qui manifestaient seins à l'air en Biélorussie, auraient été kidnappées, déshabillées puis abandonnées dans les bois par des agents du KGB. Récit.

Des activistes ukrainiennes, du mouvement féministe FEMEN, célèbre pour ses manifestations topless, se sont rendues lundi 19 décembre à Minsk (Biélorussie) devant le bâtiment du KGB. Seins nus, elles ont protesté contre la réélection controversée d’Alexandre Loukachenko, à la tête du pays depuis tout juste un an.

Trois des manifestantes affirment, depuis, avoir été ce soir-là "kidnappées" par des agents à une gare.

"On a versé de l'essence sur elles"

Selon leur récit, les forces de l'ordre leur auraient bandé les yeux avant de les jeter dans un bus qui aurait roulé toute la nuit jusqu'à une forêt située en région de Gomel, à 320 km au sud-est Minsk.

"Elles ont eu les yeux bandés et ont été conduites dans un bus toute la nuit" a déclaré l'association dans un communiqué mardi. "Elles ont été emmenées dans les bois, on les a forcées à se déshabiller, on a versé de l'essence sur elles et on les a menacées de les brûler vives".

Filmées et recouvertes de plumes

La scène aurait été filmée par un des kidnappeurs qui les auraient aussi "menacées avec un couteau dont ils se sont plus tard servi pour couper leurs cheveux."

Après les avoir rouées de coups de bâton et recouvertes de plumes et d'huile inflammable sur tout le corps, les agents spéciaux les auraient également fait crier en approchant des briquets face à elles et les auraient aussi obligées à porter des pancartes avec des symboles nazis.

Au bout de leur calvaire, les jeunes femmes seraient ensuite parvenues à sortir de la forêt et à se réfugier dans le village de Beki au sud-ouest du pays.

 

Pression sur l’ambassadeur

L'ambassade ukrainienne de Minsk n'a pas souhaité confirmer cette information, mais a déclaré à la BBC que le diplomate allait mener une enquête sur les évènements. Les services de sécurité biélorusses ont refusé de faire un commentaire sur la déclaration de FEMEN, tandis que le porte-parole Alexander Antonovich a simplement déclaré que leur comportement de lundi était une "provocation". 

Le combat continue

Selon le site, Le Matin.ch, les trois activistes ont déposé plainte auprès de la police biélorusse pour les sévices qu'elles ont subis et le vol de leurs papiers, leur argent et leurs téléphones portables. Elles disent n'avoir pas subi d'agressions sexuelles directes, mais des humiliations.

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Malgré tout, les jeunes femmes disent que le combat continue. Elles ne se laisseront pas intimider et promettent de retourner en Biélorussie pour soutenir celles et ceux qui tentent de se soulever contre le régime corrompu et violent de Minsk.

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