La tuerie de Toulouse intervient à seulement un mois du 1er tour d’élections majeures. Cette tragédie aura-t-elle une influence sur le choix des Français ? Retour sur ces faits divers qui ont bouleversé et marqué en profondeur responsables politiques et électeurs.

1988 : Le drame d’Ouvéa

Alors que Jacques Chirac, Premier ministre,  et François Mitterrand, président sortant, s’affrontent sur les plateaux de télévision, c’est un autre combat qui se joue à près de 17 000 km de Paris. Le 22 avril 1988, à Fayaoué, sur l'île d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie, un commando armé attaque une brigade de gendarmerie, à deux jours du 1er tour de la présidentielle. Les revendications de ce groupe d’indépendantistes kanaks et membres du FLNKS* sont simples : que l’autodétermination des habitants soit réelle et l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie prononcée. Mais l’affrontement dégénère et, en quelques minutes, quatre gendarmes sont tués par balles.Les indépendantistes fuient et prennent en otage vingt-sept gendarmes. Ils se réfugient dans la grotte. Des troupes d’élite arrivent de métropole, et parmi elles, certains membres du GIGN** qui sont également pris en otage à la suite d’une mission de reconnaissance. Alors que les négociations sont en passe d’aboutir et qu’une réédition est programmée, l’assaut est ordonné sur fond de bataille entre l’Elysée et Matignon. Ce bain de sang se conclura par la mort de 19 Kanaks et de deux militaires, sans compter de graves rumeurs relatives à des exécutions sommaires commises par les autorités. François Mitterrand sera réélu.*Front de libération nationale kanak et socialiste* Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale

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