Fin novembre, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale Roselyne Bachelot lançait la dernière grande réforme sociale du quinquennat de Nicolas Sarkozy : le financement de la dépendance. Aujourd'hui, l'Elysée rejette l'idée d'une seconde journée de solidarité. Quelles solutions reste-t-il ?

Dépendance : quelles pistes pour financer ?

Nicolas Sarkozy l'avait promis lors de sa campagne en 2007 : il s'attaquerait au financement de la dépendance. Confronté au phénomène du vieillissement de la population, le gouvernement doit faire face à un coût estimé aujourd'hui à 20 milliards d'euros, qui passerait à 30 milliards d'euros d'ici 2025. Bien que certains élus de la majorité le poussent à reporter cette réforme sensible, le Chef de l'Etat a lancé le chantier sous forme d'un débat national qui devrait donner lieu à une proposition de loi avant l'été. L'échéance approche, et (débat ou non) l'Elysée supprime une à une les pistes envisagées jusqu'à présent.

 

Quel financement aujourd'hui ?Les personnes en situation de dépendance perçoivent aujourd'hui l'APA, l'allocation personnalisée d'autonomie. Cette aide est financée par 0,1 point de la CSG, et par la contribution solidarité créée depuis la canicule de 2003 (jour de Pentecôte travaillé). Problème : ces fonds ne couvriraient que 30% des besoins des personnes concernées. 

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Le reste du financement est assumé par les départements et les familles. Comme le rappelle le président de l'Assemblée des départements de France, Claudy Lebreton, "les 102 départements de France financent trois types d’aides:- une grande partie de l’Allocation personnalisée à l’autonomie (APA) : destinée aux personnes retraitées concernées, elle coûte un peu plus de 6 milliards.- la Prestation de compensation du handicap (PCH) : elle va aux personnes en situation de handicap, par l’intermédiaire des Maisons départementales aux handicapés, qui définissent les plans de financement d’accompagnement. Cela représente plus de 1 milliard d’euros.- le Revenu de solidarité active (RSA) : n’est pas pour les personnes âgées, mais pour tous les individus qui en ont besoin. Cela coûte 6 milliards d’euros."

Sur un total de 13 milliards, l'Etat ne finance donc que 7 milliards d'euros.