La Secrétaire nationale aux personnes âgées, handicap et dépendance du Parti Socialiste, Charlotte Brun, a accepté de répondre à nos questions. Alors que le débat sur le financement de la dépendance initié par la ministre Roselyne Bachelot bat son plein, Charlotte Brun détaille pour Planet.fr le combat du PS pour faire valoir un autre point de vue.

Planet.fr : Comment le Parti Socialiste appréhende-t-il le débat sur la dépendance ?

 

Charlotte Brun : En soi, nous sommes contents que le débat arrive enfin. C'était une demande que les principaux candidats à la présidentielle ont toujours dit vouloir exaucer, depuis un certain nombre d'années. Nicolas Sarkozy avait même parlé d'une cinquième branche de la Sécurité Sociale. Aujourd'hui le sujet a été totalement évincé.

 

C'est notre principal désaccord : ce débat semble s'apparenter à une fausse démocratie. Ils ont lancé les quatre groupes de travail début février et vont travailler jusqu'à début juillet. C'est là un premier point étonnant, car ils rendront leurs travaux avant que le débat n'ait eu lieu en région. Le risque est énorme que ce soit un semblant de démocratie locale. C'est juste pour donner l'impression qu'ils font quelque chose.

 

Nous, on trouve qu'on gagnerait  à envisager moins le débat d'un point de vue financier. Pour cela, il faut apporter un certains nombre de clés aux Français. Or, celles apportées par le ministère sont orientées idéologiquement.

 

Nicolas Sarkozy s'est exprimé mardi 8 février pour la première fois sur les pistes du financement de la dépendance. Qu'en avez-vous pensé ?

 

Nous avons sorti un communiqué de presse à cette occasion. Nous y disions qu'en insistant sur la culpabilisation des familles, et en disant qu'il était hors de question de mobiliser davantage de financements, Sarkozy a très clairement donné une feuille de route. Ils ont ouvert un débat, et ils ferment des pistes.

 

Par ailleurs, en nous disant qu' "il y a déjà 5 millions de Français qui ont un contrat dépendance", le Président omet de préciser que seulement 10% des sommes sont attribuées lors des derniers mois de la vie de la personne. Nous aimerions qu'il y ait aussi un débat là-dessus, ou des études.

 

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La logique individuelle et intrafamiliale avancée par Nicolas Sarkozy est inacceptable. Selon l'association France Alzheimer, un malade nécessite 6 heures de soins par jour, à effectuer par un aidant. L'enjeu est bien de soulager davantage les familles, pour quelles puissent vivre leur relation avec la personne âgée de manière moins dramatique. Aujourd'hui, il faut reconnaître et sécuriser ce poids, ce qui suppose un changement de tonalité.

 

Voir aussi:

Dépendance: chronologie de la réforme

Chat avec Roselyne Bachelot sur Planet.Fr