Synode et péché d'obéissance

Préliminaire pour les nuls : un synode est une assemblée composée exclusivement de mâles, de préférence âgés, théoriquement astreints au célibat. Comme le précédent, le synode catholique – universel - qui s'est achevé ce samedi 24 octobre, avait pour vocation de donner des orientations pour dynamiser les familles, notamment les plus jeunes.

Autant que faire se peut, les familles cathos sont encore composées d'un papa, d'une maman et de quelques enfants. La moitié de cette population appartient donc à la gent féminine, "le sexe du péché".  

L'importance accordée par le nouveau pape au synode est incontestablement une avancée vers la démocratie ; celle-ci est encore indirecte mais un synode n'aurait sûrement pas cautionné "Humanae vitae". Le problème est que la démocratie a autant de mal à délier qu'à lier. Sur ce point, les "conclusions" du synode sont encore en devenir. Un consensus a été trouvé à l'intérieur de chaque groupe linguistique. Par contre, au niveau mondial, le désaccord reste profond, même pour un sujet aussi facile à cerner que l'accès à l'eucharistie des divorcés remariés : en clair, pour ceux et celles qui ont connu la terrible épreuve du divorce et qui essaient de se reconstruire avec un autre, ou une autre, en y engageant tout leur corps, le contact direct, physique, avec le Christ est interdit : ce Jésus dont la priorité absolue a toujours été l'attention au plus pauvre. Certes, un texte, adopté à une voix près, ouvre un vasistas pour les diocèses qui voudront bien s'y glisser, ce qui est déjà beaucoup.

Il y a déjà quelques années, nous avons eu la chance d'échanger en vérité avec une grande dame, aujourd'hui passée sur l'autre rive : une religieuse qui, à quatre-vingts ans, était encore intelligemment coquette. Elle  avait eu une vie passionnante, parfois très dure. Et pourtant, elle nous a avoué, un jour, entre la poire et le fromage, que le plus exigeant, pour elle, avait été le voeu d'obéissance.

Je rappelle, pour le non initié, que chaque religieux, homme ou femme, assume ce vœu : c'est-à-dire qu'il s'engage à respecter les décisions de son supérieur, même si le choix imposé lui semble débile. Il fut un temps où ce facteur d'unité était peut-être nécessaire. Mais, le nazisme et le communisme stalinien, pour ne citer qu'eux, ont montré les dangers du "péché d'obéissance".

Enfant, en dépit - ou à cause - d'une éducation morale trop rigoriste, on nous expliquait que la conscience individuelle devait rester le décideur ultime ; seuls les dogmes - le credo et quelques annexes sympathiques - étaient imposés.Selon moi, les "conclusions" du synode, évidemment "drivé" par l'Esprit-Saint, devraient inciter la sainte église catholique romaine à rappeler la primauté de la liberté de conscience.

J'aime à croire que, lors de mon existence prénatale, particulièrement orageuse, j'ai été définitivement vacciné contre le péché d'obéissance. C'est ce huitième don de l'Esprit que je vous souhaite à tous.

En vidéo sur le même thème :le Synode sur la famille se termine au Vatican

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