Après le piratage de ses données, Sony Pictures a décidé d'annuler la sortie de "The Interview", par peur de représailles terroristes.

La comédie potache de Seth Rogen ne sortira pas en salle aux Etats-Unis pour le 25 décembre. Sony Pictures a annoncé mercredi que The Interview, L’Interview qui tue ! en français, ne sera diffusé dans aucune salle obscure américaine.

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Les "cyber-terroristes" à l’origine du piratage de milliers de données provenant de Sony, dont les salaires et les boîtes mail des dirigeants de la société, ont menacé de commettre des attentats dans tous les cinémas qui diffuseraient la pellicule.

"Nous allons vous montrer clairement dans tous les lieux où The Interview sera diffusé, notamment lors de l’avant-première, à quel destin tragique sont voués ceux qui cherchent à se moquer de la terreur", ont-ils déclaré dans un communiqué.

Une menace prise très au sérieux car entre temps, le gouvernement américain a confirmé que cette cyber-attaque était en lien avec la Corée du Nord.

Pyongyang rit jaune

Mais pourquoi la comédie à l’humour très américain de Seth Rogen crée-t-elle une telle polémique ? Et bien parce que The Interview tourne autour de l’élimination de Kim-Jong-Un.

Dave Skylark, alias James Franco, présentateur vedette d’un talk-show américain, est invité par le dictateur nord-coréen, qui est l’un de ses plus grands fans, pour réaliser l’interview de sa carrière. Alertée par la nouvelle, la CIA somme Dave et son producteur Aaron Rapaport, interprété par Seth Rogen en personne, d’éliminer leur interlocuteur.

Un scénario rocambolesque qui n’a même pas fait sourire le véritable Kim-Jong-Un. Sa représentation en sauveur de petits chiens, fan de Katy Perry et adepte de soirées en compagnie de femmes légèrement vêtues a insurgé la Corée du Nord. En juin, Pyongyang a estimé que The Interview était un "acte de terrorisme" et promettait des "représailles impitoyables" si les Etats-Unis n’interdisaient pas la pellicule.

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Vers un nouveau "11 septembre" ?

Les pirates informatiques, qui se surnomment "les gardiens de la paix", appellent aujourd’hui les spectateurs à boycotter le film de Seth Rogen, laissant planer le doute sur un éventuel attentat :

"Rappelez-vous le 11 septembre 2001. Nous vous recommandons de vous tenir à distance de ces endroits où le film sera montré. Et si votre maison est à proximité, vous devriez partir."

Si le gouvernement américain n’est pas plus inquiété que cela par cette annonce, il n’y a toutefois aucun moyen de savoir jusqu’où les "cyber-terroristes" pourront aller.

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Quant au film lui-même, s’il a été interdit aux Etats-Unis, il devrait sortir dans les salles françaises en 2015. Toutefois, The Interview essuie déjà des critiques assassines et risque de chuter lamentablement au box-office.

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