Le pape François et l'Islam

Comme tout chef d'Etat, le pape François a trois responsabilités : le fonctionnement de la Curie (l'exécutif), la préservation de l'identité catholique (la com et les lois) et la politique étrangère.

Il est trop tôt pour savoir si la nomination de fortes têtes à la direction de quelques dicastères suffira pour endiguer les courants infernaux qui traversent la cuisine vaticane.

A ce jour, la com est exemplaire ; les gestes ciblés et le film El Padre Jorge donnent de l'Eglise catholique une image chaleureuse, à la fois moderne et traditionnelle. L'exhortation apostolique, "la joie de l'amour", est un petit chef-d'oeuvre que, selon ses propres convictions, on peut estimer habile, jésuite ou inspirée par l'Esprit. Comme il se doit, la doctrine est scrupuleusement respectée mais l'accueil du "pécheur" est profondément "relooké".

L'Eglise catholique a toujours insisté sur la miséricorde du Christ. Ce qui est nouveau dans "amoris laetitia" est l'injonction pressante adressée aux communautés catholiques, à tous les niveaux, de faire preuve de cette même mansuétude. On connaît le célèbre "qui suis-je pour juger ?" : chaque pasteur est invité à suivre l'exemple du souverain pontife.

Cela va très loin. Au numéro 290, "les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes … ils ne doivent pas se sentir excommuniés". Certes, ces exhortations sont parsemées d'incitations à la prudence : "… en évitant toute occasion de scandale …".

Et la politique étrangère ? Pie XII a dû se positionner face au nazisme. Jean-Paul II était obsédé par le communisme. François est, lui aussi, un pape "politique". Son orientation est limpide : demander aux riches états du Nord d'aider et d'accueillir massivement les peuples du Sud. Ce choix est peut-être bon pour l'église universelle mais il n'est pas à l'abri des dommages collatéraux.

En ce qui concerne la France, qui est tout de même notre priorité, cela implique  d'ouvrir généreusement la porte à des millions de migrants. La situation géographique fait que ceux-ci sont majoritairement musulmans. Il est vrai que la doctrine musulmane peut susciter des croyants d'une très haute spiritualité. Par contre, à la base, une partie de l'Islam méditerranéen, y compris sur le sol français, est en pleine déliquescence morale, intellectuelle et spirituelle. C'est le triomphe des feignasses débiles dont les terroristes ne sont que la partie émergée de l'iceberg. Et cette dégénérescence est confortée par une partie de la gauche, voire de la droite, et des médias. Comme le note, fort justement, Philippe de Villiers, ce sont les intellectuels musulmans eux-mêmes qui tirent la sonnette d'alarme.

Dans son livre, Les cloches sonneront-elle encore demain ?, ledit Philippe de Villiers démonte avec précision les mécanismes qui transforment les responsables français en "dhimmis", c'est-à-dire en inférieurs qui revendiquent eux-mêmes leur humiliation (pages 137 et 140). Certes, Philippe de Villiers reste un manichéen outrancier mais la force de ses convictions lui donne l'audace de contester, à juste titre, le pape François lui-même (explicitement page 106). Or, le "miracle" du Puy du Fou atteste la sincérité de l'engagement viscéral, concret et efficace de Philippe, ce nouveau croisé, au profit espéré de la chrétienté.

Les évêques de France, les mouvements d'action catholique et la conférence des baptisés seront-ils les fossoyeurs du patrimoine judéo-chrétien au profit d'un Islam dénaturé ? Jean-Frédéric Poisson demande l'abrogation de la loi sur le mariage pour tous, acceptable si on en reste là, mais il tolère le burkini, cet instrument d'oppression d'une perfidie et d'une efficacité redoutables.

Et les cloches ? Sonneront-elles le tocsin révolutionnaire ou le glas de l'humanisme laïc et républicain ainsi que le glas de l'émancipation de la femme ?