Michel Hazanavicius, le réalisateur oscarisé pour son film The Artist, a publié une lettre ouverte à François Hollande ce jeudi 18 juillet. Une lettre dans laquelle il déplore l’action du gouvernement, l’accusant de sacrifier la culture et le cinéma français.

Le réalisateur de The Artist et OSS 117, Michel Hazanavicius, a publié ce jeudi 18 juillet une lettre ouverte à l’attention de François Hollande. Michel Hazanavicius, qui a reçu l’Oscar du Meilleur Film pour The Artist en 2012, est aussi le président de la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs de France. C’est en tant que tel, et en tant qu’artiste engagé, qu’il a écrit au président de la République, l’accusant de sacrifier la culture et le cinéma français.

Un Michel Hazanavicius perplexe et en colèreMichel Hazanavicius a expliqué dans cette lettre qu’il a "beaucoup de mal à comprendre pourquoi, après avoir si brillamment sauvé l'exception culturelle," François Hollande laisserait "détruire" le secteur du cinéma, "sur la foi" du rapport Queyranne "qui n'a visiblement compris ni nos enjeux, ni notre rôle social." Le rapport Queyranne préconise de plafonner les ressources du Centre national de la Cinématographie (CNC) à 550 millions d'euros, contre 700 millions aujourd'hui. "L’action de votre gouvernement devient de moins en moins compréhensible pour notre secteur et cela nous consterne" écrit-il au président.

Le Cinéma français, créateur d’emploiMichel Hazanavicius a rappelé qu’un "grand nombre d’emplois générés par cette entreprise (celle du Cinéma) seraient menacés, en premier lieu dans les laboratoires cinématographiques qui sont déjà, comme vous le savez, dans une situation extrêmement critique. " Pour lui, baisser le budget consacré au cinéma : "c’est courir le risque de faire partir à l’étranger les personnels qualifiés qui sont fort appréciés, et demandés, par les grandes productions étrangères (américaines notamment). Ils constituent un pôle d’attraction et un précieux potentiel sur lequel la création française peut s’appuyer. Un film français qui se délocalise, ou qui ne peut se réaliser, c'est entre 100 et 200 emplois qualifiés qui se perdent. C'est une PME qui ferme. Pourquoi envisager de détruire cette entreprise centenaire qu'est le cinéma? "

Publicité
Il comprend néanmoins que la situation de la France est graveToutefois, Michel Hazanavicius reste lucide, il connaît l’état de santé de la France en ce moment : "nous mesurons combien votre mission est complexe dans une France en difficulté, mais nous ne pourrions comprendre que vos choix soient ceux du sacrifice, de la culture et du cinéma."L’intégralité de la lettre est à retrouver ici. 

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour : 

Publicité