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La pénurie de dollars pèse sur la croissance en Egypte. Depuis la révolution de 2011, les réserves de la Banque centrale ont fondu de moitié à 16,5 milliards de dollars. Pour endiguer l'inflation, elle a fixé le cours de la devise nationale à 7,83 livres pour un dollar, un taux que ne respectent pas les bureaux de change. Au marché noir, le dollar se vend à 9,25 livres égyptiennes. Sur les 111 bureaux de change qui opèrent dans le pays, quatre ont été fermés par les autorités et 27 sanctionnés. 'Je pense que les principales raisons de la crise actuelle sont économiques. Mais le contexte politique et sécuritaire en Egypte alimente les craintes économiques et dissuade l'investissement étranger dans le pays,' commente Mohammed Al-Najar, docteur en finances. Ce mois-ci, la pénurie de dollars a conduit l'Américain General Motors, qui contrôle 20% du marché automobile égyptien, à suspendre ses opérations dans le pays. Les entreprises locales qui importent des fournitures en dollars sont aussi directement affectées et doivent licencier. Sur les marchés, les prix flambent sous le coup de l'inflation importée. Les classes moyennes sont prises à la gorge. 'On s'attend à une nouvelle hausse des prix,' se désole un commerçant. 'Comment les gens vont-ils s'en sortir ? Où vont-ils trouver de l'argent ? Les prix de l'eau et de l'électricité ont augmenté, tout augmente!' Et une cliente de renchérir : 'de quoi allons-nous vivre dans cette situation ? Comment vais-je nourrir ma famille ? Où est la baisse des prix qu'on nous promet ? Le dollar monte et on mange des cailloux !' La Banque centrale a prévu de laisser flotter la livre égyptienne dès que ses réserves de change atteindront 25 milliards de dollars. Mohammed Shaikhibrahim, notre correspondant au Caire, conclut : ' les efforts du gouvernement égyptien pour relancer l'économie semblent s'avérer inefficaces pour l'instant. Les analystes s'inquiètent tout particulièrement de son intention de laisser le marché décider de la valeur de la livre égyptienne, ce qui, selon eux, reviendrait à un suicide économique, tout particulièrement dans un pays où la croissance s'essouffle et où le chômage touche près de 13% des actifs.'
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Depuis hier, les règles ont changé en Russie pour tous ceux qui veulent acheter des monnaies étrangères : euros, dollars ou autres. Un passeport est maintenant exigé par les banques, pour tout achat à partir de 200 euros. Vous devez aussi remplir un questionnaire avec des questions sur la situation financière, les sources de revenus, l'emploi en cours, et des informations plus personelles. Officiellement il s'agit de lutter contre le financement du terrorisme. Pour l'instant les touristes étrangers ne semblent pas concernés par cette mesure qui intervient dans un contexte économique de très forte inflation, et de rouble très faible. A cause notamment des sanctions internationales, et de la baisse des prix du pétrole, les prix des produits courants ont presque doublé en quelques semaine. Une situation qui devrait perdurer l'année prochaine. Le rouble n'en finit pas de dégringoler. 78 roubles pour un euro, 63 pour un dollar: la monnaie russe s'effondre à nouveau ce lundi à des niveaux jamais vus, une baisse de 8% au plus fort de la journée, et les interventions de la banque centrale russe depuis le début du mois n'y ont rien fait. Les sanctions internationales liées à la crise ukrainienne et la chute des cours du pétrole plombent le rouble. Depuis le début de l'année, il a perdu 42% de sa valeur face à l'euro, 48% face au dollar. Dans le sillage du marché des changes, les indices de la Bourse de Moscou ont dégringolé : l'indice Micex a chuté de 2,38% et surtout le RTS de 10,12%. La chute du rouble fait flamber les prix. Selon la banque de Russie, l'inflation va atteindre 10% sur l'année. Et le PIB pourrait chuter de 4,5% à 4,8% si les prix du pétrole se maintiennent autour de 60 dollars le baril, leur niveau actuel. Dans ce cas, les revenus des ménages pourraient chuter de plus de 6% et les investissements de 10% l'an prochain. Un tableau noir pour l'économie russe.
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Secoués par les résultats inquiétants de l'économie chinoise, les places mondiales ont subi un vent de panique vendredi. Les cours du pétrole ont chuté à leur plus bas niveau depuis six ans. Un déclin également alimenté par une offre excédentaire. Les bruts légers WTI sont tombés à 40,4 dollars le baril tandis que le brent a reculé à 45,4 dollars le baril. A l'OPEP, malgré les signaux d'alerte, on temporise et on exprime simplement son inquiétude quant aux cours actuels du pétrole. Les bourses européennes et américaines ont enregistré des pertes. Les marchés de Wall Street ont même vécu leur pire semaine de cotation depuis des années. Pire semaine aussi pour les actions américaines du côté de l'indice 500 Standard and Poor's depuis 2011, le recul atteignant 5,6%. Forte tendance baissière également sur les marchés du Moyen Orient : la bourse d'Arabie saoudite affichait son plus bas niveau depuis sept mois en perdant 14,2 points. Cette vague négative a profité à l'or. Son cours est repassé dans le vert avec une hausse d'environ 3,15%, le métal jaune étant favorisé par les hésitations de la Fed quant à une hausse des taux d'intérêt pour septembre. Dans le même temps, le dollar perdait 2%. 'Les cours du pétrole vont entamer un réajustement' Pour aller plus loin sur le sujet, nous interrogeons Nour Eldeen Al-Hammoury, responsable en chef des stratégies marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi. Daleen Hassan, euronews : 'La semaine dernière, une vague baissière a frappé la plupart des marchés. Que faut-il en penser ?' Nour Eldeen Al-Hammoury : 'Le pétrole repose sur la loi de l'offre et de la demande : actuellement, les réserves sont élevées et les marchés ont les yeux rivés sur la demande chinoise et s'attendent à ce qu'elle baisse, c'est pourquoi les cours du pétrole chutent. Pour autant, les principes fondamentaux des marchés restent les mêmes. La demande en pétrole est toujours forte. A court terme, on ne peut pas se passer de pétrole. Donc les prix - en particulier en cette fin d'été - vont entamer un réajustement. On doit bien considérer que la Chine a porté la reprise économique mondiale depuis l'éclatement de la crise financière. La croissance de son PIB (le premier au monde en parité de pouvoir d'achat) atteint encore 7%. Par conséquent, le ralentissement actuel s'inscrit dans un cycle économique normal. C'est l'étape suivante à laquelle la Chine doit se confronter pour pouvoir renouer avec une forte croissance.' Daleen Hassan : 'L'or a repris des couleurs avec une orientation à la hausse en fin de semaine dernière. Cette tendance peut-elle se poursuivre s'agissant de l'or et des métaux en général ?' Nour Eldeen Al-Hammoury: 'On a assisté à un renforcement de l'or, mais les investisseurs n'y ont plus recours de la même façon qu'avant. De plus en plus de traders cherchent à limiter leur exposition en se tournant vers des devises et d'autres catégories d'actifs. Par exemple, l'euro a fait office de valeur refuge ces derniers jours aux côtés du yen japonais et du franc suisse. Les investisseurs y voient un plus grand intérêt par rapport à l'or.' Victimes de la tempête : les marchés émergents Les monnaies des pays émergents sont particulièrement déstabilisées depuis quelques jours, notamment en raison des hésitations de la Fed et de la décision de Pékin et d'autres gouvernements de dévaluer leur monnaie. Au Vietnam, par exemple, le dông a été dévalué de 4% face au dollar mercredi dernier. Les autorités du Kazakhstan ont effectué la même opération : leur monnaie chutait de 26,2% jeudi dernier. Une mesure destinée à soutenir les échanges commerciaux du pays avec des partenaires-clé comme la Russie et la Chine. Le fort recul du rouble cette année a également pénalisé la devise kazakh. Parallèlement, la livre turque s'est effondrée face au dollar enregistrant un record historique. Une monnaie également fragilisée par le contexte politique, le président turc ayant annoncé la tenue d'élections anticipées. 'La volatilité est source d'opportunités' Retrouvons Nour Eldeen Al-Hammoury et recueillons son point de vue sur cette fragilisation des devises de pays émergents. Daleen Hassan : 'Faut-il s'attendre à une fuite des capitaux dans les pays émergents et à de nouvelles dévaluations ? Qu'en est-il des perspectives sur les marchés des changes, en particulier au Moyen-Orient ?' Nour Eldeen Al-Hammoury : 'Les investisseurs peuvent être influencés par les informations qui soulignent la faiblesse des actions sur les marchés émergents, mais le facteur déterminant, c'est le fait que nous sommes encore au coeur d'une guerre des changes internationale. Ce qui entraîne une forte volatilité pour l'ensemble des catégories d'actifs. Il est possible que la valeur des devises émergentes continue à baisser dans les prochaines semaines et que les banques centrales soient obligées d'agir. Pour autant, cela nécessitera une coordination. Sinon, ce sera inefficace. Mais comme on dit souvent, la volatilité apporte son lot d'opportunités et au Moyen-Orient, on a constaté une demande notable dans toute une série de catégories d'actifs, en particulier concernant les monnaies et les matières premières.'
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En Turquie, après l'échec des négociations avec l'opposition nationaliste, le Premier ministre Ahmet Davutoglu renonce à former un nouveau gouvernement. Un nouveau scrutin législatif pourrait être annoncé. Une instabilité politique qu'observe la population avec résignation. Interrogé par le correspondant Euronews en Turquie, un Stambouliote estime que de nouvelles élections sont une mauvaise chose et que le résultat ne changera pas malgré les efforts du gouvernement. Une autre affirme que 'l'économie ne va pas bien. Les prix augmentent. Pendant qu'ils essaient de régler les choses, tout est bouleversé. Je pense que les résultats seront les mêmes. Les gens ne vont pas changer de mentalité'. Les marchés financiers s'inquiètent eux aussi. La livre turque dégringole, elle a perdu 1,31 % de sa valeur face au dollar et 0,62% face à l'euro. 'Certains accusent les partis politiques, d'autres le président Erdogan, rapporte le correspondant Euronews, Bora Bayraktar. Les gens se font du souci car il n'y a pas eu de gouvernement depuis les élections il y a deux mois et demi. Ce sentiment est renforcé par le recul de la livre turque à un niveau bas record'.
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Le Kremlin est sorti de son silence sur la chute du rouble. Vladimir Poutine a proposé ce jeudi de débloquer jusqu'à 1.000 milliards de roubles - soit 13 milliards d'euros - pour recapitaliser les banques de Russie. Le projet de loi sera débattu ce vendredi à la Douma. Profitant de sa traditionnelle conférence de presse annuelle, le Président russe a estimé qu'il faudrait deux ans maximum à l'économie du pays pour sortir de l'ornière. ' La Banque centrale et le gouvernement prennent les mesures appropriées pour gérer la situation actuelle, a-t-il assuré. On peut s'interroger sur le calendrier et la qualité des décisions du gouvernement et de la Banque centrale. Mais dans l'ensemble, leurs actions étaient appropriées. ' Mardi, la banque centrale russe a relevé son tôt directeur à 17 % pour contrer l'effondrement de la devise nationale. Au total, elle a dépensé plus de 80 milliards de dollars cette année pour soutenir le rouble, qui a perdu près de 45 % de sa valeur face au dollar depuis janvier. En cause : les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne, mais aussi la chute des cours du brut, qui condamne l'économie russe, dépendante des hydrocarbures, à la récession. Le sauvetage du rouble se traduit par une inflation galopante en Russie et barre l'accès au crédit. Autant de difficultés à même d'écorner la popularité du chef du Kremlin. L'interview : Angus Campbell, analyste sénior chez FxPro Sacha Vakulina, euronews : Nous avons tous suivi attentivement la conférence de presse annuelle de Vladimir Poutine. Concentrons-nous sur ses temps forts économiques. Tout d'abord, le Président russe a imputé la situation actuelle de l'économie à des facteurs extérieurs. Est-ce le cas ou y a-t-il aussi des causes intérieures ? S'agit-il de problèmes temporaires ou d'une faiblesse structurelle de l'économie russe ? ' Angus Campbell, FxPro : ' Eh bien je pense que c'est une combinaison des deux, de causes externes et internes. Bien sûr, le principal facteur externe est un prix du brut quasiment divisé par deux. Cela a eu un impact énorme sur l'économie russe. C'est pourquoi les investisseurs sont réticents à investir en Russie. Il y a aussi des facteurs internes. L'effondrement de la valeur de la devise a des effets inflationnistes sur les prix en Russie. Et l'année prochaine, très certainement, vous verrez le prix de divers produits - celui des biens électroniques par exemple, entre autres - grimper encore bien plus. ' Sacha Vakulina, euronews : ' Vladimir Poutine a dit, je cite, que 'dans le pire des scénarios économiques externes cette situation pourrait durer environ deux ans.' Jusqu'où l'économie russe peut-elle sombrer avant de commencer à se reprendre ? ' Angus Campbell, FxPro : ' Si nous constatons un certain retour au calme, sans plus de pression à la vente sur le brut et le rouble, alors cela pourrait prendre moins de deux ans. La Russie pourrait bien rebondir un peu plus vite. Dans le pire des cas, on pourrait assister à une ruée sur les banques en Russie, mais cela n'arrivera que si le rouble s'affaiblit encore plus. Et il n'est susceptible de s'affaiblir davantage que si d'autres sanctions sont imposées à la Russie ou si les cours du pétrole s'affaissent encore. '
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Nouvelle conséquence de l’escalade de la crise en Ukraine, en Russie, les deux indices de la place financière moscovite, le Micex et le RTS, dégringolaient respectivement de 7,81% et...
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Une manifestation interdite et dispersée par la police. Nous sommes à Almaty, la principale ville et capitale économique du Kazakhstan. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées samedi...
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