Revue du web
Avec Atlantico
Le contexte européen de faible croissance économique ces trente dernières années explique la relative stabilité de la géographie économique du continent.
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L'année 2017 se présente mal parce que la France n'est pas solide. Sauf à considérer que les risques sont autant d'opportunités.
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'Une usine fermée est une usine occupée', le slogan est signé du gouvernement vénézuélien qui a mis ce lundi ses menaces à exécution en prenant possession du site de l'entreprise américaine Kimberly-Clark. Celle-ci avait annoncé la cessation de ses activités, samedi, faute de devises pour acheter les matières premières. Avertissement lancé aux autres entreprises étrangères Nicolas Maduro a fait redémarrer les machines et averti toute autre entreprise tentée par la fermeture qu'elle subirait le même sort. Le Venezuela connaît une grave crise économique depuis la chute des cours du pétrole, dont il tire l'essentiel de ses revenus. Près de 80% des produits de première nécessité sont désormais quasi-introuvables, selon des organismes privés. Le pays est, en outre, plongé dans une profonde crise politique. L'opposition, majoritaire au Parlement depuis les dernières élections législatives, réclame la tenue d'un référendum pour révoquer le président Maduro.
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La zone euro de nouveau mise à rude épreuve par la crise bancaire italienne. Le Brexit a été le choc de trop pour ce secteur morcelé, sous-capitalisé et gangrené par 360 milliards d'euros de créances douteuses. Depuis le référendum britannique du 23 juin, l'indice bancaire italien a cédé 31%, 57% depuis le début de l'année. Souhaitant intervenir, Rome s'est vu opposer une fin de non recevoir par Bruxelles. Pourtant, comme l'explique Jeremy Stretch, courtier chez CIBC, 'il y a un risque de contagion aux autres banques européennes, comme cela a été le cas en 2007 et au-delà. Je pense que ce sera la principale inquiétude si le système bancaire italien s'effondre à grande échelle.' Mais voilà, depuis 2014, les règles bancaires ont changé dans l'Union européenne. Désormais, avant tout sauvetage public d'une banque en faillite, les créanciers et déposants doivent assumer une partie des pertes. C'est ce qu'on appelle le bail-in. Reste qu'en Italie, nombre de ces créanciers sont de petits épargnants. En novembre, l'application scrupuleuse du bail-in dans le sauvetage de quatre petites banques avait poussé un retraité ruiné au suicide, provoquant un tollé dans tout le pays. D'où l'insistance de Rome pour un assouplissement du bail-in, une idée qui déplaît à Berlin. Certes, renflouer les banques avec de l'argent public viendrait gonfler une dette déjà abyssale à 133% du PIB. Mais le premier ministre, Matteo Renzi, champion des marchés, joue son avenir politique, dans la mesure où il a lié son sort à la victoire du oui au référendum sur la réforme constitutionnelle cet automne. Le non est pour l'instant en tête. Un sursis pour les banques italiennes pourrait changer la donne.
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Au Venezuela, 80% des produits de première nécessité sont introuvables. Le pays s'enfonce de plus en plus dans une grave crise économique due notamment à la chute des cours du pétrole. 500 Vénézuéliennes ont récemment forcé un barrage policier à la frontière colombienne pour aller faire leur marché dans la ville d'à côté.
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Quel avenir pour la ''City'' après le Brexit ? Des milliers d'emplois du secteur financier pourraient quitter Londres pour d'autres villes. La banque américaine JP Morgan a déjà annoncé son intention de déplacer de nombreux postes. Par ailleurs, Londres pourrait voir déménager l'Autorité bancaire européenne (ABE), fondée au lendemain de la crise financière. Quelle ville profitera le plus de ces délocalisations ? La réponse du Dr. Rudiger von Rosen, co-directeur du Center of Finance and Economics: 'La City de Londres est la plus grande place financière au monde. Il va y avoir des départs vers d'autres villes, et la ville qui en profitera le plus c'est Francfort.' Entre 10.000 et 15.000 emplois pourraient arriver à Francfort dans les cinq prochaines années selon l'association Frankfurt Main Finance. La Deutsche Bank, par exemple, pourrait rapatrier certaines activités à son siège francfortois. À Paris, le quartier de la Défense pourrait aussi profiter du Brexit. La banque britannique HSBC a évoqué la possibilité de ''déplacer un millier de personnes'':http://www.lefigaro.fr/societes/2016/02/16/20005-20160216ARTFIG00009-hsb... dans la capitale française. Autres destinations possibles pour les banquiers de la City : Dublin, Luxembourg ou encore Amsterdam. Avec le Brexit, certains estiment que la finance européenne deviendra davantage multipolaire. Brexit : la finance européenne bascule dans une nouvelle ère https://t.co/E0W2zw5QdA pic.twitter.com/aoJLkkCLfz- Les Echos (@LesEchos) 27 juin 2016
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L'état d'urgence financière décrété par le gouverneur de l'Etat de Rio de Janeiro, à moins de cinquante jours des Jeux olympiques. Le président brésilien par intérim Michel Temer a déjà fait savoir cette semaine qu'il débloquerait les fonds fédéraux nécessaires. Le coût des infrastructures olympiques a été réparti entre la ville, l'état et le gouvernement fédéral. Mais l'état de Rio assure les dépenses quotidiennes en matière de sécurité et de santé. Avec un demi-million de visiteurs attendus durant les Jeux, il assure ne pas pouvoir faire face. Son déficit budgétaire s'élève à près de cinq milliards d'euros, notamment à cause de l'effondrement des cours du pétrole. Le maire de Rio Eduardo Paes a assuré dans un tweet que ce décret déclarant 'l'état de calamité publique' n'aura aucune incidence sur le bon déroulement des Jeux olympiques : O estado de calamidade decretado pelo Governo Estadual em nada atrasa as entregas olímpicas e os compromissos assumidos pelo Rio.- Eduardo Paes (@eduardopaes_) 17 juin 2016 L'état de calamité décrété par le gouvernement régional ne retarde en rien l'achèvement des travaux liés aux JO et les engagements pris par la ville de Rio
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Le Venezuela est au bord de l'implosion : l'inflation avoisine les 700%, la plus élevée au monde. Et, outre la pénurie alimentaire, le pays doit faire face à une très forte insécurité. C'est dans ce contexte que s'affrontent Nicolas Maduro, qui ne veut pas quitter le pouvoir et une opposition qui réclame du changement. Henrique Capriles est l'un des leaders de cette opposition. Ex-candidat à la présidentielle, il est aujourd'hui l'un des organisateurs du référendum qui demande le départ du président vénézuélien. Alberto de Filippis : Monsieur Capriles, merci d'être avec nous. Henrique Capriles : Merci beaucoup Alberto et bienvenue au Venezuela. Henrique Capriles, en quoi consiste ce référendum et pourquoi est-il si important qu'il ait lieu cette année ? Tous les représentants de l'Etat qui ont été élus par un vote populaire, quand arrive la moitié de leur mandat, et dans le cas de la présidence, on parle d'une période de 6 ans, donc au bout de trois ans, 20 % des électeurs vénézuéliens peuvent solliciter un référendum (ou un vote de rappel) pour se prononcer sur le représentant en question, dire ce qu'ils en pensent. Ils peuvent décider de suspendre son mandat, s'ils décident que c'est terminé, ou alors de le maintenir et le reconduire jusqu'à la fin de son mandat de 6 ans. Pourquoi demandons-nous ce vote de rappel, ce référendum ? Primo, parce que la première moitié du mandat du président est terminée, et secondo, parce que le Venezuela traverse la pire crise de son histoire. Le Venezuela a vécu d'autres crises par le passé, mais en ce moment, le Venezuela vit la pire crise économique, sociale et politique de l'histoire de notre pays. Que cherchons nous avec ce référendum ? Une solution à la crise qui doit être politique. Pourquoi avons-nous besoin d'une solution à la crise politique ? Parce que le gouvernement contrôle pratiquement toute l'économie, le gouvernement est responsable de l'inflation que nous vivons, de l'insécurité qui est la pire au monde. Au Venezuela, en ce moment, il y a des files d'attentes interminables, on fait la queue pour des produits de première nécessité, pour les aliments, pour les médicaments. C'est le gouvernement qui nous a mis dans cette situation, et le gouvernement ne veut rien changer. Le gouvernement veut que tout reste comme c'est. De cette manière, la crise ne peut que s'aggraver et la crise politique avec. Nous insistons avec ce référendum car nous croyons en une solution démocratique, constitutionnelle, pacifique et électorale. Une situation comme celle que nous vivons, le Venezuela ne peut la résoudre qu'en faisant appel aux Vénézuéliens. Si le référendum ne se tient pas cette année, que fera l'opposition ? Selon moi, si le référendum n'a pas lieu cette année, nous pourrions avoir une explosion sociale au Venezuela, ou, résultat de ces tensions sociales qui croissent de jour en jour, un coup d'Etat militaire. Nous, nous ne voulons pas d'explosion sociale ou de coup d'Etat militaire. Selon nous, il y a une solution qui est dans la Constitution, c'est le référendum. Parlons du risque de coup d'Etat militaire : l'armée, la police, vous pensez que... (Henrique Capriles coupe la parole) Un policier au Venezuela, un garde national, je vous le disais avant l'interview, ce sont les moins bien payés de tout le continent. Un policier gagne 30 dollars par mois au Venezuela, 30 dollars. Vous savez combien il faut au minimum pour faire vivre une famille de 5 personnes ? 185 dollars. Comment vit un policier ? Comment vit un garde national ? Si vous me demandez quelle est leur situation, presque chaque fonctionnaire de police, chaque militaire, presque tous viennent des quartiers pauvres, des secteurs les plus humbles de notre pays. Ils ne sont pas riches, ils ne sont pas millionnaires. Les policiers sont aussi affectés par la crise. Aujourd'hui nous le voyons. Ces fonctionnaires ne veulent pas réprimer les manifestations, ils ne veulent pas utiliser la force pour éviter le recours à un mécanisme constitutionnel. Au contraire. Ils seraient, je suis sûr qu'ils seraient en faveur de la tenue de l'élection. Parce qu'ils savent qu'une élection donnera une nouveau gouvernement et que de cette façon, nous allons commencer à faire redémarrer le Venezuela. Le Venezuela n'a aucun avenir avec Maduro. Vous devez le savoir à l'étranger. Un gouvernement qui a perdu les élections en décembre, il y a un peu plus de 6 mois, ils ont perdu. Ils ont perdu d'une manière écrasante mais il continue de suivre le même chemin, le même discours. Et savez-vous quel est le discours du gouvernement par rapport à la crise ? Il dit qu'il y a une guerre économique. Quelle guerre économique ? Menée par qui ? Vous pensez que ce que nous vivons au Venezuela a quelque chose à voir avec les Etats-Unis ou un autre pays de la planète ? Non. Le problème, c'est que le Venezuela a été volé, qu'ils ont détourné des fonds, détruit l'appareil productif. Ils ont volé la plus grand manne pétrolière de l'histoire du Venezuela. Ici, plus d'un milliard de dollars a été investi ces dernières années. Où est passé l'argent ? Où sont passées les ressources ? Pourquoi y a-t-il des pénuries au Venezuela ? Vous savez ce qu'on mange au Venezuela ? Des mangues. C'est comme ça que s'alimente une bonne partie des Vénézuéliens. Des mangues et du yuca. Il était impensable il y a quelques années, dans ce pays, d'imaginer que les Vénézuéliens soient confrontés à la famine. Qu'ils aient faim. Mais on y arrive, tous les jours, un peu plus. Que faire face à cela ? Nous devons changer. Nous avons besoin de changement, parce que nous ne croyons pas en l'explosion du pays. Si vous étiez président, quel seraient vos premièresdécisions ? Quel changement économique feriez-vous ? Envisageriez-vous de faire appel au FMI, par exemple ? Beaucoup de gens à l'extérieur pensent que le Venezuela n'a que du pétrole. Non. Ce n'est pas le cas. Si vous connaissez mon pays, vous savez que nous avons toutes les terres nécessaires pour produire tous les aliments. Ici. Le Venezuela a des réserves de gaz, de l'or. Il y a une discussion approfondie avec le secteur minier. Le Venezuela a des réserves de coltan, les plus importantes du monde. Le Venezuela a aussi la réserve d'eau douce la plus grande du monde. Le Venezuela a la possibilité de développer son tourisme, le Venezuela, et je ne dis pas ça parce que je suis Vénézuélien, je vous dis cela parce que c'est une évidence, le Venezuela a tout ce qu'il faut. La clé pour que l'économie fonctionne, c'est que vous devez créer de la confiance. Les investisseurs du monde entier attendent un changement au Venezuela pour venir. Parce qu'au Venezuela, tout est pratiquement à faire. C'est un pays où il y a de nombreuses possibilités pour entreprendre, pour créer de l'emploi, pour créer des opportunités. C'est un petit pays en terme de population, nous sommes 30 millions. Avec la réserve de pétrole la plus importante de la planète et tous les atouts que j'ai évoqués, le problème du Venezuela, aujourd'hui, est politique. Car vous savez que le problème est politique et doit être résolu politiquement. Mais, ici au Venezuela, la culture du dialogue a été détruite. La seule manière de résoudre la crise pour vous en Europe est claire, j'ai rencontré l'ancien président Zapatero à deux reprises ces dernières heures... Mais il n'y a plus de dialogue au Venezuela, ces dernières années, nous avons été soumis à une politique de confrontation, pas de dialogue. Ici, il n'y a pas de culture de dialogue comme vous avez en Europe. Où dialogue-t-on ? Dans les parlements nationaux. Quel est le lieu naturel du dialogue ? Le parlement . Et puis, après, il y a le vote, mais toujours sur la base d'accords politiques. Ici, il n'y a pas de politique. Comprenez que la seule option que nous avons, c'est de convoquer les gens pour voter. Que le peuple vote, que le peuple décide. Le gouvernement veut s'asseoir autour de la table, pourquoi ? Parce qu'il ne veut pas convoquer un autre vote ? Alors qu'il y a 2,6 millions de citoyens qui ont signé pour le référendum. C'est inacceptable. Je le répète : il n'est pas question de remettre en cause la constitution. Le dialogue doit se fair pour rétablir la constitution, la loi fondamentale du pays. BIO EXPRESS Homme politique vénézuélien et avocat Poste actuel : 36e gouverneur de l'Etat de Miranda Co-fondateur du parti politique Primero Justicia et ancien candidat à la présidentielle Quelles seraient vos relations avec vos voisins comme Cuba si vous étiez président ? Castro a pris l'avantage sur nous et ça continue. Mais Cuba a décollé. Quand Cuba a vu le Venezuela faire banqueroute, sans ressources, qu'a fait Cuba ? Il a commencé à négocier avec les Américains. Et maintenant le monde entier veut investir à Cuba. Donc si vous me demandez quelles relations nous aurions avec Cuba, et bien je dirais que nous ne pourrions pas continuer à leur donner du pétrole gratuitement. Pourquoi devrions-nous le faire alors que 80% des gens vivent sous le seuil de pauvreté ? Pourquoi devrions-nous nous priver de ce pétrole ? Pour être bien vus ? Pour avoir des amis ? Mais vous croyez qu'on peut acheter ses amis ? Les amis restent vos amis dans les bons et les mauvais moments. Nos deux peuples ont une histoire commune. Nous sommes du même continent. Nous sommes des latins. Mais on ne peut pas me demander de faire avancer le Venezuela tout en abandonnant ses ressources. D'abord parce qu'on doit avoir de la lumière à la maison. Or on ne peut pas avoir de l'obscurité à l'intérieur et de la lumière à l'extérieur. Sinon pourquoi ? Pour qu'on soit tous sur la même ligne à l'organisation des Etats américains ? Tout cela est terminé. Je dis que la confiance est primordiale, on peut se relever en un an. Comment ? En travaillant avec le secteur privé. En utilisant notre pétrole et pas en se le faisant voler ou en le laissant partir. On devrait utiliser le pétrole pour diversifier notre économie. En un an on pourrait libéraliser les ressources afin d'importer de la nourriture et de relancer notre économie. N'y a-t-il rien à conserver dans le chavisme ? Le chavisme n'a existé qu'avec le président Chavez. Mais cela ne signifie pas que les partisans de son projet ne puissent pas avoir le droit d'avoir des représentants politiques. Ils en ont. Mais aujourd'hui, que peut-on dire de cette soit disant révolution ? Chavez a placé la lutte contre la pauvreté comme premier objectif. Et 17 ans plus tard où en est la pauvreté au Venezuela ? Elle est encore pire. Il y a plus de pauvres qu'avant. L'autre grand problème du pays c'est l'impunité. Que faudrait-il faire pour changer cela ? Parmi les dix villes les plus dangereuses du monde, trois se trouvent au Venezuela et la première est Caracas. C'est dramatique et tous les Vénézuéliens en souffrent. Il y a une crise profonde. Rien que l'an dernier nous avons eu 27 000 meurtres. Mais si vous demandez à un citoyen quel est le problème n 1 à régler il vous dira que c'est l'économie. Malgré la violence, le pire problème pour les citoyens c'est l'économie. Mais je vais répondre à votre question : il faudrait changer plusieurs choses. La façon dont la justice est administrée. Le procureur ne devrait pas être la seule autorité. On pourrait renforcer les pouvoirs de police. On devrait renforcer l'éducation : parce que nous avons trois millions de jeunes qui ont quitté l'école. Notre pays ne donne pas d'avenir à ses jeunes Mais pour régler tous ces problèmes vous devez d'abord avoir de la volonté politique.Tout l'Etat doit faire un effort pour travailler avec le peuple. Je crois personnellement que ce gouvernement ne veut pas davantage de sécurité. C'est le genre de gouvernement qui aime l'anarchie dans la société. Et à la fin le citoyen reste faible. Il se referme sur lui-même. Sa maison, c'est sa prison. Et son seul sauveur c'est le gouvernement. Parce qu'il a l'armée avec lui. Ce gouvernement repose sur ce climat de violence et d'impunité. Si vous avez des citoyens faibles, ces derniers ne vont pas demander le respect de la constitution. Nous faisons face à un gouvernement autocratique,autoritaire mais contre lequel nous nous battons au Venezuela. Au nom d'une certaine idéologie, le Venezuela a fermé les yeux face aux incursions sur son territoire de groupes armés telles que les FARC. Qu'en pensez-vous ? Ces groupes sont tourjours là. Mais Alberto, vous savez ce que représentent ces groupes paramilitaires. Ils sont à Caracas et ailleurs. Les gens les appellent les 'colectivos' des sortes de travailleurs sociaux mais c'est tout le contraire. Ce sont des groupes armés totalement hors la loi. Ce ne sont pas des forces de sécurité. Ils ne portent pas d'uniforme. Ce sont juste des commandos paramilitaires protégés par l'Etat. Et ils incarnent la situation de violence dans laquelles nous vivons. Le chavisme a été très généreux envers une large partie de la population. Mais pour beaucoup, tous ces cadeaux ont détruit l'esprit de ces gens... Le gouvernement a détruit le système de santé, d'éducation. Et le programme qui visait à offrir à chacun une maison ou un appartement n'était qu'un mensonge. Ils n'ont pas construits un million de logement. Et c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas que l'on change la loi parce que cette nouvelle loi révèlera le nombre exact de logements construits au Venezuela durant toutes ces années. Comment faire redémarrer le pays ? En travaillant dur. Et je pense qu'une majorité de gens en sont bien conscients. Durant des années les gens se sont servis d'un système qui a détruit les valeurs du travail. Mais on peut les faire revenir. Les Vénézuéliens savent travailler dur. Nous ne sommes pas des fainéants. Et je vous le dis : ne croyez pas ce que vous dit le gouvernement. Ne regardez pas le pays sous le seul prisme du gouvernement actuel. Nous sommes différents de ce gouvernement. Que diriez-vous aux partis de gauche européens et d'ailleurs qui soutiennent le gouvermenent ? Je les invite au Venezuela. Je les recevrai. Je veux être clair. Je ne suis pas un conservateur. Et je ne crois pas que le Venezuela ait un conflit entre sa gauche et sa droite. C'est juste une excuse. Derrière, il y a autre chose. Le Venezuela n'a jamais eu un gouvernement de droite. Le pays n'a jamais porté la droite dans son coeur. Si vous voulez un débat idéologique, ne me demandez pas à moi. Demandez aux gens s'ils sont de droite ou de gauche. Le problème du Venezuela n'est pas idéologique. On a un soit disant gouvernement de gauche mais quand vous regardez comment il agit il ressemble à un gouvernement d'extrême droite. Quand vous écoutez son discours, vous voyez combien il est conservateur. Et ça serait un gouvernement de gauche ? C'est faux. Je veux être clair sur un autre point. J'invite tous les gens de gauche qui soutiennent ce gouvernement. Venez! Je ne vous accueillerai pas comme le fait le gouvernement qui vous mettra dans une bulle. Je vous montrerai la réalité. Je les amènerai dans les bidonvilles, pas dans le palais présidentiel. C'est là qu'ils iront. Les autorités les conduisent dans des endroits charmants, dans des bulles. C'est typique de ce gouvernement. Ils vivent déconnectés du monde et assayent ensuite de faire croire au monde que leur bulle c'est la réalité. Venez et n'ayez pas peur! Ne vous mettez pas à l'abri ici ou dans une autre ville dans un joli bureau avec air conditionné. Ils parlent de revendications. Mais quelles revendications ? Venez au Venezuela voir la réalité. J'ajoute ceci : il n'y a pas de complot international guidé par l'impérialisme contre les gouvernements de gauche en Amérique latine. C'est un mensonge. Ces gouvernements essayent juste de se cacher derrière l'idéologie parce qu'ils sont accusés de corruption. La corruption c'est le mal, qu'elle soit de droite ou de gauche : c'est un cancer. On ne peut ni l'accepter ni la tolérer. Le Venezuela souffre du manque de nourriture, de médicaments. Nous sommes l'économie la moins compétitive au monde et le pays a le plus fort taux de corruption au monde. Nous sommes en dernière position en matière de la transparence. On a la corruption, pas la transparence. Et malgré tout, vous croyez dans le futur ? Je suis un optimiste Henrique Capriles, merci d'avoir accepté cet entretien.
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Un accord, finalement, au niveau européen sur l'allègement de la dette grecque. Il a été trouvé tôt ce matin entre les ministres des Finances de la zone euro, et prévoit le déblocage de nouveaux prêts à la Grèce et des 'mesures progressives' afin d'alléger la dette d'Athènes, condition sine qua non du FMI pour sa participation. Poul Thomsen, chef du FMI Europe : 'Nous nous réjouissons du fait qu'il est reconnu que si la Grèce a besoin d'être soulagée de sa dette pour la rendre soutenable, elle ne peut pas le faire toute seule. Et nous nous félicitons de l'adoption d'une méthodologie pour atteindre cette soutenabilité'. La participation du FMI dans cet ultime sauvetage de la Grèce devrait garantir une certaine rigueur, c'est ce qu'espère l'Allemagne en tous cas, qui était hostile à un allègement de la dette grecque. A Athènes, on se rejouit bien-sûr que les choses avancent : 'Je pense qu'il y a lieu d'être optimiste, déclare le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, que c'est peut-être la fin du cercle vicieux des mesures de récession, de la récession, et le début d'un cercle vertueux où les investisseurs ont un boulevard pour investir en Grèce'. Plus de dix milliards d'euros vont commencer à être débloqués dès juin, en l'échange de nouvelles mesures de contrôle budgétaire et d'augmentation les taxes, ce qui a provoqué à nouveau la colère d'une partie de la population dimanche dernier.
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La contestation contre la réforme du droit du travail, qui a été imposée aux députés, la semaine dernière, par le gouvernement, se généralise dans le pays. Pour des centaines de milliers de personnes qui battent le pavé, occupent les centres-villes les nuits, depuis des mois, la pilule est très difficile à avaler. Et depuis peu, le mouvement s'est durci un peu plus avec la mobilisation des routiers, des dockers, et des cheminots. Ils ne veulent pas de cette loi du patronat et, malgré quelques concessions du gouvernement, ils refusent que l'on touche au pouvoir d'achat et à la qualité de vie de chacun. Ils ont bloqué des raffineries, des ports et une 8e journée de mobilisation s'annonce ce jeudi : 'Le but est de paralyser le trafic et le flux de routiers, de bloquer un peu l'économie, d'essayer de faire des blocages pour leur faire comprendre que le mouvement risque de s'amplifier', explique Laurent Casanova, délégué syndical de Force ouvrière dans le Var. Près de Lyon les salariés de la raffinerie de Feyzin en grève : plus aucun produit ne sort#onbloquetout #NuitDebout pic.twitter.com/kEjJ6vY13U- Nuit Debout (@nuitdebout) 23 mai 2016 Pourtant, le gouvernement ne recule pas. Il a cédé sur le montant de la rémunération des heures supplémentaires des routiers, et le ministre français des Finances Michel Sapin a déclaré les blocages des raffineries et des dépôts de carburants illégitimes expliquant que Matignon 'utilisera tous les instruments' à sa disposition pour les faire cesser. Ce projet de loi est bien devenu un vrai casse-tête pour le gouvernement de Manuel Valls. Avec un chômage, toutes catégories confondues, qui avoisine les 10 % de la population française, la France a l'un des 5 taux de chômage les plus élevés de la zone euro. La croissance économique ne décolle pas vraiment, il fallait donc bien faire quelque chose. Et le gouvernement affirme que cette Loi Travail va créer des emplois en facilitant l'embauche de salariés. Mais les critiques fusent de part et d'autre. À gauche, les syndicats dénoncent le recul des droits des travailleurs. À droite, le patronat prétend que la loi est trop timide. Une motion de censure contre le gouvernement a même failli être adoptée par l'Assemble nationale. Le projet de loi Travail a eu besoin du 49.3 pour passer en force. La Loi Travail doit maintenant être examinée au Sénat, en commission des affaires sociales à partir du 1er juin, puis en séance à partir du 13 juin pour une durée de deux semaines. Et le Sénat, de droite, pourrait bien reprendre le texte et le durcir. Cette réforme du droit du travail pourrait bien signer la mort politique de François Hollande. 'Désolé pour le dérangement..'Une pancarte dernièrement visible en AG à #NuitDebout pic.twitter.com/QHW2KLez99- Remy Buisine (@RemyBuisine) 22 mai 2016
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De longues files d'attente, le rationnement... C'est le quotidien des habitants de Caracas... Et la situation devient chaque jour un peu plus chaotique. Le Venezuela semble au bord de l'explosion. Dès l'aube, ces Vénézuéliens partent donc à la recherche d'aliments à prix subventionnés, mais souvent, ils ne trouvent rien : 'Nous n'avons toujours pas trouvé un endroit où acheter du riz, des pâtes, du beurre, peu importe, pour donner quelque chose à manger à nos enfants. Comment c'est possible ? Pourquoi on est dans cette situation ? Et ils ne nous donnent aucune information pour savoir où trouver de quoi rapporter à la maison' témoigne, énervée, Maria Hernandez, habitante de Caracas. 'Ces files d'attente sont énormes, on en a jamais vu de pareil !', explique une autre vieille dame. Coupures d'électricité quotidiennes, services publics opérationnels uniquement deux jours par semaine, manifestations, pillages, et un Etat qui pourrait être en défaut de paiement d'ici quelques mois... Le Venezuela, autrefois riche producteur pétrolier grâce à ses réserves les plus importantes au monde, a plongé avec la chute des cours du Brut. Le PIB a chuté de 3,9 % en 2014 et de 5,7 % en 2015. Les entreprises vénézuéliennes du secteur industriel peu développé étaient 13 000 en 1999, elles ne sont plus que 4 000 en 2016 selon la confédération patronale. Quant à l'inflation, elle galope et a atteint 180,9 % l'an dernier selon la Banque centrale du pays. Le FMI augure même le record effrayant de 700 % pour cette année. Le rationnement énergétique et alimentaire mis en place pour faire face à cette crise provoque de violentes tensions, de la colère. Et les pillages de supermarchés sont de plus en plus fréquents. L'Observatoire vénézuélien pour les conflits sociaux en a dénombré 107 au premier trimestre de cette année. Il a aussi recensé 17 manifestations spontanées par jour... Crise au Venezuela: "Les gens ont faim" https://t.co/HaHSYTDwQc- La Presse Monde (@LP_Monde) 18 mai 2016 Selon un récent sondage, sept Vénézuéliens sur 10 réprouvent donc la gestion du Président Nicolás Maduro. Mais lui dénonce une conspiration internationale, met en cause les Etats-Unis, et le patronat vénézuélien, ordonnant même la saisie des usines 'paralysées par la bourgeoisie' et l'emprisonnement des entrepreneurs qu'il accuse de saboter le pays. La semaine dernière, il a décrété l'état d'exception, sorte d'état d'urgence économique, pour, dit-il, 'défendre le pays'... Et son bras de fer avec l'opposition s'est accentué depuis qu'elle a rassemblé début mai 1 million 800 000 signatures pour lancer le processus d'organisation d'un référendum destiné à le révoquer. Mais pour l'heure, bien que l'opposition soit majoritaire au Congrès, le gouvernement a rejeté cette demande, et Maduro semble toujours bénéficier de l'appui de l'armée et de la police. #maduroelpueblotienehambre Sur les réseaux sociaux, le hastag #maduroelpueblotienehambre pullule, et les Vénézuéliens montrent leur hostilité au président Maduro : Hay algo que de verdad el gobierno no puede obstaculizar y es el estómago hambriento del ciudadano de a pie #maduroelpueblotienehambre- luis medina (@themapanare) 18 mai 2016 #maduroelpueblotienehambre y tu vas a ser el UNICO CULPABLE de lo que pase!!! _Resistencia_R tativzla21 TusNoticiasVzla YosefMel- Fighter (@Orion_fighter) 17 mai 2016
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Non à l'état d'urgence économique, oui au référendum révocatoire pour mettre un terme au mandat de Nicolas Maduro. C'étaient les revendications principales des milliers de Vénézueliens réunis samedi dans les rues de Caracas à l'appel de l'opposition. Ils ont dit tout le mal qu'ils pensent de ce président très impopulaire qui a décidé vendredi de prolonger le régime d'exception économique de deux mois. 'Le Venezuela est une bombe qui peut exploser à tout moment; a lancé Henrique Capriles, un dirigeant de l'opposition. Nous ne voulons pas qu'elle explose et c'est pourquoi nous appelons chacun à se mobiliser en faveur d'un référendum révocatoire en 2016.' It's grim in Venezuela: drought, shortages, dirty water, so how are they still happy? https://t.co/QBnADO0sS8 pic.twitter.com/blUmVgrgvx- BBC World Service (@bbcworldservice) May 15, 2016 Les partisans de Nicolas Maduro se sont aussi rassemblés ce samedi. Le président a ordonné la saisie des usines 'paralysées par la bourgeoisie' selon lui et il a dénoncé les complots qui se trament contre lui au Venezuela mais aussi, selon lui, aux Etats-Unis. 'Samedi prochain, j'ai appelé les forces armées et la réserve à participer à des exercices militaires nationaux pour nous préparer à tout scénario parce que cette terre est sacrée et que nous devons nous assurer qu'elle est respectée' a-t-il lancé à ses soutiens. Depuis mars, les services publics ne sont plus ouverts que trois jours par semaine, officiellement pour économiser de l'énergie. Le Venezuela est touché de plein fouet par la chute des cours du brut. Même si les étals des magasins sont pour partie vides, ils restent la cible des pilleurs. It's grim in Venezuela: drought, shortages, dirty water, so how are they still happy? https://t.co/QBnADO0sS8 pic.twitter.com/blUmVgrgvx- BBC World Service (@bbcworldservice) May 15, 2016
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Pas assez d'eau, pas assez de récoltes. Le Zimbabwe fait face à une terrible sécheresse. Selon l'ONU, le pays a besoin de 250 millions d'euros pour nourrir 4,5 millions de personnes. Alors pour récolter de l'argent, le Zimbabwe a décidé de mettre en vente ses animaux sauvages. Le pays espère ainsi leur sauver la vie. 'Nous n'avons pas assez d'eau pour prendre soin de nos animaux sauvages', regrette Emmanuel Fundira, organisateur de safaris. 'Et nous n'avons pas non plus les pâturages nécessaires. Dans certaines zones, nous savons donc que l'on risque de perdre des animaux'. Le gouvernement s'est uniquement adressé aux potentiels acheteurs zimbabwéens. Mais la perspective de voir partir des animaux à l'étranger inquiète les scientifiques. 'Au niveau national, je ne vois pas qui au Zimbabwe aurait assez d'argent pour acheter des animaux sauvages', explique Johnny Rodriguez, directeur du Zimbabwe Conservation Trust. 'Si tout cela n'est qu'une excuse pour les exporter à l'étranger, alors je crois que c'est un gros problème. Parce que la place de ces animaux sauvages est ici en Afrique'. Il y a plusieurs mois, le Zimbabwe a annoncé la vente d'animaux sauvages à la Chine. Une transaction qui, pour les ONG, les condamne à une vie entière de traitements inhumains
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Notre journaliste James Franey a rencontré à Bruxelles le ministre des Finances italien Pier Carlo Padoan pour the global conversation. *euronews, James Franey: Les partis eurosceptiques enchaînent les bons résultats à travers l'UE. Ce n'est sans doute pas le meilleur moment pour appeler à plus d'intégration fiscale et politique dans la zone euro. C'est pourtant tout ce dont l'Europe a besoin, selon le ministre italien des Finances, si elle veut surmonter la crise économique. Pier Carlo Padoan, l'ancien chef économiste de l'OCDE, m'a rejoint à Bruxelles pour Global Conversation. Pier Carlo Padoan, bienvenue dans The Global Conversation.* Pier Carlo Padoan, ministre italien des Finances: Merci de me recevoir. euronews: On a assisté à plusieurs plans de sauvetage dans la zone euro ces dernières années. Quel est votre vision de la monnaie unique aujourd'hui? La monnaie unique est bien plus forte qu'elle ne l'était il y a trois ans, depuis la crise grecque nous avons fait en Europe des efforts impressionnants pour renforcer les instituions, particulièrement sur les questions bancaires. Mais aussi pour mieux appréhender la croissance et la coopération fiscale. Peut-elle survivre dans sa forme actuelle? Quelles sont selon vous les réformes nécessaires? Nous devons d'abord achever l'union bancaire en établissant un système européen de garantie des dépôts bancaires ce que l'on appelle la 'résolution' des banques - c'est à dire rendre les banques sures quand elles ne vont pas bien. Il faut aussi renforcer les vecteurs de croissance. Ces derniers sont à chercher du côté de politiques fiscales 'pro-actives', qui doivent être orientées vers la croissance. Il faut mener des réformes structurelles visant à augmenter le potentiel de croissance de l'économie européenne. Si l'on regarde les chiffres de la croissance Italienne ces dernières années, en matière de PIB, c'est plutôt plat depuis l'introduction de l'euro... Pensez-vous que l'euro est une camisole pour la croissance? Ce n'en est pas une s'il est complété par des réformes structurelles, que nous menons dans le pays pour accroître le potentiel de croissance, et d'un lien entre la zone euro et le marché unique. En d'autres mots, je suis pour plus d'intégration dans la zone euro, mais aussi en Europe au sens large. Vous avez été en faveur d'un ministre des finances de l'euro-zone. Quel genre de mandat aurait cette personne? Un tel ministre s'occuperait des ressources communes et de ce que j'appelle 'les biens publics européens'. Un exemple: les migrations. Elles demandent une stratégie européenne pour résoudre non seulement les urgences en terme de flux migratoires, mais aussi pour bâtir dans les pays d'origine des migrants les conditions du développement économique: plus d'opportunités d'emploi pour que la contrainte de traverser l'Europe soit moins forte. Et de préparer l'Europe à accueillir ces migrants: qui sur le moyen terme sont une bénédiction, car ils augmente les opportunités de croissance de l'économie européenne. Etant donnée la montée de l'euroscepticisme dans un grand nombre de pays de l'UE, est-ce vraiment sensé de vouloir transférer plus de pouvoir vers l'échelon européen? Vous ne pensez pas que cela va d'un certaine manière aviver la flamme eurosceptique? C'est tentant de mettre la faute sur l'Europe, mais c'est important que les défis européens soient accompagnés de réponses européennes. A travers les décennies nous voyons que l'Europe a grandit suite à plusieurs vagues d'intégration. Il y a encore beaucoup de bénéfices à tirer de plus grandes intégrations, de plus grandes innovations, de plus grandes opportunités d'emploi, notamment grâce aux migrants sur le long terme. Cela demande des réponses Européennes et pas nationales. Ou sont les preuves de cela? Si on regarde les résultats des élections dans certains pays, où est la preuve que les populations vont soutenir de telles choses? Ce que montrent les sondages et les votes, c'est que les européens ne sont pas satisfaits du modèle économique qui a produit de la récession et du chômage plus que de la croissance. Nous devons renverser cela. Et montrer que l'Europe peut apporter plus de croissance, plus d'emplois, plus d'aides sociales. Ce fût le cas dans le passé, nous pouvons le faire dans le futur. Et commencer maintenant. Je voudrais revenir sur le sujet de l'union fiscale. Le président de la Bundesbank, M. Jens Weidmann, a critiqué cette idée. Il dit voir d'énormes obstacles à une telle union, et qu'aucun politique ne pourra les supprimer. Que lui répondez-vous? Si vous revenez dans le passé, souvent ce qui a été réalisé était sensé être irréalisable. Laissez-moi citer la monnaie unique, la Banque Centrale Européenne et les instituions européennes. Je crois vraiment que l'Europe doit aller de l'avant, et non reculer. Si on recule, et il y a un risque que cela arrive, alors l'impact sera négatif non seulement sur nos instituons mais aussi sur toute la construction européenne. Nous devons aller de l'avant et chercher le consensus et le soutien politique autour de nos idées. Pouvez-vous expliquer comment le filet de sécurité que l'Italie a créé pour aider son système bancaire va marcher? Il s'agit de 5 milliards d'euros. C'est suffisant? Tout d'abord c'est un effort du secteur privé. Le secteur privé, les banques privées et les compagnies d'assurance italiennes et étrangères ont rassemblé des ressources pour soutenir d'une part les opérations de recapitalisation dans le système bancaire italien. Et pour assurer des ressources afin de relancer le marché des NPL qui est en stagnation dans le pays. NPL... Les créances douteuses?* Oui, les créances douteuses. Le gouvernement a récemment approuvé des mesures visant à réduire le temps nécessaire pour recouvrer des créances douteuses, passé de plusieurs années à quelques mois. C'est un changement important qui va produire des résultats, de plus en plus de résultats au fil du temps. Mais ces 5 milliards de filet de sécurité sont-ils suffisants? Padoan: C'est juste un mécanisme pour commencer. Il y a un effet levier. Et alors que la confiance augmente, le marché va générer des valeurs qui vont rendre ces ressources disponibles. Et bien entendu rien n'empêche le secteur privé de décider de fournir de nouvelles ressources, et de le rendre plus conséquent si besoin. *Et si cette stratégie ne marche pas, quel est le plan B pour sauver les banques italiennes? * Cette stratégie va fonctionner. Et le plan B qui n'est pas un plan B c'est ce qui se passe déjà. Un énorme effort de restructuration. Les banques Popolari, les banques moyennes, les petites banques, ont été profondément restructurées. Nous auront des banques plus fortes, mais aussi moins de banques. Pour qu'elle puisent lever des capitaux sur les marchés et financer l'économie. C'est déjà en train d'avoir lieu. Une dernière question. Votre pays a un gros problème avec le chômage des jeunes. Près de 40% des jeunes n'ont pas de travail. Que dites-vous à ces jeunes qui ne sont pas satisfaits de la situation économique en Italie? Ce que je leur dis c'est de regarder les chiffres. Depuis que nous avons entamé notre réforme du marché du travail, nous avons créé presque 400.000 nouveaux emplois permanents, ce qui veut dire que non-seulement nous avons plus d'emplois, mais nous avons des emplois de meilleure qualité. Il y a des perspectives pour les jeunes. Et oui, le chômage des jeunes est élevé, vous avez raison, mais il commence à baisser. Ce n'était pas arrivé depuis plusieurs années. Nous sommes au début d'une phase dans laquelle les conditions vont s'améliorer. Et les attentes vont s'améliorer, la confiance aussi. Donc les jeunes vont commencer; par exemple, à économiser pour acheter une maison, ce qui est un signe de confiance dans le futur. Pier Carlo Padoan en bref Pier Carlo Padoan, 66 ans, est un économiste, ministre italien des Finances depuis février 2014. Il était précédemment l'économiste en chef de l'OCDE. Il a enseigné au College of Europe, une université qui forme à Bruges et Varsovie les futurs commissaires européens. Padoan a longtemps milité en faveur d'une union politique et fiscale plus profonde dans la zone euro.
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Aux grand maux les grands remèdes. En plein marasme économique, le Venezuela voit le salaire minimum augmenter de 30 % ce 1er mai. Son très impopulaire président Nicolas Maduro l'a annoncé ce samedi à la télévision. Depuis le début de l'année, le salaire minimum a été augmenté de 56 %. Cette hausse concerne les fonctionnaires mais aussi les militaires et les retraités. Par ailleurs, la nuit dernière, les Vénézueliens ont avancé leurs montres d'une demi-heure, une façon d'économiser l'électricité même si nombreux sont les sceptiques dans la population. 'Nous ne sommes pas un peuple habité aux économies d'énergie, relève Alberto Perez, un habitant de Caracas. Nous ne sommes pas la Colombie ou le Pérou où il n'y a pas beaucoup d'énergie et où les gens font attention. C'est difficile ici et je ne pense pas que ça va marcher.' Le besoin d'économies d'énergie se fait d'autant plus urgent que le niveau de l'eau au barrage de Guri est particulièrement bas, en raison de la sécheresse qui sévit. Or, ce barrage remplit en temps normal les deux tiers des besoins du pays en énergie.
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Pendant plusieurs mois, Tristan, pilote de ligne français, a dû payer une compagnie polonaise pour effectuer des heures de vol. Une situation ubuesque. Il a dû enchaîner des cadences infernales en transportant des milliers de passagers. Au-delà de la précarisation du métier, se pose donc la question de la sécurité en vol. Yves Deshayes, vice-président du syndicat national des pilotes de ligne, évoque un accident à Lyon, effectué par une compagnie grecque qui pratique le "pay to fly".
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Le bras de fer sur l'acier entre la Chine et le reste du monde s'est encore durci ce mardi. La veille à Bruxelles, Américains et Européens ont haussé le ton lors d'une réunion ministérielle sous l'égide de l'OCDE, en l'accusant d'inonder le marché mondial de produits à prix cassés. Mais Pékin ne se laisse pas impressionner. 'La production chinoise d'acier vise à satisfaire la demande intérieure. Nous ne subventionnons pas la sidérurgie pour stimuler les exportations et nous avons même relevé les taxes à l'export sur certains produits,' a déclaré Shen Danyang, porte-parole du Ministre du Commerce. La Chine, dont le secteur sidérurgique est en surcapacité, est le premier producteur mondial d'acier. Elle assure avoir réduit sa production, mais ses exportations ont bondi de 30% sur un an en mars à près de 10 millions de tonnes. La chute des cours a conduit l'Indien Tata Steel a vouloir se retirer du secteur en Europe, mettant en péril 15.000 emplois directs au Royaume-Uni.
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Hugo Chavez aurait versé 7 millions d'euros au parti espagnol de gauche radicale Podemos. Une somme conséquente pour promouvoir l'idéologie bolivarienne. À l'époque, Caracas ne connaissait pas la crise économique et pénurie.
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La Macédoine a récemment pris la décision de fermer ses frontières aux migrants qui continuent d'affluer et qui se retrouvent dès lors bloqués en Grèce. Conséquence, ces derniers ne sont plus cantonnés dans les îles : des camps fleurissent désormais jusque dans la capitale, Athènes.
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C'est l'événement du week-end : le Salon de l'Agriculture ouvre ses portes samedi, sur fond de crise du monde paysan. Parmi les deux mille exploitants qui sont en train de s'installer, nous avons suivi un jeune éleveur de porcs de 24 ans venu de Bretagne, épargné par la crise en raison du prestige de la race qu'il vend directement sur les marchés. Nous avons également rencontré un producteur laitier venu de Vendée. A 67 ans, c'est son 28ème salon, et peut-être le dernier.
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Le Venezuela sous le choc alors que son président, Nicolas Maduro, s'est résolu à s'attaquer à un tabou : le prix de l'essence, gelé depuis les années 90. Le super va ainsi augmenter de 6.000 % à la pompe. Explication : la chute des cours du brut a fait plonger les revenus du pays de 70% sur deux ans. Luis Moreno, chauffeur de taxi, ne décolère pas : 'je ne suis pas d'accord avec ça, pas du tout ! Comment peut ont augmenter autant le prix de l'essence ? C'est exagéré ! Combien est-ce que va me coûter un plein ? Et si un pneu coûte 50.000 bolivars, combien est-ce qu'il va coûter maintenant ? Je veux dire, c'est absurde !' 'Je suis d'accord, il fallait le faire,' réplique Orlando Acosta, l'employé de la station service. 'Le pays perd beaucoup sur le raffinage. L'augmentation du litre de super de 0,097 bolivar à 6 bolivars est justifiée.' L'essence avait jusque là échappé à l''inflation galopante':http://www.ft.com/fastft/2016/01/22/imf-sees-venezuela-inflation-at-720-..., à 141,5% en septembre dernier. Pour la combattre, le Président a décidé de dévaluer la monnaie pour les biens de première nécessité. 'Nous allons faire passer le taux de change officiel de 6,30 bolivars par dollar à 10 bolivars par dollar. Ce taux nous permettra de remplir notre mission qui consiste à assurer la protection de nos citoyens dans des domaines fondamentaux comme la santé, les médicaments ou l'alimentation,' a-t-il déclaré. Enfin, le salaire minimum mensuel va être relevé de 20%, à 1150 dollars au taux officiel, soit 57 dollars au taux flottant et 11,50 dollars au marché noir. L'économie vénézuélienne s'est contractée de 5 % l'an dernier. Elle devrait rester en récession cette année.
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Le remaniement au gouvernement traité simultanément Libération, le Parisien, et le Figaro, qui revient également sur la tempête boursière. Les Echos parle déjà, pour sa part, du "krach" boursier à sa Une. Retrouvez la revue de presse de ce vendredi 12 février 2016.
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L'économie russe toujours dans le rouge. Le pays enregistre une chute de son PIB de 3,7 % en 2015 après une année 2014 de stagnation, selon des statistiques officielles publiées lundi. La chute des prix du pétrole et les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine pèsent dans ces résultats. Cette récession risque de se prolonger en 2016 et de continuer à plomber le pouvoir d'achat des Russes. 'Les habitudes et la demande des consommateurs vont changer explique une analyste russe. Le marché de la consommation va continuer à baisser, en raison de la faiblesse du pouvoir d'achat et de revenus plus faibles des consommateurs.' L'économie du pays est aussi affaiblie par une inflation galopante, près de 13% en 2015. 'Je dois économiser, m'empêcher de faire de grosses dépenses, acheter des biens bon marché, moins de nourriture etc.' explique un consommateur russe. Selon la banque russe Sberbank, 70% des consommateurs achètent des produits moins chers et près de 30% économisent sur la nourriture en raison de la crise. Pour désamorcer une éventuelle grogne sociale, Vladimir Poutine s'active pour trouver de nouvelles économies budgétaires et présenter un plan anticrise pour tenter de ralentir la dégradation de l'économie russe, aider les Russes les plus fragiles et soutenir certains secteurs de l'économie.
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La planète n'en a pas fini avec les épisodes extrêmes : ouragans, tornades, sécheresses et inondations devraient s'intensifier, et il faudra, demain plus encore qu'aujourd'hui, en supporter les coûts et tenter de venir en aide aux victimes. Face à ces enjeux, et plus d'un mois après l'accord de Paris sur le climat, tout reste encore à faire pour contenir la hausse des températures. 'Le changement climatique mine les acquis du développement, a alerté le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors du Forum économique mondial de Davos. Si nous n'appliquons pas correctement l'accord de Paris, alors les 16 autres objectifs du développement durable seront sapés.' Parmi ces objectifs : éradiquer la faim, la pauvreté, privilégier les énergies propres, favoriser l'égalité entre les sexes... Pour le président de la COP21, Laurent Fabius, l'heure n'est pas au laisser-aller. 'Nous avons des problèmes aujourd'hui en Europe avec l'arrivée de centaines de milliers de personnes à nos frontières. Mais s'il s'agit de millions de personnes, que va-t-il se passer ? Au final, c'est une question de guerre et de paix et je pense que l'accord de Paris sur le climat est un pilier majeur de la sécurité' estime le ministre français des Affaires étrangères. Selon le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR), 90% des désastres de ces 20 dernières années sont des catastrophes naturelles liées à la météo. L'agence précise que le coût des désastres à travers le monde atteint chaque année un montant compris entre 250 et 300 milliards de dollars. Avec agences
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Les héritiers d'Hugo Chavez ont subi une défaite cuisante lors des élections législatives au Venezuela. L'opposition vénézuélienne a en effet remporté dimanche la majorité parlementaire (99 sur 167 sièges) pour la première fois en 16 ans. Ce scrutin a aussi été marqué par l'exaspération populaire face à la crise économique ayant vidé les supermarchés de ce pays pétrolier. Au vu de cet important revers électoral, le chavisme est-il bel et bien enterré ? - Avec: Philippe Chalmin, professeur à l'Université Paris-Dauphine. Et Adeline Joffres, Docteur en science politique, présidente du Geiven (Groupe d'Etudes Interdisciplinaire sur le Venezuela). - Les Décodeurs de l'éco, du lundi 7 décembre 2015, présenté par Fabrice Lundy, sur BFM Business.
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Le Parlement grec a adopté une série de mesures réclamées par les créanciers pour débloquer une tranche d'aide financière de deux milliards d'euros. La plus controversée concerne les saisies immobilières. Seul un quart des propriétaires incapables de rembourser leurs emprunts resteront protégés. Deux députés de la coalition ont refusé de voter le texte.
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Un rebelle, un radical et même une rock star... Des termes que l'on associe rarement à des économistes. Pourtant ils semblent convenir pour décrire le français Thomas Piketty. Politiquement classé à gauche, il s'est fait un nom dans le monde entier avec Capital au XXIème siècle, un ouvrage massif sur les inégalités qui a aussi suscité la controverse. Qui est Thomas Piketty ? Thomas Piketty est un économiste français Il est un spécialiste des questions de richesses et d'inégalités Il a écrit de nombreux ouvrages et articles Son livre 'Capital au XXIème siècle' lui vaut une renommée internationale Il exerce actuellement en tant que professeur à l'Ecole d'économie de Paris / Paris School of Economics Isabelle Kumar, euronews : 'Ce que vous dites sur les inégalités a vraiment marqué les esprits et votre livre semble beaucoup plus populaire que ce à quoi on pouvait s'attendre. Avez-vous été surpris ?' Thomas Piketty : 'Il est certain que j'ai essayé d'écrire un livre qui pouvait être lu par un large public international. Mais bien entendu, je ne pouvais pas m'attendre à ce qu'il rencontre un tel succès. Aujourd'hui, on en est à plus de deux millions d'exemplaires vendus dans le monde. 'La plus vaste base de données historiques sur les inégalités' Ce que cela montre, c'est que de nos jours, il y a un immense intérêt pour les inégalités à travers la planète. On se préoccupe beaucoup de savoir si la mondialisation profite à tous ou si elle a été accaparée par une petite partie de la population. Et ce qui est nouveau dans mon livre, c'est que nous avons établi en collaboration avec de nombreux chercheurs originaires de plus de trente pays, la plus vaste base de données historiques sur les inégalités de revenus et de richesses qui n'ait jamais été produite. Donc vraiment ce qui est nouveau, c'est que j'ai essayé d'étudier les inégalités selon une perspective historique.' Isabelle Kumar : 'Il y a quelque temps, j'ai vu que 'le pape François avait tweeté : 'Les inégalités sont la racine du diable'':http://www.leparisien.fr/high-tech/le-pape-francois-dinosaure-en-informa.... Est-ce que vous iriez aussi loin que le pape ? Est-il plus radical que vous sur ces questions ?' Thomas Piketty : 'Je ne me sens pas vraiment proche de ce que dit le pape en général. S'il s'inquiète des inégalités, c'est très bien, sauf que je me demande à quel point l'Eglise catholique a contribué à réduire les inégalités à travers l'Histoire. Je crois que les inégalités sont un motif de préoccupation pas seulement pour les gens de gauche, de droite ou pour les personnes de différentes convictions religieuses, c'est un motif de préoccupation pour l'humanité en général. On ne peut pas simplement se soucier de la croissance du PIB mondial, on veut savoir comment les richesses sont réparties, qui en profite et quel est le coût pour les ressources naturelles...' Isabelle Kumar : 'Ceci m'amène à un point intéressant. J'aimerais que vous commentiez une information qui a fait les gros titres. Il s'agit d'Air France. Des dirigeants ont été agressés, leur chemise arrachée, par des manifestants du groupe en colère contre des suppressions de postes.' Thomas Piketty : 'Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points aux différentes parties en présence. Je dirais simplement que les conflits en matière de répartition des revenus sont souvent très violents et dans certains pays, en particulier les plus pauvres, ils peuvent prendre une forme beaucoup plus violente que dans les pays riches comme la France. 'Beaucoup d'opacité financière' Je pense que le manque de transparence sur les salaires, les revenus, l'actionnariat - qui détient quoi et qui reçoit quoi - a très souvent tendance à exacerber ces conflits. Donc je crois qu'en règle générale, avoir plus d'informations sur la répartition des revenus et des richesses, c'est très important pour notre débat démocratique. Aujourd'hui, l'une des grandes limites - en particulier quand on pense aux modèles transfrontaliers d'actionnariat -, c'est qu'il y a beaucoup d'opacité financière. Très souvent, on ne sait pas qui détient quoi et donc, c'est très difficile d'avoir un dialogue raisonnable sur les inégalités et les impôts...' Isabelle Kumar : 'Parlons des impôts justement. Vous avez plaidé pour une taxe progressive et pour un impôt sur le revenu de 80% pour ceux qui gagnent au moins un million d'euros par an - les plus hauts revenus -. Nous avons demandé à ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux de nous envoyer des questions pour cette interview : voici celle de Tomas Jones : 'Pourquoi voulez-vous sanctionner les gens qui prennent des risques en créant des emplois et de la richesse en augmentant leurs impôts ?' Thomas Piketty : 'C'est une question très difficile parce que quand on parle d'inégalité et d'impôts, les gens s'excitent tout le temps. Permettez-moi d'avancer un élément de preuve dans ce débat : prenons par exemple, un pays comme les Etats-Unis sur une période très longue - un demi-siècle - entre 1930 et 1980. En moyenne, le taux marginal maximum d'impôt sur le revenu s'appliquant aux revenus de plus d'un million de dollars a été de 82%. Il y a eu des moments où il a atteint 91%, d'autres où il était de 70%, mais si on fait la moyenne sur la période 1930-1980, c'est 82%. Maintenant, est-ce que ce taux a détruit le capitalisme américain ? Apparemment, non. 'Il y a des inégalités partout, sauf dans les statistiques sur la productivité' Cela étant, la progression de la productivité et la croissance du PIB étaient vraiment plus fortes pendant les années 50, 60, 70 par rapport à la période suivante, à savoir depuis les années Reagan. Depuis lors, on a une importante baisse du taux d'imposition marginal maximum et une forte hausse des inégalités. On constate qu'il y a des inégalités partout, sauf dans les statistiques concernant la productivité ! Beaucoup de gens ne sont pas prêts à avoir cette discussion. Je pense que c'est notamment à cause d'une amnésie historique : parfois, les gens ne savent pas que cela a déjà été expérimenté dans le passé. Et quand on regarde cette période où ces taux étaient en place, ce n'était pas si terrible en termes de productivité...' Isabelle Kumar : 'Dans ce cas, vous avez dû être assez déçu quand le président français François Hollande est apparemment revenu sur son programme en renonçant à taxer les plus riches à 75% au bout de deux ans d'application de la mesure.' Thomas Piketty : 'En réalité, en France, je n'étais pas vraiment pour cette mesure parce que premièrement, il n'y a pas beaucoup de monde dans le pays qui gagne plus d'un million d'euros. En réalité, François Hollande aurait fait un excellent président pour les Etats-Unis ! Je crois que ce serait exactement le genre de politique à mener là-bas. En France, on n'est pas tant que cela confronté à un problème d'explosion des rémunérations les plus élevées. Cette mesure était plutôt une excuse pour ne pas mener de réformes fiscales plus ambitieuses. Il y a beaucoup d'autres problèmes auxquels il faudrait s'attaquer en matière de réformes fiscales plus générales en France.' Isabelle Kumar : 'Puisque nous parlons de l'Europe, regardons rapidement la situation en termes d'austérité parce que je sais que vous êtes en phase avec les partis anti-austérité. Pouvez-nous dire la main sur le coeur que l'austérité a été un échec total ?' Thomas Piketty : 'On peut toujours faire pire, bien sûr. Mais comparons la situation des deux côtés de l'Atlantique. En vérité, l'Europe a transformé une crise qui à l'origine, est partie des Etats-Unis - du secteur financier privé aux Etats-Unis - en une crise des dettes souveraines, simplement à cause de sa mauvaise politique et d'une austérité excessive. 'L'Europe est au même niveau de PIB qu'il y a dix ans' Initialement, si on revient en 2008, la dette publique en Europe n'était pas plus élevée qu'aux Etats-Unis, elle n'était pas plus élevée qu'au Japon. Et si on regarde la situation en 2015 - donc presque dix ans après 2007 -, le PIB américain est aujourd'hui remis sur pied : il est entre 10 et 15% plus élevé qu'en 2007. Dans le même temps, en Europe - en particulier dans la zone euro -, on ne s'est pas encore rétabli, on est au même niveau de PIB qu'il y a près de dix ans.' Isabelle Kumar : 'De nouveaux partis présentent de nouvelles idées. Vous avez les mêmes positions qu'eux et on peut citer le mouvement espagnol Podemos dirigé par Pablo Iglesias et la nouvelle orientation du Parti travailliste britannique avec Jeremy Corbyn à sa tête. Pensez-vous qu'ils représentent la meilleure chance pour les Européens de se construire un avenir plus juste ? Les politiques économiques qu'ils proposent peuvent-elles être viables ?' Thomas Piketty : 'Je pense que les élections en Espagne en décembre prochain pourraient être très importantes pour l'avenir de l'Europe. Pourquoi ? Parce qu'elles peuvent changer la majorité politique dans la zone euro. Si l'Espagne passe à gauche ou au centre-gauche, cela change la majorité politique et potentiellement, je pense que ça peut nous amener à des politiques budgétaires plus raisonnables en Europe. 'L'extrême-droite beaucoup plus dangereuse que la gauche de la gauche' Je crois qu'au final, cela va au-delà du positionnement gauche-droite, tous ceux qui observent la zone euro de l'extérieur - qu'ils soient de gauche ou de droite - peuvent se rendre compte que les décisions budgétaires qui ont été prises sous la direction de l'Allemagne et de la France n'ont pas été une réussite - parce que c'est trop facile pour la France de se plaindre de l'attitude allemande alors que ça a été une décision commune -.' Isabelle Kumar : 'Mais il est intéressant de constater d'un point de vue politique que ces partis d'extrême-gauche ou de gauche radicale - je ne sais pas si vous approuvez cette terminologie - semblent faire plus peur aux institutions de l'Union et aux dirigeants européens que les formations d'extrême-droite.' Thomas Piketty : 'Ce serait une grave erreur. Au final, c'est beaucoup mieux que ces partis de la gauche de la gauche exercent le pouvoir que les formations de la droite de la droite. Dans mon pays, en France, des élections régionales sont prévues également en décembre et il est possible que l'extrême-droite soit en mesure de gagner une, deux ou trois régions et ensuite, les gens réaliseront qu'elle est beaucoup plus dangereuse que Syriza et Podemos qui au moins, ont une approche internationaliste. Je ne dis pas que leurs propositions sont toujours totalement convaincantes ou satisfaisantes, mais je pense qu'il est possible de les amener dans la bonne direction.' 'On doit en arriver à une réduction de la dette grecque' Isabelle Kumar : 'Vous parliez de la Grèce et de Syriza. Le Premier ministre sortant Alexis Tsipras a été réélu. D'après vous, a-t-il une chance de renégocier les mesures d'austérité ? Son ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis ne prédit lui que la poursuite d'une même logique négative.' Thomas Piketty : 'L'Europe va devoir négocier un nouveau plan avec la Grèce. Je pense que ce qui a été décidé cet été, c'était juste une façon de gagner un peu de temps. Mais au final, on doit en arriver à une réduction de la dette grecque. La bonne nouvelle, c'est qu'on a eu de nombreuses restructurations de dettes dans le passé. L'Allemagne notamment a été concernée car elle avait des dettes publique et extérieure énormes après la Seconde Guerre mondiale. Tout le projet européen dans les années 50 a été en réalité construit sur cette annulation des dettes et la philosophie générale, c'était...' Isabelle Kumar : 'Mais le contexte est tout-à-fait différent...' Thomas Piketty : 'C'est comparable à certains égards. De nombreux gouvernements ont fait beaucoup d'erreurs par le passé et ont généré de lourdes dettes publiques. De très graves erreurs ont été faites par de nombreux gouvernements avant les années 50, en particulier en Allemagne. Mais le choix politique a été fait dans les années 1950 de dire : 'Ok, regardons l'avenir'. 'Investir dans le savoir et l'enseignement supérieur' Quand on pense aux jeunes générations en France ou en Allemagne dans les années 50 ou à la jeune génération en Grèce aujourd'hui, quand est-ce qu'on va leur dire : 'Ok, vos parents ont fait des erreurs, donc pendant les 40 prochaines années, vous devrez payer' ? A un moment donné, il faut regarder vers l'avenir, investir dans la croissance, l'enseignement supérieur, les équipements publics.' Isabelle Kumar : 'Mais laissez-moi vous interrompre parce que je souhaite vous poser des questions transmises par notre public sur les réseaux sociaux. Haezel Mischael Chandra vous demande : 'Quelle est la clé d'une économie durable ?' Thomas Piketty : 'Le plus important pour l'avenir, c'est d'investir dans le savoir et dans l'enseignement supérieur. Je vais juste vous donner un chiffre qui illustre bien ce qu'on ne fait pas et ce qu'on devrait faire : tout le monde en Europe apprécie le programme Erasmus qui permet aux étudiants de se rendre dans d'autres pays sauf qu'il faut savoir que le budget d'Erasmus aujourd'hui est de seulement quatre milliards d'euros par an. A titre de comparaison, la totalité du paiement des intérêts dans la zone euro sur un an représente 400 milliards d'euros. Je ne dis pas qu'il faudrait exactement intervertir les chiffres, mais je crois qu'on devrait aller dans cette direction et c'est pour cela qu'il nous faut un moratoire sur le remboursement des dettes pour pouvoir investir davantage dans l'avenir.' Isabelle Kumar : 'On a évoqué la Grèce, mais il y a aussi la Grande-Bretagne : ces deux pays pourraient encore quitter l'Union ou la zone euro dans le cas de la Grèce. La Catalogne pourrait aussi prendre son indépendance vis-à-vis de l'Espagne.Quelles conséquences cela aurait-il sur l'économie européenne et les économies nationales ?' Thomas Piketty : 'Je pense que cela montre que la crise dans la zone euro a de lourdes implications. Donc, les gens en Espagne sont très mécontents, en particulier en Catalogne... 'La zone euro ne fonctionne vraiment pas' Isabelle Kumar : 'Pour vous, c'est la crise économique qui pourrait inciter ces pays à sortir de l'Union européenne ou de la zone euro ?' Thomas Piketty : 'Oui, en Grande-Bretagne, je comprends que les gens ne veulent pas que leur pays rejoigne la zone euro ou aille vers davantage d'intégration parce qu'actuellement, cela ne fonctionne vraiment pas. Si on veut qu'un jour, la Grande-Bretagne, la Suède ou la Pologne rejoignent la zone euro, il faut la faire fonctionner correctement.' Isabelle Kumar : 'On n'a jamais vu une Europe aussi divisée. Si on continue sur la même trajectoire, à quoi ressemblera l'Europe dans quinze ans d'après vous ?' Thomas Piketty : 'Je veux être optimiste parce que je pense qu'il y a des solutions à notre problème, mais il y a un risque de montée du nationalisme et de l'égoïsme. Quand les gens n'arrivent pas à résoudre leurs problèmes nationaux, leurs problèmes d'emploi, leurs problèmes sociaux par des politiques pacifiques, c'est toujours tentant de rejetter la faute sur les autres. Il y a des partis politiques qui veulent rejetter la faute sur les étrangers, sur les travailleurs étrangers. Mais on peut aussi rejetter la faute sur les autres pays, sur l'Allemagne et ensuite, l'Allemagne rejettera la faute sur la Grèce. On peut toujours rejetter la faute sur quelqu'un d'autre, mais à un moment donné, si on se place d'un point de vue historique plus vaste au niveau européen, on réalise que ce qu'il faudrait faire aujourd'hui, c'est investir dans la croissance. Le drame de l'Europe sur les dix dernières années, c'est qu'on a perdu une décennie. On va finir en 2017 avec un niveau de PIB qui est à peine celui de 2007.' Isabelle Kumar : 'Autre sujet pour lequel l'Europe traîne les pieds : les migrations. La Grèce figure parmi les premiers pays concernés. On entend dire que près d'un million et demi de personnes pourraient arriver en Europe d'ici à fin 2016 et à ce propos, voici la question de Kristoffer Nyborg : 'Diriez-vous que l'Europe est économiquement capable de gérer cet afflux de réfugiés et de migrants ?' Thomas Piketty : 'L'Europe compte 520 millions d'habitants. De 2000 à 2010, si on se fie aux statistiques des Nations Unies, le flux migratoire net vers l'Europe était d'environ un million par an et deux tiers de la croissance démographique de l'Europe pendant cette période sont dûs à ce flux migratoire net. 'Pour la croissance économique européenne, on devrait être beaucoup plus ouvert' Donc je crois qu'on peut parfaitement revenir à un flux migratoire beaucoup plus élevé. Il y a des situations différentes à travers l'Europe, des pays comme la France où on fait un peu plus d'enfants. En Allemagne, ils ont un peu moins d'enfants et ils sont plus ouverts à l'arrivée de migrants. Il y a aussi des pays qui ne veulent pas avoir plus d'enfants et qui ne veulent pas accueillir de migrants non plus dans l'Est de l'Europe ; donc leur population va s'éteindre s'ils continuent comme cela. C'est très égoïste et je pense que pour la croissance économique et plus généralement, la prospérité et l'attractivité du modèle européen, on pourrait - et on devrait - être beaucoup plus ouvert.' Isabelle Kumar : 'Combien d'arrivées de migrants économiques et de réfugiés, l'Europe pourrait-elle gérer ? Un million ?' Thomas Piketty : 'Je ne dis pas qu'un million, c'est le chiffre idéal, mais il est certain que les gens qui affirment qu'on ne peut pas accueillir plus de migrants ne tiennent pas compte de ce qui s'est passé dans l'Histoire.' Isabelle Kumar : 'J'aimerais changer de sujet à présent et celui que l'on présente comme votre protégé, Gabriel Zucman a dit que six mille milliards de dollars d'avoirs pourraient être cachés dans les paradis fiscaux. Ce chiffre reflète-t-il la réalité selon vous ?' Thomas Piketty : 'Oui. C'est une question très importante pour nous en Europe et aux Etats-Unis, mais ce sera encore plus important pour l'Afrique et les pays émergents et en développement qui perdent beaucoup plus que nous du fait de cette opacité financière. D'après les estimations de Gabriel Zucman, pour l'Europe, c'est peut-être 10% de toute la richesse financière qui se trouve dans les paradis fiscaux - c'est beaucoup -. Mais pour l'Afrique, c'est entre 30 et 50%. Donc comment voulez-vous qu'un pays se développe et mette en place un système fiscal équitable quand vous avez une grande partie de la richesse qui s'en va et qui n'est pas soumise à l'impôt ?' 'Il faut mettre en place un impôt commun sur les sociétés' Isabelle Kumar : 'Revenons à l'Europe : le Président de la Commission européenne a promis de lutter contre les paradis fiscaux. Est-ce que vous le croyez ?' Thomas Piketty : 'Non, je n'y crois pas parce qu'en l'état actuel des choses, il n'y a aucune décision concrète. Si on ne veut pas que ce qui s'est passé en matière de fiscalité des sociétés en Europe se produise à nouveau, il faut mettre en place un impôt sur les sociétés qui soit commun. Il ne s'appliquera peut-être pas à tous les pays européens - si certains sont contre -. Mais au moins, les pays qui veulent avancer comme la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique - ou peu importe les pays au sein de la zone euro ou non - devraient avoir un impôt commun sur les sociétés. Sinon, le genre de scandale comme Luxembourg Leaks l'an dernier se répètera.' Isabelle Kumar : 'Pensez-vous que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, se défende comme il convient sur cette question ?' Thomas Piketty : 'Cela ne suffit pas de s'excuser. Ce n'est pas suffisant de s'excuser et de dire : 'Je suis désolé, je ne le referai pas' parce qu'en fait, les choses vont se répéter. Ce n'est pas un problème de personnes comme Jean-Claude Juncker. Luxembourg Leaks : 'Comment voulez-vous donner des leçons à la Grèce ?' Mais c'est le fait que quand il était Premier ministre du Luxembourg, il a passé des accords avec de grandes multinationales pour qu'elles ne paient que 1 ou 2% d'impôts alors que nos petites et moyennes entreprises en France ou en Allemagne en paient 20 à 30%. Comment voulez-vous donner des leçons à la Grèce sur la modernisation de son système fiscal quand c'est cette politique que vous menez dans votre propre pays ?' Isabelle Kumar : 'Revenons à votre livre : 'Capital au XXIème siècle'. Vous y faites de nombreuses références littéraires et c'est probablement pour cela que votre ouvrage est un peu plus accessible. J'aimerais vous poser la question suivante qui nous a été transmise via les réseaux sociaux. Quelqu'un du nom de Mekkus vous demande : 'Quels sont vos trois livres préférés ?' Thomas Piketty : 'C'est compliqué. Dans mon livre, je parle beaucoup du 'Père Goriot' de Balzac et effectivement, je crois que ce roman évoque le capitalisme au XIXème siècle d'une manière tellement puissante. Marx disait dans les années 1860 que c'était en lisant Balzac qu'il avait appris la majeure partie de ce qu'il savait sur le capitalisme. Je pense que c'est la même chose aujourd'hui, mais il faut s'intéresser à beaucoup d'auteurs différents. L'un de mes livres préférés récemment, c'est le dernier ouvrage de Carlos Fuentes 'La volunta y la fortuna' qui est un roman incroyable sur le capitalisme au Mexique. Tancrède Voituriez - un jeune écrivain français - a écrit récemment ''L'invention de la pauvreté'':http://www.grasset.fr/linvention-de-la-pauvrete-9782246800491 : c'est un roman très drôle sur la manière dont les économistes du développement prétendent sauver le monde et ne le font pas toujours. Donc, il existe de nombreux romans très puissants qui placent l'argent et le capitalisme au coeur de leur propos.' 'Pas de science de l'économie, mais des questions politiques, sociales, culturelles et littéraires' Isabelle Kumar : 'On vous décrit souvent comme une rockstar de l'économie à cause de votre livre. Vous reconnaissez-vous dans cette appellation ?' Thomas Piketty : 'Je n'ai aucun problème avec la publicité tant que cela amène davantage de monde à lire mon livre. Le succès de mon ouvrage montre qu'il y a beaucoup de gens dans de nombreux pays qui en ont marre qu'on leur dise que ce sont des choses trop compliquées pour eux, qu'il faudrait laisser les questions économiques et financières à un petit groupe d'experts à l'origine d'une science de l'économie tellement sophistiquée que le reste du monde ne pourrait pas la comprendre. C'est une vaste supercherie, il n'y a pas de science de l'économie. Ce sont des questions politiques et sociales, des questions culturelles et littéraires. Et tout le monde devrait avoir un avis là-dessus.'
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Dans son livre "Visage de la crise", Angélique Kourounis présente les témoignages de victimes de la crise grecque. Elle raconte notamment avoir rencontré Irène, ruinée par la politique d'austérité.
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IL DU WEB. Comment ? Un Krach boursier à Shanghai ? Emmanuel Raoul de LCI a enquêté sur la crise économique chinoise vue de chez eux. Il s'est notamment appuyé sur un article de RUE89 qui ironise sur le traitement médiatique du "lundi noir". On apprend que sur Baidu, le Google chinois, impossible de se renseigner sur la dégringolade boursière. Le message est clair : "En raison des règles et de la politique, certains articles ne seront pas montrés".

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