Vidéos à la une
La Cour internationale de Justice (CIJ) a rejeté la demande de l'Ukraine de condamner la Russie pour son aide aux rebelles séparatistes. Kiev avait demandé à la plus haute juridiction de l'ONU de prendre d'urgence des mesures afin que Moscou stoppe tout appui aux rebelles pro-russes. Mais pour la Cour la preuve de l'ingérence matérielle n'a pas été apportée. La Cour a toutefois accepté de prendre des mesures conservatoires concernant la 'situation vulnérable' des Ukrainiens de souche et des Tatars de Crimée, jugeant qu'il existait 'un risque imminent' de 'préjudice irréparable'. Ainsi, la Fédération de Russie doit 's'abstenir de maintenir ou d'imposer des limitations à la capacité de la communauté des Tatars de Crimée de conserver ses instances représentatives, y compris le Majlis', le parlement de cette minorité musulmane déportée sous Staline. Moscou doit également 'faire en sorte de rendre disponible un enseignement en langue ukrainienne', a ordonné M. Abraham. 'Le jugement d'aujourd'hui à La Haye est très prometteur', a réagi de Londres, où il effectuait une visite, le président ukrainien Petro Porochenko, ajoutant être persuadé qu''aujourd'hui nous suivons la bonne voie' et espérer 'une audience couronnée de succès' quant aux suites de l'affaire. EXTRAITS VIDEOS (HD) de la lecture de l'ordonnance #CIJ dans l'affaire #Ukraine c. #Russie (mesures conservatoires) https://t.co/iCie0VjFng pic.twitter.com/9ql3pJtDg9- CIJ_ICJ (@CIJ_ICJ) 19 avril 2017 L'Ukraine avait introduit cette première demande d'urgence en attendant que la CIJ décide si elle est ou non compétente pour traiter l'affaire au fond, ce qui peut prendre des mois, voire des années. En effet, cette ancienne république soviétique demande également à la Cour de 'juger que la Fédération de Russie a engagé sa responsabilité internationale (...) en soutenant le terrorisme et en n'en empêchant pas le financement'. Depuis 2014, la Russie 'a porté son ingérence dans les affaires ukrainiennes à des niveaux dangereux, intervenant militairement en Ukraine, finançant des actes de terrorisme et violant les droits de millions de citoyens ukrainiens', d'après la requête que Kiev a adressée à la CIJ. L'Ukraine réclame également des dédommagements pour des attaques menées, selon elle, contre les civils. Notamment pour la destruction en vol de l'avion du vol MH17 de la Malaysia Airlines, abattu dans l'est en juillet 2014, qui avait entraîné la mort de 298 personnes. De son côté, Moscou nie fermement ces allégations, assurant qu'elles n'avaient 'aucune base légale, ni factuelle'. Avec AFP
Vidéos à la une
Le président russe Vladimir Poutine a reçu pour la première fois ce vendredi la candidate FN à l'élection présidentielle Marine Le Pen. Interrogé à ce sujet alors qu'il était en déplacement en Eure-et-Loir, Benoît Hamon a abordé la question de la renégociation des frontières en Russie, à laquelle il est farouchement opposé. "Annexion de la Crimée, remise en cause de la souveraineté de l'Ukraine, et qu'est-ce qu'il y a derrière? Une multitude de petites républiques qui vont être directement menacées", a assuré le vainqueur de la primaire à gauche. "On veut rouvrir le dossier des frontières? Je vous le dis, ça, c'est le retour du bruit des bottes, le retour des guerres possibles en Europe, où on croit qu'elles ne font plus de morts".
Vidéos à la une
Ioulia Samoïlova représentera la Russie au prochain concours de l'Eurovision. Enfin seulement si elle est autorisée à y concourir. Son éventuelle participation fait en effet polémique en Ukraine, là où se déroulera l'édition 2017 de l'eurovision le 13 mai prochain. Handicapée depuis son enfance, Ioulia Samoïlova avait chanté lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Sotchi, en 2014. Elle rêve de participer à l'Eurovision. Mais de nombreux ukrainiens n'apprécient pas que la jeune chanteuse de 27 ans ait donné en 2017 un concert en Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie un an plus tôt. Ils ont donc appelé les autorités de leur pays à rayer son nom de la liste des participants. Pour l'heure Kiev dit étudier la question. Moscou demande aux organisateurs de cet événement international de respecter les règles du concours et la principale concernée essaie, dit-elle, de ne pas penser à la polémique. Suspense donc. Si elle est retenue, Ioulia Samoïlova interprétera une ballade romantique intitulée 'Une flamme brûle'.
International
En Crimée, une députée pense que de vraies larmes coulent sur le visage de l’empereur exposé dans  la ville de Simféropol. Un "miracle" qui attire de nombreux pèlerins.
Vidéos à la une
Pour la deuxième fois de son histoire, l'Ukraine a remporté le concours de l'Eurovision. Cette année, c'est Jamala, une Tatare de Crimée qui a remporté le prestigieux trophée. Elle est l'invité de Maria Korenyuk, dans Global Conversation. 'Jamala, merci d'avoir accepté notre invitation. Félicitations pour cette victoire. J'aimerais savoir si vous vous attendiez à gagner. Est-ce que cela a été facile ou difficile de l'emporter ?' - 'Je peux vous dire que ça n'a pas été facile, ça c'est sûr ! C'était difficile parce que ma chanson sort du cadre habituel de cette compétition. Dès le départ, on m'a dit qu'elle était bizarre, triste, etc. L'Eurovision ce sont des souvent des chansons légères alors que moi j'ai présenté un titre très intime, très personnel'. Biographie express Jamala, de son vrai nom Susana Jamaladinova est une chanteuse, compositrice et comédienne ukrainienne. Elle est née en 1983 à Osh, au Kirghizistan, qui faisait à l'époque partie de l'URSS. À la fin des années 1980, sa famille a déménagé dans la péninsule de Crimée, en Ukraine, la région d'origine de son père. L'Ukraine faisait également partie de l'URSS. Jamala est diplômée de l'académie ukrainienne de musique en tant que chanteuse d'opéra. Elle chante en ukrainien, tatar, russe et anglais. 'Votre chanson s'appelle '1944'. C'est une année tragique pour les Tatars de Crimée puisque c'est en mai 1944 que Staline a ordonné leur déportation. Cette chanson, c'est l'histoire de votre famille. Que s'est-il passé pour les membres de votre famille à l'époque ?' - 'Cela remonte au 18 mai 1944 vers trois heures du matin. Des agents du NKVD sont arrivés chez mes arrière-grands-parents et ils ont dit 'Prenez vos affaires !'. Ils leur ont donné 15 minutes. Mon arrière-grand-mère, Nazalkhan, avait cinq enfants : quatre garçons et une fille. Ils ont été poussés dans un train et expulsés de Crimée pour être déportés en Asie centrale. Mon arrière-grand-mère a passé plusieurs semaines dans ce train, sans eau ni nourriture. Pendant le trajet, elle a perdu sa fille. J'ai réalisé que j'avais envie de raconter cette histoire'. 'En 2014, des événements ont bouleversé la Crimée. Vous savez de quoi je veux parler : l'annexion de la péninsule par la Russie et l'oppression, la répression, des Tatars de Crimée. Comment ces événements récents ont influencé l'écriture de votre chanson ? Ont-ils été un déclencheur pour vous ?' - 'Je peux dire que ces événements m'ont rendu très triste. Ils m'ont certainement influencé dans l'écriture de ma chanson. Cependant, je souligne que j'ai écrit ce titre spécifiquement pour évoquer l'année 1944. C'est d'ailleurs pour cela que je l'ai baptisé '1944'. 'Jamala, vos parents vivent toujours en Crimée, au sein de la communauté tatare, qui fait l'objet d'une répression. Qu'est-ce que votre victoire à l'Eurovision a changé pour vos parents ?' - 'Ils ont reçu beaucoup de félicitations. Beaucoup d'inconnus sont allés chez eux pour leur dire bravo. Certains leur ont dit leur gratitude, certains ont apporté des gâteaux... Le soir où j'ai gagné, il y a même des habitants qui ne sont pas pro-Ukrainiens qui ont dit que c'était leur victoire à eux aussi. C'était peut-être éphémère mais pendant quelques jours, les gens se sont sentis unis'. 'Comment est né votre amour de la musique ?' - 'Ce sont mes parents qui me l'ont donné. Ce sont des musiciens. Mon père est accordéoniste, ma mère joue du piano. Elle a été professeur de musique, elle donne encore des cours. À la maison, on faisait des fêtes de famille où tout le monde chantait des chansons ukrainiennes, grecques, arméniennes, azéries. Il y avait toujours de la musique dans la maison, beaucoup de musique'. 'Comment vous êtes-vous préparée avant de monter sur scène ? Avez-vous une routine, un rituel spécial ? Comment se mettre en condition avant d'interpréter une chanson si personnelle et réussir sa prestation ?' - 'Pour la chanson '1944', c'était très difficile. J'ai essayé d'imaginer ce que j'aurais pu ressentir si on avait été en 1944. C'est un concours de chant, on passe les uns après les autres. Et moi je devais passer après quelqu'un qui chantait une chanson légère... Et là, c'est à vous et vous avez seulement trois minutes pour vous exprimer. Quand je suis montée sur scène, mes yeux étaient remplis de larmes. J'étais vraiment très émue. De toute façon, si vous faites semblant d'être bouleversé, ça ne marche pas. Personne ne peut vous croire.' 'Jamala, vous avez rencontré le succès, et pas seulement en Ukraine. Vous avez débuté une carrière de comédienne. Et maintenant vous êtes impliquée dans le domaine public. Le président ukrainien Poroshenko vous a nominée pour devenir ambassadrice de l'Unicef et vous avez été approchée par des partis politiques. Êtes-vous prête à vous engager dans une autre voie que celle de la chanson ?' - 'Oh, je ne le souhaite pas, non. Vous savez ce que je me suis dit quand je suis rentrée en Ukraine après ma victoire ? Je me suis assise et je me suis dit : 'J'aimerais écrire un nouvel album. Me cacher quelque part dans la cave avec des musiciens et faire de la musique !'. Faire de la politique ? Ah non, à aucun prix ! En politique, il n'y a pas de sentiments. Et moi, je ne peux pas vivre sans sentiments. Voilà pourquoi la politique, ce n'est pas pour moi !' 'Jamala, j'imagine qu'il serait logique que vous preniez un peu de repos après le concours de l'Eurovision, toutes ces répétitions, le spectacle... Mais vous avez décidé de partir en tournée pour présenter votre dernier album. D'où ma question : d'où vous vient cette énergie, cette inspiration ?' - 'Pour être honnête, je suis inspirée par les gens. Quand j'ai été accueillie à l'aéroport de Kiev, j'ai pleuré de joie avec tout le monde. Les enfants pleuraient, les adultes aussi, moi aussi... C'était quelque chose de... Je ne sais pas... Je ne peux pas le décrire. Je pense que les autres peuvent vous prendre de l'énergie mais ils peuvent aussi vous donner de l'énergie. Le plus grand plaisir, la plus grande inspiration vient toujours du public. Bien sûr, je pourrais partir en vacances. J'aime l'eau, la mer, l'océan, les rivières, les lacs... Mais là je n'ai pas le temps pour ça. J'ai vraiment envie de chanter et de donner au public le meilleur de moi-même'.
Vidéos à la une
Le conseil régional de Vénétie - la région la plus peuplée d'Italie - a adopté une résolution symbolique, mais aussi polémique. Elle demande la création d'un comité, appelant à reconnaître la Crimée en tant que partie de la Russie et l'annulation les sanctions économiques contre Moscou. Stefano Valdegamberi, élu de la Ligue du Nord, parti régionaliste majoritaire dans ce parlement, explique: 'Les sanctions contre la Russie ont eu des répercussions dans notre région de Vénétie. Nos produits sont soumis à embargo sur l'export. Nous voulons envoyer un message fort au gouvernement italien et à l'Union Européenne pour qu'elle change sa politique vis à vis de la Russie et qu'elle reprenne les discussions. Pour Graziano Azzalin, membre de l'opposition régionale : 'La Vénétie est une région et non un état souverain, elle ne peut pas se prononcer en matière de politique internationale. Cette résolution n'aura aucun effet, c'est juste de la propagande pour la ligue du nord'. La Russie a répliqué en 2014 aux sanctions décidées par l'UE suite au conflit armé en Ukraine, en interdisant l'importation de certains produits. Ce qui gêne la production locale agricole et viticole, affirme les régionalistes de la Ligue du Nord, parti populiste dont le leader Matteo Salvini ne cache pas son admiration pour Vladimir Poutine. Ce dernier s'est rendu plusieurs fois en Russie pour dénoncer l'embargo et son coût pour les entreprises de l'Italie, selon Le Monde
Vidéos à la une
Le jury avait désigné l'Australie, mais le vote des téléspectateurs a fait pencher la balance en faveur de l'Ukraine. Et c'est donc Jamala qui a remporté samedi, à Stockholm (Suède), le concours 2016 de l'Eurovision. Sa chanson, intitulée 1944, évoque, à travers l'histoire de sa famille, la déportation des Tatars de Crimée par Staline pendant la Seconde guerre mondiale. 'C'est un grand honneur pour moi, a commenté l'heureuse élue. Et c'est aussi une énorme responsabilité. Vous savez, quand on parle de la vérité, on peut toucher les gens.' Le suspense a duré jusqu'aux derniers instants du concours. Après avoir donc obtenu, et de loin, les faveurs du jury, l'Australienne Dami Im s'est fait rattraper sur le fil lorsque ses voix ont été cumulées aux votes des téléspectateurs. Les téléspectateurs ont en réalité plébiscité la Russie, dont le retard était toutefois trop important pour rattraper le voisin ukrainien. 'Nous avons fait le maximum pour représenter notre pays le mieux possible et je crois que nous y sommes parvenus, a ensuite commenté le chanteur russe, Sergueï Lazarev. Le fait que les téléspectateurs européens nous aient donné la première place est le plus important.' Avec d'autres, le président du comité des Affaires étrangères du Sénat russe, Konstantin Kossatchev, a dénoncé un vote 'politique' en faveur de la candidate ukrainienne. Il y a même vu une menace sur le processus de paix entre les deux pays.
Vidéos à la une
'Jamala, tu es la meilleure.' Dans la capitale de l'Ukraine, Kiev, des jeunes filles exultent. 'Elle est une personne incroyable, sincère, dit Oksana. Elle est très forte, elle obtient toujours ce qu'elle veut. Et nous, nous sommes heureuses !' Le succès de la chanteuse ukrainienne au concours 2016 de l'Eurovision a été accueilli avec euphorie par la population. A l'image de Petro : 'L'Ukraine s'ouvre au monde. Sérieusement. Les gens vont apprendre de nous. Ils vont découvrir une autre Ukraine.' Ludmila partage cet avis : 'Je suis contente que notre fille ait gagné. Elle a énormément de talent. Et son succès rejaillit sur tous les Ukrainiens.' Le texte éminemment politique de la chanson lauréate amplifie la fierté du pays. 'Notre chanteuse est la meilleure, commente un policier, Dmytro Shchavliov. Je lui souhaite inspiration et succès. C'est aussi pour nous un pas en avant vers un avenir meilleur. J'espère que le monde sera bon avec l'Ukraine comme il l'a été avec Jamala.' 'Mon objectif est de raconter l'histoire de ma famille, plus généralement celle des Tatares de Crimée, pour que plus jamais une telle chose n'arrive', avait expliqué Jamala en mars dans une interview à Euronews. Grâce à sa victoire, l'Ukraine accueillera le concours Eurovision l'an prochain. Pour la deuxième fois de l'histoire, après 2004.
Vidéos à la une
Il y a déjà deux ans que l'Est de l'Ukraine est plongée dans la guerre civile... Ces affrontements entre l'armée ukrainienne et les rebelles pro-russes ont fait près de 9.300 morts et plus de un million et demi de déplacés. Un conflit qui est parti d'une étincelle, le refus du Président Viktor Ianoukovitch de signer un accord qui aurait rapprocher l'Ukraine et l'Union européenne... Kiev s'embrase, la décision est largement et vivement critiquée. En février 2014, les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre font une centaine de morts. Quelques jours plus tard, un accord est trouvé entre l'opposition et la présidence, mais Ianoukovitch s'enfuit, ce qui précipite les choses. Un gouvernement intérimaire se met en place. Vladimir Poutine déclare qu'il s'agit d'un coup d'Etat et se réserve le droit de recourir à toutes les options possibles, y compris la force, en dernier ressort. En Crimée, envahie par des hommes en noir, un référendum sur l'autodétermination se met en place. Le 18 mars 2014, la Russie annexe le territoire, de même que la ville de Sébastopol. Ce sénario motive d'autres régions pro-russes, comme dans le Donbass. Les régions de Lougansk et Donetsk, fiefs séparatistes, qui ont une frontière commune avec la Russie, organisent des référendums d'autodétermination, le 11 mai. Le 25 mai, l'élection présidentielle a lieu. Petro Poroshenko est élu comme président et intervient sans perdre de temps pour empêcher que ces deux régions connaissent le même sort que la Crimée. Les combats se multiplient. Des batailles meurtrières ont lieu, entre autres, autour de Soviansk et dans l'aéroport de Donetsk. Porochenko ne veut pas laisser l'Ukraine se démanteler... Puis, le 17 juillet, le vol MH 17 assurant la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur est abattu alors qu'il survole l'Est de l'Ukraine. 298 personnes périssent. Les deux parties s'accusent mutuellement d'être responsables et le conflit prend une autre dimension. De nouvelles sanctions contre la Russie sont mises en place par les Occidentaux qui, en parallèle, redoublent d'efforts pour trouver un terrain d'entente entre Poutine et Poroshenko. Un premier cessez-le-feu est négocié à Minsk, au Bélarus. Mais le protocole n'est pas respecté. Cinq mois plus tard, en février 2015, un nouveau compromis, Minsk II, est trouvé. Mais depuis plus d'un an, les choses ont peu et mal évolué. Les violences continuent d'éclater de manière sporadique le long de la ligne de front qui s'est figée avec les régions du Donbass sous contrôle séparatiste. 600 soldats ukrainiens sont morts... Les pertes rebelles sont inconnues. Et malheureusement, les civils sont toujours en première ligne. Operational Environment in E. Ukraine as of May 11, 2016, 00:00 EET pic.twitter.com/qnbKRGWleL- UaUnderAttackEn (@UaUnderAttackEn) 11 mai 2016 #OSCE recognized: by holding 'parades' in occupied territory of Ukraine pro-Russian forces violated #Minsk. And? pic.twitter.com/7heiJRzgTj- Euromaidan Press (@EuromaidanPress) 11 mai 2016
Vidéos à la une
Anastasia Vlasova: Activists remember slain #Crimean Tatar protester Reshat Ametov#Ukraine pic.twitter.com/c73rGghK1M- Kyiv Post (@KyivPost) 16 mars 2016 Il n'était qu'une poignée à se rassembler, en silence... Des silhouettes en carton pour rendre hommage aux victimes de l'annexion de la Crimée. Parmi elles, Reshat Ametov, retrouvé mort après avoir manifesté contre l'occupation russe. Il y a deux ans, le 16 mars 2014, un référendum contesté faisait de la Crimée un territoire rattaché à la Russie. 97% de oui parmi les votants et de quoi s'interroger sur sa qualité démocratique. Depuis, suivant les sources entre 23 000, selon le gouvernement ,et 45 000 personnes auraient dû fuir la Crimée. Parmi eux de nombreux Tatars, ils représenteraient près de la moitié de ces déplacés. Les Tatars sont un peuple présent depuis l'époque ottomane dans la péninsule. Persécutés par la Russie soviétique, ils seraient poussés à l'exil par les autorités de Moscou. Jamala est chanteuse et Tatar. En Ukraine, grâce à sa future participation à l'Eurovision, elle est devenue le symbole de ce combat. 'Mon but est soulever le problème, raconter l'histoire des Tatars de Crimée et éviter que cela se reproduise et que les gens apprenent de l'histoire'. La chanson qu'elle devrait chanter en mai évoque la déportation des Tatars par Staline en 1944. Une façon de rappeler à l'Europe le sort de la Crimée. Un petit bout de terre oublié, l'Est de l'Ukraine faisant davantage la une de l'actualité. Selon notre correspondante sur place, Nadiya Dermanska, ' cela ne règle pas le problème des milliers de déplacés, la plupart d'entre eux sont sans emploi et condamnés à vivre grâce à des aides minimes de l'Etat.'
Vidéos à la une
L'Ukraine a décidé ce mercredi d'augmenter le nombre de produits russes interdits. Jusqu'à présent, les produits soumis à cet embargo étaient la viande, le poisson, l'alcool, les friandises. Désormais, des produits comme le ketchup ou les pâtisseries, en provenance de Russie, n'auront plus droit de citer sur les étals des marchés ukrainiens. C'est donc un nouvel épisode dans la guerre commerciale que se livrent les deux pays. Depuis quelques semaines, la Russie a imposé un embargo sur les produits ukrainiens. 'La mesure que nous adoptons ce mercredi doit contribuer à contrer l'agression russe. Et cela doit aussi permettre de protéger davantage notre marché intérieur. Pendant que nos soldats défendent les frontières de notre Etat souverain, le gouvernement, lui, s'emploie à protéger notre marché et nos intérêts économiques' * Arseni Iatseniouk, Premier ministre ukrainien* Le transit des produits ukrainiens via la Russie L'autre préoccupation de Kiev, c'est de pouvoir acheminer ses produits vers des pays tiers. Pour ce faire, il faut souvent transiter par la Russie. Or, ces dernières semaines, Moscou a bloqué ce transit, ce qui handicape les relations commerciales de Kiev notamment avec des pays d'Asie centrale. L'Ukraine en appelle désormais à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC). 'Kiev a déjà déposé une plainte auprès de l'OMC par rapport à l'embargo russe. Les autorités ukrainiennes espèrent que la question de l'interdiction de transit des marchandises ukrainiennes via la Russie sera étudiée lors de la prochaine réunion de l'OMC prévue fin février.' Maria Korenyuk, correspondante d'euronews à Kiev
Vidéos à la une
Kiev ne renonce pas à l'idée de récupérer la Crimée. Le retour dans le giron ukrainien de la péninsule, annexée par la Russie, demeure une priorité pour Petro Porochenko. Et pour arriver à ses fins, le président ukrainien joue la carte énergétique. Car la Crimée fait face à des pénuries de courant depuis le sabotage en novembre dernier de lignes à haute tension, qui acheminaient l'électricité depuis le territoire ukrainien. Petro Porochenko y voit une opportunité pour récupérer la péninsule : 'Nous allons immédiatement signer un nouveau contrat et fournir de l'électricité à la Crimée, a-t-il lancé lors d'une conférence de presse. Puis d'ajouter : mais ce contrat doit stipuler que l'électricité sera fournie à la Crimée, en Ukraine.' Rétablir la souveraineté ukrainienne en Crimée et sur tous les territoires séparatistes. C'est l'ambition affichée par Petro Porochenko, alors que de nouveaux pourparlers ont repris à Minsk. De notre correspondante à Kiev, Maria Korenyuk : 'L'Ukraine demande à la Russie de fixer des dates précises pour appliquer les accords de Minsk, souligne notre correspondante, alors que des combats sporadiques se poursuivent toujours dans l'Est ukrainien, malgré la trêve. Kiev insistera sur ce point lors des prochains pourparlers au format 'Normandie' qui doivent avoir lieu début février.'
Vidéos à la une
Comme chaque année, Coca-Cola a tenu à présenter ses voeux du Nouvel An partout dans le monde. Mais cette fois, en publiant ses souhaits sur une version de la carte Russe, sans inclure la Crimée, le géant américain a provoqué l'indignation des Russes. Devant les critiques, ce grand groupe a rectifié le tir mais cette fois encore il a déclenché la colère des Ukrainiens. Finalement, Coca-Cola a dépublié la carte. - La mise au net de Thomas Oliveau, Chef de service BFMBusiness.com. - 12h L'heure H, du mercredi 6 janvier 2016, présenté par Pauline Tattevin et Guillaume Paul, sur BFM Business.
Vidéos à la une
Nouvel an aux chandelles en Crimée : la province ukrainienne annexée en mars 2014 par la Russie était privée d'un quart de son électricité en provenance d'Ukraine ce jeudi. Une perturbation qui coïncide avec l'expiration du contrat d'approvisionnement de la région, et dont le renouvellement pose problème à Moscou. ' Il y a quelques jours, la partie ukrainienne a posé une condition à l'extension du contrat,' a expliqué le ministre russe de l'énergie, Alexander Novak. ' Devrait y être mentionné que l'électricité est fournie à la Crimée, territoire d'Ukraine. Nous ne pouvons pas accepter cette définition. Nous en avons référé au Président Poutine. ' Ce dernier a proposé de consulter la population de Crimée par référendum. La compagnie d'électricité ukrainienne, Ukrenergo, a expliqué la baisse de l'approvisionnement par le sabotage d'un de ses pylônes, comme cela avait été le cas en novembre dernier. La province, dépendante à 70 % de l'Ukraine en matière d'électricité, avait été privée de courant pendant deux semaines. Un mal pour un bien pour Artyom Kryuchkov, chef d'entreprise en Crimée : ' Ca a été une année positive. Les deux semaines où l'électricité a été coupée nous ont rapprochés. Encore une fois, le gouvernement à Moscou a très vite résolu la situation avec le pont énergétique.. ' Lors du blackout de novembre, la Russie avait pris le relais grâce à des générateurs d'urgence. Sur le long-terme, Moscou a prévu de raccorder la Crimée à son réseau électrique par des câbles sous-marins. En attendant, les habitants de Sébastopol ont été appelés à charger leurs téléphones portables et à préparer le repas du réveillon de bonne heure afin d'éviter les mauvaises surprises dans la nuit. Seule la grand place du centre-ville était encore illuminée cette nuit.
Vidéos à la une
De nouveaux billets de 100 roubles ont vu le jour en Russie. Ils valent 1,29 euro environ mais ils ont avant tout une valeur symbolique puisqu'ils célèbrent l'annexion de la Crimée par Moscou en mars 2014. 20 millions d'exemplaires représentant des monuments de Crimée ont été mis en circulation ce mercredi par la banque centrale russe. Pas de quoi réchauffer les relations avec l'Ukraine.
Vidéos à la une
Un cinquième jour sans électricité en Crimée, après le sabotages de lignes à haute tension. Un coup dur pour les deux millions de personnes qui vivent dans la péninsule ukrainienne annexée par la Russie il y a un an et demi. A l'origine de cet acte, des activistes anti-Kremlin, qui auraient voulu mettre à l'épreuve la loyauté des habitants à l'égard de Moscou. Des habitants qui prennent leur mal en patience, plutôt que de céder à la pression. En guise de représailles, la Russie a réduit ses livraisons de charbon vers l'Ukraine. Une manoeuvre qui vise à déstabiliser Kiev, assure le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. Des ingénieurs ont commencé à réparer certaines lignes défectueuses, mais des activistes Tatars et des nationalistes ukrainiens les ont empêchés de poursuivre leur travail, sans être délogés par les autorités.
Vidéos à la une
Trois tigres blancs du Bengale nouveaux-nés dans un panier et nourris au biberon : qui ne craquerait pas devant tant de douceur ? Nés au zoo de Yalta en Crimée, ils font partie d'une espèce menacée d'extinction et dont la population diminue tous les ans.
Vidéos à la une
Silvio Berlusconi a retrouvé vendredi son ami de longue date Vladimir Poutine pour boire du vin et rendre hommage aux soldats italiens morts à la fin du XIXe siècle pendant la guerre de Crimée, cette péninsule ukrainienne annexée en 2014 par la Russie. Il s'agit de la première visite d'un ancien chef de gouvernement européen sur ce territoire dont l'annexion par Moscou avait déclenché une série de sanctions de l'Union européenne contre la Russie. Bruxelles a notamment décrété des sanctions interdisant les activités touristiques en Crimée.
Vidéos à la une
L'armée ukrainienne enregistre ses plus lourdes pertes depuis la mi-juillet. Au cours des dernières 24 heures, sept militaires ont été tués et 13 autres blessés dans des combats avec des séparatistes pro-russes. Une civile a également trouvé la mort. Ces pertes ont été enregistrées près de Mariïnka, à 17 km au sud-ouest de Donetsk et dans le secteur de Marioupol, dernière grande ville dans la zone du conflit sous contrôle du gouvernement ukrainien. Dans le même temps, l'armée ukrainienne affirme avoir vu des chasseurs russes voler dans la région de Rostov-sur-le-Don, à la frontière avec la région séparatiste ukrainienne de Lougansk. L'Est séparatiste pro russe, où plus de 6.800 personnes ont péri depuis avril 2014, connaît ces dernières semaines une recrudescence des violences en dépit de la trêve en vigueur depuis février.
Vidéos à la une
Vladimir Poutine s'est prêté à une nouvelle expérience lors de ce nouveau séjour en Crimée. Aller rendre visite aux poissons, une façon de promouvoir le tourisme dans la région, puisque c'était le but officiel de son voyage. La touristique Crimée souffre en effet du conflit tout proche avec l'Ukraine, et depuis l'annexion en mars 2014 bien peu de gens choisissent d'y passer des vacances. A l'occasion de son séjour le président russe a aussi rencontré les minorités qui vivent dans l'ancienne péninsule ukrainienne, notamment les Tatars. Vladimir Poutine les a avertis, pas question d'indépendance ou autre : 'Je considère comme extrêmement dangereuses toutes les spéculations sur des droits spéciaux attribués à un groupe ethnique en particulier.' Les Tatars, plus de 10% de la population, payent chèrement leur soutien à Kiev au moment de l'annexion : les forces russes les ont expulsé des locaux de leur assemblée, ont fermé leur télévision. Plusieurs activistes tatars auraient été tués, battus ou sont portés disparus.
Vidéos à la une
Ces 4 lionceaux blancs sont nés il y a deux semaines dans un zoo de Sébastopol en Crimée (péninsule annexée par la Russie). Ce mercredi 29 juillet, ils ont fait leurs premiers pas au grand jour. Il n'y aurait dans le monde qu'une petite centaine de ces lions blancs.
Vidéos à la une
Quatre lionceaux blancs ont fait leurs premiers pas dans un parc zoologique de Sébastopol, en Crimée (Ukraine). Nés il y a moins de 15 jours, les bébés peuvent tout juste marcher. Ils passent une bonne partie de leur temps à manger et à dormir. Élevés séparément de leurs parents, les petits pourront rejoindre sans risque les autres lions lorsqu'ils auront grandi.
Politique
Une dizaine de parlementaires français s’est récemment rendue en Crimée, la région annexée en mars 2014 par la Russie. Ce déplacement a été vivement critiqué en France. Faisant fi des critiques, certains n’ont pas hésité à publier sur les réseaux sociaux leurs photos de voyage alimentant ainsi la polémique.
Vidéos à la une
Indignation à Paris et à Kiev face à la visite controversée de dix parlementaires français en Crimée. Le groupe, comprenant principalement des élus du parti de l'opposition Les Républicains, s'est rendu sur la péninsule ukrainienne, annexée en 2014 par la Russie, sans en informer Kiev, d'après l'ambassadeur d'Ukraine à Paris. Leur séjour devait s'achever vendredi ou samedi. 'C'est une honte pour le Parlement français', a dénoncé Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Selon l'agence de presse Tass, l'un des députés, Thierry Mariani, a défendu l'annexion de la Crimée. 'J'étais il y a deux mois à Kramatorsk, Sievierodonetsk et Slaviansk (en Ukraine). J'ai vu les destructions et parlé avec des réfugiés (...) et on peut seulement vous féliciter d'avoir su éviter cela ici', a déclaré Thierry Mariani, cité en russe par l'agence. L'ambassadeur d'Ukraine à Paris a dénoncé une violation du droit international et de la législation ukrainienne de la part des élus français qui s'étaient rendus à Moscou avant d'aller sur la péninsule ukrainienne. Avec AFP
Vidéos à la une
Une petite dizaine de députés, emmenés par Thierry Mariani, du parti Les Républicains, a rencontré ce jeudi les autorités locales de Crimée, région ukrainienne annexée par Moscou il y a plus d'un an. L'ancien ministre des Transports et député des Français de l'Etranger, Thierry Mariani, s'exprimant quelques instant en russe, a défendu le référendum organisé en Crimée et son rattachement au territoire russe. La visite de ces élus français pro-russes est sévèrement critiquée par Paris : Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères, s'est dit 'hostile' à ce voyage, en 'violation du droit international', car non autorisé par les autorités ukrainiennes. L'absorption de la Crimée par la Russie a toujours été condamnée par les Occidentaux. L'Union européenne a pris des sanctions, qui interdisent notamment les activités touristiques en Crimée.
Politique
Selon un expert russe, devant la montée des tensions entre la Russie et les Nations unies, l’idée d’une guerre internationale serait de plus en plus envisageable.
International
Alors que la Grande-Bretagne et l’Argentine s’écharpent à propos des îles Malouines, retour sur toutes ces zones disputées par plusieurs pays à travers le monde.
Vidéos à la une
Le 6 avril 2014, une foule se masse devant le bâtiment du gouvernement régional de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine. Des milliers de manifestants, arborant des drapeaux russes et des pancartes aux slogans anti-Europe et anti-États-Unis protestent contre le nouveau pouvoir installé à Kiev après la chute de Viktor Yanukovich deux mois plus tôt. 'Nous sommes contre ce nouveau gouvernement, nous sommes contre le fascisme. Je veux une union douanière avec la Russie. Kiev ne nous entend pas, l'Union européenne non plus. Je demande à l'Union européenne de venir ici à Donetsk, dans le Donbass, pour entendre ce que l'on a à dire', explique une manifestante. Après le coup de force russe en Crimée, les esprits commencent à s'échauffer aussi dans la partie russophone du pays. 'Je m'inquiète de ce qui peut arriver demain à notre pays. Je ne suis pas favorable à une séparation, mais je ne reconnais pas le gouvernement actuel, les oligarques sont de nouveau au pouvoir', dit une femme. Le même jour, à Louhansk, près de la frontière russe, c'est le quartier générale des service de sécurité qui est encerclé puis pris d'assaut par une foule qui, elle aussi, clame son attachement à la Russie. Une foule qui demande la libération de détenus par les services de sécurité ukrainiens et l'organisation d'un référendum pour un rattachement à la Fédération de Russie. 'Russie, Russie', même scénario, le même jour à Kharkiv, l'autre grande ville de l'Est. Les manifestants investissent le siège de l'administration locale. Les pro russes font de même à Donetsk. Les meneurs de la contestation réclament une réunion d'urgence du parlement régional pour discuter d'un vote sur le rattachement à la Russie. Le lendemain, le 7 avril 2014, les chefs de l'insurrection proclament la création des 'Républiques populaires de Donetsk et de Louhansk'. La situation est dénoncée alors par le président ukrainien par intérim, Alexandre Turchinov, qui pointe du doigt la Russie 'Chers citoyens d'Ukraine, hier a commencé la deuxième étape de l'opération spéciale russe contre l'Ukraine. Les ennemis de l'Ukraine essaient de répéter le scénario de la Crimée, mais nous n'allons pas les laisser faire. Une cellule de crise a été mise en place et une opération antiterroriste va débuter contre ceux qui on pris les armes', assure alors Alexandre Turchinov. Tout au long du mois d'avril 2014, le mouvement séparatiste continuera à prendre de l'ampleur, jusqu'à déboucher sur une guerre que personne n'aurait imaginée aux portes de l'Europe.
Vidéos à la une
C'est en grande pompe que le Kremlin a voulu fêter 'le retour' de la Crimée au sein de la Fédération de Russie. Le 18 mars 2014, le président Vladimir Poutine signait le traité d'intégration, deux jours après un référendum non reconnu par Kiev et les occidentaux. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont pressées au pied du Kremlin, à Moscou. Pendant 60 ans, la Crimée avait fait partie de l'Ukraine, et c'est contre la volonté de Kiev que la région a été annexée.
Vidéos à la une
Bakhchisarai est l'ancienne capitale politique et culturelle du royaume des Tatars de Crimée avant l'occupation par l'Empire Russe en 1783. Aujourd'hui, une année après l'annexion de la péninsule ukrainienne par la Russie, l'ambiance ici est faite d'inquiétude. La vieille peur, dont les racines sont historiques, refait surface. Basée à Simferopol, ATR est la seule télévision des Tatars de Crimée, c'est aussi la seule chaîne indépendante qui reste dans la péninsule, mais pour combien de temps, se demande la vice-directrice de l'information. 'En ce moment, nous subissons une pression assez forte. Vous savez sans doute que récemment, des hommes armés ont débarqué ici pour nous effrayer. Officiellement, c'était une perquisition. Et puis manitenant nous avons peur de perdre notre licence, qui expire le 1er avril. Nos documents nous ont déjà été retournés quatre fois avec la 'mention 'à compléter' ' raconte-t-elle. Rustem Skibin est un artisan Tatar qui a fui Simferopol juste avant l'annexion russe pour s'installer à Kiev. Avec lui, il a emporté tous les objets en lien avec sa culture. Son artisanat, aujourd'hui, il le vend au bénéfice des réfugiés tatars. Rustem craint d'être persécuté parce qu'il promeut sa culture. Il nous montre certains de ces instruments : 'Ceci est un 'dumbelek' - un instrument traditionnel des Tatars de Crimée. Au départ, cet instrument était utilisé pendant la guerre. C'était un moyen d'échanger des informations. Il est en argile et en peau de chèvre' nous montre-t-il. Selon l'ONG 'SOS Crimée' qui s'occupe des personnes déplacées, sur les 45 000 personnes qui ont quitté la Crimée depuis l'annexion russe, 20 000 sont des Tatars. 'Actuellement, la raison principale qui pousse les gens à quitter la Crimée est la persécution de masse des Tatars de Crimée. Leurs commerces sont harcelés. 14 Tatars sont portés disparus, et aucune enquête n'est menée. Les activistes tatars et les élus du Mejlis sont persécutés' dénonce Tamila Tasheva, coordinatrice de l'ONG. Mais il y a aussi des Tatars qui soutiennent l'annexion russe, comme Ruslan Balbek, Vice-Premier Ministre de Crimée : 'Les Tatars de Crimée ne rêvent pas de retourner en Ukraine. Ils ne se rappellent pas de Dzhemilev et Rifat Chubarov. Ce qui compte pour eux, c'est leur vie quotidienne. Parce que depuis 23 ans, il n'y a ni routes ni électricité dans les lieux où ils sont concentrés. Il n'y a pas de conditions de vie dignes' estime-t-il. Les deux principaux leaders de la communauté tatare se sont eux aussi réfugiés à Kiev. Mustafá Dzhemilev, l'ancien Président de leur assemblée représentative - le Mejlis - est une figure paternelle pour le peuple tatar. Selon lui, la majorité des Tatars ne veulent pas être russes. Cela fait presque un an que le leader du Mouvement national des Tatars de Crimée, Refat Chubarov, a quitté sa terre natale pour Kiev. Les Russes lui ont interdit d'entrer sur le territoire de Crimée. Il affirme que ceux qui s'opposent à la domination russe dans la péninsule subissent l'oppression. Notre correspondante à Kiev l'a rencontré. 'Toute ma vie est en Crimée : la nation dont je fais partie, ma terre natale, ma maison que je n'ai pas fini de construire, mon travail, l'assemblée représentative des Tatars de Crimée. Mais ils ont tout pris' dit-il. Représentant 13 % de la population en Crimée, les Tatars sont massivement opposés à l'annexion russe, de manière pacifique. Ils sont perçus comme une 'cinquième colonne' hostile à Moscou. Récemment, les activistes sont particulièrement harcelés par les autorités. 'Les Tatars de Crimée sont les seuls à s'être opposés à l'entrée de l'armée ukrainienne dans la péninsule, à défendre l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Et c'est pour cela qu'ils subissent une politique de terreur systématique. D'après nos informations, environ 150 Tatars de Crimée ont déjà été condamnés par des tribunaux criméens' indique-t-il. En 1954, Nikita Krouchtchev offre la Crimée à l'Ukraine, toujours sous la coupe soviétique. A l'indépendance en 1991, Kiev permet le retour des Tatars, déportés massivement en Sibérie par Staline, alors qu'ils étaient installés en Crimée depuis le XVème siècle. 'Nous sommes revenus sur notre terre et ce nouveau malheur est arrivé, encore de Moscou. Notre peuple pense que si l'on perd encore notre terre, nous la perdrons pour toujours. Et il veut rester ici - sur ses terres, quelles que soient les circonstances' La Crimée vient de célébrer son retour dans le giron russe, officialisé par référendum. Le scrutin s'est tenu après trois semaines d'occupation militaire et il n'a pas été reconnu par la communauté internationale, qui dénonce aujourd'hui la militarisation de la péninsule. 'C'est une tête de pont militaire, un avant-poste contre le flanc sud de l'OTAN. Et maintenant, la Russie ne se contente pas d'accroître ses troupes, elle va restaurer l'infrastructure militaire qui reste en Crimée depuis l'époque soviétique. Les officiels russes n'excluent pas de construire une base nucléaire en Crimée' dit-il. Les Tatars ont depuis toujours un rapport conflictuel avec la Russie. Le harcèlement et la déportation de leurs dirigeants rappellent les heures les plus sombres de l'époque soviétique.

Pages

Publicité