Alors que la demande de chocolat s’accentue et bat sans cesse de nouveaux records, l’offre, quant à elle, peine à suivre. Outre une inflation déjà en marche, une véritable pénurie du cacao semble se profiler. 

"La vie, c’est comme une boîte de chocolats", disait Forrest Gump. Et si, bientôt, cette boîte était vide ? C’est ce que prédit le très sérieux Wall Street Journal. En effet, la consommation mondiale de la gourmandise ne fait que s’accroître et tend de plus en plus vers l’inflation, voire la pénurie. Avec quatre millions de tonnes écoulées l’an passé dans le monde, soit 32% de plus qu’il y a dix ans, la précieuse denrée voit sa demande exploser de façon globale, à plus forte raison au sein des marchés émergents. Dès lors, "les producteurs du monde entier luttent pour pouvoir produire suffisamment de cacao afin que le chocolat continue de couler à flots", alerte le quotidien américain. Conséquence directe : l’augmentation du prix, avec une flambée de près de 9% l’an dernier. Première goutte d’une très probable averse de conséquences à venir.

Un secteur inadapté aux lois du marché

Outre la demande exponentielle due à l’apparition de nouveaux capitaux en provenance des pays émergents - notamment en Asie -, le secteur souffre également de son incapacité à assurer une production de masse stable et compétitive. Majoritairement assurée par des cultivateurs indépendants pour la plupart basés en Afrique de l’Ouest, la culture des précieuses fèves de cacao n’est pas inscrite dans une logique de production cohérente avec les lois du marché. Coûteuse pour les fermiers qui peinent ainsi à investir davantage, nombreux délaissent, à terme, cette production capricieuse au profit du caoutchouc ou d’huile de palme, produits moins lucratifs à la production et tout aussi demandés.

Un véritable écueil pour l’industrie agro-alimentaire, dont les acteurs se voient dans la nécessité vitale de trouver des alternatives au plus vite. La plantation de nouveaux cacaoyers n’étant pas rentable sur le court terme – un arbre compte dix ans avant de produire des fèves – et le réchauffement climatique menaçant de nuire encore davantage aux récoltes, certains, tels qu’Hershey, ont déjà opté pour les produits de substitution tel que le beurre de cacao. L’Organisation internationale du chocolat annnonce la plus longue pénurie de chocolat depuis que celle-ci a débuté la publication de ses statistiques, en 1960. La diminution de la taille des produits est également envisagée.

Vers une flambée des prix

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Qui dit pénurie, dit prix exorbitants. Ainsi, alors qu’en octobre 2013, la tonne de fèves de cacao avait égalé son coût record de mi-septembre 2011 en affichant un prix de 2780 dollars, cette tendance ne semble pas prête de s’inverser. Conséquence : "le prix du chocolat et des confiseries à base de chocolat vont inévitablement monter", avertit Sterling Smith, spécialiste du marché du cacao. Dans cette hypothèse, Michael Szyliowicz, co-fondateur de Mont Blanc Gourmet, avait sondé ses clients quant à leur préférence entre un changement dans la composition des produits ou une augmentation des prix. Les réponses furent sans appel : la deuxième option bénéficie d’un large plébiscite.