Après la chute vertigineuse intervenue à la mi–avril, les cours de l’or se reprennent. Selon certains experts, ce rebond pourrait se prolonger.

La chasse aux bonnes affaires bat son plein : le 17 avril dernier, l’US Mint, l'organisme qui produit et met en circulation les pièces américaines, a vendu 63 500 onces d’or en 24 heures, l’équivalent de 2 tonnes. Une once d’or ou d’argent représente 31,10g de métal fin. La demande a été si forte que la commercialisation de certaines pièces,1/10ème d’once, a été interrompue, faute de stock !

L’US Mint, dont les pièces s’écoulent à travers toute la planète, n’est pas le seul organisme à profiter de cette ruée vers l’or. Les achats se sont aussi emballés en Chine, en Inde ou encore en Afrique du Sud où les ventes de "Krugerrands", la pièce vedette du pays, ont progressé de 30% en avril par rapport aux 12 derniers mois.

En France, les détaillants enregistrent un boom dans les ventes de Napoléon, l’incontestable vedette du marché tricolore. Les raisons qui ont ramené le cours de l’once d’or sous 1400 dollars à la mi-avril sont multiples. Il y a d’abord le ralentissement de la croissance mondiale qui diminue les risques d’inflation et l’attrait pour le métal jaune, réputé comme l’actif idéal pour se couvrir contre un tel risque.

En situation difficile, la banque centrale de Chypre à indiqué qu’elle allait vendre plusieurs dizaines de tonnes d’or pour renflouer l’Etat, ce qui a naufragé les cours. Enfin, les investisseurs détenant de l’or à travers des véhicules d’épargne cotés en bourse, dont le fameux SPDR Gold Shares, ont paniqué et soldé leurs positions, greffant ainsi un turbo la baisse.

Depuis, la donne a évolué. Les banques centrales profitent du repli actuel des cours et de l’effritement du dollar, principale monnaie de cotation de l’or, pour augmenter leurs positions. Qu’il s’agisse des bijoutiers ou de particuliers, la demande émanant des investisseurs est soutenue. Cette appétence alimente les rumeurs sur la raréfaction du métal disponible.

Par ailleurs, la situation internationale est favorable aux métaux précieux, considérés comme de bons parachutes patrimoniaux en période de crise. Le rebond actuel va-t-il pousser l’once d’or vers son sommet historique de 1911 dollars ou s’agit-il d’une embellie avant un nouveau cycle de baisse ? Si les plus pessimistes, dont Goldman Sachs, voient le prix de l’once se replier, le panel d’experts de Reuters et celui de Thomson Reuters GFMS misent plutôt sur le rebond.

Pour participer à cette hausse potentielle, les particuliers doivent garder plusieurs points en mémoire :

- les cours de l’or sont beaucoup plus volatils que par le passé et c’est en suivant leur évolution à travers des revues de presse spécialisées  que l’on maximalise les chances de profit.

- Lorsque l’on achète de l’or il faut savoir que le prix intègre une prime. Elle est "négative" si le prix d’achat est inférieur au poids de métal fin contenu dans la pièce ou le lingotin et "positive" dans l’hypothèse inverse.

A titre d’exemple, la prime du Napoléon était de + 5% le 29 avril pour une valeur de 220 euros. Le Napoléon se payait donc 5% de plus que sa densité d’or, 5,80g. C’est évidemment lorsque la prime est négative que l’acheteur fait la meilleure affaire.

- Ce critère n’est pas le seul à prendre en compte : certaines pièces dont le décor change tous les ans acquièrent une valeur supplémentaire pour les numismates. C’est notamment le cas pour le Panda d’or Chinois, 1 once, ou le Kangoroo australien.

- Ce qui vaut pour l’or vaut également pour les pièces d’argent comme Kookaburra australien, 1 once, ou la série "Wild Life" canadienne.

- Il est aussi important de savoir que certaines pièces d’or comme l’American Eagle,1 once, ou la Maple Leaf canadienne,1 once, profitent d’un bonus car leur popularité les rend échangeables sans difficulté dans le monde entier.

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Conseil : qu’il s’agisse de pièces d’or ou d’argent, les modules gagnent à être conservés dans leurs emballages d’origine pour éviter les pertes de valeur dues aux rayures et autres petits chocs.