Le prix des cartes de paiement varie considérablement d’une enseigne à l’autre et certaines ont relevé l’addition de plus de 20% en 3 ans…

Si vous avez passé une partie de vos vacances à l’étranger, examinez bien votre prochain relevé de compte : vous pourriez avoir une mauvaise surprise liée à des frais de transaction. Lors d'un séjour dans l’UE (mais hors zone euro) ceux-ci peuvent atteindre 2% des montants réglés par cartes mais dépasser 4% si vous avez quitté le périmètre de l'Union Européenne.

 

Ces frais de transaction peuvent grossir une addition déjà rondelette. Car, bien conscient, que la détention d’une carte bancaire est indispensable, les 3 acteurs se répartissant le marché tricolore (Visa, MasterCard, American Express) facturent la détention de ce petit sésame au prix fort. En 2012, malgré la crise économique et la chute de pouvoir d’achat des ménages, ils ont augmenté leurs tarifs plus vite que l’inflation. Le prix de la carte Visa internationale à débit immédiat a, par exemple, progressé de + 2,22%, soit presque 1 point de plus que la hausse des prix. 

 

Plus 20% en trois ans...

Cette moyenne dissimule des écarts importants. L'augmentation a atteint + 9% chez Groupama Banque (35 euros), et + 7,69% à la Société Marseillaise de Crédit (42 euros). Certaines enseignes comme Coopabanque, ELCL et certaines caisses du Crédit Agricole ont relevé leurs tarifs de plus de 20% durant les trois dernières années. 

Selon le rapport annuel de l'Observatoire des tarifs bancaires publié dans le courant de l’été 2013, une carte bancaire coûte dorénavant autour de 37 euros annuels. En ce qui concerne les cartes à débit immédiat, les tarifs moyens s’échelonnent de 30 à 46 euros par an et vont de 35 euros à 52 euros pour celles à débit différé. Certaines banques en ligne comme Fortuneo, Boursorama, ING offrent une carte bancaire gratuite à leurs clients moyennant, il est vrai, un service de proximité moindre que celui des réseaux traditionnels. 

Plus il y a de services, plus c'est cher

Pour savoir si votre banque vous pigeonne, vérifiez notamment le prix des services couplés à l’usage courant de votre carte. Ainsi, demandez notamment à votre chargé de compte le montant du malus qui est infligé si vous retirez de l’argent aux distributeurs d’un établissement concurrent. Le nombre de retraits gratuits mensuels autorisé est généralement de 3 (2012) par mois dans la plupart des banques. Au-delà, chaque opération revient environ à 0,89 euro. Si votre enseigne franchit ce plafond, elle dépasse une facturation moyenne déjà en hausse de 9% pour l’ensemble du marché entre 2011 et 2012 !

On distingue plusieurs types de cartes dont celles autorisant les paiements et retraits dans le monde entier (Carte Bleue Visa, Visa Classic, Mastercard, etc.). En cas de détention d’une carte de paiement international à débit immédiat votre cotisation moyenne doit se situer vers 38 euros contre 44,22 euros pour une carte à débit différé. Les cartes haut de gamme (Gold MasterCard, Visa Premier etc.) sont couplées à une panoplie de services. Beaucoup d’utilisateurs ne connaissent pas le détail et c’est le prétexte d’une facturation élevée : de l’ordre de 100 euros/an. Les frais de dotation d’une carte bancaire doivent être considérés à l’aune d’une qualité de service globale.

Selon une enquête réalisée par la CLCV il y a quelques mois en partenariat avec le magazine Mieux Vivre Votre Argent, la banque la plus avantageuse pour un couple de consommateurs "moyens" (2 cartes de paiement à débit différé, huit prélèvements par mois, etc.) est le Crédit coopératif (frais annuels 143,65 euros). Suivent, la Banque Postale et BNP Paribas.

Pour les gros consommateurs de services bancaires (couple de boursicoteur, carte Gold ou Visa Premier avec paiement différé à l’international, 14 prélèvements pas mois, etc.) c’est plutôt vers LCL qu'il faut se tourner (frais annuels 440,74 euros), le Crédit Coopératif et la Banque Postale qu’il faudra vous tourner.