Quelques astuces permettent de réaliser de bonnes affaires en séparant les objets qui en valent la peine de la "Drouille", la camelote. 

Vous sautez du lit avec l’idée de courir une brocante ou un vide-grenier et il pleut ? C’est un coup de chance. Les vendeurs font plus de concessions sur les prix lorsque les acheteurs sont rares.

Pour faire les meilleures affaires, mieux vaut arriver tôt. C’est "au cul du camion", entendez lorsque les marchands montent leurs stands que les plus belles pièces changent de main. Autre moment favorable, la fin de journée, lorsque les marchands sont pressés de remballer, prêts à faire des concessions sur le "velours", c’est-à-dire leurs bénéfices. Comptez jusqu’à 30% de ristourne sur les "encombrants".

Pour dénicher la bonne affaire, regardez le maximum d’objets en prenant votre temps, en fouillant dans les caisses. Si vous recherchez des objets précis (commodes, tables, etc.) renseignez-vous sur leur cote moyenne avant de vous mettre en chasse. E-bay et les sites de ventes en ligne sont utiles pour se faire une idée. Méfiance : les objets "tendance", comme ceux des sixties, sont souvent proposés trop chers. C’est aussi le cas des objets vintage comme les fauteuils club des années 50 parfois affichés à plus de 600 euros, soit 200 euros de plus que le prix de base. Idem pour les jouets vintage qui ne doivent être achetés au prix fort que s’ils possèdent leur boîte d’origine et sont en bon état.

Méfiez-vous du mobilier industriel 

En ce qui concerne les meubles, méfiez-vous du mobilier industriel, recherché, et notamment des chaises "Tolix". Fabriquées pendant les années 20, elles ont été copiées. Certaines imitations se vendent aujourd’hui plus cher que les objets d’époque ! Comptez de 50 à 100 euros pour une pièce authentique (non décapée). En cas de doute, demandez au vendeur de faire une description détaillée de l’objet par écrit. Faites attention aux mots employés : dire qu’un meuble est de "style" Empire ne veut pas dire qu’il est d’époque. De même, l’appellation "à la manière de..." n’offre aucune garantie.

Le mobilier vendu dans les brocantes est généralement postérieur à l’ancien régime. Si repérer le vrai du faux est un travail d’expert, quelques observations permettent de se faire sa propre idée. Au XIXe siècle, beaucoup de meubles sont encore assemblés par chevillage. Si vous repérez des traces de colle ou des attaches métalliques, c’est qu’il est récent ou a été bidouillé.

Evitez de sauter de joie en montrant l'objet au marchand 

De même, inspectez les flancs des tiroirs. Au XIX siècle (époques Directoire, Empire, Restauration, Louis-Philippe et Charles X) la mécanisation se généralise. Résultat le nombre des queues d’aronde (pièce en bois liant les planches) augmente. Plus un meuble en compte, plus il est récent ; les tiroirs des commodes à doucine de style Louis Philippe en totalisent par exemple jusqu’à 6. De même, passez toujours la main à l’arrière d’un marbre. S’il est ancien, la découpe n’est pas lisse, mais rugueuse car elle garde les traces de la découpe à la scie. De même, un meuble ancien doit présenter des traces d’usures, un placage à l’épaisseur variable et des galeries de parasites (trous de vers, etc.).

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Si vous êtes itinérant, sachez que la valeur des objets diffère d'une région à l'autre. Renseignez-vous. Pour obtenir le meilleur prix, évitez de sauter de joie en montrant l’objet convoité au marchand. Demandez son prix et essayez de négocier dans une fourchette de - 10 à - 25%. Si le marchand va au-delà, méfiance : il peut s’agir d’une "chaude", comprendre une marchandise d’origine douteuse. Si le prix ne baisse pas suffisamment, tentez un "Je vais réfléchir". N’ignorant pas que 9 clients sur 10 ne reviennent pas, le marchand sera peut-être enclin à faire un "geste" pour vous retenir…

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