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C'est une commémoration vivante et in situ. Alors que résonnait le 21 février 1916 le premier coup de canon de la bataille de Verdun, quelque 300 personnes se sont réunies, 100 ans plus tard, là où tout a commencé : au 'bois des Caures', dans la Meuse, à une quinzaine de kilomètres de Verdun. Dimanche 21 février 2016, 6h45 : des bénévoles français et allemands éclairés à la bougie, en costume d'époque, entament une marche, lisent des documents historiques et échangent sur cette bataille qui va durer près de 10 mois et faire plus de 300 000 morts ou disparus. Plus de 50 millions d'obus sont tirés de part et d'autre. 'Mon grand-père était soldat allemand en 1914 puisque l'Alsace faisait partie de l'empire allemand, et donc je suis là en grande partie pour lui', témoigne l'un de ces bénévoles, Luc Heinrich. 'Peut-être que les jeunes demain vont oublier alors que c'est tout de même grâce à ces gens que nous sommes libres', estime un figurant. Après l''évocation historique', une messe a été célébrée à l'ossuaire de Douaumont. Cette nécropole nationale abrite les tombeaux de 130 000 hommes, français et allemands, tombés au combats, mais aussi un cimetière militaire de quelques 16 000 soldats français, intégrant un carré musulman de près de 600 hommes inauguré en juin 2006. Le dernier poilu est mort en 2008. Avec AFP
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La suite des commémorations de la campagne de Gallipoli, plus connue sous le nom de 'bataille des Dardanelles'. C'était le 25 avril 1915 : un corps expéditionnaire composé essentiellement d'Australiens et de Néo-Zélandais, mais aussi de Britanniques, d'Irlandais et de Canadiens, débarquait sur la péninsule de Gallipoli, affrontant les troupes de l'Empire ottoman. #Gallipoli100-25 avr.1915-Des soldats britann., austral. et néozél. sur la péninsule de Gallipoli durant la PGM http://t.co/eZnp2dvnec- Anciens Combattants (@VeteransFR_CA) 25 Avril 2015 100 ans plus tard, une première cérémonie a eu lieu au petit matin (la fameuse cérémonie de l'aube), puis une autre au mémorial australien de Lone Pine, en présence de plusieurs dirigeants étrangers, dont le président irlandais Michael D. Higgins, les Premiers ministres néo-zélandais John Key et australien Tony Abbott. La France était représentée par son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Des milliers de soldats sont morts là durant cette bataille qui se solda par la retraite des alliés au bout de quelques mois... Today we remember and honour all those who fought & died in Gallipoli. #Gallipoli100 #WW1 #lestweforget #anzacday pic.twitter.com/6mQS9qdqsV- SSAFA (@SSAFA) 25 Avril 2015 Pour l'armée ottomane aussi, cette campagne de Gallipoli fut particulièrement sanglante, notamment la journée du 25 avril. Pour défendre leur position, les hommes du 57ème régiment d'infanterie durent se battre à la baïonnette, n'ayant plus de munitions. Ils obéirent à ordre de Mustafa Kemal, le futur père de la nation turque : 'Je ne vous ordonne pas de combattre, je vous ordonne de mourir. Le temps que vous mourriez, d'autres troupes et commandants pourront arriver et prendre vos places'. Tous les hommes de l'unité furent tués ou blessés. Un hommage leur a été rendu ce samedi, en présence du ministre turc des Affaires européennes Volkan Bozkir et du prince Charles. Pour aller plus loin : - Se souvenir des Dardanelles
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A Gallipoli, cent ans après l'offensive des alliés, les signes de la guerre sont bien présents, et à flanc de colline, les mots d'un poème se font messagers de la grande Histoire. Des balles oubliées dans ces garrigues, Gökhan Tarkan Karaman en a trouvé souvent. Il connait bien cette région marquée par l'un des épisodes les plus douloureux de la Première guerre mondiale, une région qu'il a arpentée depuis sa jeunesse. Il est aujourd'hui le producteur d'une série documentaire sur la bataille des Dardanelles. Bora Bayraktar, euronews: 'Quand vous vous promenez dans la péninsule, que voyez vous, que ressentez-vous?' Gökhan Tarkan Karaman: 'Ce n'est pas un endroit où n'importe qui peut venir facilement. C'est un grand territoire, et vous le savez, un demi-million de personnes sont venues se battre ici. C'est un endroit où les balles se percutaient littéralement à certains moments.Tant de balles ont été tirées ici, tant de bombes ont été éclaté... Quand vous marchez, il faut faire attention, il reste des balles, des éclats d'obus et de missiles. Après la pluie, surtout, on peut butter sur du matériel de guerre, juste sous nos pieds.' De ces jours où les Anzacs ont bataillé en vain pour tenter d'arracher un contrôle du détroit, restent ces traces de combats consignées méticuleusement par les conservateurs, et qui apportent encore aujourd'hui de nouveaux éléments de connaissance. Gökhan Tarkan Karaman: 'Il reste tellement d'inconnues. Nous parlons d'une guerre qui a duré 8,5 mois. Nous parlons d'il y a 100 ans. On découvre encore beaucoup de choses qu'on ne savait pas, ou qui ont été mal transmises, sur cette guerre que nous commençons à connaître correctement.' L'enfer du champ de bataille, et un bateau des Anzacs, échoué, pour le rappeler... Bora Bayraktar, euronews: '25 avril 1915, c'est le jour où les Alliés ont débarqué aux Dardanelles. 100 ans après, les signes des combats sont encore visibles. Seule consolation après cette guerre où tant et tant de personnes ont été tuées, c'est qu'elle n'a pas laissé la haine derrière elle, mais l'amitié.'
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Il y a 96 ans prenait fin la Première Guerre mondiale, avec la signature de l'armistice, le 11 Novembre 1918. Les célébrations prennent un relief particulier car c'est aussi l'année du centenaire du début de la Grande Guerre. Dans les capitales européennes comme à Londres, mais aussi dans des milliers de villages, sur les anciens champs de batailles et dans les cimetières militaires, c'est l'occasion d'honorer la mémoire de ces millions d'hommes morts entre 1914 et 1918. Dépôt de gerbes, sonnerie aux morts, temps de recueillement sont organisés pour ne pas oublier. Ypres en Belgique, la Marne, la Somme, Verdun, le chemin des Dames... Ce sont les noms des grandes batailles entrées dans l'histoire par la violence des combats et le nombre d'hommes qui y sont restés. En France, le chef de l'Etat François Hollande a présidé une cérémonie ce mardi matin à Paris, à l'Arc de Triomphe. Puis il s'est rendu dans le Pas-de-Calais pour inaugurer un mémorial à Notre-Dame de Lorette. L'édifice appelé 'Anneau de la mémoire' comporte les noms de 580 000 soldats tués lors des combats dans la région sans distinction de nationalité.
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Tout près de la nécropole de Notre-Dame de Lorette se trouve un autre cimetière gigantesque, mais plus discret : le cimetière allemand de Neuville Saint-Vaast. Reposent ici les dépouilles de près de 45 000 soldats allemands tombés durant la Grande Guerre. Ce cimetière dit 'de la Maison-Blanche' est le plus grand cimetière allemand d'Europe. Horst Howe est paysagiste. Il est chargé de l'entretien du cimetière. 'Après la guerre, raconte-t-il, la France a dit à l'Allemagne : 'on va vous aider a rassembler les corps'. L'Allemagne n'était pas organisée, alors la France a dit : 'on va le faire pour vous'.' Le village a été très largement détruit lors de la Première guerre mondiale, mais aussi largement reconstruit par la suite. La mémoire de la Grande Guerre est entretenue notamment par Donald Browarski. Ancien maire de la commune, il a fait de sa maison un musée. Parmi les anecdotes qu'il raconte, issues de ses lectures, cette scène de fraternisation au moment de Noël 1914 : 'Le capitaine allemand a fait une lettre disant : 'nous avons vos blessés nous les soignons, et vous pouvez venir récupérer les morts pour les enterrer'.' 'Malgré les horreurs qui se sont passées ici, le petit village de Neuville Saint-Vaast se veut une terre de réconciliation, commente l'envoyée spéciale d'euronews, Laurence Alexandrowicz. Pour preuve, un dépôt de gerbe a lieu aujourd'hui au cimetière allemand, pour la première fois depuis 1960'.
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Cette semaine en Europe a été marquée par cette taxe sans précédent dans l'utilisation d'internet inscrite au budget 2015 de la Hongrie. Après plusieurs jours d'une immense mobilisation populaire, le Premier ministre Viktor Orban suspend la mesure jugée liberticide par ses opposants. A Ypres en Belgique, les plus hauts dirigeants se sont à nouveau retrouvés pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale. Hommage aux milliers de victimes de l'une des batailles les plus sanglantes du 20ème siècle.Invitée d'honneur : Angela Merkel. Le futur commissaire européen à l'aide humanitaire va commencer son mandat par une visite dans les pays d'Afrique touchés par le virus Ebola. Mais avant de partir, le Chypriote, qui est aussi le nouveau coordinateur européen contre l'épidémie, a donné des détails sur son plan d'action. La Commission Barroso, dans ses dernières heures de mandat, a voulu peser de tout son poids pour régler le conflit gazier entre l'Ukraine et la Russie. Un accord est intervenu, il signifie un hiver au chaud pour l'Ukraine mais aussi pour de nombreux pays de l'Union européenne. José Manuel Barroso quitte le Berlaymont et comme ses prédécesseurs, sa photo est exposée dans la galerie des dirigeants de l'exécutif européen. Une décennie en tant que président de la Commission européenne signifie des hauts et des bas dans les relations avec les chefs d'Etat et de gouvernement. Mais au cours des derniers jours de son mandat, il a dû faire face à un Premier ministre britannique particulièrement furieux.
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OKPremière Guerre mondiale : Péguy et le sacrifice des intellectuels Pendant la guerre de 14-18, il n'y a pas que les armes qui ont parlé. Ce conflit mondial et aussi la guerre des esprits, où intellectuels français et allemands s'affrontent. Célèbre, l'appel en 1914 de 93 intellectuels allemands, qui dénoncent les critiques visant leur pays. Sur le champ de bataille, de nombreux écrivains, artistes, peintres, s'illustrent parfois jusqu'au sacrifice ultime. Les Britanniques Wilfred Owen, ou Rupert Brooke, l'Allemand Ernst Jünger. Au coeur des combats, l'Américain Ernest Hemingway ou l'Anglais J.R.R Tolkien, l'auteur du 'Seigneur des Anneaux' (ces deux derniers n'ont pas été tués lors de la guerre, NDLR). Chez les Français, Guillaume Apollinaire et Alain Fournier font partie des 450 écrivains français sacrifiés pour un idéal. 'Tous ces hommes ont sincèrement cru que la patrie était attaquée, que cet engagement méritait tous les sacrifices. Il fallait défendre le bien le plus précieux qui était la patrie', analyse Geraldi Leroy, professeur de littérature et spécialiste de Charles Péguy. ITW-Geraldi-Leroy by euronews-fr Laurence Alexandrowics, euronews : 'Et parmi les Français engagés dans la guerre, le poète Charles Péguy, l'exemple le plus marquant de ce patriotisme fervent. Nous sommes à Orléans, sa ville natale. Charles Péguy a été tué il y a juste cent ans, aux premiers jours de la guerre. Et ironie du sort, lors de la Seconde Guerre mondiale, un éclat d'obus a touché la statue exactement à l'endroit de la blessure qui a couté la vie a Charles Péguy, le 5 septembre 1914.' C'est à une heure de Paris, dans la cité de Jeanne d'Arc - qui délivra Orléans des Anglais en 1429 - que Charles Péguy a grandi. Sa mère était veuve, une rempailleuse de chaises. Rien ne destinait son fils à devenir un illustre écrivain. De sa maison natale, il ne reste que cette plaque, mais Orléans abrite le seul musée consacré à cet homme aux multiples facettes, comme l'explique Aurélie Bonnet Chavigny, conservatrice du Centre Charles Péguy : 'écrivain, journaliste, éditeur, polémiste, poète... Je pense que s'il avait vécu au-delà de la première guerre, il serait devenu un grand philosophe.' Le prolifique Charles Péguy a une démarche originale : il crée sa propre maison d'édition, les Cahiers de la quinzaine. L'objectif, publier deux fois par mois ses oeuvres et celles de ses amis. 'J'ai mis cette phrase en exergue du musée : 'et je n'aime rien tant que la liberté', explique Aurélie Bonnet Chavigny. Il n'a pas cherché les faveurs de quiconque, il n'a pas cherché la fortune, il a toujours dit ce qu'il avait à dire, toujours.' Fidèle aux idéaux socialistes, engagé dans la défense de Dreyfus, nourri de sa redécouverte de la foi chrétienne... La pensée variée de Péguy a donné lieu à de nombreuses interprétations, voire récupérations, comme le raconte Geraldi Leroy : 'Péguy est mort en disant à ses soldats, 'tirez, mais tirez donc nom de Dieu', et cela a été transcrit par certains catholiques, par 'tirez, mais tirez AU nom de Dieu !' À 41 ans, rien n'obligeait le lieutenant Péguy à partir au front. Trois semaines avant sa mort, il écrivait à sa femme : 'je périrai peut-être, je ne crèverai pas.' Images et montage : Christophe Pitiot
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Parade aérienne sous les yeux de François Hollande et de Philippe de Belgique, réunis hier à Liège pour les commémorations de la Première Guerre mondiale. La cérémonie, qui marquait le centenaire de l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes, a réuni une dizaine de chefs d'État dont le président allemand Joachim Gauck. Dans son discours, ce dernier a appelé à 'tirer les leçons amères et terribles' du passé. Avant lui, le président français avait évoqué la crise en Ukraine et les massacres de populations en Syrie et en Irak ou le drame de Gaza. Parmi les autres invités de marque, le couple princier, William et Kate, qui s'est rendu au cimetière militaire de Saint-Symphorien, près de Mons, où repose le premier soldat britannique tué pendant la Grande Guerre. C'est tout le Royaume-Uni qui rendait hommage hier aux centaines de milliers de Britanniques tombés durant le conflit de 14-18. Le grand public était invité à éteindre la lumière et à allumer une bougie jusqu'à 23 heures, heure à laquelle Londres déclara officiellement la guerre à l'Allemagne.
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Marche militaire à l'occasion des manifestations qui, à Liège, commémorent le centenaire de l'attaque allemande sur la Belgique. 'C'est une bonne chose, a constaté une jeune anglaise dans le public, que de célébrer tous les soldats qui ont consacré leur vie et qui sont morts à la guerre.' 'Je pense, a appuyé une Belge venue en voisine; qu'il faut rappeler aux jeunes qu'à tout moment ça peut dégénerer, on a suffisamment de conflits qui sont là. Donc c'est à la fois commémorer le passé mais aussi penser au présent et à tous les lieux qui sont encore des lieux de guerre et d'affrontement malheureusement aujourd'hui.' Quatre-vingt trois pays engagés dans la Grande Guerre ont été invités pour cette commémoration placée sous le signe de la sobriété. Une douzaine étaient représentés par leurs présidents. Rudolf Herbert, Euronews : 'Le centenaire de la première guerre mondiale a vu la parution de nombreux livres, ainsi que la production de nombreux documentaires sur le conflit. Est ce donc une bonne raison que d'organiser des cérémonies de commémoration avec tant de VIP ? Oui certainement car ces événements sont la preuve pour le public que le personnel politique européen est conscient du passé du continent et qu'ils prennent la responsabilité du présent et de l'avenir.'
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Andre Büring, euronews : En Grande-Bretagne, en France et en Belgique, la Première Guerre mondiale est un sujet majeur en cette année de commémoration. Il y a de nombreux reportages télévisés et des cérémonies comme à Liège. En Grande-Bretagne, les cérémonies vont même se poursuivre jusqu'à mi-novembre 2018. En Allemagne, en revanche, la Seconde Guerre mondiale, à travers l'énorme responsabilité des Allemands, a fait de l'ombre à la Première Guerre. À Liège, nous retrouvons notre correspondant Rudi Herbert. Comment est l'atmosphère sur place, cent ans après l'invasion des troupes allemandes en Belgique ? Rudolf Herbert, euronews : Le fait qu'autant de personnes se soient rassemblées dans le centre de Liège démontre, quelque part, que la Première Guerre mondiale reste fortement liée à la vie quotidienne des gens. Ils veulent envoyer un message clair aux leaders politiques ; ils veulent leur dire que des gestes symboliques de réconciliation, tels que celui auquel nous avons assisté aujourd'hui, sont nécessaires. Les gens veulent aussi avoir la garantie, de la part des dirigeants politiques en Europe, que des catastrophes comme la Première Guerre mondiale ne se répéteront pas. Andrea Büring, euronews : Comment la Première Guerre mondiale est-elle perçue aujourd'hui? Rudolf Herbert : Je pense que les choses ont changé. Aujourd'hui, on fait moins la différence entre les responsables et les victimes, mais on saisit davantage l'échec des politiques européennes et le fait que des millions de personnes ont payé de leurs vies cet échec.
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C'est à Liège que la Belgique se devait d'organiser sa première commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale. Le 4 août 1914 au matin, violant la neutralité du royaume, la IIe armée allemande lançait son invasion, fonçant sur Liège. La ville allait résister héroïquement pendant plusieurs jours. Une quinzaine de chefs d'Etat et têtes couronnées, invités par le roi des Belges, se sont retrouvés ce lundi au mémorial de Cointe. 'Nous devons défendre activement la liberté et les droits, nous devons être les messagers de la tolérance, de la justice et de l'humanité, a insisté le président allemand, Joachim Gauck. Nous devons tirer les leçons des périodes amères et épouvantables des deux guerres mondiales'. Le président français a également mis en garde contre 'le risque majeur du retour des égoïsmes nationaux en Europe'. François Hollande a fait allusion à la crise en Ukraine et aux combats dans la bande de Gaza : 'Comment rester neutres quand, à Gaza, un conflit meurtrier dure depuis près d'un mois ? Nous ne pouvons pas rester neutres, il y a une obligation d'agir. Et c'est l'Europe qui doit en prendre les responsabilités avec les Nations unies'. Une cérémonie franco-belge, présidée par le roi Philippe, a aussi eu lieu pour rappeler la remise de la Légion d'honneur à la ville de Liège dès le 7 août 1914. Liège allait finalement tomber le 16 août. Les exactions de l'armée allemande qui suivirent firent 6 500 victimes parmi ses habitants.
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A l'occasion des cérémonies du centenaire de la Première Guerre Mondiale, notre reporter, Rudolph Herbert, a décidé de mettre l'accent sur un lieu symbolique: le Vieil-Armand (aka l'Hartmann). Une colline qui surplombe la plaine alsacienne, âprement diputée par les Français et les Allemands. 'Ici, sur le Vieil-Armand, c'était vraiment oeil pour oeil, dent pour dent!', raconte Gerd Krumeich, historien allemand et expert de la Grande Guerre. 'C'est un lieu très chargé d'émotions. Je ne veux même pas imaginer leurs cris. Ils se battaient et se transperçaient à coups de pelles. Ils utilisaient aussi des fusils d'assaut et du gaz. Finalement, il n'y a que les tanks qui qui ne parvenaient pas à se hisser en haut de la colline.' On l'appelle parfois 'la mangeuse d'hommes'. Car durant les 4 années de la Grande Guerre, la colline du Vieil-Armand a pris la vie de près de 30.000 soldats Français et Allemands. Un site stratégique sur le front Ouest, du moins au début du conflit, comme l'explique Gerd Krumeich: 'Ces batailles auraient pu avoir une importance capitale au début. Mais ensuite, très rapidement d'ailleurs, la guerre s'est déplacée vers d'autres fronts. Mais les combats se sont poursuivis ici jusqu'en 1918. Ca a un côté absurde qui amplifie encore les souffrances et les enjeux déjà grands'. A près d'un kilomètre d'altitude, le Vieil-Armand offre une vue plongeante sur la plaine d'Alsace. Si tant de soldats ont combattus sur ses flancs c'est parce que la colline est un emblême. Assise sur la ligne de démarcation entre l'Alsace française et l'Alsace allemande, elle était farouchement convoitée par les deux camps. Les combats les plus sanglants ont lieu en 1915. Mais ils se poursuivent jusqu'à la fin de la guerre. Les batailles sont symboliques, plus que stratégiques car entre temps, le front s'est déplacé à Verdun et dans la Somme. Dans ses entrailles, la 'Mangeuse d'hommes' porte encore les stigmates d'une guerre qui s'est enlisée: des kilomètres de tranchées, des tunnels, des abris de fortune et des positions fortifiées. En tout près de 6.000 vestiges militaires hantent encore ce site. Tout comme l'esprit de ces milliers de soldats tombés ici. Ils vivaient alors la première guerre d'ampleur mondiale. 'Aujourd'hui, on comprend mieux la Première Guerre Mondiale parce qu'on peut l'analyser dans sa dimension globale', explique Gerd Krumeich. 'Auparavant, l'histoire militaire n'avait jamais eu cette dimension mondiale.' La mort n'a pas de frontières mais la perception qu'on en a n'est pas la même partout. En Europe, de nombreux pays ont choisi le 11 novembre, jour de l'armistice, pour commémorer la fin de la guerre et honorer les combattants. Les Anglais, portent un coquelicot en signe d'hommage. La France appelle cette période 'La Grande Guerre'. En Allemagne, rien de tout cela. Le pays a perdu plus de 2 millions de soldats mais les combats, n'ont pas eu lieu sur son sol. Et puis il y a eu la Seconde Guerre mondiale qui a pris le pas dans les esprits. 'En Allemagne, on n'est jamais parvenu à former ce que les Français appellent une 'communauté de dueil', quelque chose qui a pu être conservé et transmis de générations en générations dans les familles. On n'a pas réussi à faire ça en Allemagne', regrette l'historien Gerd Krumeich. 'En France, le souvenir de la Première Guerre Mondiale n'est plus si vif qu'à l'époque. Il a faibli dans la mémoire collective car les Anciens combattants ont disparu. Par contre, la Grande Guerre est toujours bien présente dans les esprits comme un événement qui concerne le pays, la France, et chaque famille.' Sur la colline, la crypte rend hommage aux soldats catholiques, protestants et juifs de nationalité française. Les Allemands, eux, ont été enterrés ailleurs, à l'écart. Mais tout cela est en train de changer. 'Commémorer aussi les soldats Allemands dans la crypte du monument, ça c'est vraiment quelque chose', se réjouit Gerd Krumeich. 'C'est un événement après tant d'années de discussions. C'est une particularité de l'Alsace de pouvoir commémorer les victimes françaises et allemandes en même temps dans la crypte du monument du Vieil Armand et cela pour la première fois.' Cent ans après le début de la Grande Guerre, l'intérêt des Européens pour l'histoire est toujours bien présent. Chaque année, la 'Mangeuse d'hommes' accueille encore près de 300.000 visiteurs.
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Les célébrations du centenaire de la Première guerre mondiale ont attiré les touristes à Sarajevo : une manière de redécouvrir l'Histoire et de la transmettre. Ils étaient ainsi nombreux à se faire photographier près de la réplique de la voiture dans laquelle l'héritier du trône austro-hongrois fut assassiné. 'Nous avons décidé l'an dernier de venir ici pour le centenaire et nous avons réservé une chambre dans un hôtel situé juste en face du lieu de l'attentat', expliquent des touristes danois. 'Nous ne savions pas quel jour cela s'était produit exactement mais vu que tous les médias en parlaient, on s'est renseigné en arrivant à l'hôtel et on est venu se balader par curiosité pour voir ce qui était organisé', indique un touriste hongrois. Les boutiques de souvenirs profitent, elles aussi, de l'événement. Les badges à l'effigie des protagonistes du 28 juin 1914, François Ferdinand et Gavrilo Princip, font fureur. 'Les gens sont venus de différentes parties du monde pour cet anniversaire. Bien que la guerre des années 1990 n'ait pas amélioré les relations entre les nations des Balkans, nous avons toutefois rencontré aussi des touristes venus des pays voisins', conclut Andrea Hajagos, l'envoyée spéciale d'euronews à Sarajevo.
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La Bosnie a commémoré ce samedi l'assassinat à Sarajevo de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois. Un attentat commis le 28 juin 1914 par Gavrilo Princip qui a entraîné la Première Guerre mondiale. 'C'est unique, s'émerveillait un professeur d'histoire venu des Etats-Unis. Pouvoir être ici cent ans après cet évènement très important, avoir la possibilité d'être directement à l'endroit où il s'est produit, pouvoir se mettre en quelque sorte dans les pas de Gavrilo Princip et des autres, de l'archiduc et (de son épouse )Sophie, c'est une expérience formidable, c'est quelque chose que je n'oublierai pas.' Un concert pour la paix a résonné à Sarajevo dans la soirée dans l'immeuble qui abritait à l'époque l'Hôtel de ville, dernier endroit visité par l'archiduc, quelques minutes avant qu'il ne soit tué. Un concert où les dirigeants serbes de Bosnie ont brillé par leur absence. Ils étaient à Visegrad dans l'est du pays et ont rendu hommage au nationaliste Gavrilo Princip. 'Il y a cent ans, les tirs de Gavrilo Princip n'étaient pas des tirs contre l'Europe, a déclaré Milorad Dodik, président de l'entité serbe de Bosnie. C'étaient des tirs pour la liberté. Cela a signifié le début du processus d'émancipation complète des Serbes dans cette région et la libération finale de la tyrannie des occupants.' Gavrilo Princip est célébré par les Serbes bosniens comme un héros de la lutte d'indépendance des Slaves du Sud contre l'empire austro-hongrois qui avait annexé la Bosnie en 1908. Avec AFP et Reuters
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Un concert pour la paix a résonné à Sarajevo ce samedi soir, 100 ans jour pour jour après l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'empire austro-hongrois. Un attentat qui a entraîné le monde dans un conflit sans précédent, la Grande guerre. Le concert a eu lieu dans l'immeuble qui abritait à l'époque l'Hôtel de ville. C'était le dernier endroit visité par l'archiduc, quelques minutes avant qu'il ne soit tué ainsi que son épouse. Ils étaient à bord de leur automobile décapotable. L'assassin était un jeune nationaliste Gavrilo Princip, membre d'un groupe radical qui souhaitait le rattachement de la Bosnie à la Serbie. Une Bosnie alors annexée par l'Autriche-Hongrie. Avec AFP
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Il y a ceux qui font germer les guerres et ceux qui aident à concrétiser les désirs de paix dans le monde. C'est de ces derniers dont il est question dans l'exposition Making Peace, Faire la Paix. Présentée déjà à Stockholm, entre autres, elle s'est ouverte symboliquement ce samedi 28 juin à Sarajevo, le long de la rivière Miljacka. Elle est organisée par le Bureau international de la Paix. Colin Archer en est le secrétaire général. 'Pour les habitants de Sarajevo, la guerre est toujours présente dans les esprits, a-t-il indiqué. Vous pouvez le voir dans les bâtiments et dans toute l'atmosphère, mais Sarajevo change et la paix s'installe. Faire la Paix est une tentative de tourner la page, d'essayer d'avancer et dire que les gens ordinaires peuvent vraiment contribuer à créer un monde meilleur'. Les 124 photographies n'ont pas laissé pas indifférent. 'C'est merveilleux de voir ces images vraiment puissantes, certaines d'entre elles sont si déchirantes. C'est vraiment fantastique de les avoir rassemblées ainsi', soulignait un Suédois. C'est un voyage dans le temps, à travers les continents et à l'intérieur de soi. Faire la paix dépend de vous, peut-on lire sur le miroir qui clôt l'exposition. Avec notre reporter Andrea Hajagos
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Il y a un siècle jour pour jour surgissait l'évènement qui a entraîné le monde dans un conflit sans précédent : l'assassinat à Sarajevo en Bosnie de l'archiduc François-Ferdinand, l'héritier de l'empire austro-hongrois. Les cérémonies de commémoration se font dans la division. Considérant l'assassin Gavrilo Princip comme un héros, les dirigeants serbes de Bosnie ont décidé de boycotter ces cérémonies dont le point d'orgue est un concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne ce samedi. 'C'est fantastique, indiquait ce matin lors des préparatifs Sabahudin Seleskovic, un retraité de Sarajevo. Cependant, je n'aime pas la guerre ni ces commémorations. Je préfèrerais voir une commémoration marquant 100 ans de paix'. 'Concernant l'atmosphère, le plus important pour moi, c'est que les touristes soient venus, a ajouté Mehmed Alicehajic, un autre retraité. À part ça, ça ne m'intéresse pas. Parce qu'on ne devrait pas nous blâmer pour toutes les guerres qui se sont produites'. Vendredi, les Serbes de Bosnie ont inauguré une statue de Gavrilo Princip dans la partie serbe de Sarajevo. L'étudiant nationaliste avait 19 ans au moment de l'attentat. Les Serbes de Bosnie organisent leurs propres festivités à Visegrad, dans l'est du pays. Cinq semaines après l'attentat contre l'héritier de l'empire austro-hongrois, les grandes puissances européennes sont entrées en guerre, entraînées par leurs rivalités, leurs peurs, leurs alliances et l'aveuglement de leurs dirigeants. Avec AFP, AP et Reuters
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Il y a un siècle jour pour jour surgissait l'évènement qui a entraîné le monde dans un conflit sans précédent : l'assassinat à Sarajevo en Bosnie de l'archiduc François-Ferdinand, l'héritier de l'empire austro-hongrois. Les cérémonies de commémoration se font dans la division. Considérant l'assassin Gavrilo Princip comme un héros, les dirigeants serbes de Bosnie ont décidé de boycotter ces cérémonies dont le point d'orgue est un concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne ce samedi. 'C'est fantastique, indiquait ce matin lors des préparatifs Sabahudin Seleskovic, un retraité de Sarajevo. Cependant, je n'aime pas la guerre ni ces commémorations. Je préfèrerais voir une commémoration marquant 100 ans de paix'. 'Concernant l'atmosphère, le plus important pour moi, c'est que les touristes soient venus, a ajouté Mehmed Alicehajic, un autre retraité. À part ça, ça ne m'intéresse pas. Parce qu'on ne devrait pas nous blâmer pour toutes les guerres qui se sont produites'. Vendredi, les Serbes de Bosnie ont inauguré une statue de Gavrilo Princip dans la partie serbe de Sarajevo. L'étudiant nationaliste avait 19 ans au moment de l'attentat. Les Serbes de Bosnie organisent leurs propres festivités à Visegrad, dans l'est du pays. Cinq semaines après l'attentat contre l'héritier de l'empire austro-hongrois, les grandes puissances européennes sont entrées en guerre, entraînées par leurs rivalités, leurs peurs, leurs alliances et l'aveuglement de leurs dirigeants. Avec AFP, AP et Reuters
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Les Serbes de Bosnie ont, eux, refusé de s'associer aux cérémonies officielles. Ils ont inauguré, à l'est de Sarajevo, une statue de Gavrilo Princip, l'assassin de l'archiduc d'Autriche, qu'ils considèrent comme un héros de la lutte pour l'indépendance et un défenseur de la cause serbe. Le jeune révolutionnaire avait été arrêté après l'attentat avec six complices. Parmi eux, Ivan Kranjcevic, qui a passé dix ans en prison pour dissimulation d'armes. Nous avons interviewé son petit-fils. 'À cette époque, le culte de l'attentat existait ainsi que le culte du sacrifice, explique Davor Koric, et ces gens-là souhaitaient se sacrifier pour que les générations futures vivent mieux. Donc, on peut pas parler du terrorisme dans le sens actuel, bien sûr chaque assassinat est un acte condamnable, mais il s'agissait d'une sorte de protestation, un acte d'héroïsme.' Héros pour les uns, terroristes pour les autres. Cent ans après, les auteurs de l'attentat continuent de diviser à Sarajevo.
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'Le coin de la rue où le XXe siècle a débuté'. C'était il y a 100 ans, l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand ici à Sarajevo... Dans cette édition spéciale consacrée au centenaire de la Première Guerre mondiale, Laurence Alexandrowicz vous propose de revenir sur cette journée du 28 juin 1914, dont personne ne pensait qu'elle changerait la face du monde. C'est une belle journée pour François-Ferdinand et Sophie : leurs 14 ans de mariage. L'occasion de fuir les pesanteurs de Vienne, où la comtesse Sophie, qui n'est pas de sang royal, n'est pas bien acceptée. C'est aussi pour cela qu'ils ne bénéficient pas d'une sécurité maximale. Mirsad Avdic est historien : 'pour la première fois depuis 14 ans, ils ont la liberté de monter ensemble dans la voiture', explique-t-il. François-Ferdinand et Sophie sont en Bosnie, pour assister à des manoeuvres de l'armée impériale dans les environs de Sarajevo. La date du 28 juin 1914 est une provocation pour la région, elle marque une défaite serbe contre les Turcs en 1389. La Bosnie-Herzégovine est occupée depuis 1878 par l'Autriche-Hongrie. 'Après 40 ans, il y a quelqu'un qui s'est insurgé et qui assassine le symbole de l'occupation, le symbole de la tyrannie' rappelle l'historien Slobodan Soja. Les jeunes nationalistes yougoslaves de Mlada Bosnia (Jeune Bosnie) ont préparé l'attentat. Au passage du cortège, une première grenade manque la voiture de l'archiduc, et fait 9 blessés derrière. L'assaillant est arrêté, le projet d'attentat tombe à l'eau. Mais l'archiduc décide d'aller visiter les blessés à l'hôpital. Son chauffeur tchèque, qui ne comprend pas les consignes en allemand, fait une erreur fatale, comme l'évoque Mirsad Avdic : 'le chauffeur se trompe et tourne devant le musée. François-Ferdinand insiste pour qu'il s'arrête. Entre temps, il y a 6 véhicules derrière qui créent un embouteillage'. Gavrilo Princip est de l'autre coté du pont. Etant donné qu'il est diabétique et tuberculeux, et que l'attentat a échoué, la nervosité a provoqué chez lui une hypoglycémie, donc il s'est retrouvé devant une boulangerie pour manger un sandwich. Au moment de sortir, il voit le convoi, et il saute sur l'occasion. A un certain moment, il se trouve à un mètre, et avec 5 coups de feu, il tue Sophie et François-Ferdinand. Gavrilo Princip, mineur, échappe à la peine de mort. Il est emprisonné au même endroit que Ivan Kranjcevic, condamné à 10 ans de prison : Ivan Kranjcevic était chargé de cacher les armes. Pour le petit-fils de ce dernier, Davor Koric, ils n'étaient pas des terroristes : 'A cette époque, le culte de l'attentat existait tout comme le culte du sacrifice, et ces gens-là souhaitaient se sacrifier pour que les générations futures vivent mieux. Donc on ne peut pas parler du terrorisme dans le sens actuel. Bien sûr, chaque assassinat est un acte condamnable, mais il s'agissait d'une sorte de protestation, d'un acte d'héroïsme.' Nous sommes ici devant une chapelle érigée en 1939 dans le cimetière orthodoxe de Kosevo, à Sarajevo, à la mémoire de Gavrilo Princip et ses amis, pourtant athés. Après les années 90, l'image de héros résistant attribuée aux jeunes conjurés a changé dans les Balkans comme l'explique Slobodan Soja : 'la chute du communisme change les choses. Les pays se divisent. Ils partagent le même passé, mais pas les mêmes opinions sur ce passé, et soudainement, tout est remis en question. Et soudainement, il se passe une chose absurde. Princip et les autres sont soutenus uniquement par les Serbes.' Héros ou terroriste? Pour la plupart des historiens musulmans bosniens, Princip et son organisation voulaient un rattachement de la Bosnie à la Serbie. A son procès, le jeune Serbe bosniaque a dit qu'il aspirait à l'unification de tous les Yougoslaves.
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