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Roch Kaboré est le Président du Burkina Faso. Il a été investit le 29 décembre dernier et il vient de passer la barre des 100 jours à la tête de cet Etat de l'Afrique de l'Ouest. Nous le rencontrons à l'occasion de sa première visite à Paris. Au menu des échanges avec le Président François Hollande, avec les membres du gouvernement et avec des représentants du patronnat français, la lutte contre le terrorisme, la stabilité de la région et bien entendu la coopération économique et le développement du Burkina. SP: Monsieur le Président bonjour, et bienvenu sur l'antenne d'Euronews RK: Bonjour SP: A peine deux semaines après votre investiture fin décembre, le Burkina Faso était touché à son tour par le terrorisme. Le 15 janvier, les djihadistes appartenant au groupe Al-Qaïda au Mahgreb Islamique frappaient le coeur de Ougadougou, tuant 30 personnes. Monsieur le Président le pays se relève t-il facilement de cette attaque ? RK: Je dois dire que grâce à toute la solidarité que nous avons eue des pays amis, voisins, le Burkina Fasso s'est vite relevé. Nous avons décidé de ne pas plier l'échine devant un tel événement parce que nous pensons qu'il est important que nous sachions désormais que nous devons vivre avec cette contrainte-là, et que nous devons prendre toutes les dispositions pour faire en sorte de barrer la route au terrorisme dans notre pays. Comme nous l'avons si bien souligné, il y a deux aspects dedans, non seulement nous devons les combattre sur le terrain, mais également, nous devons poursuivre le développement économique de notre pays puisque c'est sur le terreau de la misère et de la pauvreté que les recrutements des djihadistes sont faits. SP: Cette attaque a t-elle changé quelque chose dans la société Burkinabé ? RK: Forcément cela a changé quelque chose dans le comportement des citoyens: beaucoup plus de vigilance, beaucoup plus d'attention, beaucoup plus également de forces de sécurité sur les points vitaux de notre pays pour assurer la quiétude des citoyens. SP: Quels sont aujourd'hui les moyens dont dispose le Burkina pour lutter contre la porosité des frontières et l'entrée de djihadistes notamment en provenance du Mali par exemple ? RK: Les moyens dont nous disposons aujourd'hui c'est la collaboration entre les forces de sécurité des défenses du Mali et BF. Nous avons décidé, évidemment de faire des patrouilles mixtes, mais vous savez c'est sur 1 000 km et je crois que, avec la France, il y a des dispositifs qui seront pris justement pour pouvoir faire en sorte que nous puissions assurer la sécurité des frontières et des différents pays de l'Afrique de l'ouest. SP: La France a annoncé le déploiement de gendarmes sur le sol du Burkina, sans en avertir les autorités du pays, vous en l'occurence Monsieur le Président. Vous avez d'ailleurs fait part de votre mécontentement à Paris, dès l'annonce du ministre français de l'Intérieur... quel est votre regard sur le rôle et l'engagement des forces françaises à l'intérieur des frontières burkinabées et en Afrique de l'Ouest ? RK: De notre part, d'abord je voudrai lever l'équivoque, il ne s'agissait pas dans la réalité d'un déploiement du GIGN mais c'est de l'envoi de deux gendarmes du GIGN en terme d'appui à la formation et au renseignement au Burkina Faso. Nous avons clarifié cette question avec Monsieur Cazeneuve que nous avons rencontré et nous n'avons pas manqué encore une fois de faire part de notre mécontentement sur, je dirai, cette erreur dans les éléments de langage qui ont été utilisés. Le second point, vous savez très bien que il y a une force qui est disposée à Ouagadougou, qui est une force d'intervention sous régionale qui intervient au Mali, au Niger, le cas échéant dans les autres pays, et pour nous ce n'est pas essentiellement une force qui est basée pour le Burkina Faso. Et à ce titre-là, évidemment nous considérons que ces forces françaises, qui ont certainement beaucoup plus d'expérience dans ce combat, dans cette lutte contre le terrorisme, peut aider dans un premier temps nos armées à mieux se structurer, à mieux s'organiser pour faire face à cela. Parce que, à terme, il faudrait bien sûr que nous puissions assurer nous-même notre propre sécurité et ne pas compter notamment sur les forces françaises pour le faire. SP: Nombre de Burkinabés pensent que c'est la présence même des forces françaises sur le sol du Burkina qui attire les djihadistes. Partagez-vous ce point de vue ? RK: Oh non, je pense que, je ne partage pas du tout ce point de vue. Pendant longtemps c'est vrai que le Burkina Faso a été épargné, je dirai, du terrorisme et des actes terroristes sur son terrain, mais vous devez pouvoir noter quand même qu'à l'époque le Burkina Faso jouait un grand rôle dans la médiation générale entre ces différentes forces au niveau du Mali. Je crois que ce rôle que nous avons également joué a permis peut-être de nous en épargner momentanément. Maintenant, évidemment, le 15 janvier nous avons eu le premier choc et nous nous sommes bien réveillés et je peux vous assurer que nous sommes dans les dispositions en tous cas à prendre les responsabilités en ce qui concerne ces attaques-là. SP: L'Union Africaine a t-elle les vraiment moyens d'agir ? RK: Disons que la volonté existe mais les moyens c'est toujours la même question qui est posée. L'union africaine sollicite évidement la contribution, je dirai, des pays développés pour nous aider justement à mener ce combat contre le terrorisme. C'est vrai que, au niveau de la zone ouest africaine, nous avons mis en place ce que nous avons appelé le G5 Sahel qui est composé du Tchad, du Mali, du Niger, du Burkina Faso et de la Mauritanie, évidemment, nous sommes décidés à nous engager dans un combat au nord du Mali contre les terroristes, également pour arrêter tous les trafics divers qui s'y mènent. Et malheureusement il faut des moyens pour équiper, pour aider ces bataillons qui seront au nombre de 5, qui seront déployés dans cette zone-là. Parce que nous restons convaincus que si nous n'arrivons pas à couper les sources d'approvisionnement au plan financier des dhjihadistes, on continuera à leur donner de la matière pour pouvoir recruter et pour pouvoir toujours mener ces attaques que nous voyons. SP: Donc une coopération internationale est indispensable pour lutter contre cette menace.... RK: 'Absolument, absolument, absolument parce que le combat aujourd'hui est un combat qui est à l'échelle mondiale donc il faut beaucoup de solidarité en la matière' SP: Justement la zone sahélienne est considérée par les experts en terrorisme comme hors de contrôle et servant de base d'entrainement pour les Djihadistes.... Est-ce qu'il y a une menace sur le Burkina et plus largement pour la stabilité complète de la Région ? RK: Oui, il y a une menace, je dirai, permanente, évidemment, qui nécessite, je dirai, une mutualisation des moyens de renseignement entre nos pays. Et je pense que la dernière attaque qui a eu lieu à Abidjan et notamment à Bassam plus précisément, a permis aux différents pays de prendre conscience de cette nécessité et nous avons déjà au niveau des ministres de l'intérieur, eu une réunion à Abidjan qui a fédéré la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso, la Mali et le Sénégal pour essayer de voir comment à travers les informations, nous pouvons essayer de repérer les réseaux qui sont dans les différents pays et ce travail a commencé. SP: Nous allons rester sur la scène internationale.... Est-ce que vous êtes, Monsieur le Président, attentif à la crise que traverse l'Europe et à cette vague de migration qui semble fragiliser les bases même de la construction européenne ? Avez vous un oeil critique du Bruxelles ? RK: Nous suivons la crise qui se déroule donc au niveau de l'union européeenne qui d'abord est une crise, je dirai, financière. Une crise qui nécessite forcément des réformes de fond dont les conséquences sur les peuples seront forcément assez difficiles à tenir. L'immigration est un phénomène qui ne vient que compléter cet état de fait. Alors, pour ma part, je crois que il est important que les réformes soient entreprises. Le plus souvent, les institutions telles que l'Europe sont très loin, je dirai, des populations. Et les gens y voient simplement la participation de bureaucrates qui prennent des décisions au sommet mais finalement dont l'impact vis-à-vis des populations est très peu ressenti. Et je crois que cela veut dire qu'il faut rapprocher, je dirai, nos institutions soit régionales ou sous régionales, même en Afrique c'est pareil, des populations, pour pouvoir effectivement leur apporter les solutions qu'il faut. SP: Est-ce que vous avez la volonté de développer une coopération plus large avec l'Europe, avec Bruxelles ? RK: Je pense que c'est nécessaire, tout à fait nécessaire que la coopération que nous avons aujourd'hui, c'est ce que nous avons d'ailleurs demandé à la France...Nous avons demandé, non seulement le soutien de la France mais de façon plus élargie également un lobbying au niveau de l'Europe pour bénéficier de beaucoup plus d'appui de leur part. Et je dois préciser d'ailleurs que c'est une destination où je me rendrai bientôt également pour plaider la cause du Burkina Faso, au niveau de l'Europe. SP: Est-ce que l'immigration est un enjeu pour le Burkina ? RK: Disons que les burkinabais ....Il y a de l'immigration mais surtout dans les pays africains. Vis-à-vis de l'Europe et de la France en particulier, nous avons environ 3 000 burkinabais qui vivent en France. La plus forte zone d'immigration c'est l'Italie où nous avons près de 25 000 burkinabais qui travaillent dans les champs de tomates, de production agricole etc. Au-delà de ça, nous sommes surtout en Afrique. Je pense que pour nous il s'agit de travailler à faire en sorte que les burkinabais restent et participent au développement de leur pays, c'est ça qui est le plus important pour nous, et c'est vrai qu'en Côte d'Ivoire nous avons environ 4 millions de burkinabais qui y vivent mais ça c'est des faits qui relèvent de l'histoire et de la géographie de notre pays, nos deux pays. SP: Passons maintenant à un domaine important de la campagne qui vous a mené au pouvoir début décembre, la situation économique et sociale du Burkina. Vous avez déclaré, au lendemain de votre élection, que votre première priorité serait de réorganiser l'armée. Pourquoi le choix de cette priorité au regard de la situation économique du Burkina ? RK: Si nous avons fait ce choix c'est parce que je dois rappeler quand même qu'en 2011, nous avons eu de graves mutineries au sein de l'armée burkinabais qui a destabilisé la cohésion au niveau de nos forces de sécurité. Il est évident que après les événements de 2014, l'insurrection populaire, la participation du régiment de sécurité présidentielle à la répression du peuple, c'est encore une seconde crise qui est née et il est important que nous puissions revisiter l'armée, d'abord pour que ce soit une armée républicaine, deuxièmement que ce soit une armée apolitique et que l'armée s'en tienne à son rôle régalien qui est de défendre le territoire et le peuple burkinabais. Dans ce sens nous avons pensé également qu'il fallait que nous ayons des forces spéciales pour s'occuper d'un certain nombre d'opérations d'urgence qui peuvent survenir sur le territoire. Alors cette réflexion a commencé au sein des forces armées et je pense que d'ici deux mois nous aurons de l'apport qui va nous permettre de justement procéder à cette réorganisation nécessaire. SP: vous avez fait de la santé, de l'accès à l'eau potable, de l'éducation, du développement de l'agriculture vos grandes priorités... Cent jours après votre accession à la Présidence, est-ce que vous pouvez déjà dresser un premier bilan dans ces domaines... Est-ce que vous avez déjà mis certains programmes en en place, concrètement ? Ou est-ce que vous allez mettre certains programmes rapidement en action ? RK: Je dois dire que nous avons déjà engagé en 100 jours un certain nombre de programmes dans ces différents domaines que vous venez d'évoquer. C'est ainsi d'ailleurs que au plan de l'éducation, nous avons pris l'option de ne pas faire simplement de la formation générale mais de faire de la formation technique et professionnelle également pour permettre aux jeunes, à tous les niveaux, de pouvoir s'auto-employer? en sachant faire un métier. Le second aspect, toujours dans le cas du renforcement de l'éducation, nous allons recruter 4 200 enseignants que nous allons former pour équilibrer et compenser le manque d'enseignants que nous avons au niveau du primaire et du secondaire. Nous allons construire évidemment près de 2 500 écoles nouvelles pour renforcer l'offre d'éducation et donc, tout ça c'est des projets qui sont déjà en cours de lancement et nous pensons que d'ici à la fin de l'année ces objectifs seront atteints. Du côté de la santé également, nous avons déjà pris des engagements de pouvoir recruter 135 médecins qui vont être formés à une spécialisation pour permettre de doter nos centres hospitaliers régionaux de spécialistes pour permettre de traiter les malades sur place au lieu qu'ils fassent 500 km pour venir à Ouagadougou pour pouvoir se soigner. Et également à ce niveau également, nous recrutons de façon volontaire à travers les communautés de personnes, deux jeunes par village, donc on a plus de 8000 villages, donc plus de 16000 jeunes, pour s'occuper également de la prévention sur la santé, de l'éducation des populations. Et je crois que cela permettra d'anticiper sur les maladies dues au fait qu'on ne s'est pas bien lavé les mains, dues au fait que on n'a pas pris les mesures d'hygiène nécessaires en famille etc, etc. Et enfin, je dirai que nous sommes en train d'engager une grande réforme sur effectivement l'hôpital, la gestion de l'hôpital. Et notamment la mise en place de pharmacies hospitalières, la mise en place également, je dirai, au plan des salaires de nos médecins, d'une fonction publique hospitalière. Et donc tout ça c'est des chantiers qui sont déjà engagés. Quant à l'eau potable, nous avons lancé déjà le programme de 1 105 forages qui vont être faits d'ici à la fin de l'année puisque nous avons dans nos programmes promis de faire 7 500 forages sur les 5 ans. L'idée étant qu'il faut rapprocher, je dirai, l'eau potable des populations et éviter, et faire en sorte qu'il y ait la corvée zéro pour les femmes qui en réalité sont celles qui se démènent le plus dans ce secteur-là. Au niveau agricole également nous avons prévu d'aménager 20 000 ha, notamment du 'bas fond aménagé', ce programme au fait est lancé et nous y sommes, nous travaillons à ce que d'ici à la fin de l'année ce soit des objectifs qui soient atteints, il y a 5 000 ha qui seront faits sur des zones d'irrigation pour permettre effectivement de faire des cultures en contre saison également. Toujours en matière de santé des mesures ont été prises en faveur de la femme et de l'enfant notamment: gratuité pour le soin des femmes et des enfants jusqu'à l'âge de 5 ans. Nous avons fait la gratuité pour l'accouchement et la césariennne, nous avons décidé également de la gratuité de l'examen régulier des femmes pour détecter le cancer de l'utérus et le cancer du sein également. Maintenant il s'agit pour nous de pouvoir construire un centre de traitement du cancer, cela ne saurait tarder, pour permettre, grâce à la radiothérapie, de soigner nos femmes et nos populations au Burkina Faso. SP: Vous vous êtes engagé à ce que le Burkina renoue avec une croissance supérieure à 5%, ce qui était le cas dans les années 2000.... Comment relever ce défi, sachant que la baisse des cours de l'or et du coton, les premiers produits d'exportation du Burkina, pourrait contrarier votre ambition cette année ? RK: Selon nos prévisions en tous cas, nous pensons qu'en 2016 nous aurons certainement un tax de croissance de l'ordre de 5.7%, du également à la politique que nous allons mettre en oeuvre. D'abord une politique qui va consister en un relèvement de nos recettes propres pour permettre des investissements dans le secteur structural. Nous allons également travailler sur les dépenses, sur la qualité des dépenses que nous faisons. Nous avons pris l'engagement de réduire le train de vie de l'Etat, et je voudrais en plus noter que, pour nous, l'accent doit être mis, non seulement sur la formation, mais également sur l'agriculture et l'élevage, car nous pensons que dans ce secteur là il y a encore de la place pour créer des petites et moyennes entreprises, qui vont ajouter une chaîne de valeur aux productions du Burkina Faso. Lorsque nous avons fait le point avec les FMI en 2015, nous étions sur un taux de croissance de l'ordre de 4.7%. Et nous pensons pouvoir passer à un point de plus en 2016. SP: Sur le plan de la coopération économique, vous venez de signer à Paris, un accord pour un prêt de 30 millions d'euro destiné au projet d'approvisionnement en eau potable de Ougadougou, vous avez également rencontré les représentants du Patronnat Français, quels autres projets de coopération sont sur la table ? RK: D'abord pour la signature de accord entre l'AFD et l'ONEA, qui est l'Office National de l'Eau et de l'Assainissement, ce prêt va concerner l'induction d'eau et l'assinissement sur Ouaga et sur Bobo. Le second aspect de la question que vous avez posée... 21.10'' -21.16'' SP: Votre rencontre avec le patronnat français, est-ce que vous avez d'autres projets de coopération ? RK: C'est une rencontre qui s'est très bien déroulée. Ca a été l'occasion pour nous de rassurer le patronnat sur les questions sécuritaires par ce que vous savez que ça c'est une question importante pour les investisseurs, de savoir qu'ils peuvent aller dans un pays et investir en toute quiétude, aussi bien pour la sécurité de ses investissements que pour leur sécurité personnelle. Et nous avons trouvé autour de cette table beaucoup d'intentions et de volontés de vouloir renouer avec le Burkina Faso, dans le cadre de l'industrialisation, de la création de PME, en partenariat avec des burkinabais. Et nous attendons d'ailleurs une délégation qui doit arriver, et ce sera l'occasion pour nous, encore une fois, de pouvoir discuter dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant avec ces ahommes d'affaires. Et cela concerne l'énergie par exemple, où il y a beaucoup d'intention de pouvoir participer au développement de l'énergie solaire et notamment la construction de centrales solaires dans notre pays. Il y a des domaines notamment comme la sécurisation des documents, actes de naissance, passeports, etc.. etc..., et également dans le secteur agricole qui est un secteur qui est fondamental pour nous. Nous avons également constaté la volonté de certains de pouvoir participer dans ce domaine là. Sans compter ceux qui travaillent dans le bâtiment, travaux publics, etc... de façon classique en Afrique, et qui participent aux appels d'offre. SP: Le Burkina est une terre d'avenir pour les investisseurs... RK: En tous cas nous avons dit que la destination est ouverte et que nous les y attendons. SP: Venons en maintenant aux relations que le Burkina Faso entretient avec ses voisins, notamment la Côte d'Ivoire. Des relations empoisonnées par la situation de Blaise Compaoré et de Guillaume Soro. Vous avez déclaré dimanche, récemment lors d'une conférence de presse, que vous ne fermiez pas la porte à la diplomatie... comment voyez-vous l'avenir de ces relations avec votre voisin ivoirien ? Est-ce que vous allez lever les mandats d'arrêt ? RK: Je veux dire que sans lever les mandats d'arrêt, nos relations sont tout à fait excellentes. On a eu le sentiment que les relations étaient empoisonnées mais je dois pouvoir vous assurer que, tant au niveau du peuple ivoirien que du peuple burkinabais, qu'au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement les relations sont tout à fait excellente. Simplement nous avons décidé qu'il fallait peut-être se mettre un peu au dessus de l'ensemble des procédures judiciaires qui sont en cours. D'autant plus que comme je le dis, cela n'empêche pas le président de l'Assemblée Nationale Guillaume Soro de faire sa mission, donc de ce point de vue la je crois que il faut éviter d'aggraver un problème qui n'en est pas un. Quant au président Blaise Compaoré, nous l'avons déjà dit, il a préféré prendre la nationalité ivoirienne pour se soustraire au mandat d'arrêt puisque si il est ivoirien, ils ne sont pas obligé de l'extrader au Burkina Faso. Mais comme nous le disons, vous savez, cette fuite n'est pas forcément une solution, ni à moyen ni à long terme. Je pense que, comme je le dis souvent, lorsqu'on est responsable d'un pays, il faut savoir toujours faire face à ses responsabilités vis à vis de son peuple, c'est ça qui est l'essentiel. SP: Sur le plan de la politique interne, quelle solution privilégiez vous pour régler le cas du Général Zida, toujours réfugié sur le sol Canadien auprès de sa famille ? RK: je ne sais pas si il est réfugié.. il a demandé une permission pour rejoindre sa famille.. SP: mais il n'est pas rentré de permission RK: Il n'est pas encore rentré... par la suite il m'avait dit qu'il avait des soins médicaux à faire donc nous attendons qu'il puisse rentrer. Je crois qu'il n'a pas d'autre choix que de rentrer dans son pays. cela me semble important pour un officier de ce niveau. SP: Nous vous rencontrons alors que vous êtes en visite officielle à Paris, votre première visite à Paris... Quelle est, Monsieur le Président, votre vision de l'espace francophone, de la Francophonie en général ? Et est-ce que vous entendez faire jouer un rôle au Burkina dans cet espace francophone ? RK: Nous jouons déjà un rôle dans l'espace francophone, nous seulement dans le cadre de la défense de la culture du Français de façon générale, mais également dans tout la recherche de la paix dans cet espace, et dans toute l'Afrique. Et nous avons toujours considéré que l'espace francophone, au delà de la culture, au delà de la défense de la langue, devait être un espace de développement économique, un espace de solidarité. Et je crois que sur ce plan, la Francophonie n'a pas beaucoup évolué, et il nous appartient de continuer à pousser pour que cet espace de développement économique soit une réalité entre nous. SP:Je vais finir avec une dernière question qui va vous projeter quelques années en arrière.. quel souvenir gardez vous de vos études d'Economie et de Gestion en France ? RK: De très bons souvenirs. J'ai étudié à l'Université de Dijon, pendant 5 ans. Et je pense que, à l'époque en tous cas, il y avait beaucoup de solidarité entre les étudiants africains qui étaient sur le campus. Ca a été l'occasion de beaucoup d'amitiés, aussi bien avec des africains que des français avec lesquels nous faisions nos études. Et je crois que c'est les meilleur souvenirs qu'on a dans la vie, la période où on est étudiant, c'était très bien. SP: Monsieur le Président Kaboré, c'était un plaisir de pouvoir échanger avec vous, merci pour cet entretien.
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Quelques mois avant l'attaque de ce dimanche dans la station balnéaire de Grand Bassam, dans le sud de la Côte d'Ivoire, la Tunisie, la Mali et le Burkina Faso avaient été attaqués selon un mode opératoire similaire. À chaque fois, ce sont des lieux prisés par les occidentaux qui sont visés.
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Manuel Valls est arrivé ce samedi à à Ouagadougou, un mois après l'attentat de l'hôtel Splendid qui avait fait 30 morts. Le Premier ministre va déposer une gerbe sur les lieux du drame lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes.
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Ce sont des images exceptionnelles prises à quelques pas des établissements attaqués à Ouagadougou, la capitale Burkinabé. Trois djihadistes ont été filmés la nuit de l'attentat, dans la rue près de véhicules en flammes. Cette scène s'est déroulée un peu plus d'une heure après la première attaque. En début de soirée, les assaillants ont tiré en rafale sur la terrasse du restaurant le Cappuccino, faisant un carnage. Ils ont ensuite mis le feu à plusieurs véhicules stationnés devant, avant de se replier dans le Splendid hôtel. Le commando a finalement réussi à quitter l'établissement et à rejoindre un bar voisin. C'est là que trois djihadistes ont été abattus par les forces de sécurité au petit matin. Ils n'ont pas encore été identifiés. De nombreuses zones d'ombre subsistent quant à cet attentat, qui a fait trente morts. La confusion demeure par exemple sur le nombre total d'assaillants. Par ailleurs, la gestion des événements par les forces de l'ordre fait l'objet de nombreuses interrogations. Beaucoup se demandent pourquoi les unités ont attendu quatre heures après la première attaque pour lancer l'assaut contre l'hôtel.
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"Nos pensées vont aux familles de toutes les victimes de ce crime odieux", a déclaré mardi le président de l'Assemblée nationale, en ouverture de la séance de questions au gouvernement. Claude Bartolone a également "réaffirmé la solidarité de la représentation nationale au peuple du Burkina Faso". Les députés ont ensuite observé une minute de silence.
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#LeilaAlaoui, proches et anonymes témoignent de leur tristesse sur Twitter, la photographe franco-marocaine Leila Alaoui a succombé à ses blessures, c'est la trentième victime de Ouagadougou, au Burkina Faso. Pour lui rendre hommage, son travail est massivement partagé. Sa mère a part ailleurs provoqué un début de polémique avec un post dans lequel elle critique implicitement le manque d'implication des autorités françaises.
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La photographe franco-marocaine Leïla Alaoui, qui avait été grièvement blessée dans l'attentat de Ouagadougou, est décédée lundi soir.
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Trois jours après l'attentat à Ouagadougou, au Burkina Faso, l'enquête se poursuit. La police judiciaire parisienne est encore au travail pour faire toute la lumière sur cette attaque terroriste. Blessé par une balle de kalachnikov, Shado s'est retrouvé devant un des jihadistes qui a essayé de le tuer. "J'ai eu l'instinct de me retourner et de courir", a-t-il raconté à TF1. Proche des Burkinabés, la communauté française est en deuil. "On a toujours bien vécu ici", témoigne un propriétaire d'hôtel français, qui ne compte pas s'en aller.
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Son père, Antonio Basto fait partie des 29 victimes des attentats commis à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Très émue, Angélique Basto souhaite ce lundi sur RMC que l'Etat français ne l'oublie pas: "Si c'était le cas, je serais dévastée". Bourdin Direct est une émission d'information dans laquelle interviennent en direct les acteurs de l'actualité.
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Louis Milano-Dupont, envoyé spécial à Ouagadougou a rencontré un rescapé de la tuerie de vendredi. L'homme légèrement blessé a pu voir les terroristes, qui seraient 5 ou 6 selon lui. Trois ont été tués dans l'assaut, les autres sont en fuite.
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Le bilan de l'attaque terroriste de vendredi à Ouagadougou s'élève désormais à 30 morts. Parmi eux, deux Français et un Portugais qui vivait en France depuis 45 ans. Tous trois travaillaient pour la même compagnie de transport depuis une dizaine d'années.
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Trois Français sont morts dans l'attaque revendiquée par Aqmi à Ouagadougou, au Burkina Faso. Sous le choc, les familles de ces trois hommes, qui travaillent pour la même entreprise, évoquent leur douleur. "Il est venu chez moi avant de partir", se souvient la fille d'Eddie Touati qui se rappelle aussi de son dernier message Facebook. Dans la famille d'Arnaud Cazier, "toute la journée on a attendu" explique sa femme. Elle confie que son mari "ne voulait pas partir".
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Moins de deux jours après l'attentat qui a frappé Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le quartier est inaccessible et bouclé par les forces de l'ordre burkinabés qui procèdent aux investigations, aidés par des gendarmes français. Le risque d'attaque terroriste est toujours important et des policiers sont en poste dans tous les hôtels de la ville. L'ambassade de France a demandé aux ressortissants français de limiter leurs déplacements et de faire preuve de prudence.
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Arnaud Cazier, Eddie Touati et Antonio Basto travaillaient pour la même entreprise, une société de transport. Le 15 janvier dernier, avant que les terroristes d'Aqmi ne commettent l'attentat, ils étaient venus boire un verre au restaurant Le Cappuccino. Ils figurent parmi les 29 victimes, majoritairement étrangères. Peu de temps avant le drame, Eddie Touati avait fait part à un de ses amis de son inquiétude concernant la situation au Burkina Faso. La fille d'Arnaud Cazier avait quant à elle envoyé un message à son père, n'ayant aucune nouvelle de sa part. D'après les derniers témoignages, le mode opératoire de l'attentat de Ouagadougou est similaire à celui des attentats de Paris.
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Jointe par téléphone ce dimanche sur LCI, la fille d'Arnaud Cazier, une des victimes de l'attentat au Burkina Faso, explique qu'elle avait essayé de l'appeler, en vain. "Il ne me rappellera jamais" a-t-elle déclaré avant d'ajouter que sa mère l'avait eu au téléphone pour la dernière fois vendredi soir, avant que ce dernier n'aille manger à l'extérieur, "pour une fois".
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Arnaud Cazier, 41 ans, fait partie des deux victimes françaises lors des attentats de Ouagadougou. Cette veuve a appris la triste nouvelle par l'ambassade du Burkina Faso ce samedi. "Je t'aime et je pense à toi" ont été les derniers mots d'Arnaud Cazier à son épouse. "Il faut que ça tombe sur cette ville", a regretté Cécile Cazier, émue.
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Le bilan consécutif à l'attaque sanglante qui a visé un hôtel et un restaurant de Ouagadougou vendredi soir, au Burkina Faso, s'est encore alourdi ce samedi. Le bar-restaurant 'Le Cappuccino' et l'hôtel 'Le Splendid' font partie des établissements du centre de la capitale burkinabée particulièrement fréquentés par la communauté internationale. Au moins 29 personnes de 18 nationalités différentes auraient été tuées lors de l'attentat perpétré par un groupuscule djihadiste, dont deux Français, deux Suisses et cinq Burkinabés. Le ministère français des affaires étrangères a confirmé l'information plus tôt dans la journée. Mes pensées vont à la famille et aux proches d'Eddie Touati originaire de l'Oise tué lors des attentats au Burkina Faso- Olivier Dassault (@ODassault) 16 Janvier 2016 Notre Nation est dans la peine. Soutien aux familles des victimes françaises de Ouagadougou.- Manuel Valls (@manuelvalls) 16 Janvier 2016 Un attentat islamiste d'une ampleur inédite dans le pays. 'Il est important, qu'avec les pays voisins, nous puissions mutualiser nos moyens d'information et nos moyens militaires pour lutter fermement contre ce fléau', a déclaré le Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Les autorités burkinabés font état d'une trentaine de blessés. D'après le ministère de la sécurité intérieure, 176 personnes ont pu être secourues. L'attentat, revendiqué par AQMI (Al-Qaida au Maghreb Islamique), aurait été perpétré par six djihadistes, dont deux femmes. Pour l'instant, les corps de trois assaillants, tués lors de l'assaut donné par les forces de l'ordre, auraient été identifiés.
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Après l'attaque terroriste qui a frappé Ouagadougou ce vendredi, les autorités du Burkina Faso ont décidé de prendre des mesures. Le couvre-feu a été étendu de 23h à 1h du matin alors qu'un comité interministériel a été adopté pour proposer des stratégies de sécurité à moyen terme. Un renforcement des contrôles aux frontières a également été décidé, annonce le correspondant de LCI Christophe Durand.
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Après l'attentat dans un hôtel et un restaurant de Ouagadougou, au Burkina Faso, ayant fait 29 morts dont deux Français ce vendredi, des questions se posent sur les intentions d'Aqmi. Visaient-ils directement la France, dont l'armée est implantée dans la région dans le cadre de l'opération Barkhane ? Les avis divergent, d'autant que de nombreuses nationalités ont également été touchées par l'attaque.
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Après l'attentat au Burkina Faso ce vendredi, qui fait 29 morts, la ville de Beauvais est en deuil avec parmi les victimes deux Français. "Nous sommes touchés de près" explique la maire de Beauvais et sénatrice Les Républicains de l'Oise Caroline Cayeux. Une troisième français pourrait faire partie des victimes de l'attaque.
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Jusqu'à présent, le Burkina Faso avait été épargné par le terrorisme de grande ampleur. Au lendemain de l'attaque de Ouagadougou contre un hôtel et un café fréquenté par les occidentaux, et qui a fait 29 morts, le pays va devoir composer avec le terrorisme.
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Invité de LCI, pour commenter l'actualité au Burkina Faso après l'attentat qui a fait au moins de 29 morts à Ouagadougou, le directeur de recherche à l'Iris Philippe Hugon a évoqué "une compétition, une rivalité" entre Daech et Al-Qaïda. Il a expliqué les raisons de cette opposition.
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Invité de LCI, pour commenter l'actualité au Burkina Faso avec cet attentat qui a fait au moins de 29 morts à Ouagadougou, le journaliste à Jeune Afrique et RFI Christophe Boisbouvier a fait état d'une information méconnue. Selon lui, "un commando précurseur" aurait pris des chambres la veille dans l'hôtel attaqué. Cela aurait permis aux jihadistes de faire du repérage avant d'attaquer.
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Un commando jihadiste d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique a attaqué dans la nuit de vendredi à samedi un grand hôtel et un restaurant de Ouagadougou, au Burkina Faso. Michel Scott, chef du service étranger à TF1, a détaillé les raisons qui auraient conduit à cet attentat. Pour répondre à Daech, AQMI se serait lancé dans une sorte de course "à la surenchère".
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Des jihadistes, affiliées à Al Qaïda au Maghreb Islamique, ont attaqué dans la nuit de vendredi à samedi un grand hôtel et un restaurant de Ouagadougou, au Burkina Faso. moins 27 personnes ont perdu la vie. Louis Milano-Dupont, envoyé spécial à TF1, a expliqué que les mesures de sécurité, mises en place ces derniers mois, n'ont pas empêché l'attentat d'être commis. Le Burkina Faso et la France seraient les cibles indirectes de cette attaque.
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Un commando jihadiste d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique a attaqué dans la nuit de vendredi à samedi un grand hôtel et un restaurant de Ouagadougou, au Burkina Faso. Au moins 27 personnes, de 18 nationalités différentes dont deux Français, sont mortes. Les terroristes décrits comme étant "très jeunes", qui ont tiré pendant 45 minutes à l'arme lourde, ont fait exploser des bombes. Les rescapés ont d'ailleurs été fouillés longuement après l'assaut final.
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Vendredi à Ouagadougou, une attaque terroriste revendiquée par AQMI a fait au moins 27 morts dans un café et un hôtel fréquentés par les occidentaux. Le Burkina Faso serait une cible privilégiée par les réseaux terroristes en raison de ses liens avec la France.
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François Hollande a annoncé samedi que l'attaque terroriste de vendredi à Ouagadougou revendiqué par AQMI a fait au moins une victime française. Le chef de l'Etat a dit du terrorisme qu'il était "un terrible fléau".
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Des hommes se revendiquant d'AQMI ont attaqué vendredi soir un restaurant et un hôtel dans le centre de la capitale du Burkina Faso, faisant au moins 27 morts et de nombreux blessés. Deux Français ont été tués, selon le Quai d'Orsay. 
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Le président de la République, depuis son fief de Tulle, a eu un mot concernant les attaques qui ont frappé la ville de Ouagadougou, dans la nuit de vendredi à ce samedi matin. "Une victime serait française", a-t-il prudemment annoncé.

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