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Pas de sanctions pour les pays de la zone euro dont le budget 2015 laisse à désirer, du moins pas pour l'instant. C'est ce que doit annoncer la Commission européenne ce vendredi. Elle attendra jusqu'en mars pour mieux suivre les engagements des mauvais élèves, France en tête. Le commentaire de l'économiste Daniel Gros, du Centre for European Policy Studies : ' La Commission a pratiquement renoncé à son rôle de gardienne. Elle a accepté à peu près tout ce que les Etats membres lui présentaient. ' La France, dont le déficit continuera d'excéder la limite autorisée pendant deux ans encore, s'expose théoriquement à une amende pouvant dépasser les quatre milliards d'euros. ' La France aura certainement tout le temps qu'elle veut, estime Daniel Gros, parce que le président français a un argument très simple : si vous ne me laissez pas du temps pour mon déficit, le Front national gagnera les prochaines élections et vous ne voulez certainement pas que ça arrive. ' Dans d'autres pays, comme l'Italie et la Belgique, c'est le niveau de la dette qui pose problème. En Italie, elle dépasse les 130%. Mais pour notre économiste, il y aura tout au plus des ajustements : ' Il n'y aura pas de grand changement dans la politique fiscale parce que les pays vont légèrement au-delà de ce qui est permis et la Commission le tolère. ' Les autres pays qui feront l'objet d'une surveillance accrue sont l'Espagne, le Portugal, l'Autriche et Malte.
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La Grande-Bretagne autorisée à différer le paiement de sa rallonge au budget européen. Les ministres des Finances des 28 l'ont décidé à Bruxelles hier. Londres pourra donc payer en deux fois sa rallonge de 2,1 milliards d'euros au budget de l'UE. Echéance : juillet et septembre 2015, au lieu de tout d'un coup, le 1er décembre prochain. 'C'était loin d'être inévitable parce que la facture a été réduite de moitié, les échéances ont été retardées, aucun intérêt ne sera payé, dit David Cameron, le Premier ministre britannique. Nous avons obtenu de changer les règles pour que cela ne se reproduise plus, ce sont de très bonnes nouvelles.' Les Britanniques ont été appelés à payer plus, un réajustement de la contribution de leur pays, décidé au vu de sa bonne santé économique. Les Pays-Bas sont aussi appellé à augmenter leur part. "Je ne peux pas confirmer les chiffres britanniques, déclare le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem. La seule chose que je sais est que le Royaume-Uni dispose d'un rabais, depuis très très longtemps, et cette ristourne sera également appliqué sur la nouvelle contribution, alors ce n'est pas comme si les Britanniques avaient eu un rabais aujourd'hui '. Londres ne versera en effet que la moitié de la somme : cela s'explique par la nette augmentation l'an prochain de la 'ristourne' que la Grande-Bretagne reçoit annuellement de l'UE depuis 1984 et qui sera versée par anticipation.
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La nouvelle Commission européenne a cette fois le pied à l'étrier. Elle s'est officiellement mise au travail ce lundi et promet de mettre les bouchées doubles sur la croissance et l'emploi. Pour se démarquer de la Commission Barroso, elle a réorganisé son service de porte-paroles et revu son architecture. Sept vice-présidents mèneront la danse et ils seront d'emblée mis à l'épreuve. ' La Commission Juncker n'aura pas le temps de se mettre en jambes, explique le journaliste hongrois Zoltán Gyévai de Bruxinfo.hu. Elle doit s'atteler à des dossiers très lourds. Il y a tout d'abord le plan d'investissement de 300 milliards d'euros que Monsieur Juncker a promis d'établir avant le sommet de décembre et actuellement tous les services y travaillent. Et puis, il y a les questions budgétaires, avec notamment le débat sur la contribution britannique. ' Premier ministre pendant 18 ans et chef de l'Eurogroupe pendant huit ans, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker connaît bien les arcanes européennes. Il sera à la barre les cinq prochaines années.
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Sous pression des eurosceptiques, de l'opposition, de son propre parti travailliste et de l'opinion publique, David Cameron ne paiera pas la rallonge budgétaire européenne de 2 milliards d'euros au 1er décembre. Pas question de mettre en danger la reprise économique britannique a-t-il martelé à la chambre des communes, deux jours après son coup de sang au sommet européen : 'L'Union européenne doit changer, elle doit regagner la confiance et cela commence par comprendre et respecter le fait que ces paiements et ajustements sont prélevés sur les revenus durement gagnés par ses citoyens. C'est l'un des nombreux défis de notre longue mission pour réformer l'Union européenne, mais il est vital que nous nous attelions à cette tâche'. 'Le montant et le calendrier de cette demande sont inacceptables. Des ajustements sont faits tous les ans. Mais il n'est encore jamais arrivé qu'on demande deux milliards d'euros, soit 20 % de notre contribution nette de l'an dernier'. 'Deux milliards d'euros, c'est plus que la contribution brute de certains pays.' Ce lundi, la Commission européenne a averti le Royaume-Uni que le rabais budgétaire dont il bénéficie depuis 1984 serait menacé s'il tentait de modifier les règles et de ne pas payer entièrement sa contribution au budget de l'UE le 1er décembre. Ce rabais britannique de 5,9 milliards d'euros pour 2014 augmentera de 500 millions l'an prochain sur la même base de données ayant servi à la révision technique de la contribution des Etats membres. La rallonge de contribution au budget de l'UE est la conséquence d'une révision technique statistique. Cette année, le calcul intègre les activités illicites comme le trafic de drogue et la prostitution à la richesse des pays. Et le Royaume-Uni a décidé d'intégrer ces revenus 'illégaux' à son PIB en septembre 2014, ne pensant sans doute pas que cela allait changer la donne à ce point-là. Avant la révision technique, la Grande-Bretagne devait déjà 10, 9 milliards d'euros à l'UE. Avec ces nouvelles données du PIB, l'Italie, les Pays-Bas et la Grèce auront également de nouvelles contributions supplémentaires à apporter au budget communautaire, alors que la France et l'Allemagne, notamment, bénéficient d'un abattement. Cette question devrait être débattue le 7 novembre prochain lors de la réunion des ministres des Finances de l'UE.
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