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L'assouplissement de la loi Évin relatif à l'information sur le vin, adopté par le Sénat le 15 septembre et confirmé par l'Assemblée nationale en commission, sera à nouveau débattu dans l'hémicycle mardi. Cet amendement déchaîne les passions entre ceux voulant faire une différence nette entre publicité et information sur les boissons alcoolisées et ceux la refusant catégoriquement. Les explications de Jean-Baptiste Daoulas. Alcool : Claude Evin met en garde contre l... par LCP Claude Evin estime que l'amendement faisant une distinction entre publicité et information sur les boissons alcoolisées est dangereux pour la santé publique : "Si effectivement on considère - quand on regarde la rédaction de l'amendement - que lorsque l'on parle d'oenotourisme, on échappe aux dispositifs de la loi de santé publique, à ce moment-là, on ouvre la porte à ce que l'on présente ou l'on écrive n'importe quoi dans les visuels et les articles. C'est le danger auquel on est confronté. La loi aujourd'hui est équilibrée ; elle permet la publicité informative sur le produit, y compris sur la région de production." L'ancien ministre de la Santé rejette catégoriquement l'argument selon lequel l'assouplissement de la loi Evin profite en priorité aux viticulteurs : "En l'occurrence, ce ne sont pas les viticulteurs qui sont les plus concernés par cette publicité. Ce sont soit les bières, soit les vodkas ou whiskies, ou les métiers de la publicité eux-mêmes. "Un débat très émotionnel et subjectif..." Ces derniers tentent de réouvrir le champ qui avait été limité par la loi de santé publique que j'avais développée, pour pouvoir augmenter leurs parts de marchés de publicité. Le marché de la publicité en faveur de l'alcool en général est l'un des plus importants, avec celui de l'automobile ou des parfums. Regardez dans n'importe quel magazine : ce sont ces trois produits qui sont les plus représentés dans la publicité." Claude Evin, qui a lui-même déjà été député, comprend que les parlementaires des régions viticoles défendent leurs producteurs de vin. Mais il demande un nouveau compromis entre défense des terroirs et santé publique : "Malheureusement on est déjà revenu sur ma loi à plusieurs reprises depuis 1991. J'avais interdit l'affichage, il a été rétabli, et pas au bénéfice des petits viticulteurs : naturellement, ils ne sont pas ceux qui ont les moyens de faire de l'affichage. J'avais dû accepter l'affichage dans les zones de production lors du débat parlementaire et j'avais vérifié, quand la loi a été publiée, en visitant moi même ces zones de production, que c'était plutôt de l'affichage en faveur du whisky ou des vodkas et non pas en faveur des vins de ces zones de production. On est dans un débat très émotionnel et subjectif. La loi a été revue à plusieurs reprises. Je pense maintenant qu'il faudrait arrêter. Il faudrait vraiment que le gouvernement prenne une initiative pour apaiser le débat, permettre qu'il y ait un dialogue. S'il y avait une possibilité de se rencontrer, de se mettre devant la réalité, de voir de quoi on parle et de trouver un compromis, cela me semblerait préférable pour tout le monde. Pour la santé publique d'une part, mais aussi pour la défense des terroirs. Invité mardi dans Politique matin, le député socialiste Gérard Sebaoun, rapporteur du projet de loi Santé, se dit "extrêmement méfiant" sur cette modification de la loi Evin. "On ne peut pas dire que la loi Evin empêche de parler de nos terroirs et de la qualité de nos produits, affirme le député du Val-d'Oise. Je crois qu'il ne faut pas donner la moindre possibilité de revenir sur le terrain de la publicité pour valoriser l'alcool." Gérard Sebaoun, invité de Politique matin par LCP
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