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Pourquoi certains jeunes rejoignent-ils des groupes terroristes ? Que peuvent faire les gouvernements pour empêcher ce recrutement ? Des questions abordées par des représentants de différents pays et d'organisations internationales lors du 4e Forum mondial sur le dialogue interculturel qui a eu lieu du 4 au 6 mai 2017 à Bakou. Cette édition du Forum organisée par l'Azerbaïdjan et plusieurs agences des Nations Unies dont l'UNESCO a rassemblé les membres d'une cinquantaine d'organisations dont la plupart sont engagées dans la lutte contre l'extrémisme. D'après les experts de l'ONU, grâce aux mesures prises par les Etats pour restreindre l'accès à des zones de conflit, le flux de combattants étrangers rejoignant l'organisation Etat islamique s'est réduit l'an dernier. Mais enrayer ce recrutement reste crucial. Selon des estimations, depuis que la guerre civile a éclaté en Syrie, l'Etat islamique a enrolé jusqu'à 30.000 recrues originaires d'une centaine de pays avec des méthodes très diverses. Internet et sphère locale 'Habituellement, la plupart des gens parlent seulement du recrutement sur internet : cela existe évidemment, concède Alexander Zuev, sous-secrétaire général à l'état de droit et aux institutions chargées de la sécurité à l'ONU, avant d'ajouter : Mais en même temps, on a fait un certain nombre d'enquêtes et on s'est rendu compte que l'environnement familial et culturel et les groupes sociaux au niveau local pouvaient jouer un rôle prépondérant dans ce recrutement.' La question religieuse n'est pas le seul motif de radicalisation, ont estimé les participants du forum. Parfois, les femmes qui rejoignent les groupes terroristes - elles représentent 10% des combattants étrangers dans leurs rangs - le font après avoir été confrontées à des actes islamophobes. Mais le plus souvent, elles suivent leur mari, leur père ou leur frère. 'Quand elles découvrent la réalité, elles ne peuvent plus reculer, explique Mohamed Sameh Amr, délégué permanent de l'Egypte auprès de l'UNESCO. En même temps, elles subissent un si mauvais traitement au sein de ces groupes fanatiques : c'est pour cela que j'espère que par ce genre de conférences que nous faisons et leur couverture médiatique, on les alertera sur les ennemis qu'elles ne voient pas comme tels,' insiste-t-il. Dialogue interculturel: "La tolérance ne suffit pas La coexistence passive est insuffisante" IrinaBokova UNESCO_fr https://t.co/tw4ldUpuIO- ONU Info (@ONUinfo) 6 mai 2017 Souffrance sociale Certains jeunes sans emploi et en souffrance sociale pensent aussi trouver chez ces groupes, une identité collective, une reconnaissance et une source de revenus. Un même phénomène se produit en Afrique d'après Daniel Da Hien, coordinateur général du Réseau de la Jeunesse Africaine, une ONG du Burkina Faso. 'De nombreux pays africains comme le mien sont très, très pauvres : il y a beaucoup de jeunes qui ne vont pas à l'école, qui ne font même pas six ans d'école, dit-il. Les extrémistes recrutent ceux qui ne peuvent pas aller à l'école, ceux qui ne finissent pas leur scolarité, mais aussi ceux qui la finissent, mais qui ne trouvent pas d'emploi par la suite et sans emploi, qu'est-ce qu'on peut faire ?' lance-t-il. Enjeu éducatif Voilà pourquoi l'éducation et l'alphabétisation sont si importantes, a-t-on martelé lors du Forum. Et il est essentiel de comprendre ce qui manque dans l'éducation de ces jeunes et de changer les choses. 'L'un des défis auxquels font face nos universités, estime Fariz Ismailzade, vice-recteur de l'université ADA (Azerbaïdjan), c'est que nous sommes toujours incapables d'apprendre à nos étudiants et aux jeunes comment distinguer le bien et le mal. Très souvent, poursuit-il, on se rend compte que ces jeunes ont subi un tel lavage de cerveau qu'ils pensent que les idéologies négatives et radicales auxquelles ils adhèrent portent des messages positifs, les messages qui sont les bons et ils sont prêts à tuer pour ces idées.' Pour dissuader les jeunes de choisir la violence extrêmiste, ont conclu les participants du Forum, il faut bien sûr agir dans le champ de l'éducation pour notamment encourager leur sens critique, mais il est également essentiel de favoriser la création d'emplois et de faire passer un message de tolérance à l'égard des migrants.
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Dans cette nouvelle carte postale d'Azerbaïdjan, nous vous invitons à découvrir une tradition culinaire ancestrale : le thé noir. La production locale se concentre dans la région de Lankaran-Astara dans le sud du pays. Éléments-clé sur l'Azerbaïdjan Plus grand pays du Caucase du Sud Capitale : Bakou ; deuxième ville : Ganja Située sur la côte ouest de la mer Caspienne Le pays compte environ 9,6 millions d'habitants Sa superficie atteint 86.600 km Première cueillette Comme nous l'indique notre reporter sur place, 'c'est la première cueillette de la saison sur ces plantations qui se situent entre la mer Caspienne et les montagnes, là où le climat subtropical et l'humidité sont parfaitement adaptés à cette culture.' Ces feuilles serviront à élaborer un thé destiné à la consommation intérieure, mais aussi à l'export. Enjoying some traditional Azerbaijan tea in the Old City of Baku pic.twitter.com/i0qkcxEoNf- Wayne Visser (@WayneVisser) 14 octobre 2015 Rituel de convivialité Servie quasiment à toutes les occasions au quotidien, la boisson s'apprécie aussi dans les nombreuses maisons de thé du pays où un proverbe local prend tout son sens : quand on boit du tchaï - comme on dit en azéri -, on ne compte pas les tasses que l'on prend... Pour peu que ce soit du thé local réputé pour ses qualités. 'Il contient beaucoup de minéraux et de vitamines et le thé de Lankaran est excellent pour la santé,' assure Ilqar Hzimov, du Centre d'informations touristiques de Lankaran.
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Première étape d'une nouvelle série de cartes postales : Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan, et ses saisissantes tours-flammes qui dominent la baie et la vieille ville. 'Le nom et la forme de ces tours, nous indique notre reporter Seamus Kearney, font allusion à l'appellation ancienne du pays : la terre du feu en référence au gaz naturel qui s'enflamme en surgissant du sol.' Dessinés par le cabinet d'architecture HOK et achevés en 2013, ces gratte-ciels - les plus hauts bâtiments de la ville - se composent d'un hôtel, d'appartements et de bureaux et comportent jusqu'à 38 étages. Éléments-clé sur l'Azerbaïdjan Plus grand pays du Caucase du Sud Capitale : Bakou ; deuxième ville : Ganja Située sur la côte ouest de la mer Caspienne Le pays compte environ 9,6 millions d'habitants Sa superficie atteint 86.600 km 'Nous sommes fiers d'avoir construit ces tours tellement emblématiques qu'elles sont devenues le nouveau symbole de l'Azerbaïdjan moderne, insiste Murat Sener, PDG de Daax Construction.Elles sont connues dans le monde entier aujourd'hui,' affirme-t-il. Et une fois que le Soleil se couche, grâce à plus de 10.000 LED disposées sur leurs façades, les tours-flammes mettent leurs habits de lumière. Like the facade of Baku's Flame Towers, #U17EURO is hotting up now the QFs are known. https://t.co/xmVXlsWMs1 pic.twitter.com/xTfMgLyZ9W- UEFA.com (@UEFAcom) 12 mai 2016
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C'est avec un immense sourire qu'elle tombe dans les bras de ses proches. La journaliste Khadija Ismaïlova est libre, elle vient de passer 17 mois dans cette prison en Azerbaïdjan. This picture worth a thousand tweets! HRW's Giorgi_Gogia on his friend #FreeKhadija, free: https://t.co/rCygeB05WR pic.twitter.com/tigGlsKTmI- Minky Worden (@MinkysHighjinks) May 25, 2016 Dispatches: Leading Azerbaijani Journalist Freed From Prison https://t.co/QjNL76ndMu by Giorgi_Gogia pic.twitter.com/MME729ohHy- Human Rights Watch (hrw) May 25, 2016 Journalist and 2016 laureate of UNESCO World #PressFreedom Prize Khadija_Ismayil released! https://t.co/V1855bcjyi pic.twitter.com/CPBq64jvqu- Sweden OECD & UNESCO (@SweOECDUNESCO) May 25, 2016 Condamnée en septembre dernier pour activité économique illégale et évasion fiscale, elle a toujours nié et accuse le pouvoir d'avoir inventé ses crimes. Les Occidentaux avaient dénoncé un procès politique. 'Je vais bien sûr aller devant la Cour européenne et je me battrai jusqu'à ce que toutes les charges soient abandonnées. Et je tiendrai le gouvernement azerbaïdjanais responsable de m'avoir retenu en prison pendant un an et demi, loin de mon travail, de ma famille, de mes élèves.' .OSCE_RFoM, osce_odihr welcome release of Khadija Ismayilova https://t.co/0v8fjoXm41 #FreeKhadija pic.twitter.com/3404rOi2rU- OSCE media freedom (@OSCE_RFoM) May 25, 2016 Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le régime du président Ilham Aliev. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui place l'Azerbaïdjan parmi les dix pires pays du monde en matière de censure, a salué mercredi la libération de la journaliste tout en estimant que Bakou devait aller plus loin. CPJ calls for removal of all conditions to #Azerbaijan reporter Khadija Ismayilova's release https://t.co/GUazRNhEdr #FreeKhadija- Nina Ognianova (@Kremlinologist1) May 25, 2016 La réaction de Giorgi Gogia, représentant régional de Human Rights Watch : 'La libération de Khadidja, celle de plus d'une dizaines d'autres militants est une première étape positive, mais ce n'est en aucun cas suffisant. Le gouvernement doit faire beaucoup plus, il doit libérer les autres prisonniers et leur permettre de travailler librement dans le pays.' Fantastic news from #Azerbaijan! #KhadijaIsmayil is freed on 5 year suspended sentence! Day b4 her 40th Bday! pic.twitter.com/rz2uDC77L0- Giorgi Gogia (@Giorgi_Gogia) May 25, 2016 #KhadijaIsmayilova's only crime is that she reported #Azerbaijan gov't corruption & abuses https://t.co/Vk2FQhV8RV #FreeKhadija- Giorgi Gogia (@Giorgi_Gogia) May 25, 2016 Journaliste d'investigation et militante anti-corruption, Khadija Ismaïlova a été arrêtée alors qu'elle était rédactrice en chef du bureau local de Radio Free Europe, un média financé par les Etats-Unis. Elle a été récompensée cette année par le prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano, décerné par l'UNESCO. Malgré son incarcération, Khadija Ismaïlova entend très vite se remettre au travail. #KhadijaIsmayil says no one can stop her from continuing her work after release #FreeKhadija https://t.co/h3pKVCNnPG- Arzu Geybulla (@arzugeybulla) May 25, 2016
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Ancienne capitale d'Azerbaïdjan, Ganja se fait un nom au plan international cette année. Après Cluj - Napoca en Roumanie et Varna en Bulgarie, cette ville fondée il y a plus de 2500 ans est la capitale européenne de la jeunesse 2016, un titre décerné par le Forum européen de la jeunesse. 'L'initiative a commencé en 2009 et chaque année, une ville différente est choisie, explique Elmir Valiyev, président de Ganja Capitale européenne de la jeunesse 2016, avant d'ajouter : Pour 2016, Ganja avait fait la proposition la plus sérieuse et la plus intéressante.' The key to European #youthcapital has now been passed from #Cluj to #Ganja, Azerbaijan: https://t.co/d6U3IuqIkn pic.twitter.com/zhXPNIrG7v- European Youth Forum (@Youth_Forum) 9 janvier 2016 Traditions et nature A Ganja, les 14-29 ans représentent près de 30% de la population et c'est d'abord à eux que les manifestations organisées dans ce cadre s'adressent, mais aussi aux jeunes de l'ensemble du continent européen. Par des visites de monuments ou des festivités en plein air, l'objectif est de montrer la diversité des traditions locales. Des sorties dans la réserve voisine de Goygol sont aussi l'occasion de découvrir une nature préservée. 'Rapprocher Ganja du reste de l'Europe' Un nouveau centre de la jeunesse a été inauguré à Ganja. Des officiels d'Azerbaïdjan, des Nations Unies et d'organisations de jeunesse internationales étaient présents pour le lancement de l'évènement. 'Nous avons plusieurs objectifs principaux, souligne Azad Rahimov, ministre de la jeunesse et des sports d'Azerbaïdjan : rapprocher la ville de Ganja et l'Europe, faire venir la jeunesse européenne à Ganja, avoir la chance d'envoyer en Europe, les jeunes de Ganja qui sont les plus talentueux. On veut montrer sur la carte du monde où se trouve Ganja qui n'est pas la capitale, mais la deuxième ville du pays,' précise-t-il. Invitée à se produire lors d'un grand concert en plein air, la chanteuse italienne In-Grid : 'On a des personnalités similaires, nous les Italiens et les Azerbaïdjanais, indique-t-elle. Je suis contente d'être ici, de fêter cet évènement important parce que Ganja est la Capitale européenne de la jeunesse 2016 ; donc je suis très fière de vous, les citoyens d'Azerbaïdjan, félicitations, Ganja !' lance-t-elle. D'ici la fin de l'année, la ville accueillera toute une série de rencontres dédiées à la jeunesse.
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Le 7ème Forum mondial de l'Alliance des civilisations des Nations Unies vient de se tenir dans la capitale de l'Azerbaïdjan, Bakou. De nombreux dirigeants politiques et représentants de la société civile du monde entier y ont envisagé ensemble les moyens à disposition pour lutter contre la propagation de discours haineux et d'appels au terrorisme. Un thème en résonnance avec l'actualité. La capitale de l'Azerbaïdjan Bakou a accueilli pendant trois jours, le 7ème Forum de l'Alliance des civilisations, émanation des Nations Unies (UNAOC). Une initiative politique qui vise à promouvoir le dialogue entre les cultures. Et des échanges, il y en a eu entre les quelque 2500 participants venus de plus de 120 pays : des chefs d'Etat et de gouvernement, mais aussi des leaders religieux et des représentants de la société civile. Family photo! #UNAOCBaku2016 #UNAOCyouth #Baku #Azerbaijan UNAOC UNESCO presidentaz RT_Erdogan pic.twitter.com/qbOxN9Z7P9- Nargiz Gurbani (@nargizgurbani) 27 avril 2016 Dans un contexte de montée du terrorisme extrémiste et de radicalisation - avec les attentats de Paris et Bruxelles et le conflit en Syrie -, cette édition était consacrée aux moyens de riposter aux discours haineux et de prévenir la violence. 'Les discours de haine sont propagés par le biais de médias, par internet : c'est pour cette raison que c'est si important de pouvoir unir toutes les civilisations, souligne Jean-Paul Laborde, directeur exécutif du Comité contre le terrorisme des Nations Unies, pour montrer tout d'abord que les discours de haine n'ont rien à voir avec la religion, mais avec des désirs de violence.' Today the Group of Friends of UNAOC adopted by consensus the Baku Forum Declaration #UNAOCBaku2016 pic.twitter.com/wvTluhleV9- UNAOC (@UNAOC) 26 avril 2016 Les réseaux sociaux comme vitrine C'est bien sûr ce constat que font les officiels et la société civile : ceux qui tiennent ces discours haineux exploitent tout type d'outils pour communiquer. Les groupes terroristes ont une visibilité significative sur les réseaux sociaux et notamment sur facebook. Ce site, l'un des trois les plus visités au monde par les moins de 18 ans, est malheureusement une vitrine de choix pour appeler à la violence et recruter de nouveaux membres. 'Ces images et vidéos sont produites par des groupes extrémistes comme l'organisation Etat islamique, explique Jolene Jerard, manager du Centre international de recherche sur la violence politique et le terrorisme (Singapour). Ils propagent totalement leurs idées et ils incitent aussi des individus à la violence : ils leur montrent même comment mener des attaques, assembler des bombes et des dispositifs. Et ce sont des élements qui montrent qu'il y a une tendance à l'incitation et c'est clairement ce qu'il faut stopper.' One of our panelists on #SpreadNoHate answers questions on #hatespeech from local journos #unaocbaku2016 #hatespeech pic.twitter.com/fm6pcdeaIR- UNAOC (@UNAOC) 26 avril 2016 Quelle responsabilité pour les médias traditionnels et les services en ligne ? D'après certains, les médias traditionnels ont eux aussi une part de responsabilité dans la propagation de messages d'intolérance. Le traitement de la crise des réfugiés par exemple pose question. Il peut involontairement faire émerger une rhétorique anti-immigration et rendre plus difficile l'intégration de ces populations dans leur pays d'accueil d'après le Haut-Représentant de l'Alliance des civilisations, Nassir Abdulaziz Al-Nasser. 'Nous assistons à cette vague de migrants en provenance de Syrie et à ce sujet, les médias jouent un rôle très négatif en disant qu'ils représentent une menace pour la paix et la sécurité, pour l'économie, or on sait tous que ce sont les victimes d'une dictature,' affirme-t-il. En matière de réseaux sociaux, les participants ont plaidé pour un renforcement des législations interdisant l'incitation à la haine et l'élaboration de contre-messages. Ils demandent aussi à ce que les services en ligne aient l'obligation de mieux contrôler leurs contenus. Et il est certain qu'ils peuvent faire plus d'après Kemal Ilter, expert de la question à l' Université de Caroline du Nord à Chapel Hill. Des recommandations concrètes 'Quand on examine ces discours de haine et plus précisément les comptes qui les diffusent, ce sont dans la plupart des cas, des comptes anonymes, de faux comptes, précise-t-il. Donc, premièrement, les services en ligne ont la possibilité de mettre en place des mécanismes de contrôle stricts pour fermer ces comptes anonymes sur les réseaux sociaux, dit-il avant d'ajouter : Deuxièmement, nos enfants doivent apprendre ce que sont les réseaux sociaux et quels sont leurs avantages et leurs inconvénients nuisibles.' Le Forum de Bakou n'est pas le premier évènement international consacré à ce sujet. Ce thème était déjà au coeur d'un colloque organisé par les Nations Unies à New York en décembre dernier. Après une série de rencontres, un guide en anglais, français, espagnol et arabe sera publié : il présentera des recommandations concrètes pour lutter contre la propagation de discours haineux et extrémistes dans tout type de médias.
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Jeudi, 48 heures après l'instauration d'un cessez-le-feu entre les séparatistes du Haut-Karabakh soutenus par l'Arménie et l'Azerbaïdjan, Dimitri Medvedev est arrivé à Erevan rencontrer son homologue arménien. Dans la résolution du conflit du Haut-Karabakh, la Russie, alliée de la petite république du Caucase joue désormais un rôle centrale. 'La situation est inquiétante. Nous espérons que le cessez-le-feu va tenir et que le procéssus politique va pouvoir commencer. Ce sont les diplomates et non les militaires qui doivent arriver à un accord', a jugé le dauphin de Vladimir Poutine. Il faut dire que potentiellement Moscou a le bras long dans cette région. Lié par un traité de sécurité collective à l'Arménie, il est aussi le principal pourvoyeur en armes des deux bélligérants et a une influence centrale dans cette région du monde. Sergei Lavrov, chef de la diplomatie russe s'est donc envolé direction Bakou accueilli par le président Ilham Aliev. L'objectif des discussions: trouver un début de modalités d'accord de paix. Car le conflit a désormais plus de 20 ans. Depuis 1994, un cessez-le-feu est en place mais aucune solution politique stable n'a été trouvée. ' Le statut quo n'est pas durable et est inacceptable, juge Elmar Mamedyarov, le ministre des affaires étrangères azerbaïdjanais. Bientôt certains naïfs avanceront qu'on peut laisser la situation comme telle pour toujours ou pour un long moment, et alors il y aura plus de débordements et de combats et ainsi de suite.' Problème: 'selon de nombreux experts': http://www.iris-france.org/57264-conflit-du-haut-karabakh-pourquoi-2015-... la Russie pourrait trouver son intérêt dans cette guerre larvée. Même si un conflit ouvert ne l'arrangerait certainement pas non plus. L'Azerbaïdjan est l'allié historique de la Turquie. Une escalade de la situation au Haut-Karabakh tendrait donc encore un peu plus les relations entre les deux pays.
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Au pouvoir depuis 2003, suite à la mort de son père Güeidar, le président de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev et sa femme Mehriban Alieva a bâti un empire offshore, selon les révélations des 'Panama papers'. Le site de l'ICIJ, le consortium international de journalistes d'investigation, consacre une page entière à la famille Aliev. L'enquête aurait mis en lumière la relation de plusieurs membres du clan Aliev avec un réseau complexe de sociétés 'offshores' qui sont passées par le cabinet d'avocat panaméen Mosseck Fonseca. Ces fichiers montrent notamment, que, mi 2003, quelques mois avant l'élection présidentielle, Fazil Mammadov, ministre de l'impôt de l'Azerbaïdjan, a commencé à créer AtaHolding, devenu l'un des plus grands conglomérats du pays : banques, télécoms, entreprises du bâtiment, mines, pétrole, gaz... Et dès le début, Mammadov, très influent, invite la famille du président Aliev à se joindre à lui. C'est donc au Panama, avec l'aide de Mossack Fonseca, que Mammadov met sur pied deux entités : FM Management Holding Group SA et UF Universe Foundation dont Mehriban Alieva devient co-directrice. Cette fondation, d'ailleurs, est majoritairement détenue par les enfants du couple : 15 % pour Arzu, 15 % pour Leyla, 20 % pour le fils de 6 ans du président. 30 % reviennent au fils du ministre Mammadov. La compagnie Management Holding détient elle-même une société basée au Royaume-Uni, la Financial Management Holding Limited, qui détient à son tour 51 % d'actions d'AtaHolding, dont la valeur était estimée à 490 millions de dollars en 2014. Un montage complexe... Autre information, selon les fichiers Mosseck Fonseca et l'enquête des journalistes de l'OCCRP, un réseau de journalistes indépendants d'Europe de l'Est et d'Asie centrale, en 2006, le président Aliev aurait donné la concession de six mines d'or azerbaïdjanaises à plusieurs entreprises, dont deux offshores. Il s'avère que ces deux sociétés appartiennent en fait à ses deux filles, Arzu et Leyla Aliev. Les deux soeurs détiendraient 56 % des actions de Globex International LLP et de Londex Resources SA, une société panaméenne. Ces deux sociétés détiennent elle-même respectivement 11 et 45 % des actions du consortium des six mines d'or. Au final, la famille Aliev contrôlerait donc 56 % d'Azerbaijan International Mineral Resources Operating Company. D'après les archives de Mossack Fonseca, la famille Aliev aurait encore d'autres intérêts dans des sociétés offshores. Selon l'OCCRP, le clan Aliev n'a pas voulu répondre aux sollicitations d'entrevues.
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De violents affrontements ont eu lieu ce week-end dans le Nagorny-Karabakh, entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Ceux-ci ont débuté dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 avril, à coups de mortiers et de grenades. Ces combats ont fait une demi-douzaine de morts ce lundi. Le bilan est de 200 blessés, civils et militaires, et au moins une quarantaine de morts depuis vendredi.
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Les combats se poursuivent dans le Haut-Karabakh, entre les troupes arméniennes et les forces azerbaïdjanaises, faisant au moins treize morts ce lundi. Ils sont cependant moins intenses que pendant le week-end. Mouvements de tanks, artillerie lourde: les combats de ces derniers jours sont les plus violents depuis la signature du cessez-le-feu en 1994. Dans ce conflit dont les sources remontent à plusieurs siècles, la Turquie appuie l'Azerbaïdjan, et la Russie soutient l'Arménie. 'Nous sommes très inquiets et sommes d'accord avec le message envoyé par le président russe évoquant la nécessité de reprendre le cessez-le-feu, aussi vite que possible', a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Le Haut-Karabakh est un territoire séparatiste enclavé en Azerbaïdjan. Depuis la fuite des Azéris pendant la guerre entre 1991 et 1994, le territoire est quasiment exclusivement peuplé d'Arméniens. La communauté internationale - Paris, Moscou et Washington en tête - a appelé les belligérants au calme. Le Haut-Karabakh est un territoire stratégique pour le transport des hydrocarbures. Si les escarmouches sont fréquentes, on assiste à une nette escalade depuis le mois de décembre.
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L'Azerbaïdjan frappée de plein fouet par l'effondrement des prix du pétrole. L'ex-république soviétique aux énormes réserves d'hydrocarbures a trop longtemps misé sur cette seule source de revenus. Résultat : le pays a décidé de geler cette année la production de l'or noir. Au Forum mondial de Bakou, le président Ilham Aliev explique la stratégie à adopter : 'Nous travaillons sur la diversification de l'économie depuis de nombreuses années. Mais aujourd'hui avec des prix du pétrole très faibles, c'est notre principale priorité. Nous avons réussi à réduire la dépendance au pétrole et au gaz : aujourd'hui, ces deux hydrocarbures représentent seulement 30% de notre PIB. Notre objectif est de créer un modèle de développement qui ne dépende pas des prix du pétrole. Et c'est ce qui se passe, nous sommes en train de mettre en place un vaste ensemble de réformes soutenues par le FMI; nous nous focalisons sur les secteurs non pétrolier, l'agriculture, le développement informatique, le tourisme. Je suis sûr que dans les années à venir, la dependance de l'azerbaïdjan au pétrole va encore diminuer.' Pétrole : le prix du baril a peut-être touché son 'point bas', selon l'AIE https://t.co/5pZCbrrIDQ pic.twitter.com/RjkTHIWg68- Les Echos (@LesEchos) March 11, 2016 En janvier dernier, la production de pétrole a diminué de 4% par rapport au même mois l'an dernier. Le budget voté par le Parlement en février dernier est amputé de 25% par rapport à 2015. Quel peut être l'impact d'une réduction de la production de pétrole sur un pays très dépendant ? La réponse du président azéri : 'Nous ne voyons pas de lien direct entre les prix du pétrole et la sécurité mondiale. Mais à long terme, si les prix du pétrole restent faibles, cela peut conduire à des problèmes économiques et sociaux, car certains pays ont l'habitude d'avoir beaucoup de revenus issus de la vente de pétrole, du coup lorsque les revenus diminuent, ces pays pourraient faire des coupes dans les budgets et, par conséquent, cela pourrait provoquer ces problèmes.' Les pays membres de l'OPEP, la Russie et d'autres exportateurs se retrouvent le 20 mars prochain pour discuter du gel de la production pétrolière. avec agences
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Cela fait trois jours que les flammes ravagent cette plateforme pétrolière de l'Azerbaïdjan. Vendredi, une violente tempête a frappé le sud de la mer Caspienne. Une conduite de gaz de la plateforme a été endommagée et l'incendie s'est déclenché. 33 personnes ont été secourues, mais sept corps ont déjà été retrouvés, et 23 employés sont toujours portés disparus. Ils ont pris place à bord d'un canot de sauvetage suspendu à dix mètres au-dessus de l'eau. Mais il s'est détaché et est tombé dans la mer. Six corps ont été retrouvés à 65 kilomètres de la zone. Les recherches continuent, mais les chances de retrouver des survivants sont faibles. Le gouvernement azerbaïdjanais a demandé de l'aide à ses voisins du Kazakhstan, de la Russie, de l'Iran et Turkménistan, pour retrouver les disparus. La pire catastrophe sur une plateforme pétrolière remonte à 1988, un incendie avait provoqué la mort de 167 personnes en Mer du Nord.
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Depuis vendredi, un violent incendie ravage une plateforme pétrolière au large de l'Azerbaïdjan, en mer Caspienne. Si 33 personnes ont été secourues, 29 personnes sont toujours portées disparues et le corps d'une personne a été retrouvé.
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Un violent incendie sur une plateforme pétrolière de la mer Caspienne, en Azerbaïdjan, a provoqué vendredi la mort d'une personne, tentant de se protéger. Si 32 employés ont pu être sauvés, 30 sont toujours portés disparus ce samedi. (Crédits : APTN)
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En Azerbaïdjan, un incendie sur une plateforme pétrolière, en mer Caspienne, aurait causé la mort de 32 employés. Quarante autres ont pu être évacués. Le feu est désormais éteint. Il s'est déclenché après une tempête, qui a endommagé une conduite de gaz. Les mauvaises conditions météorologiques ont compliqué les opérations de sauvetage.
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Le scrutin d'hier a été boycotté par les principaux partis de l'opposition, dont le Conseil national des Forces démocratiques (CNFD), Musavat et le Parti démocratique d'Azerbaïdjan. Des formations qui dénonçaient l'emprisonnement de nombreux dissidents. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Aliev, en 2003, aucune élection n'a été reconnue comme démocratique par les observateurs internationaux. Avec AFP
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L'Azerbaïdjan se préparait dimanche à une large victoire du parti au pouvoir au cours des législatives boycottées par l'opposition, qui devraient confirmer l'emprise d'Ilham Aliev, président depuis douze ans, sur cette ex-république du Caucase. L'opposition et les ONG des droits de l'Homme ont accusé le gouvernement d'avoir emprisonné de nombreux opposants sur des accusations montées de toute pièce et d'avoir limité la capacité des partis à faire campagne. Du côté du pouvoir, le principal conseiller du président, Ali Gasanov assure que les élections se tiennent 'de manière totalement transparente et démocratique'. 5,9 millions d'électeurs sont appelés aux urnes afin d'élire les 125 membres du Parlement pour cinq ans. Les principaux partis d'opposition, dont le Conseil national des Forces démocratiques (CNFD), le parti Musavat et le Parti démocratique d'Azerbaïdjan, ont dénoncé un 'simulacre' d'élections et refusé de participer. L'Organisation pour sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a renoncé à envoyer des observateurs internationaux en raison des 'restrictions' imposées par les autorités. Aucune élection organisée depuis l'arrivée de M. Aliev au pouvoir en 2003 n'a été reconnue comme démocratique par les observateurs internationaux. Avant lui, son père Heydar Aliev, ancien du KGB, avait dirigé l'Azerbaïdjan presque sans interruption de 1969 à 2003. Toute forme de contestation est sévèrement réprimée par les autorités du pays riche en hydrocarbures et les ONG des droits de l'Homme affirment que la situation s'est détériorée depuis la réélection du président pour un troisième mandat en 2013.
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Une journaliste d'investigation, jugée coupable : Khadija Ismaïlova est très connue dans son pays, l'Azerbaïdjan. Elle risque 9 ans d'emprisonnement, à cause d'un procès toujours en cours pour évasion fiscale. Elle avait surtout enquêté sur les finances secrètes du président d'Azerbaïdjan, Heydar Aliyev. Arif Khacili, chef du parti d'opposition Musavat: 'Elle est maintenant en état d'arrestation parce qu'elle a vivement critiqué le régime d'Aliyev. Elle est l'une des journalistes les plus populaires en Azerbaïdjan. Voilà pourquoi elle a été diffamé. Il y a au minimum 83 prisonniers politiques en Azerbaïdjan aujourd'hui.' 'Accuser d'évasion fiscale une personne qui a enquêté sur l'argent volé par la famille du président et placé sur des comptes offshore (...), c'est drôle', a lancé Mme Ismaïlova, 39 ans, dont la déclaration a été publiée sur le site de son employeur, la radio Azadliq. 'J'ai payé des impôts sur chaque centime que j'ai gagné. Mais ces accusations n'ont rien à voir avec mes finances personnelles', a-t-elle souligné, accusant l''administration présidentielle' d'avoir orchestré ce procès. 'Il est évident que les soit-disant preuves contre moi sont été obtenues illégalement, sous la pression', a-t-elle ensuite affirmé. Dans le pays toute contestation du régime est réprimée, selon les associations. Le tribunal doit rendre dans les jours qui viennent son jugement définitif dans cette affaire jugée depuis fin juillet.
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OEIL DU WEB. Les premiers Jeux européens se tiendront du 12 au 28 juin à Bakou, en Azerbaïdjan. Sur les réseaux sociaux, on ne discute pas de sport mais des problèmes de droits de l'homme dans ce pays. Activistes, avocats, journalistes, opposants politiques... Ils font l'objet d'une répression intensive.
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Dans le village de Lahic, on se sent loin, très loin, comme hors du temps. La capitale de l'Azerbaïdjan, Bakou, est à 200 km. Dans ce village, le temps semble s'être arrêté. Le rythme du hameau est marqué par les bruits du marteau, et de l'enclume. Au 18ème siècle, les forgerons de Lahic alimentaient tout le Moyen-Orient en cuivre, et en armes à feu. L'arrière grand père d'un chaudronnier qu'Euronews a rencontré, Kablemi, s'est installé dans le village en 1725. Depuis, presque rien n'a changé. Kablemi a été initié à cet art par son père, quand il était enfant. Kablemi Aliyev : ' Il y avait jusqu'à 15 personnes qui travaillaient dans mon atelier : cela faisait un bruit énorme, à tel point qu'on devait se boucher les oreilles. C'était comme une musique pour moi.' Les grands- parents de Kablemi étaient déjà forgerons; ils travaillaient le bronze et le cuivre. Kablemi fabrique maintenant des objets du quotidien, perpétuant la tradition de son village. Kablemi Aliyev : ' Sous l'ère soviétique tout le monde travaillait pour le gouvernement. C'est l'Etat qui nous donnait un salaire. Aujourd'hui, les magasins sont pleins, mais la demande est très faible.' Chaque atelier de Lahic est un petit musée, dissimulé sous une couche de poussière. L'atelier de Kablemi n'est pas une exception. Lahic était à l'origine une plaque tournante de l'exploitation minière du cuivre. Quand l'industrie a déclinée, les habitants sont allés acheter ailleurs le cuivre, pour maintenir leurs entreprises. Ici au début du 20ème siècle une centaine d'ateliers martelaient des cruches d'eau, des bols, des plats ou des plateaux. Une tradition qui est aussi mise en avant au musée local, une ancienne mosquée transformée en caverne d'Ali Baba depuis 1992, et qui montre les différentes formes de vases qui ont fait la réputation de Lahic. Le cuivre est un travail de famille. Les trois fils de Kablemi connaissent déjà tous ses secrets. A 20 ans, Agakishi, est un maître décorateur. Il a appris tous ses secrets de son oncle. Il représente la 8ème génération de chaudronniers de sa famille. Agakishi Aliyev : ' Avec cet outil, je peux dessiner tout ce que je veux. Avec un stylo, j'essaye plusieurs fois mais je n'y arrive pas. Alors qu'avec cet outil, je réussis dès la première fois. Tout ce qu'un peintre peut faire avec un pinceau, je peux le faire avec cet instrument.' Les jeunes maîtres décorateurs sont devenus rares. La préservation de cette tradition est devenue une priorité. Les ateliers, leur aspect extérieur et même les processus de production, sont aujourd'hui préservés. La pause avec le thé est une autre tradition millénaire du village. Pour de nombreux visiteurs, Lahic représente l'âme de l'Azerbaïdjan traditionelle, dans un pays qui change très rapidement.
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Les saveurs, les couleurs et les symboles de Novruz annoncent un 'jour nouveau' : celui de l'arrivée du printemps. À découvrir, depuis Bakou, dans notre premier volet d'Azerbaijan Life. Tous les ans, 300 millions de personnes à travers le monde célèbre Novruz, une fête millénaire qui marque la fin de l'hiver et le début du printemps et qui annonce la Nouvelle Année dans de nombreux pays d'Asie centrale notamment. De la Mer Caspienne aux Balkans, en passant pas l'Asie centrale et l'Asie du Sud, Novruz marque l'équinoxe de printemps. Depuis 2009, cette célébration figure sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO. La tradition a beau varier d'une région à l'autre, Novruz est fêté partout en Azerbaïdjan. Les préparatifs débutent un mois avant le jour J, comme nous l'explique Seyfaddin Rzasoy, expert en folklore : 'Selon d'anciennes croyances, le monde a été créé à partir de quatre éléments : la Terre, le feu, l'eau et l'air qui, un mois avant Novruz, vont progressivement sortir de leur léthargie. Le dernier mardi avant les festivités, l'air se réveille, la nature respire à nouveau et s'épanouit.' Pour découvrir Novruz, plongeons dans la gastronomie locale. Direction le bazar Taza en compagnie de l'un des chefs les plus respectés de Bakou, la capitale azerbaïdjanaise. Véritable paradis pour les gourmets, nous y avons dégusté, entre autres, une variété de prune acide indispensable à la préparation de l'un des plats d'Elmin Sharifov : 'nous allons acheter des alchas. Allez-y, goûtez. Elles nous serviront pour la farce du poisson.' Ces rouleaux de pâte de fruits à base de prune seront utilisés dans la recette du poisson Levenghi. À Elmin, maintenant, de trouver le plus beau spécimen de carpe. Autant d'ingrédients simples que le chef va s'employer à sublimer pour un dîner de Novruz inoubliable. Elmin Sharifov : 'Ce poisson que nous avons acheté aujourd'hui au marché est un kutum. Nous allons l'utiliser pour la recette de Levenghi, un plat traditionnel originaire de la région de Lankaran, fait à partir de noix, d'oignons et d'alcha (les prunes acides du marché).' Deuxième plat à l'honneur : le plov. Une recette centenaire à base de riz présente dans toute l'Asie centrale et le Caucase sous différentes formes. Elmin en propose une variante - le Turshu govurma - qui se compose d'agneau, de chataignes, de raisins et d'abricots. Novruz est avant tout une fête familiale. Pour Arzu Melikova, c'est même la fête la plus populaire du pays : 'Novruz correspond à nos vacances les plus importantes. Cette fête évoque l'enfance. C'est une fête pour les enfants. Chaque année, nous la passons à la maison et toute la famille se réunit.' Pour l'occasion, Arzu nous a donc ouvert les portes de sa maison où la nourriture tient évidemment une place centrale. -Ici, les recettes, comme les ustensiles de cuisine, se transmettent de génération en génération, nous confie la mère d'Arzu, Khumar Melikova : 'cette marmite en cuivre me vient de ma grand-mère. Elle est très ancienne, elle a été fabriquée par des artisans.' Tout le monde participe à la préparation du repas et tout ce qui se trouve sur la table a un sens caché. On y place notamment sept aliments ou objets dont le nom commence par la lettre S comme le Samani - du blé germé - qui symbolise la fertilité et l'abondance, ou encore cette bague en signe de prospérité. Naila Melikova, belle-soeur d'Arzu : 'Le Samani doit être présent dans chaque foyer pendant les festivités, car c'est le principal symbole de Novruz. Nous allumons également des bougies et toute la famille se réunit autour de la table. Selon la tradition, il y a autant de bougies que de membres de la famille.' Il est maintenant l'heure pour Arzu et ses proches de passer à table sous le signe de la richesse, de la longévité et du bonheur. Le feu et toute sa symbolique sont à également au coeur des célébrations de Novruz et de toute l'histoire de l'Azerbaïdjan, un pays riche en hydrocarbures et connu pour ses feux spontanés de naphte. Le feu purificateur et bienfaiteur que tout un peuple célèbre encore aujourd'hui. Le temps est venu pour nous de quitter Bakou. Dans notre prochain numéro d'Azerbaijan Life, nous partirons dans les montagnes du Caucase à la découverte de la communauté allemande d'Azerbaïdjan.
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Un hélicoptère militaire arménien a été abattu par les forces azerbaïdjanaises. L'incident s'est produit ce mercredi dans la région disputée du Nagorny-Karabakh, une région séparatiste peuplée en majorité d'Arméniens. L'Azerbaïdjan assure que l'appareil, un hélicoptère de combat Mi-24, a tenté d'attaquer les positions de son armée. L'Arménie a démenti et menacé Bakou de 'conséquences sérieuses'. C'est l'un des accrochages les plus graves entre les deux pays depuis le cessez-le-feu signé en 1994. Ces derniers mois des attaques de part et d'autres ont fait plusieurs dizaines de morts. Rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, le Nagorny-Karabakh a été l'enjeu d'une guerre qui a fait 30.000 morts et poussé des centaines de milliers de personnes à l'exode entre 1988 et 1994.
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L'Azerbaïdjan célèbre la cinquième édition du Jour du drapeau (qui commémore l'adoption du drapeau national en 1918) et les prochains jeux Européens de Baku en 2015, décris comme 'le premier événement multisports a l'échelle du continent'.
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Vladimir Poutine réunissait hier à Sotchi les présidents arméniens et azerbaïdjanais, dans l'espoir d'apaiser de nouvelles tensions dans la région du Haut-Karabagh, où des affrontements ont fait plusieurs morts ces derniers jours. Le président russe, qui se pose en médiateur, s'est dit satisfait de la bonne volonté affichée par Serge Sargsian et Ilham Aliyev pour trouver une solution politique à ce conflit, qui empoisonne la région depuis plus de vingt ans. Situé entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, mais peuplé majoritairement d'Arméniens, le Haut-Karabagh fut le théâtre d'une guerre sanglante après l'éclatement de l'Union soviétique. Un cessez-le-feu y en vigueur depuis 1994, mais des affrontements sporadiques se poursuivent. Ceux de ces dernières semaines ont tué 19 soldats, dont 13 Azerbaïdjanais.
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Entre 10 et 15 personnes ont été tuées cette semaine, dont cinq soldats depuis la nuit de vendredi à samedi. Moscou a exprimé son inquiétude face à cette escalade de la violence entre les Azéris et les autorités du Nagorny-Karabakh et a estimé qu'elle représentait 'une grave violation des accords de cessez-le-feu'. Le Nagorny-Karabakh est une enclave peuplée en majorité d'Arméniens à l'intérieur du territoire azeri. Il a été l'enjeu d'une guerre qui a fait 30 000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994. Elle représente aussi une région stratégique en raison de son positionnement entre la Turquie, l'Iran et la Russie. Un cessez-le-feu a été conclu il y a vingt ans mais Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de cette région.
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Pendant quelques jours, l'Azerbaïdjan s'est installé à Cannes. À l'occasion des journées culturelles consacrées à ce pays, de nombreuses animations étaient proposées dont des concerts et une exposition sur le thème 'Azerbaïdjan : pays des traditions et d'avenir'. Visite guidée avec Nathanaël Becker de l'association des Amis de l'Azerbaïdjan : ' Ici, on est dans une exposition qui est en trois parties, entre tradition et modernité. On a d'abord dans la partie centrale des tapis, des objets traditionnels, des instruments de musique, des céramiques qui permettent plus d'appréhender la culture. Une partie de l'exposition est une rétrospective du poète penseur Nizami Ganjavi qui est un poète philosophe du XIIe siècle qui a beaucoup influencé le Caucase et l'Islam à cette époque-là et en fait, il y a un certain nombre d'éléments qui permettent d'illustrer ces poèmes et de se replacer dans l'ambiance de l'époque. ' Nizami est notamment l'auteur du 'Khamseh' ou 'Les Cinq Joyaux' - cinq poèmes écrits qui s'inspirent de l'histoire de la Perse ou de légendes populaires. Les oeuvres de Khalida Safarova et de Kamil Najafzade sont aussi exposées. Suite de la visite avec Nathanaël Becker de l'association des Amis de l'Azerbaïdjan : ' Et puis une partie plus contemporaine avec deux peintres qui ont réussi à passer la frontière pendant les années soviétiques et qui ont pu donner leur interprétation de la France au travers de leur culture azerbaïdjanaise en quelques peintures entre les années 60 et 90. ' L'exposition se poursuit à la Gare Maritime de Cannes jusqu'au 31 juillet. Ces journées se sont conclues sur un défilé de mode-là aussi placé sous le signe de la tradition et de la modernité. Le tout en présence de la première dame d'Azerbaïdjan. Un défilé signé par le couturier italien Renato Ballestra : ' Cela a été une collection très ambitieuse parce qu'il s'agissait de montrer, au travers d'une collection de mode, l'évolution de la femme azerbaïdjanaise en partant de l'époque rurale, au travers des vêtements, jusqu'à la femme actuelle, qui est une femme importante dans l'histoire du pays. ' Là aussi, trois thèmes ont été abordés dans le défilé. Des thèmes symboliques autour de trois influences. D'abord celle des tapis, puis celle de la grenade, le fruit du grenadier et enfin de la flamme qui est l'emblème du pays. Ces journées culturelles ont aussi permis à l'Azerbaïdjan de lancer les Jeux européens dont la première édition se tiendra à Bakou en juin 2015.
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Ouverture des journées culturelles de l'Azerbaïdjan à Cannes.
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Une bénévole de Roubaix accueille chez elle une famille originaire d'Azerbaïdjan en demande d'asile politique.
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Le sous-sol de l'Azerbaïdjan regorge de richesses. Le pétrole brut de Naftalan est l'une d'entre elles. Dans les thermes de cette ville, on peut s'y baigner à des fins prétendument thérapeutiques. Une pratique qui remonte au temps où les caravanes empruntaient la Route de la Soie. Le brut de Naftalan est l'un des rares pétroles qui ne brûlent pas. Les médecins locaux le préconisent sous forme de bains de dix minutes maximum pour soulager les douleurs articulaires, guérir le psoriasis, calmer les nerfs et purifier la peau... Et tant pis si certains experts jugent cette pratique potentiellement cancérigène. 'Le brut de Naftalan est très riche en résine de pétrole, il ne contient ni paraffine, ni fraction légère comme la gazoline', précise Hurshudhanum Namazalieva, responsable des soins au Chinar Hotel. 'Il passe directement dans le sang, ce qui stabilise les cellules tueuses ; celles-ci sont stimulées par les molécules de naphtalène', ajoute-t-elle, 'cela permet d'améliorer la circulation du sang et d'alimenter n'importe quel organe non sain'. Certains affirment que ces bains leur ont permis de vaincre leur maladie chronique et l'expérience - même si elle est forte en odeur - serait aussi agréable que de se plonger dans du chocolat chaud. 'J'ai une hernie discale', explique Elena Chelnakova, 'j'avais des douleurs très vives et il a suffi de quatre ou cinq bains pour que je me sente beaucoup mieux', assure-t-elle, 'je ne m'attendais pas à une amélioration aussi rapide'. Les premiers centres de soins de ce genre ont ouvert en 1929. Ils étaient très prisés des fonctionnaires pendant l'époque soviétique. Mais les propriétés de ces huiles - évoquées dès le XIIIème siècle par Marco Polo - ont été découvertes il y a bien plus longtemps dans des circonstances qui tiennent de la légende. Musammeddin Gulmaliev, conseiller du maire de Naftalan, nous la conte : 'Autrefois, une caravane est arrivée et un homme qui avait décidé de se débarrasser de son chameau malade l'a poussé dans une mare de pétrole', indique-t-il, 'quand il est revenu, il a constaté que son chameau était toujours vivant, mais aussi qu'il était complètement guéri'. Autre élément naturel auquel on prête un intérêt thérapeutique : la boue de volcan. L'Azerbaïdjan compte le plus grand nombre de volcans de ce type au monde. Il y en a pas moins de 300 de formes, noms et caractères différents. L'un des plus emblématiques, c'est le Dashgil situé dans la région de Gobustan à environ soixante kilomètres de Bakou. 'La profondeur de ce qu'on appelle les 'racines' des volcans de boue est de 5 à 12 kilomètres', précise Adil Aliev qui dirige le service des volcans de boue à l'Institut de géologie d'Azerbaïdjan, 'cette boue est riche en différents éléments et minéraux curatifs : on y trouve plus de la moitié de ce qui compose le tableau périodique des éléments', poursuit-il, 'c'est pour cette raison qu'elle est aussi largement utilisée en médecine'. La composition de la boue change selon le volcan. Nous nous rendons dans une entreprise spécialisée dans les produits cosmétiques située dans le pays. Nous ne saurons pas d'où provient la boue qu'elle utilise pour fabriquer des crèmes hydratantes. Nous ne connaîtrons pas non plus le nom des ingrédients qui ont été ajoutés. 'La boue volcanique a des propriétés blanchissantes, anti-inflammatoires et régénérantes', assure la responsable du laboratoire de recherche du groupe Gazelli, Leyla Dadasheva, 'elle aide la peau à lutter contre les signes de vieillissement et à mieux se protéger'. De son côté, Artem Alyev veut non seulement prendre soin de sa peau, mais aussi se maintenir en forme grâce aux propriétés supposées de cette boue. Ce marathonien vit dans la capitale Bakou, mais vient dans la région des volcans à longueur d'année pour prendre un bain de boue salvateur. Malgré une eau à deux degrés celsius ce jour-là, Artem savoure l'instant. Le gaz qui s'échappe du sous-sol le fait flotter. 'Je suis au contact de la beauté de la nature de l'Azerbaïdjan', nous confie-t-il. 'Je me sens léger et incroyablement souple et en même temps, j'ai la sensation d'une immense fraîcheur comme nulle part ailleurs sur Terre', affirme-t-il.
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En Azerbaïdjan, dans le village de Nij, les habitants sont en majorité des descendants d'un peuple qui vivait jadis en Albanie caucasienne. Il s'agit des Oudines, l'une des populations les plus anciennes du Caucase. Ils restent attachés à leurs traditions et à leur langue. On trouve les premières traces des Oudines dans les écrits d'Hérodote datant du Vème siècle avant notre ère. Aujourd'hui, ils sont plusieurs milliers disséminés à travers le monde et plus de 4000 résident à Nij qui se situe non loin de la capitale de l'ex-royaume de l'Aghbanie ou Albanie caucasienne. 'Ce royaume était composé de 26 tribus', nous explique Oleg Danakiri, directeur du Centre culturel oudi, 'celle des Oudines était la plus puissante, ils avaient leur religion, leur Bible, leur langue et leur alphabet'. Depuis des siècles, les Oudines sont très majoritairement chrétiens. Ils sont parvenus à maintenir leur foi vivante lors de la période soviétique. 'En tant qu'Oudines, nous sommes un peuple très singulier', souligne Robert Mobili, responsable de la communauté chrétienne oudine, 'notre langue fait partie d'une famille de langues caucasiennes très peu répandues : on appartient à la branche orientale du christianisme et aujourd'hui, notre but', ajoute-t-il, 'c'est de rétablir le statut indépendant de l'église albanienne en Azerbaïdjan'. Les symboles chrétiens restent omniprésents dans la vie quotidienne. Ils figurent notamment sur les costumes des musiciens traditionnels. L'un d'entre eux, Karlen Shirvari, nous présente ce qui figure sur le manteau de son collègue : sur son torse, on retrouve 'l'ancienne croix de l'Albanie caucasienne et dans le dos, il y a un soleil d'où partent huit flèches', détaille-t-il avant de poursuivre : 'il symbolise le pèlerinage en Terre sainte, cela signifie que la personne qui a cet emblème sur son costume a été baptisée là-bas'. Passons aux traditions culinaires avec la préparation du plat traditionnel nommé Afar. Après bénédiction de la pâte, on élabore une sorte de pain aux orties, une plante sauvage riche en vitamine C. 'C'est ma mère qui m'a appris à faire ce plat', déclare une habitante, Rita Danakiri, 'elle l'avait appris de sa mère et aujourd'hui, je montre comment faire à ma fille, la préparation de l'Afar est loin d'être facile, les Oudines le cuisinent depuis toujours', conclut-elle. Un livre réunissant une centaine de recettes typiquement oudines est en cours d'élaboration au sein du village. Les Oudines parlent azéri, mais s'expriment le plus souvent dans leur langue. Enseignée à l'école, elle a évolué avec le remplacement de l'ancien alphabet par les lettres latines. De nouveaux manuels scolaires en oudine sont publiés chaque année par cette enseignante qui travaille également pour des dictionnaires en ligne. L'oudi, c'est 'la langue de Dieu' selon un poète que nous rencontrons dans le village. Depuis toujours, il dit y puiser son inspiration. Nous l'accompagnons chez lui alors qu'il compose un poème qu'il dira à sa mère pour son anniversaire. 'Ma langue maternelle, c'est ma muse', insiste Grigori Meshari, 'ces sonorités sont tellement parfaites : elle me permet de transcrire la beauté de notre monde'. Mais un peu plus loin, un mariage se prépare. Comme le veulent les traditions oudines, des jeunes filles rompent le pain au-dessus de la tête de la mariée pour l'inviter à veiller sur son foyer, le marié lui est rasé par un barbier payé par les invités. Son intervention s'avère essentielle. 'Tout homme est d'abord un bébé, puis un enfant et ensuite, un adolescent', indique le jeune marié Aleksandr Kankalov, 'mais la seule manière de devenir adulte, c'est de se marier et en rasant le marié, on marque le passage à la vie d'adulte : c'est le symbole de son nouveau statut d'homme', dit-il. Autre coutume qui remonte au temps où les hommes chassaient pour nourrir leur famille : tirer sur une cible comme un oignon accroché dans un arbre. Une occasion de mesurer son adresse.

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