Après les génériques et les déremboursements, voici que l'automédication a fait l'objet d'un rapport qui est entre les mains du ministre de la santé. Une automédication qui aurait l'avantage de laisser plus de liberté pour se soigner, et qui serait aussi source d'économies pour la Sécurité sociale.

Automédication, pour renflouer le trou de la Sécu ?

Comment passe la pilule de l'automédication ? Plutôt bien du côté des pharmaciens et des industriels du médicament, plutôt mal du côté des médecins. Normal. Mais côté patient potentiel, la question de l'automédication embarrasse. Chacun sent bien l'entourloupe quand les politiques parlent de responsabilisation et de liberté du patient alors qu'il s'agit ni plus ni moins de trouver de nouvelles sources d'économie pour la Sécurité Sociale.

Pourtant, à y regarder de plus près, cette libéralisation de l'accès au médicament présente quelques avantages au quotidien. En effet, il n'est plus besoin de prendre rendez-vous chez un médecin, ni d'attendre longuement dans la salle d'attente, pour soigner un rhume. Plus besoin non plus d'avoir une ordonnance pour pouvoir enfin soulager ses aigreurs d'estomac.

Du reste, avec 10 % d'automédication, la France reste à la traîne par rapport aux autres pays : 13 à 14 % dans les autres pays européens, 30 % en Russie et 40 % aux Etats-Unis. Il reste donc de la marge pour l'automédication avant de tomber dans l'ultralibéralisme.

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Mais cette libéralisation de l'accès aux médicaments a ses revers : pas de remboursement pour les médicaments ainsi achetés, risque d'interactions avec d'autres médicaments pris régulièrement, d'allergies ou de surdosage, réduction des occasions de prévention et de dépistage chez le médecin.
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