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Les médecins des hôpitaux publics étaient en grève ce jeudi en Grèce. Ils ont manifesté, notamment dans les rues d'Athènes. Les praticiens protestent contre de nouvelles mesures d'austérité qui devraient toucher le système de santé. Leurs pensions de retraite sont amenées à diminuer et leurs cotisations devraient augmenter. D'après eux, les hôpitaux publics sont au bord de la rupture entre manque de médicaments et baisse des effectifs. 'On ne pas se dire que ce qui est perdu est perdu. Nous allons nous battre pour récupérer nos droits et nous serons en alerte face aux nouvelles charges que ce gouvernement entend mener contre nos revenus', indique Afrodite Renziou, médecin dans un hôpital public d'Athènes. L'un de ses collègues, Gerasimos Roubis, ajoute : 'Nous les médecins, nous sommes aussi victimes des ravages de la crise économique avec ces créanciers de la Grèce qui demandent une baisse de nos salaires. Notre seule option, c'est de nous unir au reste de la population et de contre-attaquer'. 'Sept années de crise économique ont sévèrement touché le système de santé qui souffre d'une dégradation de ses services et d'une baisse sensible du nombre de médecins. Les jeunes praticiens, en particulier, cherchent de meilleures conditions de travail dans d'autres pays de l'Union européenne', conclut Stamatis Giannisis, du bureau d'euronews à Athènes.
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Baisse des retraites, passage de 35 à 40 h dans le public, hausse de la TVA et des impôts... Le Portugal subit un régime sans précédent décidé par Bruxelles afin de limiter le déficit du pays. Une situation qu'ils sont de plus en plus nombreux à dénoncer : "On a l'impression d'être les mauvais élèves de l'Europe", explique ainsi un professeur. Les entreprises sont les premières touchées. Force est de constater que le Portugal attendait autre chose de l'Europe, 30 ans après son entrée dans l'Union.
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Environ sept mille personnes ont manifesté à Athènes à l'appel d'un collectif s'affirmant sans attache politique. Les manifestants réclamaient la démission du premier ministre Alexis Tsipras et protestaient contre la politique de rigueur imposée par les créanciers du pays. 'Les gens qui sont ici sont mécontents avec ce gouvernement qui était censé être de gauche, mais qui est plus de droite que la droite' explique une femme interrogée dans la manifestation. 'Les gens sont fatigués des mensonges et de la triche du gouvernement. Ce n'est qu'avec des mensonges qu'ils sont arrivés au pouvoir' explique un autre manifestant. J'ai voté Tsipras deux fois. Il ne respecte aucune promesse. Ma retraite est divisée par deux, qu'est-ce que je peux faire ?' 'Neuf mois après la deuxième victoire d'affilée de Syriza aux élections, les sondages indiquent une chute rapide de la popularité du parti au pouvoir' dit notre correspondant à Athènes Stamatis Giannisis. Avec une plus d'austérité à l'horizon, cette manifestation pourrait bien être pour Alexis Tsipras et son gouvernement le début d'un mouvement de mécontentement plus large.
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George Osborne n'hésite plus à menacer les britanniques d'une hausse d'impôt en cas de Brexit. Le ministre des finances aurait déjà fait ses calculs et une sortie de l'union européenne ce serait moins d'investissement et un impact négatif sur l'économie britannique.
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Ce mardi était une journée marquée par la grève générale des services publics en Belgique. A l'appel du CSC, le syndicat majoritaire, plusieurs milliers de militants ont défilé dans les rues de Bruxelles. Ils protestent contre la politique d'économies du gouvernement. Un mouvement qui vient s'ajouter à d'autres conflits sociaux dans les prisons et sur le rail. Résultat : de fortes perturbations dans les gares, en Wallonie comme en Flandre. Et des usagers diversement compréhensifs. 'J'ai trouvé un taxi, j'ai trouvé, voilà. Mais bon, on espère que ça ne va pas durer longtemps', confie une résidente roumaine. 'D'un côté je suis d'accord, de l'autre je trouve qu'ils exagèrent parce qu'ils emmerdent tout le pays et c'est vraiment pas génial', se lamente une Belge. Grèves: circulation paralysée pour les trains et bus du sud #matin1 https://t.co/1fCMpe29M7 via rtbfinfo- La Première (lapremiere) 31 mai 2016 La circulation des bus est aussi affectée, tout comme la collecte des ordures à Bruxelles, les services postaux et les administrations. Certaines écoles ont aussi fermé leurs portes. Avec AFP
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Le Parlement grec a adopté dimanche soir de nouvelles mesures d'austérité exigées par ses créanciers du pays, pour déclencher le versement de la prochaine tranche de prêt. Une décision qui sera prise ce mardi lors de l'Eurogroupe. Le projet de loi prévoit notamment un mécanisme de correction automatique en cas de dérapage budgétaire. 'Les dirigeants européens vont recevoir ce soir un message, celui que la Grèce remplit ses obligations, qu'elle assume ses responsabilités. Demain, ils doivent aussi assumer leurs responsabilités de leur côté', a déclaré à la tribune le Premier ministre Alexis Tsipras. Le texte prévoit aussi des mesures supplémentaires pour accélérer les privatisations et augmenter les taxes indirectes. En échange, Athènes espère le déblocage de 5,4 milliards d'euros et un allègement de sa dette qui représente environ 180 % de son produit intérieur brut. Une réforme des retraites et des impôts a déjà été votée le 9 mai dernier. Plus de 10 000 personnes ont manifesté devant le Parlement avant le vote selon la police.
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L'austérité est une fois de plus au menu du parlement grec. Les députés doivent se prononcer dimanche sur une série de mesures complémentaires exigées par les créanciers internationaux d'Athènes en contrepartie du versement d'une nouvelle tranche d'aide. Hausses d'impôts Le texte présenté ce mercredi par le gouvernement d'Alexis Tsipras prévoit une hausse de la TVA de 23 à 24%, une augmentation des taxes sur les carburants, le tabac et l'alcool, mais aussi, en vrac sur les paris, l'internet et le câble. En revanche, l'élaboration du mécanisme de contingence est toujours en cours. Il s'agit des mesures d'austérité supplémentaires qui seront appliquées si la Grèce ne parvient pas à dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB en 2018. Contre la montre Athènes doit présenter ce mécanisme aux ministres des finances de la zone euro mardi 24 mai à Bruxelles. Comme convenu avec l'Eurogroupe le 9 mai dernier, il est la condition à la renégociation de la dette grecque. Pour le gouvernement grec, qui espère un été calme, c'est le dernier test. Boucler l'évaluation et le versement de la prochaine tranche d'aide est le minimum requis pour remettre l'économie grecque sur le chemin de la croissance. Toutefois, beaucoup notent la contradiction : les nouvelles mesures, en particulier la hausse massive des taxes, vont priver le pays de l'oxygène indispensable à sa croissance.
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Tout juste en place et déjà dans l'urgence. 'Nous avons peu de temps', avait d'ailleurs prévenu jeudi le nouveau président brésilien Michel Temer, lors de sa prise de fonction. Son gouvernement a ainsi dès vendredi annoncé de premières mesures, consistant en une réduction des dépenses publiques et le maintien des programmes sociaux pour les plus démunis. L'urgence est économique. Le pays connaît sa pire récession depuis les années 1930. L'inflation est élevée et le chômage, massif. Elle est aussi politique. L'image du Brésil a été fortement abîmée ces dernières années à l'étranger, alors que le pays traverse toujours une crise sanitaire avec la propagation du virus Zika et qu'il s'apprête à accueillir dans trois mois la plus grande des compétitions internationales : des jeux olympiques d'été. De plus, le nom du nouveau président est cité dans un scandale de corruption tentaculaire. C'est aussi le cas du tiers de son gouvernement. Un gouvernement uniquement composé d'hommes. Pour couronner le tout, il est très impopulaire. Entretien avec Andrei Netto Maria Barradas, journaliste de notre service portugais, a posé plusieurs questions à Andrei Netto, correspondant du journal brésilien Estadão à Paris, notamment sur l'avenir de Michel Temer à la tête du Brésil. Michel Temer, a-t-il les coudées franches et la légitimité pour gouverner ? Andrei Netto : 'Au parlement oui, Michel Temer rassemble les conditions pour gouverner parce qu'il a une base de soutiens assez large, avec le Parti du mouvement démocratique brésilien, le PMDB et le parti de la social-démocratie brésilienne, le PSDB, de centre droit, et aussi quelques petits partis qui soutiennent également son gouvernement. D'autre part, il y a ce problème de légitimité, et c'est la question qui se pose aujourd'hui au Brésil. En ce moment même, une partie importante de la société brésilienne, se questionne pour savoir si Michel Temer a la légitimité d'exercer le pouvoir.' La presse internationale évoque ce paradoxe : Temer est soupçonné et appelé à comparaître dans plusieurs procès pour corruption et ferait lui-même l'objet d'une procédure de destitution. Que pouvez-vous nous dire à ce propos ? Andrei Netto : 'Il y a de fait une procédure de destitution qui est en cours à la chambre des députés contre Michel Temer, et il est vrai aussi qu'il y a certaines 'situations' en rapport avec le vice-président dans l'enquête concernant l'opération Lava Jato, qui est une espèce de version brésilienne de l'opération Mains Propres. Michel Temer, pour le moment, n'est pas parmi les personnalités les plus touchées au sein du parti centriste qu'il représente, le PMDB. Il y a des noms plus impliqués dans ces scandales de corruption comme celui de l'ancien président de la chambre des députés Edouardo Cunha, ou celui du président du sénat Renan Calheiros et aussi six des ministres qui viennent d'intégrer le nouveau gouvernement formé par Michel Temer.' Il doit impérativement fournir des résultats convaincants dans les six prochains mois, il doit notamment commencer à assainir les comptes publics et contrer la pire récession que connaît le pays depuis des décennies. Les conditions sont-elles réunies pour le faire ? Andrei Netto : 'Je dirai que, paradoxalement, ce n'est pas l'un des plus grands problèmes de Michel Temer. Car depuis deux ans, l'économie brésilienne est à l'arrêt, le taux de croissance était négatif l'an dernier, moins 4 %, sous la direction de Dilma Rousseff, donc une reprise est quasiment inévitable. Mais en plus, Michel Temer a choisi un ministre des Finances, Henrique Mereilles, qui est un homme extrêmement expérimenté. Il a travaillé, avec succès, à la Banque centrale du Brésil pendant le mandat de Luiz Inacio Lula da Silva. C'est un homme capable de rééquilibrer les comptes publics.' Comment pensez-vous que les Brésiliens vont réagir dans l'éventualité où Michel Temer n'obtient pas très rapidement des résultats visibles ? Andrei Netto : 'Si Michel Temer réussit à équilibrer les comptes publics, relancer la croissance, réduire le chômage, c'est possible que de ces mesures émerge une sorte d'état de grâce, ou un soutien populaire qui légitime Michel Temer. Dans le cas contraire, je ne doute pas que Michel Temer ne soit confronté à une grande et croissante opposition de la rue les mois prochains. Donc, les six prochains mois vont être cruciaux dans cette crise politique qui ne s'achève pas maintenant, mais continue au Brésil.' Quelles conséquences a, selon vous, cette crise politique sur les engagements internationaux du Brésil, notamment pour les JO qui arrivent ? Andrei Netto : 'Je ne sais pas, peut-être qu'il y aura un petit impact ou bien un impact considérable sur les Jeux olympiques parce que l'image extérieure du Brésil est endommagée. Mais ce qui me préoccupe le plus ce ne sont pas les JO, mais la position du Brésil dans les grandes institutions internationales. Souvenons-nous par exemple que des présidents comme Barack Obama aux Etats-Unis, ou François Hollande en France, n'ont pas félicité Michel Temer, ils n'ont pas contacté le vice-président, aujourd'hui président en exercice, et cela montre une certaine réticence, une prudence, un attentisme de la communauté internationale qui se demande bien quel sera le développement de la crise politique au Brésil.'
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'Dix promesses de Michel Temer à retenir' titrait ce vendredi un journal brésilien au premier jour de la prise de fonction du gouvernement par intérim. Un gouvernement encore plus mêlé aux affaires de corruption Avec neuf de ses membres sur 24 mis en cause dans l'affaire de corruption autour du groupe public Petrobras, le nouveau cabinet n'incarne pas vraiment le changement. Les Brésiliens ne semblent d'ailleurs pas s'y tromper. 'Ce qui s'est passé, la manière dont cela s'est passé...peut-être que ça va apporter un changement économique pour le pays, mais politiquement, je pense que pas grand chose ne va changer', estime un habitant de Brasilia. Un cabinet peu représentatif de la société Le nouveau gouvernement s'est mis au travail dès vendredi matin. Pas une femme ne fait partie du nouveau cabinet, exclusivement composé d'hommes blancs, âgés, issus de l'élite. Le nouveau ministre des Finances, Henrique Meirelles, a été président de la Banque centrale sous la présidence de Lula. Il était parvenu alors parvenu à contenir l'inflation. 'Le Congrès reflète la société brésilienne. Et selon moi, la société brésilienne est mûre pour des mesures d'ajustement importantes. Ce qui n'est pas possible, comme tout le monde peut le constater, c'est le statu quo', affirme Henrique Meirelles, qui était aussi chargé jusqu'à l'an dernier de coordonner tous les investissements réalisés pour les Jeux olympiques d'été de Rio, qui se tiennent du 5 au 21 août prochains. Dilma Rousseff, écartée du pouvoir, dans l'attente de son procès Avant de quitter la présidence, Dilma Rousseff a appelé les Brésiliens à se mobiliser contre le coup d'Etat dont elle se dit victime. Avec une popularité d'à peine 10 %, il lui reste quand même des partisans qui sont venus jeudi lui manifester leur soutien, après le vote du Sénat à une très large majorité pour l'écarter du pouvoir.
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15.000 personnes étaient dans les rues d'Athènes et de Thessalonique pour manifester contre l'austérité. Une mobilisation en baisse mais une détermination à maintenir la pression alors que le Parlement doit se prononcer ce soir sur des mesures réclamées par les créanciers, la refonte du système des retraites et l'augmentation des impôts.
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Le Parlement grec doit se prononcer ce dimanche sur une réforme controversée des retraites, réclamée par les créanciers. En face du Parlement à Athènes près de 15 000 manifestants se sont rassemblés, pour exprimer leur épuisement face aux mesures d'austérité. Cette nouvelle réforme des retraites est qualifiée de 'pillage' par les syndicats. Le texte prévoit la réduction des retraites les plus élevées,l'augmentation des impôts et des taxes pour les moyens et hauts revenus, et la fusion de plusieurs caisses d'assurance. Liana Korobili, 37 ans, professeur au chômage: 'Nous sommes jeunes et nous ne pouvons pas accepter ces politiques. Nous n'avons pas d'assurance sociale, de soins de santé, de salaires décents et pour la plupart d'entre nous, même pas d'emploi. Nous ne pouvons pas vivre comme ça. Nous ne pouvons pas vivre au 21ème siècle avec des conditions de travail du 19ème siècle.' Le pays est paralysé par une grève générale de 48 heures. La réforme était exigée par les créanciers de la Grèce en échange du nouveau plan d'aide signé en juillet. Seuls les députés de la coalition gouvernementale, de la gauche Syriza et du parti souverainiste Anel, s'apprêtent à voter en faveur de ce projet. Les partis d'opposition, dont celui de la droite de la Nouvelle-Démocratie, ont indiqué qu'ils allaient voter contre. Apostolos Staik, euronews : 'La réforme des retraites du gouvernement est nécessaire, mais les travailleurs font valoir que dans quelques années , les pensions pourraient encore être réduites. Aux yeux du peuple, Syriza marche sur le chemin de l'austérité et des coupes budgétaires. Une politique mise en oeuvre par tous les gouvernements précédents.'
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C'est une pilule bien amère qu'Alexis Tsipras doit faire avaler à son parlement et aux Grecs, épuisés par des années d'austérité. Hausse de l'impôt de solidarité, de l'impôt sur les hauts revenus et de la taxe sur les dividendes des sociétés ; quant au plafond des revenus non imposables, il pourrait être abaissé. Mais la plus difficile à digérer reste la baisse de des retraites à partir de 2019 : à partir de 750 euros par mois, elles seront réduites de 15%. Les retraités touchant plus de 2000 euros par mois perdront 40%. Et ce, même si le système grec restera le plus généreux d'Europe, martèle le ministre du travail, George Katrougalos. C'est lui qui a défendu la réforme devant les députés. 'Nous sommes dans une situation où la richesse nationale est nettement plus faible. Nous sommes 25% plus pauvres que nous ne l'étions en 2010. Et il nous faut donc distribuer de plus petites retraites. Mais pour la première fois, cela se fera de façon juste,' a-t-il assuré. Ces économies, évaluées à 1,3 milliards d'euros par an, visent à obtenir dès lundi à Bruxelles, le feu vert de l'Eurogroupe, du FMI et de la BCE au versement d'une nouvelle tranche d'aide. La Grèce en a besoin pour honorer ses échéances de juillet auprès de la BCE. Elle compte aussi sur le soutien du FMI pour lancer une renégociation de sa dette.
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Des défilés avaient un lieu partout dans le monde ce dimanche 1er mai, jour de la Fête du Travail. A Istanbul, en Turquie, les manifestations ont été marquées par des affrontements avec les forces de l'ordre, notamment aux abords de l'emblématique place Taksim. Un homme est mort après avoir été un renversé par un véhicule de la police. A Paris, la lutte contre le projet de loi travail du gouvernement était au coeur des défilés. Beaucoup, en particulier les jeunes, redoutent une accentuation de la précarité de l'emploi. 'Je considère que la libéralisation du marché du travail, ce n'est pas une avancée démocratique et sociale', explique un manifestant. En Allemagne, la Confédération syndicale a lancé un appel à la solidarité contre la xénophobie et l'extrémisme. En tête également des préoccupations de ce 1er mai : le rallongement du temps de travail, les contrats précaires ou encore les retraites. En Italie, le président de la République a rendu hommage à ceux qui ont perdu la vie sur leur lieu de travail en 2015. Par ailleurs, le concert traditionnel à Rome était dédié à la mémoire de Giulio Regeni, l'étudiant italien assassiné en Egypte. A Madrid, plusieurs milliers de personnes ont défilé, alors que le pays est enfoncé dans l'impasse politique et que de nouvelles élections législatives se profilent. ''Contre les coupes budgétaires'', pouvait-on lire notamment sur les banderoles. Enfin à Moscou, près de 100.000 personnes, selon la police, ont participé à une grande parade sur la place Rouge. Dans le cortège notamment, des nostalgiques de l'Union soviétique.
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Lisbonne célébrait lundi l'anniversaire de la Révolution de 1974. "Les capitaines" de la révolution des illets ont fait leur retour au Parlement qu'ils boycottaient depuis quatre ans pour dénoncer la rigueur, l'austérité et la politique de droite de Pédro Passos. "Les capitaines", c'est un colonel depuis longtemps en retraite qui est à la tête des vétérans.
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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras affirme sur notre antenne que son pays est sur le point de sortir de la crise, et que c'est la fin des mesures d'austérité qui feraient reculer son pays. Les pourparlers entre la Grèce et les bailleurs de fonds internationaux sont actuellement en cours à Athènes, pour trouver un accord sur une nouvelle tranche de prêts d'un montant de 86 milliards d'euros sur 3 ans. Selon la Commission européenne et Eurostat, qui produit les statistiques officielles de l'Union européenne : en 2015 le pays a dégagé un excédent budgétaire primaire supérieur aux objectifs fixés par ses créanciers, L'excédent était de 0,7% du produit intérieur brut (PIB) l'an dernier, alors que l'objectif était de 0,25%. Pour le gouvernement grec, il est donc inutile d'intensifier les mesures d'austérité, comme le préconisent encore les créanciers d'Athènes et le Fonds monétaire international (FMI). Ils exigent toujours que le pays dégage un excédent primaire de 3,5% du PIB en 2018 et au-delà. Le FMI juge cet objectif irréaliste avant plusieurs décennies. Un accord est donc encore très difficile, à une journée de la réunion de l'Eurogroupe. Interview exclusive : Alexis Tsipras, premier ministre grec Stamatis Giannisis, euronews : Monsieur le Premier ministre, les données publiées par Eurostat sur les performances de l'économie grecque sont meilleures que prévues, mais il vous reste un long chemin à parcourir. Comment évaluez-vous ces résultats ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : La performance de la politique budgétaire de la Grèce a dépassé toutes les attentes en 2015 et n'oubliez pas combien cette année a été difficile. Il y a eu deux scrutins législatifs, un référendum, la fermeture des banques et aussi une crise migratoire sans précédent dont le poids a pesé presque exclusivement sur les épaules de la Grèce. En dépit de tout cela, que nous dit Eurostat ? Que nous avons dégagé un excédent primaire de 0,7% au lieu d'un déficit primaire de 0,25%. Cela veut dire que nous avons surpassé l'objectif du programme d'environ 1%. N'oublions pas qu'au même moment, le FMI nous prédisait un déficit d'1% ou de 0,6%. Nous avons dépassé les prévisions du FMI de 2,3 milliards d'euros. Et ce, sur une année difficile. Ce n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un travail guidé par notre vision, notre patience et notre persistance. Nous avons maîtrisé nos dépenses, nous avons donné un bol d'oxygène à l'économie en exploitant le Cadre de référence stratégique national de l'Union européenne, qui a injecté plus de cinq milliards d'euros dans l'économie grecque. Et la Grèce a pour la première fois été le premier pays de l'Union en termes d'absorption des fonds structurels. Nous avons également eu un excellent bilan dans le secteur du tourisme, nous avons dépassé nos objectifs de rentrées fiscales de 2 milliards et nous avons réduit le chômage d'1,5%. Cet ajustement fiscal non agressif centré sur la protection des plus faibles et des bas et moyens revenus, de même que sur la protection de nos systèmes de santé et d'éducation, est en train de porter ses fruits. Et l'économie grecque est à présent au seuil de la reprise. Les prophéties des ' Cassandre ' des temps modernes qui nous accusaient de détruire l'économie par nos négociations ont été glorieusement démenties. L'heure est à présent aux bonnes décisions. Stamatis Giannisis, euronews : Avez-vous le sentiment que ce développement va permettre de lancer les discussions sur un allègement de la dette ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : J'ai le sentiment, en ce moment précis où se dégage le tableau d'une économie grecque en passe de sortir de la crise, que nous devons tous prendre les bonnes décisions. Cela veut dire que la Grèce est dans la dernière ligne droite et a besoin d'un coup de pouce en avant, pas en arrière. Il est dès lors nécessaire que ceux qui ont commis des erreurs grossières en faisant de mauvais choix et de mauvaises prévisions, ne soient pas autorisés à répéter les mêmes erreurs, une fois plus. La Grèce a un excédent primaire de 0,7%, c'est 1% de plus que l'objectif visé, et elle n'a pas besoin de mesures d'austérité supplémentaires. Ce dont la Grèce a besoin, c'est d'un allègement de sa dette pour faire redécoller son économie, regagner la confiance des investisseurs et renouer avec la croissance, enfin. A ce stade critique, nous ne devons en aucune façon permettre à certains de replonger le pays dans les ténèbres de la récession. Nous devons aller de l'avant et surmonter la crise, pour de bon. Stamatis Giannisis, euronews : Pensez-vous que votre courte majorité parlementaire - trois députés - suffira à faire passer toutes les mesures d'austérité qu'il vous faut faire valider par la chambre ? Alexis Tsipras, premier ministre grec : Pour la première fois en Grèce, un gouvernement a reçu un mandat pour appliquer un accord difficile, juste après la conclusion de cet accord et pas avant. Pour la première fois, les Grecs savaient ce qui était sur la table et c'est pourquoi il n'y a aucun problème quant à l'application de cet accord. C'est pourquoi nous insistons sur le contenu de l'accord et nous ne demandons rien de plus, ni rien de moins. L'accord sera honoré. Le pays sortira de la crise et notre majorité parlementaire sera suffisante tant que nous ne laisserons pas certains ajouter des fardeaux supplémentaires à ceux déjà prévus par l'accord. Et ils n'ont certainement aucune excuse pour insister sur ce point parce que les résultats, les chiffres et la réalité elle-même, les contredisent.
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En Espagne, à Valence, une fois par an a lieu la fête Las Fallas. On y voit des personnages géants qui représentent des personnalités -...
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Salariés, lycéens, retraités et demandeurs d'emplois ont manifesté à Lille pour protester contre la loi El Khomri.
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A l'annonce d'une mobilisation nationale contre l'austérité, des lillois appellent à un rassemblement place de la République.
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En janvier 2015, Alexis Tsipras devenait le premier ministre d'une Grèce ensevelit par la crise économique. Il avait fait campagne contre l'austérité et la corruption, avait promis d'augmenter le salaire minimum et de ne pas baisser les retraites. Forcé de répondre aux exigences du FMI et de L'Europe, Tsipras n'a pas su tenir ses engagements. Un an après, une grève générale a eu lieu ce jeudi pour protester contre la réforme des retraites. Assureurs, vétérinaires, avocats ou médecins ont manifesté dans les rues aux côtés des fonctionnaires, des agriculteurs et de nombreux salariés du privé. Les Grecs sont pour la plupart déçus.
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Le blocage partiel et temporaire par des agriculteurs de routes d'accès à l'aéroport d'Athènes (Grèce) s'est poursuivi vendredi, en signe de protestation contre la réforme des retraites du gouvernement. Ils ont fermé une route pendant une heure. Cette réforme est un élément du troisième plan international de sauvetage financier du pays.
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Les 153 députés de la majorité, sur les 300 que compte l'Assemblée, ont voté pour ce paquet législatif très controversé. Un texte qui prévoit notamment de céder au privé les prêts non-performants, des prêts dont le retard de paiement est de 90 jours et qui plombent les banques grecques. PME et particuliers ayant hypothéqué leur résidence principale ne seront pas concernés avant deux mois. 'Ce texte offre une solution pour les prêts non-performants, en conséquent, cela permet de débloquer des liquidités et donne un fouet à l'économie, affirme le ministre des Finances George Chouliarakis. Dans le même temps, il protège les ménages et les entreprises les plus vulnérables.' Un texte violemment critiqué par l'opposition. 'Et maintenant que demandez-vous ? Que nous devenions vos complices ? Que nous votions ce que vous rejetiez ? Peut-être voulez-vous que l'on pardonne votre façon de penser, celle qui a mené le pays au point où il en est ? ', s'insurge la présidente du PASOK (Parti socialiste grec) Fofi Gennimatam. Le texte comprend également un amendement sur la rémunération des fonctionnaires et dénoncé par leur syndicat Adedy, qui déplore que les salaires soient gelés. Une centaine de fonctionnaires a défilé hier devant le Parlement pour dénoncer 'la politique de rigueur'.
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Plus de 20.000 personnes ont défilé dans la capitale grecque pour protester contre le plan d'austérité imposé par le gouvernement de la...
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Le Premier ministre britannique n'est pas content et il l'a fait savoir en écrivant aux élus locaux de sa circonscription de l'Ouest de Londres. Il leur reproche d'avoir taillé dans les effectifs des agents municipaux. Or, le maire conservateur a expliqué ne pas avoir le choix, le gouvernement lui imposant d'autres coupes budgétaires.
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Gaz lacrymogène contre cocktail molotov : la police grecque tente de disperser les manifestants anti-austérité dans le centre d'Athènes. pic.twitter.com/ycRJBCUXtM- protothema Brk-News (@themabrk) 12 Novembre 2015 Des milliers de personnes sont descendues dans la rue ce jeudi pour la première grève générale depuis un an dans le pays. 24 heures de débrayage à l'appel des principaux syndicats du secteur public et privé. Objectif : protester contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites à venir. A : pic.twitter.com/UVoEeVWHRV- protothema Brk-News (@themabrk) 12 Novembre 2015 Une démonstration de force alors que se trouvent à Athènes des représentants des principaux créanciers du pays; ils doivent examiner la manière dont se mettent en place les réformes promises par la Grèce en échange d'un nouveau plan d'aide de 86 milliards d'euros sur trois ans. La grève paralyse l'ensemble des services publics, transports en commun à l'arrêt , des dizaines de vols domestiques ont dû être annulés, les hôpitaux fonctionnent à effectifs très réduits, les navires sont à quai et les administrations sont fermées.
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Le parlement grec a validé cette nuit une nouvelle série de mesures d'austérité, condition sine qua none pour maintenir le pays sous perfusion financière. 154 députés sur 300 ont voté la loi, autrement dit les représentants de Syriza et de son allié de Anel, la droite souverainiste. Il s'agissait ainsi du premier test pour le gouvernement d'Alexis Tsipras depuis sa réélection à la tête du pays. Concrètement, de nouvelles coupes sont à prévoir dans les retraites ainsi que des hausses d'impôts. De quoi faire bondir certains syndicalistes. Ils se sont réunis ce vendredi soir devant le parlement pour manifester. Ils accusent le Premier ministre de trahison. Le président du syndicat de fonctionnaires Adedy, Stavros Koutsioumpelis, appelle 'les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les patrons de PME, ou encore les agriculteurs, à former un front uni de résistance pour rejeter ces mesures et cette politique'. D'autant que de nouvelles mesures de rigueur sont à prévoir en vertu de l'accord conclu avec les créanciers du pays le 13 juillet dernier. Un nouveau texte doit être voté à la fin du mois. D'ici là, la Grèce devrait recevoir une nouvelle tranche d'aide de 2 milliards d'euros. 'Les syndicats ont appelé à l'union et à la résistance pour mettre à mal la politique d'austérité. Mais un mois après l'élection qui a permis à Alexis Tsipras et à Syriza d'obtenir une vaste majorité, la mobilisation n'est pas massive', remarque Panos Kitsikopoulos, notre correspondant du bureau d'euronews à Athènes.
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Un rebelle, un radical et même une rock star... Des termes que l'on associe rarement à des économistes. Pourtant ils semblent convenir pour décrire le français Thomas Piketty. Politiquement classé à gauche, il s'est fait un nom dans le monde entier avec Capital au XXIème siècle, un ouvrage massif sur les inégalités qui a aussi suscité la controverse. Qui est Thomas Piketty ? Thomas Piketty est un économiste français Il est un spécialiste des questions de richesses et d'inégalités Il a écrit de nombreux ouvrages et articles Son livre 'Capital au XXIème siècle' lui vaut une renommée internationale Il exerce actuellement en tant que professeur à l'Ecole d'économie de Paris / Paris School of Economics Isabelle Kumar, euronews : 'Ce que vous dites sur les inégalités a vraiment marqué les esprits et votre livre semble beaucoup plus populaire que ce à quoi on pouvait s'attendre. Avez-vous été surpris ?' Thomas Piketty : 'Il est certain que j'ai essayé d'écrire un livre qui pouvait être lu par un large public international. Mais bien entendu, je ne pouvais pas m'attendre à ce qu'il rencontre un tel succès. Aujourd'hui, on en est à plus de deux millions d'exemplaires vendus dans le monde. 'La plus vaste base de données historiques sur les inégalités' Ce que cela montre, c'est que de nos jours, il y a un immense intérêt pour les inégalités à travers la planète. On se préoccupe beaucoup de savoir si la mondialisation profite à tous ou si elle a été accaparée par une petite partie de la population. Et ce qui est nouveau dans mon livre, c'est que nous avons établi en collaboration avec de nombreux chercheurs originaires de plus de trente pays, la plus vaste base de données historiques sur les inégalités de revenus et de richesses qui n'ait jamais été produite. Donc vraiment ce qui est nouveau, c'est que j'ai essayé d'étudier les inégalités selon une perspective historique.' Isabelle Kumar : 'Il y a quelque temps, j'ai vu que 'le pape François avait tweeté : 'Les inégalités sont la racine du diable'':http://www.leparisien.fr/high-tech/le-pape-francois-dinosaure-en-informa.... Est-ce que vous iriez aussi loin que le pape ? Est-il plus radical que vous sur ces questions ?' Thomas Piketty : 'Je ne me sens pas vraiment proche de ce que dit le pape en général. S'il s'inquiète des inégalités, c'est très bien, sauf que je me demande à quel point l'Eglise catholique a contribué à réduire les inégalités à travers l'Histoire. Je crois que les inégalités sont un motif de préoccupation pas seulement pour les gens de gauche, de droite ou pour les personnes de différentes convictions religieuses, c'est un motif de préoccupation pour l'humanité en général. On ne peut pas simplement se soucier de la croissance du PIB mondial, on veut savoir comment les richesses sont réparties, qui en profite et quel est le coût pour les ressources naturelles...' Isabelle Kumar : 'Ceci m'amène à un point intéressant. J'aimerais que vous commentiez une information qui a fait les gros titres. Il s'agit d'Air France. Des dirigeants ont été agressés, leur chemise arrachée, par des manifestants du groupe en colère contre des suppressions de postes.' Thomas Piketty : 'Je ne suis pas là pour distribuer les bons et les mauvais points aux différentes parties en présence. Je dirais simplement que les conflits en matière de répartition des revenus sont souvent très violents et dans certains pays, en particulier les plus pauvres, ils peuvent prendre une forme beaucoup plus violente que dans les pays riches comme la France. 'Beaucoup d'opacité financière' Je pense que le manque de transparence sur les salaires, les revenus, l'actionnariat - qui détient quoi et qui reçoit quoi - a très souvent tendance à exacerber ces conflits. Donc je crois qu'en règle générale, avoir plus d'informations sur la répartition des revenus et des richesses, c'est très important pour notre débat démocratique. Aujourd'hui, l'une des grandes limites - en particulier quand on pense aux modèles transfrontaliers d'actionnariat -, c'est qu'il y a beaucoup d'opacité financière. Très souvent, on ne sait pas qui détient quoi et donc, c'est très difficile d'avoir un dialogue raisonnable sur les inégalités et les impôts...' Isabelle Kumar : 'Parlons des impôts justement. Vous avez plaidé pour une taxe progressive et pour un impôt sur le revenu de 80% pour ceux qui gagnent au moins un million d'euros par an - les plus hauts revenus -. Nous avons demandé à ceux qui nous suivent sur les réseaux sociaux de nous envoyer des questions pour cette interview : voici celle de Tomas Jones : 'Pourquoi voulez-vous sanctionner les gens qui prennent des risques en créant des emplois et de la richesse en augmentant leurs impôts ?' Thomas Piketty : 'C'est une question très difficile parce que quand on parle d'inégalité et d'impôts, les gens s'excitent tout le temps. Permettez-moi d'avancer un élément de preuve dans ce débat : prenons par exemple, un pays comme les Etats-Unis sur une période très longue - un demi-siècle - entre 1930 et 1980. En moyenne, le taux marginal maximum d'impôt sur le revenu s'appliquant aux revenus de plus d'un million de dollars a été de 82%. Il y a eu des moments où il a atteint 91%, d'autres où il était de 70%, mais si on fait la moyenne sur la période 1930-1980, c'est 82%. Maintenant, est-ce que ce taux a détruit le capitalisme américain ? Apparemment, non. 'Il y a des inégalités partout, sauf dans les statistiques sur la productivité' Cela étant, la progression de la productivité et la croissance du PIB étaient vraiment plus fortes pendant les années 50, 60, 70 par rapport à la période suivante, à savoir depuis les années Reagan. Depuis lors, on a une importante baisse du taux d'imposition marginal maximum et une forte hausse des inégalités. On constate qu'il y a des inégalités partout, sauf dans les statistiques concernant la productivité ! Beaucoup de gens ne sont pas prêts à avoir cette discussion. Je pense que c'est notamment à cause d'une amnésie historique : parfois, les gens ne savent pas que cela a déjà été expérimenté dans le passé. Et quand on regarde cette période où ces taux étaient en place, ce n'était pas si terrible en termes de productivité...' Isabelle Kumar : 'Dans ce cas, vous avez dû être assez déçu quand le président français François Hollande est apparemment revenu sur son programme en renonçant à taxer les plus riches à 75% au bout de deux ans d'application de la mesure.' Thomas Piketty : 'En réalité, en France, je n'étais pas vraiment pour cette mesure parce que premièrement, il n'y a pas beaucoup de monde dans le pays qui gagne plus d'un million d'euros. En réalité, François Hollande aurait fait un excellent président pour les Etats-Unis ! Je crois que ce serait exactement le genre de politique à mener là-bas. En France, on n'est pas tant que cela confronté à un problème d'explosion des rémunérations les plus élevées. Cette mesure était plutôt une excuse pour ne pas mener de réformes fiscales plus ambitieuses. Il y a beaucoup d'autres problèmes auxquels il faudrait s'attaquer en matière de réformes fiscales plus générales en France.' Isabelle Kumar : 'Puisque nous parlons de l'Europe, regardons rapidement la situation en termes d'austérité parce que je sais que vous êtes en phase avec les partis anti-austérité. Pouvez-nous dire la main sur le coeur que l'austérité a été un échec total ?' Thomas Piketty : 'On peut toujours faire pire, bien sûr. Mais comparons la situation des deux côtés de l'Atlantique. En vérité, l'Europe a transformé une crise qui à l'origine, est partie des Etats-Unis - du secteur financier privé aux Etats-Unis - en une crise des dettes souveraines, simplement à cause de sa mauvaise politique et d'une austérité excessive. 'L'Europe est au même niveau de PIB qu'il y a dix ans' Initialement, si on revient en 2008, la dette publique en Europe n'était pas plus élevée qu'aux Etats-Unis, elle n'était pas plus élevée qu'au Japon. Et si on regarde la situation en 2015 - donc presque dix ans après 2007 -, le PIB américain est aujourd'hui remis sur pied : il est entre 10 et 15% plus élevé qu'en 2007. Dans le même temps, en Europe - en particulier dans la zone euro -, on ne s'est pas encore rétabli, on est au même niveau de PIB qu'il y a près de dix ans.' Isabelle Kumar : 'De nouveaux partis présentent de nouvelles idées. Vous avez les mêmes positions qu'eux et on peut citer le mouvement espagnol Podemos dirigé par Pablo Iglesias et la nouvelle orientation du Parti travailliste britannique avec Jeremy Corbyn à sa tête. Pensez-vous qu'ils représentent la meilleure chance pour les Européens de se construire un avenir plus juste ? Les politiques économiques qu'ils proposent peuvent-elles être viables ?' Thomas Piketty : 'Je pense que les élections en Espagne en décembre prochain pourraient être très importantes pour l'avenir de l'Europe. Pourquoi ? Parce qu'elles peuvent changer la majorité politique dans la zone euro. Si l'Espagne passe à gauche ou au centre-gauche, cela change la majorité politique et potentiellement, je pense que ça peut nous amener à des politiques budgétaires plus raisonnables en Europe. 'L'extrême-droite beaucoup plus dangereuse que la gauche de la gauche' Je crois qu'au final, cela va au-delà du positionnement gauche-droite, tous ceux qui observent la zone euro de l'extérieur - qu'ils soient de gauche ou de droite - peuvent se rendre compte que les décisions budgétaires qui ont été prises sous la direction de l'Allemagne et de la France n'ont pas été une réussite - parce que c'est trop facile pour la France de se plaindre de l'attitude allemande alors que ça a été une décision commune -.' Isabelle Kumar : 'Mais il est intéressant de constater d'un point de vue politique que ces partis d'extrême-gauche ou de gauche radicale - je ne sais pas si vous approuvez cette terminologie - semblent faire plus peur aux institutions de l'Union et aux dirigeants européens que les formations d'extrême-droite.' Thomas Piketty : 'Ce serait une grave erreur. Au final, c'est beaucoup mieux que ces partis de la gauche de la gauche exercent le pouvoir que les formations de la droite de la droite. Dans mon pays, en France, des élections régionales sont prévues également en décembre et il est possible que l'extrême-droite soit en mesure de gagner une, deux ou trois régions et ensuite, les gens réaliseront qu'elle est beaucoup plus dangereuse que Syriza et Podemos qui au moins, ont une approche internationaliste. Je ne dis pas que leurs propositions sont toujours totalement convaincantes ou satisfaisantes, mais je pense qu'il est possible de les amener dans la bonne direction.' 'On doit en arriver à une réduction de la dette grecque' Isabelle Kumar : 'Vous parliez de la Grèce et de Syriza. Le Premier ministre sortant Alexis Tsipras a été réélu. D'après vous, a-t-il une chance de renégocier les mesures d'austérité ? Son ancien ministre des Finances Yanis Varoufakis ne prédit lui que la poursuite d'une même logique négative.' Thomas Piketty : 'L'Europe va devoir négocier un nouveau plan avec la Grèce. Je pense que ce qui a été décidé cet été, c'était juste une façon de gagner un peu de temps. Mais au final, on doit en arriver à une réduction de la dette grecque. La bonne nouvelle, c'est qu'on a eu de nombreuses restructurations de dettes dans le passé. L'Allemagne notamment a été concernée car elle avait des dettes publique et extérieure énormes après la Seconde Guerre mondiale. Tout le projet européen dans les années 50 a été en réalité construit sur cette annulation des dettes et la philosophie générale, c'était...' Isabelle Kumar : 'Mais le contexte est tout-à-fait différent...' Thomas Piketty : 'C'est comparable à certains égards. De nombreux gouvernements ont fait beaucoup d'erreurs par le passé et ont généré de lourdes dettes publiques. De très graves erreurs ont été faites par de nombreux gouvernements avant les années 50, en particulier en Allemagne. Mais le choix politique a été fait dans les années 1950 de dire : 'Ok, regardons l'avenir'. 'Investir dans le savoir et l'enseignement supérieur' Quand on pense aux jeunes générations en France ou en Allemagne dans les années 50 ou à la jeune génération en Grèce aujourd'hui, quand est-ce qu'on va leur dire : 'Ok, vos parents ont fait des erreurs, donc pendant les 40 prochaines années, vous devrez payer' ? A un moment donné, il faut regarder vers l'avenir, investir dans la croissance, l'enseignement supérieur, les équipements publics.' Isabelle Kumar : 'Mais laissez-moi vous interrompre parce que je souhaite vous poser des questions transmises par notre public sur les réseaux sociaux. Haezel Mischael Chandra vous demande : 'Quelle est la clé d'une économie durable ?' Thomas Piketty : 'Le plus important pour l'avenir, c'est d'investir dans le savoir et dans l'enseignement supérieur. Je vais juste vous donner un chiffre qui illustre bien ce qu'on ne fait pas et ce qu'on devrait faire : tout le monde en Europe apprécie le programme Erasmus qui permet aux étudiants de se rendre dans d'autres pays sauf qu'il faut savoir que le budget d'Erasmus aujourd'hui est de seulement quatre milliards d'euros par an. A titre de comparaison, la totalité du paiement des intérêts dans la zone euro sur un an représente 400 milliards d'euros. Je ne dis pas qu'il faudrait exactement intervertir les chiffres, mais je crois qu'on devrait aller dans cette direction et c'est pour cela qu'il nous faut un moratoire sur le remboursement des dettes pour pouvoir investir davantage dans l'avenir.' Isabelle Kumar : 'On a évoqué la Grèce, mais il y a aussi la Grande-Bretagne : ces deux pays pourraient encore quitter l'Union ou la zone euro dans le cas de la Grèce. La Catalogne pourrait aussi prendre son indépendance vis-à-vis de l'Espagne.Quelles conséquences cela aurait-il sur l'économie européenne et les économies nationales ?' Thomas Piketty : 'Je pense que cela montre que la crise dans la zone euro a de lourdes implications. Donc, les gens en Espagne sont très mécontents, en particulier en Catalogne... 'La zone euro ne fonctionne vraiment pas' Isabelle Kumar : 'Pour vous, c'est la crise économique qui pourrait inciter ces pays à sortir de l'Union européenne ou de la zone euro ?' Thomas Piketty : 'Oui, en Grande-Bretagne, je comprends que les gens ne veulent pas que leur pays rejoigne la zone euro ou aille vers davantage d'intégration parce qu'actuellement, cela ne fonctionne vraiment pas. Si on veut qu'un jour, la Grande-Bretagne, la Suède ou la Pologne rejoignent la zone euro, il faut la faire fonctionner correctement.' Isabelle Kumar : 'On n'a jamais vu une Europe aussi divisée. Si on continue sur la même trajectoire, à quoi ressemblera l'Europe dans quinze ans d'après vous ?' Thomas Piketty : 'Je veux être optimiste parce que je pense qu'il y a des solutions à notre problème, mais il y a un risque de montée du nationalisme et de l'égoïsme. Quand les gens n'arrivent pas à résoudre leurs problèmes nationaux, leurs problèmes d'emploi, leurs problèmes sociaux par des politiques pacifiques, c'est toujours tentant de rejetter la faute sur les autres. Il y a des partis politiques qui veulent rejetter la faute sur les étrangers, sur les travailleurs étrangers. Mais on peut aussi rejetter la faute sur les autres pays, sur l'Allemagne et ensuite, l'Allemagne rejettera la faute sur la Grèce. On peut toujours rejetter la faute sur quelqu'un d'autre, mais à un moment donné, si on se place d'un point de vue historique plus vaste au niveau européen, on réalise que ce qu'il faudrait faire aujourd'hui, c'est investir dans la croissance. Le drame de l'Europe sur les dix dernières années, c'est qu'on a perdu une décennie. On va finir en 2017 avec un niveau de PIB qui est à peine celui de 2007.' Isabelle Kumar : 'Autre sujet pour lequel l'Europe traîne les pieds : les migrations. La Grèce figure parmi les premiers pays concernés. On entend dire que près d'un million et demi de personnes pourraient arriver en Europe d'ici à fin 2016 et à ce propos, voici la question de Kristoffer Nyborg : 'Diriez-vous que l'Europe est économiquement capable de gérer cet afflux de réfugiés et de migrants ?' Thomas Piketty : 'L'Europe compte 520 millions d'habitants. De 2000 à 2010, si on se fie aux statistiques des Nations Unies, le flux migratoire net vers l'Europe était d'environ un million par an et deux tiers de la croissance démographique de l'Europe pendant cette période sont dûs à ce flux migratoire net. 'Pour la croissance économique européenne, on devrait être beaucoup plus ouvert' Donc je crois qu'on peut parfaitement revenir à un flux migratoire beaucoup plus élevé. Il y a des situations différentes à travers l'Europe, des pays comme la France où on fait un peu plus d'enfants. En Allemagne, ils ont un peu moins d'enfants et ils sont plus ouverts à l'arrivée de migrants. Il y a aussi des pays qui ne veulent pas avoir plus d'enfants et qui ne veulent pas accueillir de migrants non plus dans l'Est de l'Europe ; donc leur population va s'éteindre s'ils continuent comme cela. C'est très égoïste et je pense que pour la croissance économique et plus généralement, la prospérité et l'attractivité du modèle européen, on pourrait - et on devrait - être beaucoup plus ouvert.' Isabelle Kumar : 'Combien d'arrivées de migrants économiques et de réfugiés, l'Europe pourrait-elle gérer ? Un million ?' Thomas Piketty : 'Je ne dis pas qu'un million, c'est le chiffre idéal, mais il est certain que les gens qui affirment qu'on ne peut pas accueillir plus de migrants ne tiennent pas compte de ce qui s'est passé dans l'Histoire.' Isabelle Kumar : 'J'aimerais changer de sujet à présent et celui que l'on présente comme votre protégé, Gabriel Zucman a dit que six mille milliards de dollars d'avoirs pourraient être cachés dans les paradis fiscaux. Ce chiffre reflète-t-il la réalité selon vous ?' Thomas Piketty : 'Oui. C'est une question très importante pour nous en Europe et aux Etats-Unis, mais ce sera encore plus important pour l'Afrique et les pays émergents et en développement qui perdent beaucoup plus que nous du fait de cette opacité financière. D'après les estimations de Gabriel Zucman, pour l'Europe, c'est peut-être 10% de toute la richesse financière qui se trouve dans les paradis fiscaux - c'est beaucoup -. Mais pour l'Afrique, c'est entre 30 et 50%. Donc comment voulez-vous qu'un pays se développe et mette en place un système fiscal équitable quand vous avez une grande partie de la richesse qui s'en va et qui n'est pas soumise à l'impôt ?' 'Il faut mettre en place un impôt commun sur les sociétés' Isabelle Kumar : 'Revenons à l'Europe : le Président de la Commission européenne a promis de lutter contre les paradis fiscaux. Est-ce que vous le croyez ?' Thomas Piketty : 'Non, je n'y crois pas parce qu'en l'état actuel des choses, il n'y a aucune décision concrète. Si on ne veut pas que ce qui s'est passé en matière de fiscalité des sociétés en Europe se produise à nouveau, il faut mettre en place un impôt sur les sociétés qui soit commun. Il ne s'appliquera peut-être pas à tous les pays européens - si certains sont contre -. Mais au moins, les pays qui veulent avancer comme la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Belgique - ou peu importe les pays au sein de la zone euro ou non - devraient avoir un impôt commun sur les sociétés. Sinon, le genre de scandale comme Luxembourg Leaks l'an dernier se répètera.' Isabelle Kumar : 'Pensez-vous que Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, se défende comme il convient sur cette question ?' Thomas Piketty : 'Cela ne suffit pas de s'excuser. Ce n'est pas suffisant de s'excuser et de dire : 'Je suis désolé, je ne le referai pas' parce qu'en fait, les choses vont se répéter. Ce n'est pas un problème de personnes comme Jean-Claude Juncker. Luxembourg Leaks : 'Comment voulez-vous donner des leçons à la Grèce ?' Mais c'est le fait que quand il était Premier ministre du Luxembourg, il a passé des accords avec de grandes multinationales pour qu'elles ne paient que 1 ou 2% d'impôts alors que nos petites et moyennes entreprises en France ou en Allemagne en paient 20 à 30%. Comment voulez-vous donner des leçons à la Grèce sur la modernisation de son système fiscal quand c'est cette politique que vous menez dans votre propre pays ?' Isabelle Kumar : 'Revenons à votre livre : 'Capital au XXIème siècle'. Vous y faites de nombreuses références littéraires et c'est probablement pour cela que votre ouvrage est un peu plus accessible. J'aimerais vous poser la question suivante qui nous a été transmise via les réseaux sociaux. Quelqu'un du nom de Mekkus vous demande : 'Quels sont vos trois livres préférés ?' Thomas Piketty : 'C'est compliqué. Dans mon livre, je parle beaucoup du 'Père Goriot' de Balzac et effectivement, je crois que ce roman évoque le capitalisme au XIXème siècle d'une manière tellement puissante. Marx disait dans les années 1860 que c'était en lisant Balzac qu'il avait appris la majeure partie de ce qu'il savait sur le capitalisme. Je pense que c'est la même chose aujourd'hui, mais il faut s'intéresser à beaucoup d'auteurs différents. L'un de mes livres préférés récemment, c'est le dernier ouvrage de Carlos Fuentes 'La volunta y la fortuna' qui est un roman incroyable sur le capitalisme au Mexique. Tancrède Voituriez - un jeune écrivain français - a écrit récemment ''L'invention de la pauvreté'':http://www.grasset.fr/linvention-de-la-pauvrete-9782246800491 : c'est un roman très drôle sur la manière dont les économistes du développement prétendent sauver le monde et ne le font pas toujours. Donc, il existe de nombreux romans très puissants qui placent l'argent et le capitalisme au coeur de leur propos.' 'Pas de science de l'économie, mais des questions politiques, sociales, culturelles et littéraires' Isabelle Kumar : 'On vous décrit souvent comme une rockstar de l'économie à cause de votre livre. Vous reconnaissez-vous dans cette appellation ?' Thomas Piketty : 'Je n'ai aucun problème avec la publicité tant que cela amène davantage de monde à lire mon livre. Le succès de mon ouvrage montre qu'il y a beaucoup de gens dans de nombreux pays qui en ont marre qu'on leur dise que ce sont des choses trop compliquées pour eux, qu'il faudrait laisser les questions économiques et financières à un petit groupe d'experts à l'origine d'une science de l'économie tellement sophistiquée que le reste du monde ne pourrait pas la comprendre. C'est une vaste supercherie, il n'y a pas de science de l'économie. Ce sont des questions politiques et sociales, des questions culturelles et littéraires. Et tout le monde devrait avoir un avis là-dessus.'
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Des échauffourées ont éclaté dans les rues de Bruxelles en marge d'une manifestation monstre contre les mesures d'austérité engagées par le gouvernement. Au moins un policier aurait été blessé lorsqu'un groupe de manifestants a déclenché ces violences en lançant des pavés contre les forces de l'ordre. Selon les estimations, entre 80 et 100 mille personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer 'le virage fiscal', le relèvement de l'âge de la retraite et l'orientation générale du gouvernement de Charles Michel. 'C'est pour rappeler toutes les mesures contre les travailleurs et les allocataires sociaux en préservant le capital, donc des mesures totalement injustes' explique Marc Goblet, le secrétaire générale du syndicat FGTB. La mobilisation contre l'orientation politique a mobilisé près d'un Belge sur dix. L'augmentation des taxes sur le tabac, l'alcool et le gazole ainsi que les coupes dans le budget de la cultures sont quelques une des mesures les plus dénoncées.
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Marietta Karamanli, députée PS et présidente du groupe d'amitié France-Grèce à l'Assemblée, estime qu'Alexis Tsipras est parvenu à faire reconnaître sa légitimité et la nécessité pour la Grèce de rester dans la zone euro. Reste aujourd'hui la plus difficile à faire : appliquer les mesures prévues par le mémorandum signé en juillet dernier qui imposent à nouveau de l'austérité au pays.
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Privatisations, libéralisations de plusieurs professions, fin des retraites anticipées... voilà de quoi sera faite la potion amère des Grecs car Alexis Tsipras va maintenait devoir appliquer les mesures prévues par le mémorandum de juillet.
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Critiqué par les ténors de son parti mais très apprécié des militants, le radical Jeremy Corbyn a été élu samedi à la tête du Labour. 

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