Samedi 14 février, Copenhague a été le théâtre de deux attaques meurtrières dont le présumé auteur a été abattu le lendemain matin. Retour sur des événements qui font écho à ceux de Paris. 

Un week-end noir pour le Danemark. La capitale du pays a fait l'objet, ce samedi 14 février, de deux drames consécutifs finalement conclus par la mort d'un suspect de 22 ans. Des attaques lors d'un débat sur la liberté d'expression puis près d'une synagogue qui forcent à craindre un mimétisme des attentats de Paris. Alors que l'enquête danoise continue, les hommes politiques européens ont tenu à témoigner leur solidarité.

Deux morts et cinq blessés

Les deux fusillades opérées ce samedi ont causé la mort de deux personnes et blessé cinq autres. La première est intervenue à 15h30 lors d'un débat intitulé "Art, blasphème et liberté" consacré à la liberté d'expression. Un colloque déjà placé sous protection policière puisqu'il accueillait notamment le dessinateur suédois Lars Vilks, à l'origine des caricatures de Mahomet en 2007. Soudain, des dizaines de coups de feu ont retenti, l'ambassadeur de France lui aussi présent s'est réfugié avec le caricaturiste dans une autre pièce. Un participant a été tué, trois policiers ont été blessés et l'assaillant a pris la fuite.

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Alors que les enquêteurs se pressaient de réunir des informations pour retrouver le meurtrier, d'autres coups de feu ont éclaté près d'une synagogue de la capitale. Il était minuit passé quand un jeune juif s'est fait tuer et que deux policiers ont été touchés, le tireur a alors à nouveau pris la fuite.

Omar El-Hussein, 22 ans

Un homme a finalement été abattu le dimanche à 5 heures du matin. Le tireur présumé retournait dans un appartement où l'attendaient les forces de l'ordre. Ce premier a ouvert le feu avant que la police ne réplique et l'abatte. Celui qui aurait ensanglanté ce jour de Saint-Valentin s'appelait Omar Abdel Hamid El-Hussein et avait 22 ans. Un individu connu des services de police puisqu'il était à l'origine d'actes de violence, ont précisé les autorités lors une conférence de presse. D'après le journal Ekstra Bladet, Omar El-Hussein s'était vu condamner à deux ans de prison et était sorti il y a deux semaines. Ce lundi, la police danoise a annoncé dans un communiqué avoir placé deux hommes en détention. Ils sont soupçonnés d'être des complices du tueur.

Unité européenne

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Les dirigeants de plusieurs pays européens ont immédiatement témoigné leur soutien au Danemark. David Cameron, Angela Merkel et François Hollande ont exprimé leur soutien aux Danois. Le président de la République s'est rendu hier à l'ambassade du Danemark où il a évoqué "un lien qui n'établit pas un réseau mais une même détermination des terroristes", rapporte l'AFP. De son côté, Manuel Valls a évoqué ce Lundi sur RTL un "islamo-fascisme". Une expression qu'il a employé pour la première fois, suite aux attentats de Copenhague et à la profanation du cimetière juif de Sarre-Union. S'il faut attendre davantage d'informations pour parler d'un écho au drame de Paris, les experts craignent un mimétisme. "Nous travaillons sur l'hypothèse selon laquelle la personne en question a pu être inspirée par les événements qui se sont déroulés à Charlie Hebdo", a déclaré Jens madsen, membre des services de renseignement. Dimanche, Laurent Fabius a dit être "frappé par le mimétisme de la séquence, d'abord une attaque contre le symbole de la liberté d'expression, ensuite une attaque contre des Juifs".

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