En France, 1 décès sur 5 se produit avant 65 ans et a pour effet de laisser des proches dans la détresse. Voici comment protéger les siens.

Evidemment, les assurances décès (ou prévoyance) ne constituent pas un antidote contre la mort, mais elles rendent ses conséquences financières moins douloureuses. Elles mettent le conjoint et les enfants à l’abri du besoin si le souscripteur tire sa révérence ; ou qu’il est touché par handicap grave provoquant une perte totale et irréversible d’autonomie.

Au cas où le pire arrive, l’assureur versera une somme d’argent proportionnelle au montant des primes versées par l’assuré. Ce capital peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.

La première précaution à prendre quand on choisit une assurance décès est d’examiner les conditions restrictives. C’est là que se joue la différence entre une bonne et une mauvaise police. Les contrats subordonnant le déblocage des fonds à un accident lié à une "cause extérieure" sont à éviter comme la peste. Cette restriction signifie qu’un assuré qui reçoit un pot de fleurs sur la tête sera indemnisé, mais que s’il est victime d’un AVC pas un kopeck ne lui sera versé.

Le second crible à utiliser concerne la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Techniquement, la PTIA désigne une invalidité physique ou mentale constatée avant 65 ans. Elle exclut définitivement toute possibilité de travail et nécessite l’assistance d’une tierce personne auprès de l’assuré. Ce risque de PTIA doit être couvert par l’assurance décès. Ce n’est pas toujours le cas.

Les assurances décès sont des formules dites "à fonds perdus". Cela veut dire que le versement des primes garantit l’octroi d’un capital en cas de problème de santé. Toutefois, si ce risque ne se concrétise pas, les cotisations sont versées pour rien, comme avec une assurance auto. Certains contrats combinent assurance vie et assurance décès. Ils sont à éviter. Mieux vaut souscrire 2 contrats différents avec des garanties et des frais clairement identifiables.

Gare à l’effet d’escalier

Empilage : de nombreux assureurs étoffent leurs assurances décès avec des garanties annexes comme la rente éducation. Celle-ci est versée aux enfants reconnus comme ayant été à la charge de l’assuré décédé afin qu’ils puissent financer leurs études jusqu’à un âge limite (28 ans dans la plupart des contrats). Cette garantie supplémentaire peut s’avérer utile, mais certains assureurs la vendent au prix fort. Aussi faut-il systématiquement comparer le montant des primes avec et sans extension de garantie, puis comparer les offres pour identifier la compagnie la moins vorace.

Compte tenu des risques endossés, essentiellement avec les souscripteurs d’âge mûr, de nombreuses compagnies imposent aux assurés de remplir un questionnaire de santé. Voire de subir un examen médical s’ils ont plus de 50 ans ou qu’ils souscrivent un capital important. C’est dans l’univers mutualiste que ce gymkhana santé est le moins contraignant.

Certains contrats décès attirent le chaland avec des cotisations basses, mais imposent aux assurés de faire un check-up périodique. Puis, elles relèvent les primes si l’état de santé de leurs clients se dégrade. Cet effet d’escalier peut finir par coûter cher, car les pépins de santé sont inéluctables. Aussi, est-il préférable de donner la préférence aux contrats prévoyant un niveau de cotisations stables.

Avec une assurance décès, le niveau de la garantie est directement lié à celui des primes. Les souscripteurs ont intérêt à vérifier que l’assurance leur donne le choix entre une sortie en rente ou en capital et qu’ils ne sont pas contraint de choisir une option dès le départ. Fiscalement, le capital versé par une assurance décès n’entre pas dans l’actif successoral (article L 132-12 du Code des assurances).

Publicité
Il est conseillé de contracter une garantie élevée au départ - l’assuré étant jeune les primes sont moins fortes -, puis de l’alléger ultérieurement, par exemple après le départ des enfants, etc.