Une récente étude de l’UFC-Que Choisir dénonce les pratiques de banques en matière d’assurance crédit. Selon le document, celles-ci feraient du chantage tarifaire à leurs clients pour les dissuader d’aller voir la concurrence et ce, malgré la loi Lagarde qui permet à un emprunteur de souscrire une assurance indépendante de celle proposée par la banque prêteuse.

La loi Lagarde n’a pas eu l’effet escompté. C’est en tout cas ce que révèle une récente étude de l’UFC-Que Choisir. Alors qu’en 2010 cette loi a permis de dissocier le crédit de l’assurance-emprunteur, il apparaît qu’en fait ce marché est encore trop peu concurrentiel et que les emprunteurs n’ont pas vraiment le choix en termes d’assurance crédit. Pire, ce qui devait leur permettre de payer moins, les fait en réalité payer plus.

Trois banques se partagent le marchéSelon l’UFC –Que choisir, le marché de l’assurance emprunteur serait principalement géré par trois banques (BNP Paribas Cardif, Crédit Agricole et Assurance du Crédit Mutuel) qui se partageraient ainsi plus de la moitié des clients. "Après trois ans d'application, l'échec est criant et la concurrence est complètement évanescente", a déploré André Bazot, le président de l’association. Et ce manque de concurrence a un impacte direct sur le coût des assurances crédit. L’UFC-Que Choisir souligne ainsi non seulement que les tarifs ont augmenté depuis 2008 mais également qu’à l’inverse, la part des assureurs non-bancaires dans ce marché a diminué. D’après les informations de l’association de consommateurs, les banques-assureurs auraient même récolté plus de 2 milliards d’euros chaque année en augmentant leurs marges (40% en moyenne en 2007 contre 46% cette année).

"Il y a un conflit d’intérêt"Concrètement, pour retenir leurs clients et éviter qu’ils aillent souscrire une assurance-crédit moins chère ailleurs, les banques auraient recours à des méthodes quelque peu borderline, voire hors-la-loi. Plus de 70% des personnes ayant accepté de répondre au vaste sondage lancé par l’UFC-Que Choisir ont en effet rapporté avoir été victime d’un chantage tarifaire. En d’autres termes, les banques les auraient menacés de majorer le taux de leur crédit, d’allonger le délai, de refuser une délégation pour non-correspondance des garanties et même de facturer des frais sans véritable fondement. "Il y a un conflit d'intérêts car le banquier doit vérifier la qualité de l'assurance tout en étant lui-même vendeur d'assurance. C'est d'autant plus problématique que c'est lui qui décide au final", a par ailleurs commenté Maxime Chipoy, responsable du service des études à l'UFC, au Parisien.

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L'association espère ainsi que la loi Hamoin sur la consommation qui doit être prochainement examinée comportera un amendement sur la résiliation annuelle de l'assurance emprunteur. Une telle mesure permettrait en effet de lutter contre le chantage tarifaire des banques.