Alors que l’Euro évolue actuellement au-dessus du seuil de 1,36 dollar, le ministre français de l’Economie, Pierre Moscovici a estimé qu’il était "peut-être trop fort".

"L’euro est stable, l’euro est fort, peut-être d’ailleurs trop fort à certains égards", a déclaré Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie sur France 2 dimanche avant de souligner qu’il y a encore peu de temps l’on s’interrogeait sur la l’avenir même de la monnaie unique. En raison d’un regain d’optimisme sur les perspectives de l’économie en zone euro, la devise européenne a nettement progressé face au dollar vendredi, évoluant au-dessus du seuil de 1,36 dollar après avoir atteint dans la journée 1,3711 dollar (son plus haut niveau depuis mi-novembre 2001).

Et si cette hausse a eu de quoi ravir les voyageurs qui ont pu profiter d’un taux de change très intéressant, elle n’en a pas moins inquiété le gouvernement. Celui-ci a notamment craint pour les exportations, qu’une telle hausse pourrait freiner. "L’euro est trop haut par rapport à ce que l’économie européenne, pas seulement française, est en droit d’attendre", a en effet déclaré Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif dès mercredi. Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe avait, quant à lui, déjà prévenu que la valeur de la monnaie européenne était "dangereusement forte" et "menaçait la compétitivité des exportations européennes" et ce, en janvier dernier avant même de quitter son poste.

Le coût de cette hausse"Nous sommes attentifs à cette question (qui) fait l’objet de toute l’attention du président de la République, du Premier ministre et du gouvernement français a par ailleurs ajouté le ministre Arnaud Montebourg avant de préciser qu’une "hausse de dix centimes d’euro, c’est un milliard de chiffres d’affaires en moins pour EADS", le géant européen de l’aéronautique. Au micro du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, la patronne du Medef, Laurence Parisot a, elle, estimé que l’euro était "dans une phase un peu élevée". Selon elle, ceci est "aussi le signe de nouvelles positives (car) beaucoup considèrent que la crise de l’euro est quasi terminée". Malgré son optimisme apparent, elle a toutefois confié : "je préfèrerais pour certains secteur en particulier qu’il (l’euro) soit un peu plus bas et on peut espérer que le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), Maris Draghi s’exprime sur le sujeté". Et d’ajouter : "C’est à lui (…) de donner un signal qui permettrait de rééquilibrer les choses".

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De son côté, Bernard Arnault, le patrond de LVMH a vu dans l'euro fort "la seule ombre au tableau pour 2013". Selon lui, "il y a un risque de bataille monétaire, de dévaluation compétitive, qui risque d'entraîner un scénario en 2013 dans lequel un certain nombre de monnaies (...) baissent".