Vidéos à la une
Deux jours après le référendum en Turquie, la victoire du oui est contestée. Les observateurs de l'OSCE ont déploré un suffrage qui s'est déroulé dans des conditions 'inéquitables' et qui n'a pas été à 'hauteur des critères' européens. La camp du oui aurait bénéficié d'une couverture médiatique bien supérieure et des irrégularités, au moment du vote, ont été relevées. A Istanbul, les ONG font le même constat. 'L'élection n'était pas vraiment démocratique tout comme le dépouillement. La loi le dit clairement, les enveloppes sans le tampon du comité électoral ne sont pas valides. Le Haut-Conseil électoral a même réalisé des vidéos sur le sujet. Donc il ont pris la décision d'accepter des enveloppes sans tampon en connaissance de cause', explique Nejat Tastan, coordinateur de l'ONG AMER. Avec un peu plus de 51% des suffrages, le camp du président Erdogan l'a emporté de justesse. Le plébiscite escompté par l'AKP n'a pas eu lieu. Les grandes villes n'ont pas suivi. 'Pour la première fois depuis 1994, l'AKP perd du terrain face à l'opposition dans les villes majeures. Bien sûr, il ne s'agissait pas d'élections législatives, donc on ne peut pas vraiment dire que tel parti a gagné des votes. C'est peut-être conjonturel ou le début d'une nouvelle ère. On ne sait, ça prendra du temps pour savoir.', analyse Emre Gönen, politologue à l'Université de Bilgi. Erdogan, l'enfant de Kasimpasa, un quartier populaire d'Istanbul, maire de la ville pendant quatre ans, de 1994 à 1998, n'a pas réussi à remporter les suffrages dans la plus grande ville du pays.
Vidéos à la une
Dans quelques heures ce dimanche, les Turcs iront aux urnes pour un référendum crucial : 'Evet', 'oui', leur demande de voter le président turc, pour renforcer ses pouvoirs. Alors Recep Tayyip Erdogan jette ses dernières forces dans la bataille, lors de ses ultimes meetings. Et il s'en prend à l'Union européenne : 'Ils ont perdu leur réputation et leur crédibilité. Nous ne défendons pas la démocratie, les droits de l'Homme et les libertés parce qu'ils l'attendent de nous, nous le faisons parce que nos citoyens le méritent. Quand nous nous rapprochons de la démocratie, ils s'en éloignent.' L'avenir de la démocratie turque est en jeu, à la veille du référendum constitutionnel voulu par Erdogan. https://t.co/IfbkT5sZzE #Turquie pic.twitter.com/NhzOgxzfsJ- Le Monde (@lemondefr) 15 avril 2017 Après le coup d'Etat raté de juillet, le gouvernement veut changer la constitution. Exit le Premier ministre, ce sera le président qui aura des supers pouvoirs. Impensable pour ces partisans du 'non': 'Je suis ici pour mes enfants, pour que les valeurs de ma Turquie natale subsistent, pour une Turquie où mes enfants continuent à penser librement et où les journalistes et les professeurs ne sont pas emprisonnés.' #Turquie : avant le référendum de dimanche, le point sur le projet de réforme constitutionnelle par AFPgraphics #AFP pic.twitter.com/KLqBnMc3vc- Agence France-Presse (afpfr) 14 avril 2017 Il y a encore un grand nombre d'indécis, et les sondages donnent le oui et le non au coude à coude. Si le oui l'emporte, le président Erdogan, à la tête du pays depuis 14 ans, d'abord comme Premier ministre, pourrait rester au pouvoir jusqu'en 2029. Référendum en Turquie: "Le projet de Constitution ouvre la voie à une dictature" via Mediapart https://t.co/sFu9TnEX19- Thomas Schnee (thomaschnee) 15 avril 2017
Vidéos à la une
En Turquie, le Parlement a soutenu la levée de l'immunité des députés, lors d'un vote préliminaire mardi. Le projet de loi qui consiste à faire des hommes politiques des justiciables comme les autres, certes louable, suscite, dans le contexte turc, la controverse. En plein débat sur la présidentialisation du régime, ce projet de révision constitutionnelle est aussi perçue par certains membres de l'opposition comme une manoeuvre du parti au pouvoir, l'AKP, pour affaiblir le parti pro-Kurde HDP. 'Lever l'immunité au sein de cette instance va conduire à un coup d'Etat et à un régime dictatorial, estime Selahattin Demirtas, le chef de file du HDP. Ce parti est accusé par le pouvoir turc d'être la 'vitrine politique' du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et 50 des 59 députés sont visés par des procédures judiciaires. 'Ce projet de loi doit encore être voté vendredi. Personne ne devrait avoir peur de rendre des comptes sur ses actions. Ceux qui glorifient les terroristes et terrorisent le Parlement vont payer le prix de leur trahison.' a réagi Devlet Bahçeli, le chef du MHP, un parti turc nationaliste. Signe des tensions qui ont entouré l'examen de ce texte, les discussions ont dégénéré en pugilat au sein même de l'Assemblée. Le sud-est à majorité kurde de la Turquie est ensanglanté par des combats quotidiens entre le PKK et les forces de sécurité. Avec AFP
Vidéos à la une
Nezahat Sevim : Le parti de l'AKP a décidé d'organiser un congrès extraordinaire pour se choisir un nouveau chef. Le congrès du 22 mai marquera la fin de la domination d'Ahmet Davutoglu sur le parti. Après cela, vers quoi vont se diriger la Turquie, le gouvernement et l'AKP ? Nous allons poser toutes ces questions à notre correspondant à Istanbul, Bora Bayraktar. Bora, pourquoi Ahmet Davutoglu a-t-il choisi de se retirer ? Quelle est l'ambiance maintenant à l'AKP ? Bora Bayraktar : Il y avait des divergences sur certains sujets, surtout ces dernières semaines. Et certains signes que le président Erdogan voulait travailler avec un Premier ministre plus proche de lui. La plus grande fracture entre les deux hommes, d'après des sources présidentielles, a été que, lorsque Davutoglu a été nommé comme Premier ministre, il avait promis à Erdogan de travailler sur deux sujets importants : le premier était de mettre en place un régime présidentiel et de préparer l'opinion publique à cela. Mais le Premier ministre a dit à plusieurs reprises qu'il fallait mieux se laisser du temps. Deuxièmement, Erdogan attendait certaines avancées sur des opérations contre des individus, liés à Fetullah Gülen, et considérés comme appartenant à une structure terroriste. Des sources disent que le Président n'était pas satisfait non plus de l'évolution de ce dossier. Nezahat Sevim : Que va-t-il se passer du côté du gouvernement et de l'AKP ? Comment le nouveau chef du parti et du gouvernement, va-t-il être choisi ? Bora Bayraktar : Il va y avoir un congrès extraordinaire à l'AKP. Et il semble, qu'après avoir parlé avec Erdogan, ils aient trouvé un accord sur un seul nom, une seule personne qui serait proche du Président. Et donc qu'ils vont présenter ce nom comme unique candidat à la tête du parti. Une fois qu'ils auront choisi le nouveau leader, Davutoglu démissionnera de son poste de Premier ministre. Puis le Président donnera au nouveau chef de l'AKP la mission de former un nouveau gouvernement. On pense que cela va donner à Erdogan plus d'influence sur le parti et plus de contrôle sur le gouvernement, en lui permettant de présider les conseils des ministres. Nezahat Sevim : A quels changements faut-il s'attendre dans la politique de l'AKP ou du gouvernement ? Ou plutôt, faut-il s'attendre à des changements ? Bora Bayraktar : Effectivement, il est faux de dire que l'on s'attend à de grands changements. La Turquie est gouverné par ce parti depuis près de 14 ans. Donc, il semble probable que la Turquie conservera les grandes lignes de la politique qu'elle mène depuis 2002, sous les ordres d'Erdogan. Il ne semble pas non plus qu'il y aura des démissions en masse, des tensions ou une polarisation au sein du parti. Parce que ce qui est le plus important, c'est la position de Davutoglu. Peut-être que ses proches n'étaient pas d'accord avec ce retrait. Mais ils ont l'air de l'avoir accueilli avec compréhension.
Vidéos à la une
Les médias le disaient sur le départ. Le Premier ministre turc a confirmé aujourd'hui qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat à la tête de l'AKP. Le parti au pouvoir doit se réunir en congrès extraordinaire le 22 mai prochain. D'après ses statuts, Ahmet Davutoglu quittera alors de fait son poste de chef du gouvernement. 'Je ne prévois pas d'être candidat au prochain congrès, a-t-il affirmé jeudi lors d'une intervention devant la presse au siège du Parti de la justice et développement. Notre parti doit faire cette convention dans l'unité et la solidarité. Ce ne devrait pas être un sujet à débats. Car le destin de l'AKP n'est plus seulement celui de l'AKP mais celui de la Turquie et de sa région.' Davutoglu a nié tout conflit avec le président Erdogan, qui l'avait nommé Premier ministre il y a un an et demi, affirmant qu'il ne 'permettra jamais que des spéculations soient faites'. 'Pas une seule parole négative à l'encontre de notre président n'est jamais sortie de ma bouche et jamais il n'en sortira', a déclaré le chef du gouvernement. Pourtant, de profondes divergences étaient apparues ces dernières semaines. au sujet du dossier syrien, des négociations de l'accord sur les migrants avec l'Union européenne ou encore de l'emprisonnement d'un certain nombre de journalistes turcs. L'ancien professeur d'université était également favorable à la reprise des négociations avec les Kurdes du PKK. Le retrait de Davutoglu intervient alors que les difficultés s'accumulent pour la Turquie, avec le conflit kurde dans le sud-est du pays, l'extension de la guerre en Syrie sur son sol et les attentats perpétrés par le groupe Etat islamique. Surtout, il ouvre la voie au grand projet de Recep Erdogan : doter la Turquie d'un régime présidentiel, dans lequel il bénéficierait de pouvoirs élargis. Pour cela, il lui faudra la majorité qualifiée au Parlement. Des élections anticipées pourraient être organisées dans cette optique à l'automne, selon l'agence Reuters. Le successeur d'Ahmet Davutoglu devrait être un proche d'Erdogan. La presse officielle turque évoque en particulier le nom de Berat Albayrak, l'actuel ministre de l'Energie, qui est aussi le gendre du chef de l'Etat.
Vidéos à la une
En Turquie, le Premier ministre Ahmet Davutoglu ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête de l'AKP, selon les médias officiels. Le parti au pouvoir doit se réunir en congrès extraordinaire le 22 mai prochain. Selon les statuts de l'AKP, Ahmet Davutoglu démissionne de fait du poste de Premier ministre. Les conséquences de ce retrait sont très importantes pour l'avenir politique de la Turquie. Davutoglu était le principal rival d'Erdogan au sein du parti islamo-conservateur. De profondes divergences entre les deux hommes qui dirigent le pays depuis un an et demi étaient apparues ces dernières semaines, au sujet du dossier syrien, des négociations de l'accord sur les migrants avec l'Union européenne ou encore de l'emprisonnement d'un certain nombre de journalistes turcs. En poussant Davutoglu vers la sortie, le président Erdogan entend consolider son pouvoir. Son objectif : mettre en place un régime présidentiel, dans lequel ses pouvoirs seraient étendus. Pour cela, il lui faut la majorité qualifiée au Parlement. Des élections anticipées pourraient être organisées dans cette optique à l'automne, selon l'agence Reuters. Ses opposants redoutent la création d'un Etat autoritaire.
Vidéos à la une
Rassurer sur la laïcité, principe fondamental de la République turque née en 1923, tel était l'objectif du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, en s'adressant ce mercredi à Ankara à une Assemblée d'hommes d'affaires, et alors que le parti au pouvoir, l'AKP, rédige actuellement un projet de réforme constitutionnelle. 'Le principe de laïcité figurera dans la nouvelle constitution que nous préparons, comme principe qui garantit la liberté de culte des citoyens, et pour que l'Etat soit à égale distance de ces différentes confessions. Nous ferons apparaître dans la nouvelle constitution la compréhension d'une laïcité libertarienne plutôt que d'une laïcité autoritaire', a-t-il déclaré. Le débat sur la laïcité a enflammé le Parlement en début de semaine en Turquie, après que son président Ismail Kahraman, a plaidé pour une 'Constitution religieuse'. Le débat s'est ensuite invité dans la rue. Des manifestations ont été organisées ce mardi dans les grandes villes de Turquie, dont Ankara et Istanbul. 'La laïcité est notre ligne rouge', a martelé ce mercredi la porte-parole du parti d'opposition (CHP). L'AKP est accusé par ses détracteurs de vouloir islamiser la société turque. Avec AFP
Vidéos à la une
Ahmet Davutoglu peut laisser éclater sa joie. Le Premier ministre turc a réussi la mission que lui avait confiée le président Erdogan : redonner la majorité absolue à l'AKP. Après la victoire, il s'est adressé à ses partisans depuis son fief de Konya, en Anatolie centrale. 'C'est un jour de modestie, car c'est la victoire de notre nation. J'espère que nous serons à la hauteur des attentes pendant les quatre prochaines années et que nous serons encore là en 2019. Que Dieu nous protège de la honte. Que Dieu vous protège du mal', a-t-il lancé à la foule. Qualifié de 'marionnette d'Erdogan' par ses détracteurs, Ahmet Davutoglu ressort grandi après cette victoire, qui efface son cuisant revers lors des législatives du 7 juin et l'échec des négociations avec les autres partis en vue de former une coalition. La stratégie de l'AKP s'est révélée payante. Recep Tayyip Erdogan s'est mis davantage en retrait pour laisser plus de place à son Premier ministre. Et il fut moins question du projet de régime présidentiel, considéré comme l'une des raisons du recul de l'AKP lors du précédent scrutin. Ahmet Davotuglu avait pris la tête du Parti pour la justice et le développement en août 2014, après avoir occupé pendant cinq ans le poste de ministre des Affaires étrangères. Il partage la même vision de la Turquie que le président Erdogan : celle d'une puissance islamique régionale. En permettant à l'AKP de retrouver la majorité absolue au Parlement, le Premier ministre conforte sa position de leader politique et renforce le pouvoir du President. Mais pour Cengiz Aktar, professeur en Affaires turques à l'université Bahçesehir, cela pourrait ressembler aussi à un cadeau empoissonné. 'Erdogan va-t-il abandonner ses rêves d'un nouveau régime, un régime présidentiel, sans séparation des pouvoirs ? Car il doit avant tout faire face à de nombreux défis. Comment va-t-il gérer la question kurde ? Comment va-t-il affronter les problèmes économiques ? Car la Turquie est dans une impasse.' Bien d'autres défis attendent le Premier ministre après cette victoire, à commencer par la Syrie et le problème de l''infiltration des djihadistes au sein de la société turque.
Vidéos à la une
Le président Erdogan a remporté les élections législatives turques. Son gouvernement devra faire face à de nombreuses menaces : des...
Vidéos à la une
Le parti du président Erdogan le AKP, a remporté dimanche les élections législatives turques. Avec 316 sièges sur les 550 que compte le parlement, l'AKP a obtenu la majorité absolue et pourra gouverner seul. Dans les rues d'Istanbul, au lendemain de la victoire du parti au pouvoir depuis 13 ans les réactions sont contrastées. Les partisans du président voient en cette victoire un gage de sécurité et de stabilité pour le pays. Les opposants craignent eux, une dérive autoritaire du pouvoir en place. Cette victoire a en tout cas rassuré les marchés financiers, lundi, la bourse et les devises turques étaient en forte hausse.
Vidéos à la une
Lors des législatives anticipées de ce dimanche, l'AKP a remporté une victoire haut la main. 'La volonté du peuple s'est exprimée, il n'y a pas d'autre choix que celui de la stabilité', a déclaré le Président turc Recep Tayyip Erdogan. 'J'espère que ce sera ce qu'il y a de meilleur pour notre pays. Je demande au peuple de ne faire qu'un, soyons frères et soeurs, tous ensemble en Turquie'. Le choix de la stabilité semble avoir pris le dessus, dans un pays rongé par les divisions depuis des mois. Avec plus de 49 % des voix, les islamo-conservateurs, au pouvoir depuis treize ans, renouent avec la majorité absolue qu'ils avaient perdue lors du scrutin de juin dernier. Le HDP, le parti pro-kurde, entré au Parlement il y a quatre mois, reste représenté malgré un score en baisse. Ce dimanche, des heurts ont éclaté à Diyarbakir, le fief kurde du sud-est du pays. L'Union européenne attend les conclusions des observateurs internationaux sur le scrutin, et s'est engagée à travailler avec le futur gouvernement turc.
Vidéos à la une
ANKARA - 1er nov 2015 - Soirée de fête pour les partisans du président turc Recep Tayyip Erdogan. Dimanche soir, ils ont célébré la victoire de leur champion devant le siège de l'AKP à Ankara. Au terme du scrutin législatif, le parti islamo-conservateur recueille 49% des suffrages et retrouve la majorité absolue au parlement. En net recul : le parti HDP, parti pro-kurde maintient de justesse sa participation à la nouvelle assemblée. Pari gagné donc pour le président Erdogan. Tout au long de la campagne lui et son gouvernement s'étaient posés en seuls garants de la stabilité face aux turbulences qui secouent actuellement le pays : reprise du conflit avec les rebelles kurdes du PKK, guerre chez le voisin syrien et dernièrement, menace djihadiste concrétisée par l'attentat sanglant à Ankara le 10 octobre. Les Turcs ont donné un mandat clair à l'AKP. L'opposition qui pointait une dérive autoritaire du gouvernement a dénoncé le climat de violences dans lequel s'est déroulé le scrutin.
Vidéos à la une
Des législatives au parfum de revanche pour Recep Tayyip Erdogan. Le président turc convoque ce dimanche des élections anticipées avec un seul espoir : récupérer la majorité absolue qu'il détenait depuis 13 ans au Parlement. Son objectif ? Mettre en place une super présidence aux prérogatives renforcées. Les sondages créditent son parti l'AKP de 40 à 43 % des intentions de vote, un score toujours insuffisant pour gouverner seul. Alors durant toute la campagne, le chef de l'État, véritable homme fort du pays, n'a cessé d'affirmer que lui seul était le garant de la sécurité et de l'unité du pays. Une rhétorique reprise par son Premier ministre Ahmet Davutoglü, que ses adversaires qualifient de 'marionnett'e du président. Il entend reconquérir le contrôle du pays et a déjà promis la victoire à ses troupes. Les rivaux du régime appellent les électeurs à sanctionner cette dérive autoritaire. Selahattin Demirtas, le chef de file du parti pro-kurde est devenu pendant la campagne la cible principale du pouvoir. Sous sa conduite, le HDP a fait une entrée en force au parlement lors des dernières législatives. Il est considéré comme le seul à pouvoir rivaliser avec le président Erdogan. Même constat pour Kemal Kiliçdaroglu. Le chef du principal parti d'opposition accuse le chef de l'État de vouloir 'rétablir un sultanat'. Son parti, le CHP devrait dépasser la barre des 10 % des suffrages. Les sondages sont unanimes et pronostiquent tous la répétition des résultats d'il y a cinq mois. Les analystes politiques vont même plus loin et assurent qu'aucune coalition ne sortira des discussions. Ils anticipent déjà un nouveau scrutin dès le printemps prochain.
Vidéos à la une
Vincent Roux, envoyé spécial de LCI en Turquie, décrypte les premières tendances des urnes en Turquie. selon lui, l'AKP serait actuellement en tête et quasiment assurée de pouvoir gouverner seul. Mais il faut néanmoins attendre les résultats des régions de l'ouest de la Turquie, bien souvent hostiles à Erdogan.
Vidéos à la une
Le parti de l'AKP du président Erdogan va-t-il remporter les élections législatives anticipées qui se déroulent ce week-end en Turquie. Pour les conservateurs du pays, cela ne fait aucun doute. Mais même si le parti ne remporte pas la majorité absolu, comme le prédisent les derniers sondages, Recep Erdogan ne serait pas menacé.
Vidéos à la une
ANKARA - 11 oct 2015 - Ils sont des milliers dans les rues d'Ankara pour honorer les victimes. La veille, une double-explosion a raflé non loin de-là au moins 95 personnes. Des militants de gauche, proches de la cause kurde venus participer à un rassemblement pour la paix. En l'absence de revendication, la foule désigne le coupable : l'État islamique à qui elle promet vengeance. Recep Tayyip Erdogan n'est pas épargné non plus. Le président turc, chef de file de l'AKP, le parti islamo-conservateur est accusé de ne pas avoir assuré la sécurité de la manifestation. Le gouvernement lui n'exclut pas que les mouvements d'extrême-gauche aient semé la mort. Pendant que la rumeur s'emballe, les premiers cercueils sont réunis pour un hommage de la communauté alévi, une minorité religieuse au mode de vie libérale. Beaucoup d'entre eux étaient présents samedi sur les lieux du massacre.
Vidéos à la une
ANKARA - 10 oct 2015 - Des corps allongés par terre, des personnes agenouillées pour leur porter secours... Ces images ont été tournées juste après deux explosions qui ont retenti samedi matin à Ankara, près de la gare principale. Selon des médias turcs, on dénombre au moins 20 personnes tuées et une centaine de blessés, dans ce qui semble être une attaque terroriste selon une source gouvernementale. A l'appel de l'opposition et d'ONG, un rassemblement en faveur de la paix devait se tenir à cet endroit un peu plus tard dans la journée. Rassemblement pour exiger la trêve avec le mouvement pro-kurde du PKK, rompue au mois de juillet par le gouvernement islamo-conservateur. Mais la confusion règne, des affrontements éclatent entre la police et des manifestants. Une situation qui illustre les tensions parcourant la société turque, alors que des élections législatives anticipées doivent se tenir le 1er novembre dans le pays.
Vidéos à la une
Le compte à rebours est lancé en Turquie pour des élections anticipées. Depuis le dernier scrutin du 7 juin, toutes les négociations entre les dirigeants politiques ont échouées. Maintenant tout le monde attend de voir si la Turquie va se réveiller au matin du 2 novembre, avec le même parti au pouvoir, ou avec une nouvelle coalition. Les élections législatives turques de novembre 2015 font suite à l'incapacité du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 2002, mais mis en minorité au Parlement en juin 2015, de constituer un gouvernement. Entre les deux élections, plusieurs régions de Turquie ont basculé dans l'insurrection suite à la reprise du conflit kurde. Les députés siègeront dans ce qui sera la 26e législature à la Grande Assemblée nationale de Turquie. Les 550 sièges sont répartis au scrutin proportionnel de liste dans chacune des 85 circonscriptions correspondant aux 81 provinces, pour les listes qui atteignent le seuil national de 10%. L'un des acteurs les plus importants de cette élection, le chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple, Kemal Kiliçdaroglu, est avec nous. Bienvenue sur euronews. Nezahat Sevim (Euronews): Si le Parti républicain du peuple (CHP) arrive au pouvoir aux prochaines élections, comment avancerait le processus de négociation d'adhésion de la Turquie dans l'Union Européenne ? Kemal Kiliçdaroglu: Il progressera rapidement. Mais nous n'attendrons pas l'Union Européenne pour ouvrir un nouveau chapitre. Quels que soient les critères des pays membres sur ''la démocratie, le droit, l'égalité des sexes, l'indépendance de la justice, nous allons les appliquer. Nous n'allons pas attendre pour les concrétiser. Nous allons surprendre l'Union européenne qui verra que même sans l'ouverture d'un nouveau chapitre, la Turquie peut effectuer tous ces changements. Nezahat Sevim (Euronews): Le 7 Juin, les élections en Turquie n'ont pas permis la formation d'un nouveau gouvernement, malgré des pourparlers entre dirigeants, alors que votre parti est arrivé deuxième du scrutin. Quelle était la raison de tout cela? Kemal Kiliçdaroglu: Celui qui a saboté les élections, d'une certaine façon, c'est celui qui vit dans le palais, M. Erdogan. En ce qui concerne la constitution, il devait être impartial, ce qu'il a négligé. Il était présent lors de la campagne. Et il a demandé publiquement à voter pour le parti dont il est leader. Il ne voulait pas d'une coalition, il était vraiment inquiet à ce sujet. Il a dit que ce serait un suicide si son premier ministre formait une coalition. En fin de compte, un rassemblement n'a pas pu être formé, et maintenant nous nous dirigeons vers une nouvelle élection . Nezahat Sevim (Euronews): Certains sondages suggèrent que les résultats des élections ne seront pas très différents des précédentes. Il semble peu probable d'avoir un gouvernement issu d'un seul parti. Cela signifie que nous pourrions assister à de nouvelles négociations pour une coalition. Dans ce cas, que fera votre parti ? Kemal Kiliçdaroglu: Si nous devenons le premier parti et que nous sommes chargés de former un gouvernement, nous installerons définitivement une coalition. La Turquie ne peut pas attendre un autre scrutin. Les problèmes sont de plus profonds et toujours plus grands. Nous sommes déjà en contact avec tous les partis politiques au sein du parlement . Nous sommes le seul parti qui soit en contact avec tout le monde. Nous sommes en contact avec le MHP, le HDP et l'AKP aussi. Il y a deux pôles opposés dans notre parlement, le HDP et le MHP. Tous les deux étaient d'accord pour faire parti d'une coalition. Nezahat Sevim (Euronews): Depuis près de deux ans et demi il y avait un cessez-le-feu, le PKK l'a annoncé, mais depuis les élections le terrorisme a frappé à nouveau en Turquie. Il y a aussi un processus de paix en cours à propos de la question kurde, maintenant à l'arrêt. Si vous arrivez au pouvoir, que pouvez-vous promettre pour résoudre ce problème ? Kemal Kiliçdaroglu: La raison pour laquelle ce problème ne pouvait être résolu jusqu'à présent est que les politiciens n'ont pas fait leur devoir. Ils ont toujours vu cette question comme un problème de sécurité et ils ont envoyé des forces de sécurité et l'armée. Mais la solution passe par le parlement. Il devrait y avoir une commission de réconciliation au sein du parlement, un consensus doit être trouvé. Si nous pouvons mener à bien cette réconciliation, nous pouvons résoudre le problème. Si un parti peut résoudre ce problème, c'est bien le CHP. Il n'y en a aucun autre pour résoudre ce problème. Nezahat Sevim (Euronews): Mais en tant que parti de gauche, le CHP ne peut pas obtenir tous les votes qu'il faudrait, notamment des régions orientales, où vit une bonne partie de la population kurde. Que fait le CHP pour cela? Quel est le plan pour gagner le coeur des électeurs kurdes? Kemal Kiliçdaroglu : Il y a eu une polarisation pendant des années, à travers une séparation ethnique. Par conséquent, les kurdes votent pour le HDP, qu'ils appellent "notre parti". Lors d'une de nos campagnes, nous leur avons dit : 'regardez, le CHP a tout fait pour résoudre ce problème et a présenté une feuille de route . Pourquoi vous ne votez pas pour nous ?' Ils ont répondu : 'Parce que nous avons notre propre parti , nous allons voter pour lui.' Nous avons dit :' mais c'est nous qui avons trouvé une solution.' Ils ont dit 'vous êtes un parti social-démocrate. Vous avez besoin de faire cela.' Nous nous rendons bien compte de cette séparation. La Turquie se retrouvera bien plus forte, quand ce problème sera résolu . Nezahat Sevim (Euronews): A propos de trouver une solution pour la Syrie, les dirigeants du monde entier ont des désaccords entre les solutions avec ou sans Bachar al- Assad. Quelle est votre position ? Si le CHP arrive au pouvoir, que sera la politique étrangère de la Turquie sur cette question? Kemal Kiliçdaroglu: La Turquie ne devrait pas soutenir un seul côté en Syrie. Au contraire , la Turquie devrait être un acteur important pour résoudre le conflit. S'il y a des violations des droits de l'homme dans un pays, nous ferons tout pour l'empêcher. Mais est-il juste de soutenir pleinement un côté, et d'ignorer totalement l'autre côté ? Avec ou sans Assad, c'est sans importance pour nous, la paix doit revenir en Syrie. L'Etat Islamique doit définitivement se taire. Nous ne pouvons pas accepter que l'Etat Islamique s'établisse à nos frontières. Nezahat Sevim (Euronews): À votre avis, faut-il rester sur un niveau politique avec des pourparlers, ou souhaitez-vous donner votre accord pour une opération militaire ? Kemal Kiliçdaroglu: Si nécessaire, des opérations militaires doivent être sur la table. Nous avons déjà transmis nos suggestions au parlement à ce sujet. Nous avons dit que nous serions pour un projet de loi militaire contre l'Etat Islamique. Nezahat Sevim (Euronews): Parlons des réfugiés. Il y a une position adoptée par les pays d'Europe de l'ouest qui dit : 'Nous fournissons le financement, et les pays de la région prennent soin des réfugiés.' Avec près de 2 millions de réfugiés en Turquie, quelle est votre opinion ? Kemal Kiliçdaroglu: Sur ce sujet, je pense que l'ouest ne doit pas agir avec naiveté. Je dis cela en toute sincérité. Plus de deux millions de réfugiés sont venus en Turquie, et nous n'avons reçu que des applaudissements. L'Occident a compris l'importance de la tâche que la Turquie a entreprise, quand les réfugiés ont commencé à aller vers l'Ouest. Et ils disent que les réfugiés ne devraient pas arriver en Europe. Ils ont dit 'nous vous donnons l'argent, ils restent en Turquie'. Nous ne l'acceptons pas. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Terminer rapidement le conflit syrien, réparer les villes détruites, et laisser les Syriens retourner dans leur pays. Nezahat Sevim (Euronews): Parlons brièvement de votre projet électoral. Vous parlez de changements constitutionnels, en relevant le seuil des 10 % aux élections. Quels sont vos projets à propos de cela? Kemal Kiliçdaroglu: Nous considérons le coup d'Etat du 12 septembre comme une régression démocratique dans notre histoire. Il y a eu une répression militaire et une loi pour l'accompagner. Cette loi est toujours en vigueur jusqu'à présent. Nous voulons changer cette loi issue du coup d'Etat. La constitution, la loi électorale et les règlements internes du parlement doivent être changés. En ce moment, il y a une grande pression sur les médias en Turquie . Au lieu de changer la loi du coup d'Etat du 12 septembre, cette loi est renforcée. On le voit clairement avec ''la presse. Nezahat Sevim (Euronews): Vous êtes à Lyon pour achever votre voyage en Europe. Quelle est la promesse du CHP pour les électeurs turcs en particulier à Lyon, et en général dans toute l'Europe ? Kemal Kiliçdaroglu: Nous leur disons de voter pour le CHP, s'ils veulent la démocratie, la liberté, la justice, la liberté de la presse, l'indépendance judiciaire et l'équilibre pour leur pays, comme en France. Nezahat Sevim (Euronews): Merci à vous.
Vidéos à la une
Ahmet Hakan du quotidien Hurriyet, réputé pour son opposition à Erdogan, a été agressé mercredi soir alors qu'il se rendait chez lui. Dans le même temps, s'est ouvert jeudi le procès à huis clos de quatre anciens procureurs et d'un officier. Tous accusés d'avoir révélé des informations sur une livraison d'armes aux jihadistes syriens.
Vidéos à la une
L'AKP peine à former une coalition au point que le Premier ministre sortant Ahmet Davutoglu agite la possibilité d'élections anticipées. Le dirigeant turc a annoncé ce jeudi l'échec des négociations avec le principal parti d'opposition le CHP. L'AKP, issu de la mouvance islamiste modérée, dirige la Turquie depuis 2002, mais a perdu sa majorité lors des législatives du 7 juin. '(...) Après tant d'efforts fournis, la probabilité d'élections législatives anticipées a grandement augmentée, a déclaré le dirigeant turc. C'est peut-être même la seule solution. Nous devons régler ce problème d'ici le 23 août (...), après quoi le président devra agir'. Le leader du CHP, lui, a réagi en indiquant que c'était une erreur de voir des élections anticipées comme la seule alternative. Selon les détracteurs du président Erdogan, issu de l'AKP, la campagne militaire récente contre le PKK aurait remobilisé l'électorat nationaliste. Avec AFP et Reuters
Vidéos à la une
ANKARA - 18 fév 2015 - Claques, coups de maillet et même coups de chaise : les députés turcs n'ont montré aucune forme de retenue lors d'une bagarre généralisée qui s'est déroulée dans l'enceinte même du parlement mardi soir. Cause de ce pugilat: les tentatives de l'opposition pour retarder l'examen d'un projet de loi renforçant les pouvoirs de la police, projet qui mettrait en danger la démocratie selon les adversaires du texte. Par le passé, le parlement turc a connu semblables disputes. Mais cette fois-ci un nouveau cran dans la violence a été franchi : suite à l'altercation, quatre députés de l'opposition ont dû être hospitalisés.
Vidéos à la une
Le nouveau chef de l'État a prêté serment ce jeudi puis a décerné à son prédécesseur Abdullah Gül une médaille d'honneur pour services distingués. Il a annoncé que l'accession de la Turquie à l'Union européenne, le processus de paix avec les Kurdes et les réformes démocratiques seraient des priorités. Les fonctions du président turc sont, pour l'heure, protocolaires, mais Erdogan a bien l'intention de changer la donne. Elu le 10 août dès le premier tour de l'élection présidentielle alors qu'il était Premier ministre depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan entame un mandat de cinq ans. Il est le 12e président de la République de Turquie. Le principal parti d'opposition, le CHP lui reproche d'avoir violé la constitution en restant Premier ministre après son élection. Des élus du CHP ont d'ailleurs quitté bruyamment l'hémicycle avant la prestation de serment. L'un d'eux a même lancé en direction du président du Parlement le règlement intérieur de l'institution. L'opposition dénonce une dérive autocratique du régime. Avec AFP et Reuters
Vidéos à la une
Melis Ozoglu, euronews : 'Nous retrouvons notre correspondant Bora Bayraktar qui se trouve à Ankara pour cette journée historique. Recep Tayyip Erdogan, qui est le premier président de l'histoire de la Turquie élu au suffrage universel direct, a donc officiellement pris ses fonctions après avoir prêté serment au parlement. Quelles sont vos impressions ?' Bora Bayraktar, correspondant d'euronews en Turquie : ''Nous nous trouvons devant le palais Cankaya, la présidence a été confiée à Recep Tayyip Erdogan, qui comme vous l'avez rappelé, a été pour la première fois, directement élu par les citoyens douzième président de la République de Turquie. À la cérémonie de prestation de serment, il a été félicité non seulement par le président du parlement, mais il y a également eu une cérémonie militaire puisqu'il est désormais le commandant-en-chef des forces armées turques. Il y a eu un léger problème lors de la cérémonie : les membres des partis d'opposition étaient initialement présents, mais ils ont quitté la cérémonie à cause d'un différend procédural. La cérémonie s'est néanmoins poursuivie et Erdogan est officiellement devenu président.' euronews : 'Le président Erdogan va confier au chef du parti AKP Ahmet Davutoglu la tâche de former le nouveau gouvernement. Deux portefeuilles attirent l'attention : l'Économie et les Affaires étrangères. Est-ce que des noms circulent pour occuper ces postes ?' B. Bayraktar : 'Melis, tout d'abord, en ce qui concerne le ministère de l'Économie, il y a un consensus pour dire qu'il n'y aura pas de changement et qu'Ali Babacan restera ministre de l'Économie. On s'attend également à ce que le ministre des Finances Mehmet imsek conserve son poste. Mais bien sûr, le dernier mot reviendra à Ahmet Davutoglu, qui est passé de chef de la diplomatie à Premier ministre. Rien n'est sûr pour le ministère des Affaires étrangères. Certaines rumeurs évoquent l'actuel ministre en charge des relations avec l'Union européenne, Mevlut Cavusoglu, mais rien n'est sûr.' euronews : 'Enfin, quel avenir attend le désormais ex-président Abdullah Gül ?' B. Bayraktar : 'L'ancien président Abdullah Gül est une figure clé de l'AKP. Il en est l'un des co-fondateurs. Il a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères et ensuite, il a été président. Il n'a pas l'intention de quitter la politique. Lors de son dernier discours, il a déclaré, je cite : 'je ne rentre pas à la maison m'occuper de ma petite-fille.' Mais dans ce nouvel AKP, il n'y a pas vraiment de poste disponible pour Abdullah Gül parce qu'il n'est pas député. Il devrait probablement servir de conseiller au sein de l'AKP jusqu'aux prochaines élections législatives.'
Vidéos à la une
Qui aurait cru en 2002, lorsque son parti islamo-conservateur, l'AKP, remporta les législatives que Recep Tayyip Erdogan aurait eu un tel parcours politique? Certainement pas ses détracteurs. Le nouveau président turc a beau avoir été qualifié de 'dictateur' pendant le mouvement de contestation de juin 2013, de 'voleur' depuis sa mise en cause l'hiver dernier dans un scandale politico-financier sans précédent, il a beau avoir provoqué des protestations après les décisions de bloquer l'accès aux réseaux sociaux Twitter et YouTube, ou avoir montré avec agressivité qu'il n'aimait pas être contesté, il reste populaire et charismatique, au grand dam de l'opposition. 'Dans ce climat très polarisé, le culte d'Erdogan constitue une menace pour la démocratie et la paix sociale en Turquie', avertit le journaliste turc Kadri Gürsel. Le poste de Premier ministre a été confié à un fidèle, Ahmet Davutoglu, qui quitte son poste de ministre des Affaires étrangères et qui a annoncé que sa 'priorité' serait la réforme de la Constitution visant à renforcer les prérogatives du président. Pour mieux comprendre les messages du nouveau président Recep Tayyip Erdogan, son concept de ''nouvelle Turquie'' et son tandem avec le nouveau Premier ministre, Ahmet Davutoglu, notre correspondant en Turquie, Bora Bayraktar, a interviewé Talip Küçükcan, directeur de l'Institut de recherche du Moyen-Orient et professeur de sociologie et de religion à l'université Marmara, à Istanbul. Bora Bayraktar, euronews : Le nouveau président a prêté serment. Comment, selon vous, va-t-il diriger la Turquie ? Talip Küçükcan : Pour la première fois en Turquie, un président a été élu au suffrage universel. Pour cette raison, on peut dire que c'est le début d'une nouvelle ère. Erdogan souligne que la Turquie est dans une phase de transition depuis douze ans et il dit aussi que ce changement va continuer. Il y a un concept qu'il utilise fréquemment, c'est le concept de ''nouvelle Turquie''. On peut supposer qu'il sera actif aussi en politique étrangère. Dans son document de vision présidentielle, il y a un point qu'il soulève : celui de la justice mondiale. Durant son mandat de Premier ministre, il s'est investi sur le dossier Gaza ou sur la pauvreté en Somalie. Il va tenter d'influencer la communauté internationale, les Nations Unies, il va tenter d'atteindre son but de justice mondiale et d'égalité. Il y a certaines différences entre l'''ancienne'' et la ''nouvelle'' Turquie. Ce n'est pas seulement de la rhétorique. Dans l'ancienne Turquie, la participation politique était limitée, les droits et les libertés étaient restreints. L'ancienne Turquie était aussi politiquement instable. Des années 1990 aux années 2000, il y avait des élections tous les ans et demi. Les médias étaient monopolisés, le capital était monopolisé. La nouvelle Turquie signifie davantage de pluralité. Une Turquie où les réformes sont réalisées une par une du fait du processus d'intégration à l'Union européenne, une Turquie où l'impact de l'armée est mineur, et où la participation politique est en hausse. euronews : Ahmet Davutoglu dirige désormais le parti AKP et le pays. Quel genre de Premier ministre sera-t-il ? Talip Küçükcan : Ahmet Davutoglu est un intellectuel important. On peut considérer son mandat de Premier ministre comme la continuité des douze années de règne de l'AKP et non comme une nouvelle ère. Il va apporter plus de dynamisme, il va apporter des cadres plus jeunes au parti. Du fait de la limitation à trois mandats, de nombreux députés expérimentés ne seront plus dans le Parlement après les prochaines élections générales. Ahmet Davutoglu est conscient de cette réalité. La force intelligente de la Turquie va de pair avec la la consolidation du pays, la diminution de la polarisation et le renforcement de la démocratie. Et tout cela est lié aux relations de la Turquie avec l'Union européenne.
Vidéos à la une
En passe de devenir président de la République, Recep Tayyip Erdogan faisait le 22 juillet dernier ses adieux au parti qu'il a fondé et dirigé durant plus d'une décennie : le Parti pour la justice et le développement, mieux connu sous le nom d'AKP. 'Depuis exactement treize ans, je vous parle depuis cette tribune. Personne n'est éternel. L'important, c'est de laisser un bon souvenir derrière soi.' Erdogan n'a pas seulement l'intention de laisser un bon souvenir derrière lui, il veut aussi garder une main sur l'AKP. Fondé sur les cendres du parti de la prospérité de Necmettin Erbakan, l'AKP voit le jour le 14 août 2001 sous l'impulsion d'une jeune génération politique plus moderniste conduite par Erdogan. L'AKP se définit lui-même comme un parti populaire démocrate conservateur, respectueux des libertés et des droits fondamentaux. Un an après sa création, le parti remporte les élections législatives et deux tiers des sièges au Parlement. En 2003, Erdogan devient Premier ministre et conserve la tête du parti. Le monde découvre alors avec un mélange de curiosité et d'angoisse cette formation issue de l'islam politique qui prend les commandes d'un pays laïque. Mais l'AKP réfute cette étiquette. Aucune référence à l'Islam n'est faite dans son programme. Arrivé au pouvoir avec un discours social, il s'est, petit à petit, orienté vers des pratiques libérales, voire ultralibérales. En 2008, le parti subit un revers. Au nom des libertés fondamentales et démocratiques, il tente de faire lever l'interdiction du voile dans les universités. La Cour constitutionnelle annule cet amendement et la même année le parti frôle l'interdiction pour activités contraires à la laïcité. Cinq ans plus tard, les premières femmes voilées font leur apparition dans l'hémicycle. Pour la première fois dans l'histoire de la République laïque turque, les musulmanes sont autorisées à porter le voile au Parlement ainsi que dans les emplois publics. Des changements dénoncés par les partisans de la laïcité, comme ces étudiants qui manifestaient l'an dernier contre un projet de suppression des dortoirs mixtes dans les universités d'État. D'autres mesures, comme le renforcement du contrôle de l'État sur Internet, font grincer des dents, et pas seulement à l'extérieur du parti... Ces dernières années, les relations se sont tendues entre le Premier ministre et le président Abdullah Gül, co-fondateur de l'AKP, qui dénonce, à demi-mots, la dérive autoritaire d'Erdogan. Libéré de ses fonctions, Abdullah Gül va revenir à l'AKP et on pourrait bien assister à une lutte de pouvoir entre ces deux hommes.
Vidéos à la une
L'homme fort de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a officiellement désigné le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoglu comme le futur chef du gouvernement. Erdogan, qui occupe actuellement cette fonction, a été élu président le 10 août dernier. Il prendra ses fonctions la semaine prochaine. C'est alors qu'Ahmet Davutoglu lui succédera formellement, après avoir été confirmé également au poste de secrétaire général du parti au pouvoir l'AKP. 'Je pense que notre candidat à la présidence du parti et au poste de Premier ministre réalisera les idéaux de la 'nouvelle Turquie' et les objectifs de l'AKP pour 2023', a notamment déclaré Recep Tayyip Erdogan. A 55 ans, l'actuel chef de la diplomatie est un fidèle du futur président. Il travaille à ses côtés depuis son arrivée au pouvoir il y a 11 ans. D'abord conseiller, il a pris en 2009 le portefeuille des Affaires étrangères. Il a lui-même résumé son ambitieuse politique dans la formule 'zéro problème avec les voisins'. Raillant ses récents échecs, l'oppostion la rebaptisera 'zéro relation avec les voisins'.
Vidéos à la une
En Turquie, quatre jours après sa victoire à la présidentielle, Recep Tayyip Erdogan s'est exprimé devant les cadres de son parti de la justice et du développement (AKP), à Ankara. Il a redit son intention de renforcer le rôle du président, ce qui suppose une modification de la constitution. Erdogan a pour cela besoin d'une majorité des deux tiers au parlement. D'où son appel à la mobilisation en vue des législatives prévues l'an prochain. 'Les élections présidentielles peuvent être perçues comme le 'top-départ' pour les élections de 2015, a-t-il dit. Notre objectif est d'obtenir la majorité nécessaire et suffisante pour adopter une nouvelle constitution'. Recep Tayyip Erdogan sera officiellement investi le 28 août. La veille, son parti aura désigné un candidat pour être Premier ministre, le poste étant désormais vacant. Beaucoup d'observateurs pensent que l'AKP choisira un fidèle d'Erdogan, qui mettra en oeuvre les orientations politiques qui seront décidées par la présidence.
Vidéos à la une
Il a réussi son pari : devenir le premier président turc élu au suffrage universel direct. Depuis 11 ans, Recepp Tayyip Erdogan domine la scène politique de la Turquie. Premier ministre autoritaire et tout-puissant, il a transformé la société turque et les piliers de la république laïque fondée en 1923. En un peu plus d'une décennie de croissance, il a fait de la Turquie une puissance économique régionale de premier plan. Toujours populaire malgré les critiques et les scandales, il est parvenu à mobiliser au delà de ses troupes. Une victoire qu'il revendique par ses ouvertures : c'est sous son mandat que s'engage le processus de paix avec la rebellion kurde. Paradoxalement, le triomphe du Premier ministre sortant intervient au terme d'une année politique très difficile pour son camp. En juin 2013, des millions de Turcs descendent dans la rue et dénoncent sa dérive autoritaire et islamiste. La sévère répression de cette révolte met sérieusement à mal l'image du régime. L'hiver dernier, c'est un scandale de corruption sans précédent qui éclabousse le pouvoir. Le leader de l'AKP dénonce un 'complot' de son ex-allié islamiste Fethullah Gülen, avant de purger la police et de museler les réseaux sociaux et la justice. Aujourd'hui, ses adversaires craignent un règne sans partage sur le pays et une dérive autoritaire à la faveur d'un changement de la Constitution. Que va-t-il se passer maintenant pour l'AKP et l'opposition turque ? Réponses avec l'écrivain et directeur de l'institut de sondages turc Konda, Bekir Agirdir. Nezahat Sevim, euronews Avec ce résultat, l'AKP salue son propre dirigeant et fondateur qui accède au palais présidentiel de Çankaya. Comment cela va-t-il affecter l'AKP et ses militants ? Qui ou quelle genre de personnalité peut être le prochain leader du parti de la majorité et le prochain Premier ministre ? Bekir Agirdir, directeur de l'institut de sondages Konda Il y a trois questions et trois réponses paradoxales pour l'AKP. Il faut un Premier ministre et un chef de parti qui soient en accord avec M. Erdogan. La seconde condition est que cette personne soit capable de conserver les 45-50% d'intention de vote que possède actuellement l'AKP. De cette façon, le parti sera en position de force pour exiger un changement constitutionnel après juin 2015, une changement réclamé par M. Erdogan. Mais la première et la deuxième exigence sont en contradiction entre elles. Et puis il y a une troisième exigence qui est aussi un paradoxe pour l'AKP : les nombreux problèmes de la Turquie en matière de politique étrangère. Un changement de direction est nécessaire dans ce domaine. Alors quand vous prenez en compte ces trois exigences, les noms qui reviennent sont Ali Babacan, Binali Yildirim ou Ahmet Davutoglu . Bien sûr, il peut y avoir un candidat surprise. Nezahat Sevim Vous avez affirmé dans le passé qu'avec un résultat de 40% pour hsanoglu, l'opposition n'aurait pas pu se remettre en question, alors qu'avec 35%, le CHP ( Parti républicain du peuple-NDLR) et le MHP (Parti d'action nationaliste, NDLR) auraient dû opérer un changement. Avec 38% des suffrages, hsanoglu's se situe au milieu : comment cela peut-il affecter l'opposition ? Et le vote pour Demirtas's, quel impact peut-il avoir sur la politique kurde ? Bekir Agirdir Ce résultat clé de 38% avantage les deux leaders de l'opposition. En tenant compte des discours prononcés par les deux dirigeants, comme celui du MHP, il est probable qu'ils continuent dans la même direction sans ressentir le besoin de changer. Mais il existe des divisions en interne au sein de ces deux partis. Les déclarations du candidat kurde Demirtas's sur la démocratie, les droits de l'homme, que lui-même a défini comme un appel à 'un nouveau style de vie', à une 'démocratie radical', ont aussi obtenu un soutien de la part des Turcs qui ressentent le besoin de l'écouter. Je suppose que le soutien du parti kurde HDP aux élections de juin 2015 va être plus important qu'aujourd'hui. Tous ceux en Turquie qui se sentent traités de manière injuste, réclament la démocratie et la liberté. Ils pourraient rejoindre le HDP. Nezahat Sevim Parlons des discussions concernant le système présidentiel. Etant donné les intentions d'Erdogan sur le nouveau rôle du président en Turquie, à quel genre de changement radicale ou systématique peut-on s'attendre ? Bekir Agirdir L'AKP après Erdogan pourrait ne pas être en mesure de faire des changements constitutionnels radicaux comme passer au système présidentiel. Un compromis serait nécessaire avec les autres partis. On peut s'attendre à quelques changements après juin 2015. Mais je ne sais pas exactement si ce sera nécessairement un passage au système présidentiel ou un changement plus global, ou encore des changements profonds au niveau des droits et des libertés. On ne peut pas le savoir aujourd'hui car les différents acteurs politiques doivent trouver un compromis.
Vidéos à la une
Recep Tayyip Erdogan a entamé ce lundi les consultations en vue d'assurer sa succession au poste de Premier ministre, un poste qu'il libère en devenant lui-même président. Beaucoup d'observateurs pensent que l'AKP, parti majoritaire au parlement, va désigner un fidèle d'Erdogan, qui mettra en oeuvre les orientations politiques qui seront décidées par la présidence. En tout cas, Recep Tayyip Erdogan a promis qu'il serait le président de tous les Turcs. Il l'a dit dans son discours dans la nuit, à ses partisans réunis devant le siège du parti AKP à Ankara. 'Aujourd'hui (dimanche), c'est la volonté nationale qui l'a emporté, c'est la démocratie qui l'a, une nouvelle fois, emporté. Ceux qui n'ont pas voté pour moi ont gagné autant que ceux qui ont voté pour moi.' Recep Tayyip Erdogan a été élu dès le premier tour en obtenant près de 52% des suffrages. Il prêtera serment le 28 août. Voilà plus de 10 ans qu'il occupe le devant de la scène politique. Et il ne semble pas avoir trop souffert de l'usure du pouvoir. Ses détracteurs l'accusent de dérive autoritaire. Ses partisans, eux, mettent en avant les progrès économiques accomplis ces dernières années.
Vidéos à la une
En Turquie, les réactions au lendemain des élections municipales qui ont vu la victoire de l’AKP, le parti de Recep Tayyip Erdogan. Le Premier ministre affirme avoir obtenu près de 45% des...

Pages

Publicité