The day after

C'est simple. Soit les marchés, qui ont subitement changé d'avis, ont tort et le Brexit l'emporte et on entrera dans des semaines d'agitation. Soit ils ont raison et demain on reparlera des sujets habituels, l'économie américaine, la hausse des taux aux États- Unis, la montée du populisme en Europe, l'économie chinoise et les élections américaines.

LE MYSTÈRE DES MARCHÉS

Après tant d'années sur les marchés, je cherche encore à comprendre comment ils fonctionnent et je n'y parviens toujours pas. Pourquoi a-t-on eu ce vent de panique soudain il y a 10 jours sur la crainte du Brexit, et pourquoi depuis le début de la semaine le camp du IN est donné largement gagnant et les investisseurs sont redevenus euphoriques ? Mystère. C'est ce qui rend les marchés si passionnants.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

La livre sterling est au plus haut depuis deux semaines ce matin à 1.48 dollar, l'euro flambe, les indices européens ont continué leur progression : les investisseurs ont déjà les résultats du referendum ou ils prennent leur souhait pour une réalité.

J'AIME BIEN

la réponse de Drahi dans les Échos quand on le compare à Jean Marie Messier du fait de sa vision d'intégration du contenu aux "tuyaux" : "La différence entre Messier et moi, c'est que je n'ai jamais été un grand serviteur de l’État. Je n'ai pas été parachuté à la tête d'une grande compagnie publique et je tiens 65% de mon capital là où il détenait 0.0001%". Tout est dit.

RICHE COMME ROTHSCHILD ?

Intéressants les résultats de la banque d'affaires Rothschild & Cie. Revenus de 1.59 milliard d'euros en hausse de 13% avec un carton pour le conseil aux entreprises, 1.04 milliard d'euros. Résultat d'exploitation en hausse de 20% à 319 millions d'euros. Et actifs sous gestion de 50.2 milliards d'euros. Tout va bien pour eux, merci.

VOUS AVEZ AIMÉ LE SCANDALE PETROBAS ?

vous adorerez la saison 2 : "Zelotes" du nom du deuxième scandale au Brésil. Un scandale d'évasion fiscale massive de 5.5 milliards de dollars dans lequel 70 grandes entreprises sont impliquées. 70 entreprises qui auraient payé des pots-de-vin à des membres de l'administration pour qu'ils leur accordent quelques "déductions" fiscales.

ON COMPREND ENFIN

où vont les États Unis. Le FMI a sorti un rapport intéressant qui conclut sa mission annuelle d’évaluation de l’économie américaine. Pour le FMI les États-Unis vont bien. Et parler de récession, alors que le pays connaît une croissance supérieure à 2% et que 2.4 millions d’emplois ont été créés, est soit absurde soit très très prématuré. Le FMI prévoit certes un ralentissement de la croissance mais elle sera tout de même de 2.2% en 2016. Mais ce qui est intéressant c’est que le FMI a identifié les 4 menaces qui pèsent sur la croissance. Tout d’abord la baisse structurelle du taux de participation, c’est-à-dire la part de la population qui travaille ou qui cherche un emploi. La baisse de la productivité et ça il faudra qu’on en reparle car c’est peut-être le sujet de la décennie, le creusement des inégalités de revenus, et la partie croissante de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté.

LE DOLLAR EST TROP CHER

Le FMI a même donné une indication surprenante sur le dollar. Pour le FMI, le dollar est surévalué de 10 à 20%, rien que ça. Une surévaluation qui s’accroîtrait encore si le Brexit passait ce jeudi. Je trouve ce rapport passionnant car le FMI se mouille, prend parti. Il dénonce l’écrasement de la classe moyenne américaine dont la part est au plus bas depuis trente ans, il met en lumière l’impact dévastateur de la démographie sur la croissance et son verdict est sans appel : les États-Unis sont eu aussi entrés dans le monde de la croissance molle.

LE TTSO DE LA SEMAINE :

"Le problème avec cette élection US". Trump vous consterne/effraie, mais vous ne parvenez toujours pas à aimer Hillary Clinton ? On est comme vous, et nous (= vous + nous) sommes comme les Ricains. Associated Press publie aujourd'hui les graphiques des courbes d'impopularité des front runners à la présidentielle US pour tous les candidats depuis 1992 (Bush père vs. Clinton). C'est assez frappant : Trump (score de défiance à 63%) ET Hillary Clinton (55%) sont... plus impopulaires (jusqu'à 40 points plus impopulaires) que chacun des vainqueurs des primaires au même moment de la compétition (en juin, 5 mois avant le vote). Ça ne rassure pas, mais ça explique... N'oubliez pas de vous abonner à TTSO, l'excellente newsletter du soir. C'est simple et c'est ici.

ON S'EN FOUT ?

Les trois entreprises françaises qui ont la meilleure image en France sont Michelin, Yves Rocher et Citroën, Trump est passé à la vitesse supérieure et accuse Clinton d'être corrompue, la commission d'investiture des Républicains a désigné Balkany comme candidat aux législatives (!!!!!!!!), les maraîchers français lancent une croisade contre les tomates sans goût, c'est la dernière du Petit Journal ce jeudi soir, l'ENA est en déficit et les subventions versées par l’État ne suffisent plus (tant mieux, qu'ils ferment).

VALLS VICTIME DU SYNDROME FILLON

Malgré son air déterminé et ses discours belliqueux, Valls aboie mais ne mord pas. Il doit avaler, jour après jour, comme Fillon avec Sarko, des couleuvres de plus en plus grosses. Et mercredi, celle de la manifestation était tout simplement énorme. S'il reste malgré tout à son poste, il sera définitivement Fillonnisé.

VOILÀ C'EST TOUTBONNE JOURNÉEMAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 23/06/2016.