Rentabilité et indépendance du web : l'impossible équilibre ?

Faux commentaires, publicité déguisée, sponsoring … Les accusations pleuvent sur AlloCiné, acteur historique liant web et cinéma. Mais ces pratiques sont finalement banales sur le Web, et suscitent le ras-le-bol des internautes.

L’affaire Aladin, un bel exemple

C’est en octobre 2015 qu’Allociné est victime d’un premier bad buzz. Le site est accusé d’avoir fait la promotion du film d’Arthur Benzaquen, Les nouvelles aventures d’Aladin. Le tout contre une rémunération avantageuse. Cette pratique va à l’encontre de l’esprit originel du site : des commentaires libres, des critiques non censurées et issues uniquement des internautes.

Dès sa sortie, Aladin essuie les foudres de la critique. Les spectateurs sont déçus, et la presse descend le scénario en flèche. Mais sur Allociné, les commentaires positifs fleurissent.

Certains ont franchement un côté marketing : "DVD à acheter et film à revoir plusieurs fois !". Et les notes attribuées par les abonnés du site sont étrangement bonnes. Le film récolte toujours 5 étoiles, soit la note maximum. Mais les internautes ne sont pas dupes : ils contestent la véracité des commentaires, et le site L’avenir.net y consacre sa Une. Les réseaux sociaux relayent aussi l’information.

Le site est, à l’heure actuelle, toujours sous le feu des critiques. Alors, info ou intox ? Vrai ou faux avis ? Dans tous les cas, AlloCiné sert un peu de bouc émissaire : il n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Les internautes s’énervent, le web s’entête

La pratique de faux commentaires n’est pas récente. Elle existe depuis plusieurs années sur TripAdvisor ou Amazon. Cette méthode publicitaire n’est ni nouvelle ni légalement réprimée.

De nombreux acteurs du web y ont recours, même si cela devient de plus en plus difficile à mettre en place. Pas facile quand la Toile vous surveille !

Le buzz autour d’AlloCiné a eu le mérite de mettre en lumière des pratiques qui déplaisent aux internautes. Ces derniers s’insurgent contre ce type de contenus, et développent des stratégies d’évitement. L’utilisation généralisée d’Adblock, qui bloque les bannières et autres pop-ups invasifs, dérange les régies publicitaires. Les forums regorgent de solutions pour éviter la publicité ciblée, en supprimant ses cookies et son historique de navigation.

Sur les réseaux sociaux, Twitter se moque des infos inutiles à visée commerciale sur le compte "Un clic de moins". Ou comment ne plus enrichir un site sans en avoir conscience. La grogne des internautes prend de l’ampleur. Cumulée aux scandales du moment, elle amorcera peut-être une remise en question au sein des directions web.

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