Le come-back de l'euro

En quelques mois quel changement spectaculaire de perception des marchés sur l’euro. En début d’année, rappelez-vous, la parité avec le dollar, un dollar qui devait être boosté par les projets de relance Trump et les hausses de taux par la FED, était une certitude pour la plupart des prévisionnistes.

LA HAUSSE DE L'EURO

Et voilà ce matin l’euro au dessus des 1.13 dollars, en hausse de 1.3% rien que sur la journée d’hier. Et c’est vrai contre toutes les monnaies, il a progressé de 1.8% mardi contre le yen et 0.8% contre la livre sterling. Un retournement total lié au changement de perception sur l’Europe. Changement de perception sur le risque politique bien sûr mais changement de perception aussi sur les perspectives économiques.

DRAGHI POSITIF SUR L'ÉCONOMIE EUROPÉENNE

Mario Draghi a d’ailleurs confirmé mardi sa confiance dans l’économie européenne Et c’est un tournant. Jusqu’à présent, il reconnaissait seulement du bout des lèvres que l’économie européenne allait mieux mais mettait en avant tous les risques potentiels qui pesaient sur la reprise. Des risques qui justifiaient d’ailleurs sa volonté de continuer à mener une politique monétaire ultra laxiste. Au grand dam des allemands. Mardi, il a changé de discours. Il a admis que la reprise était là et qu’elle était solide, il a même évoqué le terme magique pour les marchés de "reflation". Il n’en fallait pas plus pour emballer le marché des changes.

UNE CONVERGENCE ALLEMAGNE-FRANCE-BCE

Des marchés qui jouent maintenant un tournant aussi dans la politique monétaire européenne. On ne parle pas encore de hausse de taux comme aux États-Unis mais de réduction des injections massives de liquidités. Et ça évidemment c’est très favorable à l’euro. Mais au-delà de ce discours, ce que saluent les investisseurs c’est le fait qu’on s’achemine vers une politique de relance européenne impulsée par l’Allemagne. Pour l’Allemagne, il fallait deux conditions : la première, que ses partenaires et notamment la France mettent en œuvre les réformes structurelles nécessaires. La seconde, que la Banque Centrale Européenne infléchisse sa politique monétaire, extrêmement impopulaire notamment auprès des épargnants allemands. Et il semble que ces deux conditions peuvent être réunies. Fascinant ce changement de perception sur l’euro et l’Europe en quelques mois.

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

L'Europe s'est enfin réveillée. Un peu tard certes car la guerre de la techno est perdue. La domination des groupes américains est tellement écrasante qu'elle est irréversible. Mais Bruxelles a tout de même dégainé son record d'amende contre Google. 2.42 milliards d'euros. Pour abus de position dominante sur les comparateurs de prix. Une petite consolation: le cours de Google a, un peu, baissé sur la nouvelle.

LE MOT DU JOUR

Destitution. Après les menaces qui pèsent sur Trump, c'est au tour du président brésilien Michel Temer. Il devrait être mis en examen pour corruption. On lui reproche d'avoir touché des pots de vin de plus de 10 millions d'euros...

NOUVELLE CYBERATTAQUE

Nouvelles demandes de rançons en bitcoins après l'attaque de virus informatiques. Des "ransonware" avec des grands groupes touchés comme WPP, Rosneft, Merck ou encore Saint Gobain et Auchan. Plus de 2000 victimes. Pas rassurant tout ça.

LES BANQUES METTENT LA MAIN SUR LES FINTECHS

Après le rachat de Compte Nickel par la BNP, de Dalenys (ex Rentabiliweb) par Natixis, BFM Business évoque le rachat possible de Kisskissbankbank, le site de crowdfunding par la Banque Postale. Les Fintechs ne feront donc pas "sauter la banque".

DU COTÉ DES MARCHÉS

Au delà de la hausse de l'euro contre toutes les monnaies, ce qui a marqué la journée c'est la baisse des indices boursiers américains, plus forte baisse depuis 6 semaines. 0.81% de baisse sur le S&P et surtout 1.7% sur le Nasdaq au plus bas depuis le 19 mai. La volatilité a, un peu, rebondi. Et ce matin les marchés asiatiques et européens ont suivi ce décrochage, limité pour l'instant. L'or a légèrement rebondi à 1251 dollars et le pétrole reste bas à 44 dollars sur le crude US.

COMMENT OBTENIR UN BON POSTE EN POLITIQUE ?

Il suffit finalement de se présenter. À une primaire. N'importe laquelle. De gauche ou de droite. Et de faire un score pourri. Et ensuite de changer de camp. Bruno Le Maire avec ses 2.4% est devenu ministre des Finances. François de Rugy avec ses 3.81% est devenu président de l'Assemblée nationale. C'est simple non ?

LA FUITE DU JOUR

9 milliards d'euros. C'est le montant du dérapage du déficit public qui devrait être publié demain par la Cour des comptes. Soit 3.2% du PIB contre 2.8% prévus.

DE PLUS EN PLUS GROS

Selon une étude PWC reprise par Les Echos, les 100 premières capitalisations boursières dans le monde ont atteint un record de 17.500 milliards de dollars, deux fois plus qu'en 2009. Les États-Unis, avec la tech et la finance, dominent largement le classement avec 55 sociétés sur 100.

ON S'EN FOUT

Marc Zuckerberg annonce que Facebook a dépassé les 2 milliards d'utilisateurs soit l'équivalent de la population cumulée des États-Unis, du Mexique, du Japon et de la Chine ; Le comité d'éthique est favorable à la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules sans "stérilité pathologique" ; Pauvre Valls, le voilà maintenant député apparenté au groupe LREM pour éviter d'être "non inscrit"; Il y avait 21.000 centenaires en France en 2016 ; Certaines mairies commencent à proposer des mariages nocturnes ; Le m2 a progressé de 5% en un an à Paris avec un prix moyen de 8500e/m2, Lyon est derrière avec 3815e/m2.

VOILA C'EST TOUT. BONNE JOURNEE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 28/07/2017.