Le Brexit a vraiment commencé

Réunion de la banque d’Angleterre ce jeudi : et cette réunion se déroule à un tournant pour la Grande-Bretagne. Après le référendum sur le Brexit, nous étions tous convaincus que la Grande-Bretagne allait entrer immédiatement dans une spirale négative avec un arrêt brutal de la croissance économique, voire une récession à court terme. Il n’en a rien été.

UNE VIGUEUR SURPRENANTE

Et nous avons tous été surpris au contraire par la vigueur d'une économie britannique qui a affiché une des plus fortes croissances des pays développés avec un niveau de confiance des ménages et des entreprises qui semblait inébranlable. Mais on a le sentiment depuis quelques semaines que le vent tourne.

LE VENT TOURNE EN GRANDE-BRETAGNE

Qu'est-ce qui a changé ? La croissance a marqué le pas au premier trimestre à 0.3% seulement. La chute brutale de la Livre britannique a provoqué une hausse des prix, qui a entamé le pouvoir d'achat et donc la consommation et la confiance des ménages. D'autre part l'environnement actuel, tant les élections législatives anticipées que la tournure qu'ont pris les négociations avec l'union européenne n'est pas propice à l'investissement. Tout ça ne poussera sûrement pas la Banque d'Angleterre à remonter les taux ou à mener une politique monétaire plus restrictive.

LE BREXIT A COMMENCÉ

Est-ce qu'on peut dire que le Brexit a commencé ? Oui. On s'est trompés sur le timing probablement. Ce n'est pas la date du référendum mais le déclenchement du compte à rebours des deux ans de négociation sur le Brexit qui marque le début du doute. Rappelons tout de même que la situation économique britannique part d'un niveau relativement élevé tant en terme de croissance qu'en terme surtout d'emploi avec un chômage au plus bas depuis 12 ans et une situation de plein-emploi. Ne les enterrons donc pas trop vite. Mais on peut penser qu'ils vont entrer dans une zone de turbulence dont on ne peut prévoir ni la durée ni l'ampleur. Le processus du Brexit a officiellement démarré pour l'économie.

SCANDALE À LA MAISON BLANCHE

Le renvoi du patron du FBI par Trump provoque une crise à Washington. James Comey était en charge de l'enquête sur l'interférence de la Russie dans les élections américaines et il a été viré alors qu'il allait demander plus de moyens pour accélérer l'enquête. Les démocrates hurlent et parlent d'un nouveau Watergate. Trump lui envoie des tweets assassins et ne pense qu'à se rapprocher encore plus de la Russie.

DRAGHI SUR LE GRILL

Le patron de la Banque centrale européenne a passé un sale quart d'heure hier. Il était confronté à des députés hollandais pour le moins hostiles à sa politique laxiste, l'accusant de favoriser les pays les plus paresseux aux dépens des pays les plus vertueux. Il s'est, ce qui lui arrive rarement, vraiment énervé et s'est fendu d'une déclaration sans appel : "The euro is irrevocable. This is the treaty. I will not speculate on something that has no basis". Voilà. C'est dit.

LE SDF DU JOUR

Pauvre Manuel Valls. En Marche ne veut toujours pas de lui. Et on attend la publication aujourd'hui des investitures de la majorité présidentielle pour savoir s'il bénéficiera d'un traitement de faveur.

PENDANT CE TEMPS

tout le monde se fâche avec tout le monde. Le PS veut exclure Valls. Un nouveau "mouvement" a été créé par Hidalgo, Taubira et Aubry (quel magnifique trio...),il s'appelle "Dès demain", les Républicains vont exclure ceux qui se présenteront avec l'investiture En Marche et Mélenchon a retrouvé son vrai visage et insulte ses alliés communistes, décide de présenter ses propres candidats dans toutes les circonscriptions et se présentera à Marseille.. Quant au FN, le départ de Marion Maréchal le Pen amplifie le chaos provoqué par le score considéré comme décevant (moi je le trouve tout de même beaucoup trop élevé) du FN. Macron a réussi à mettre un vrai bordel dans la vie politique française. On se croirait dans l'album d'Astérix : "La Zizanie".

BUY EUROPEAN ACT

C'est la nouvelle idée de Macron : un Buy European Act, la préférence pour les entreprises européennes pour les commandes publiques. L'équivalent du Buy American Act qui date de 1933 et est toujours en vigueur. Mais l'Union européenne tente de tempérer ses ardeurs de peur des représailles. Courage fuyons.

LE TTSO DE LA SEMAINE : le bol (2)

On vous en parlait mercredi, la baraka de Macron est quand même dingue. Aujourd'hui le Canard révèle que l'imminence des législatives allemandes (24/09) force Merkel (CDU, droite) et les sociaux-démocrates à draguer le nouveau PR français (dont chacun voudrait obtenir le soutien) comme jamais auparavant. Acte 1 : dimanche, Sigmar Gabriel (Min Aff. Etr.),social-démocrate, appelle à soutenir la France en desserrant la sacro-sainte discipline budgétaire allemande. Énorme ! Du coup Macron en a profité pour essayer d'obtenir de Merkel la création d'un fonds franco-allemand qui investirait dans le numérique et les infrastructures. Si ça marche, ça serait un geste pro-croissance jusqu'alors inenvisageable de la part des Allemands. Kolossal ! N'oubliez pas de vous abonner à l'excellente newsletter du soir de TTSO. C'est très simple et c'est ici.

ON S'EN FOUT ?

À partir de 2018, le festival de Cannes ne pourra pas sélectionner des films de Netflix; Hollande va récupérer sa DS5 présidentielle, il aura droit aussi à de beaux bureaux au 242 rue de Rivoli et, pendant 5 ans, à 9 personnes à son service dont maître d'hôtel, cuisinier, chauffeur et gardes du corps (moi aussi je veux être ancien président de la République !); Les Français consultent en moyenne 9 applis par jour et 30 par mois ; Patrick Cohen quitte France Inter pour Europe 1 ; On se tape ce soir le troisième documentaire en trois jours sur Macron, sur la 2 cette fois : à quand une série quotidienne sur la 3 pour remplacer Plus belle la vie ?; L'action Snap a chuté de 25% après l'annonce de résultats décevants.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 11/05/2017.