La révolution saoudienne

Véritable tournant en Arabie saoudite. Un tournant qui nous concerne tous car il aura un impact sur le marché du pétrole mais également un impact géopolitique majeur. L’Arabie Saoudite est en pleine mutation. Les signes de cette mutation se multiplient.

L' APRÈS PÉTROLE

L’Arabie saoudite organise dès aujourd’hui l’après pétrole. De l’introduction en Bourse de l’Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, qui sera, de loin la première capitalisation boursière, confiée à la banque américaine JP Morgan. Au premier emprunt bancaire international depuis 25 ans. 10 milliards empruntés à 5 ans pour financer le tout nouveau déficit public de 20%.

UN NOUVEAU DIRIGEANT

Et derrière tous ces changements il y a un homme. À la tête de l’Arabie saoudite, il y a le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud. 80 ans. Mais il prépare déjà sa succession et confie de plus en plus les rênes du pouvoir à son fils et dauphin de 30 ans, le prince Mohammed Bin Salman. Il est chargé des réformes économiques et va publier le 25 avril un programme qui s’appelle "vision pour l’Arabie saoudite". C’est lui qui est derrière la guerre au Yémen mais aussi derrière l’introduction de l’Aramco. Pour lui, si l’Arabie saoudite continue à dépendre uniquement du pétrole, elle est condamnée. C’est un changement de génération au pouvoir pour un changement de modèle.

LE PÉTROLE NE COMPTE PLUS

Et le prince serait le responsable de l’échec du sommet de Doha sur le pétrole. Tous les récits convergent. Il a fait capoter le deal à Doha alors qu’il n’était même pas présent. Il a appelé le vieux et célèbre ministre du Pétrole Ali Al Naimi, à 3 heures, dimanche, en plein sommet pour lui dire qu’il ne pouvait pas avoir de deal si l’Iran ne signait pas, ce qui était impossible puisque l’Iran n’était pas à Doha. Il n’a pas peur de faire encore baisser le cours du pétrole tant que cela permet de mettre l’ennemi héréditaire, l’Iran sous pression. Alors qu’Obama débarque à Ryad où il sera fraîchement accueilli, la nouvelle génération montante prend le pouvoir et attend déjà le ou la prochain(e) président(e) américain(e).

LA BATAILLE DE NEW YORK

Victoire écrasante de Clinton et de Trump, avec pour chacun , près de 60% des voix. Pour les démocrates, Clinton est maintenant sûre de l'emporter. Trump, lui, se bat toujours pour atteindre la majorité des délégués à la Convention sans laquelle il n'est pas assuré d'être nommé.

GATTAZ SOUS PRESSION

Le divorce est de plus en plus prononcé entre Pierre Gattaz et la base du MEDEF. Les adhérents se radicalisent de plus en plus devant l'incompétence et l'inaction du gouvernement et ne veulent plus négocier ni transiger. Gattaz a dû céder à sa base, et menacer de quitter les négociations sur l'allocation chômage si la loi El Khomri, ou ce qu'il en reste, n'est pas modifiée. Valls a déjà dit non. Il était temps que Gattaz se réveille un peu.

QUI DIT MIEUX ?

À Lille, un homme de 30 ans sous l'emprise du LSD a frappé sa compagne, puis s'est sectionné le sexe avec un couteau avant de se défenestrer. La drogue c'est quand même super dangereux.

LA TÉLÉ C'EST POUR LES VIEUX

L'enquête du Parisien est sans appel : ce sont les seniors qui regardent la télé. L'âge moyen des spectateurs est passé de 46.9 ans en 2005 à 50.7 ans en 2015. 68 ans en moyenne devant C'est dans l'air, 57 ans devant Money Drop, 51 ans devant Plus belle la vie, et 61 ans devant Le Plus Grand Cabaret du monde. Heureusement il y a Hanouna et son TPMP, 36 ans en moyenne, les Anges de la téléréalité, programme culturel exceptionnel, 31 ans, et The Voice, 45 ans.

PETIT TRIMESTRE POUR LES BANQUES AMÉRICAINES

Si même les revenus trimestriels de Goldman Sachs diminuent, où va-t-on? 5 des 6 grandes banques US ont publié des résultats trimestriels en nette baisse. 40% de baisse pour Goldman, 21% pour Morgan Stanley. En cause la chute de la spéculation et la baisse des opérations financières du fait d'un marché agité. Ne vous inquiétez pas, les bonus des dirigeants ne sont pas loin de leurs records.

LE PLEIN EMPLOI

Aux États-Unis, il y a surchauffe dans un grand nombre de secteurs. Avec un chômage en baisse et un vieillissement de la population, les offres d'emplois non satisfaites explosent et pourraient provoquer, enfin, une vraie hausse des salaires. Le cercle vertueux. Briser le chômage même par des emplois "low cost" et remonter les salaires quand le chômage est résorbé. Du bon sens.

L’ABSENTÉISME, LE MAL FRANÇAIS

Le Figaro publie aujourd'hui une étude explosive sur l'absentéisme dans les hôpitaux. Dans 22 établissements, un record de 30 jours d'arrêts maladie par an est atteint. La moyenne pour l'ensemble des établissements est à ...23 jours ! J'adore ce commentaire du Figaro : "Ce phénomène inquiétant est souvent lié à la culture locale, comme en Corse". Il fallait oser.

L'HISTOIRE SANS FIN

Cela fait des semaines qu'on négocie encore et toujours un n-ième package d'aide à la Grèce. Avec toujours le même scénario éculé : claquements de portes, menaces de faillite, opposition des Allemands, chantage du FMI, plaintes des Grecs. Mais le FMI a raison. Tous ces deals ne servent à rien. Le bilan des réformes est médiocre et la Grèce ne s'en sort pas. Si on la garde dans la zone Euro, la seule solution est d'annuler une grosse partie de sa dette. Ce n'est pas joyeux mais c'est la seule solution.

VOILÀ C'EST TOUTBONNE JOURNÉEMAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 20/04/2016.

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