La fin de l'alignement des planètes ?

En 2015, la planète économique a été bénie des dieux économiques : forte baisse du pétrole, taux au plus bas historique, et dévaluation de l’euro, ont apporté un ballon d’oxygène à une zone euro qui en avait bien besoin. Mais alors que la France commence tout juste à en profiter, avec un train de retard par rapport à ses voisins, voilà que les doutes sur la santé de la reprise économique ressurgissent de part et d’autre de l'Atlantique.

EN ORDRE DISPERSÉ

L’économie de la zone euro repart, mais elle est inégale en fonction des pays. En France et en Italie par exemple, la reprise manque de tonus. Certes une croissance hexagonale de 0,5% au premier trimestre confirme l’embellie, mais elle ne suffira pas pour atteindre les 3% d’objectif de déficit public selon la Commission européenne. En Espagne, le taux de chômage reste à un niveau dramatiquement élevé (18%) de la population active. Du côté des bons élèves, l’Irlande impressionne avec une croissance qui devrait frôler les 5% en 2016, après un bond de 7,8% en 2015.

LE VERRE À MOITIÉ VIDE

Non, ça ne va pas forcément mieux pour la Commission européenne qui évoque des "risques élevés" planant sur la reprise du vieux continent : tensions géopolitiques, Grèce, risque de dérapage budgétaire, Brexit, les raisons de s’inquiéter ne manquent pas.

LA SAGA DE L’ÉTÉ

La Grèce fait son grand retour sur le devant de la scène. On ne connaît que trop bien la chanson. En juillet, la Grèce devra honorer une créance de 3,5 milliards d’euros au FMI et à la BCE… Si Athènes n’obtient pas le déblocage d’une nouvelle tranche, elle risque tout simplement le défaut.

L’OMBRE DU BREXIT

La menace d’un Brexit plane au-dessus de la zone euro. Alors que les sondages indiquent que les deux camps sont au coude-à-coude, le risque d’une sortie de la Grande-Bretagne est pris au sérieux par la Commission européenne. Or personne ne peut dire quelles seraient les conséquences économiques d’une sortie de la Grande-Bretagne sur l’économie européenne dans son ensemble.

LE COME-BACK DE L’EURO

Rien ne semble pouvoir arrêter la progression de l’euro, qui vient de remonter au-dessus des 1,15 face au dollar. Mais de fait, c’est surtout le billet vert qui n’en finit pas de chuter. Le coup de frein de la croissance au premier trimestre et les indicateurs peu encourageants sur l’industrie font craindre un essoufflement de la croissance. De quoi remettre en cause le plan initial de la présidente de la Fed, Janet Yellen, qui serait bien incapable de remonter ses taux d’intérêt.

NOËL AVANT L’HEURE

Pour les ménages les plus modestes. À un an des élections, et alors que sa popularité est au plus bas dans les sondages, Hollande soigne son fonds de commerce. Après l'annonce des augmentations de salaire pour les fonctionnaires, et une prime pour les enseignants de 800 euros, le chef de l’État a confirmé qu’il envisageait un nouvel allègement de la fiscalité pour les ménages les plus modestes à partir de 2017. Et ce alors même que seulement 46% des ménages payent l’impôt sur le revenu. Un geste fiscal qui reste conditionné au retour de la croissance, or l’embellie économique survenue au premier trimestre reste bien fragile.

HISTORIQUE

Le coût du crédit immobilier vient de tomber à un plancher historique : 1,81% seulement, du jamais vu depuis plus de 70 ans ! Les Français peuvent dire merci à la politique très accommodante de la Banque centrale européenne. De quoi faire des renégociations de crédit un sport national, selon les experts avec près de 130 milliards de crédits renégociés depuis 2013… autant que sur les 25 dernières années.

DÉFAITE CUISANTE

Pour Ted Cruz qui jette l’éponge. Dans l’Indiana, Trump a remporté 53% des voix républicaines contre le sénateur du Texas (37%). Les républicains ne sont pas parvenus à stopper la machine Trump. Le milliardaire que l’on prenait pour un clown sera donc seul en piste pour affronter Clinton.

RECTIFICATIF

Isabelle Kocher, qui va remplacer Gérard Mestrallet à la tête d'ENGIE, a été présentée par tous les médias, nous compris, comme la première femme PDG du CAC 40. Heureusement que les lecteurs de MonFinancier veillent et nous ont assaillis de messages pour rétablir la vérité : La première femme à diriger un groupe du CAC 40 est Sophie Bellon, présidente de Sodexo, qui fait partie du CAC 40 depuis le 21 mars dernier. Bravo à elle, et bravo à Isabelle. Plus que 18 postes et on a la parité.

VOILÀ C'EST TOUTBONNE JOURNÉEMAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 04/05/2016.

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