La dépendance malsaine aux banques centrales

Réunion de la Banque centrale européenne très attendue ce jeudi : ce qui se joue en ce moment va au-delà de la BCE et de Mario Draghi. C’est le pouvoir même des banques centrales qui est en jeu. Cela fait des années que les banques centrales alimentent la hausse des marchés à défaut d’alimenter la reprise de la croissance ou de l’inflation.

LA PEUR DU FLOP

Et cela fait maintenant quelques semaines que les marchés eux-mêmes doutent de l’efficacité des politiques des banques centrales. On n’attend pas tant aujourd’hui les mesures, tellement exceptionnelles qu’elles deviennent habituelles, que va annoncer Draghi que la réaction des marchés après ces annonces. Ses précédentes annonces ont fait un flop, et on se souvient également du flop massif de la Banque centrale japonaise après la mise en place de taux négatifs. Est-ce qu’il peut surprendre quand même ? Peut-être. Sur les taux eux-mêmes il a peu de marge de manœuvre car la polémique enfle de plus en plus sur les taux négatifs.

L'EFFET DÉVASTATEUR DES TAUX NÉGATIFS

On s’est enfin aperçu que les taux négatifs ce n’était pas normal et surtout que leur effet à long terme pouvait être destructeur. Des grands patrons de banques commerciales européennes ont déclaré depuis quelques jours qu’ils ne pourraient pas supporter longtemps les taux négatifs. Pour l’instant ces taux négatifs ne peuvent pas être répercutés aux dépôts des clients mais cette situation est intenable. Et la profitabilité des banques et donc la survie de leur modèle est en péril.

L'ABSENCE DE RÉFORMES

Et toujours pas suffisamment de relais de la part des politiques économiques de certains pays et c’est le problème majeur. Les banques centrales ont mis en place des politiques dites non conventionnelles. Des mesures d’urgence destinées à accompagner des politiques de réformes structurelles. Des mesures d’urgence, donc des mesures à court terme. Si certains pays, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne, ont profité de cette manne pour se réinventer, d’autres comme la France n’ont absolument rien fait. Et les mesures d’urgence sont devenues une habitude. Et une habitude malsaine. Il faut arrêter d’attendre que les banques centrales fassent des miracles et prendre en main nos destins économiques.

PUISQU'ON PARLE DE RÉFORME

N'écoutant que son courage légendaire, Hollande va chercher encore une fois la voie du "compromis" et nous concocter une sous-réforme qui ne changera pas grand chose. La journée d'hier a permis de se rendre compte du fait que, entre la grève des cheminots privilégiés et les manifestations des syndicats qui se battent pour leur survie, ce pays est bloqué. Tant qu'un politique n'aura pas le courage de faire sauter tous ces verrous archaïques, nous ne pourrons pas avancer.

ALLEZ LÂCHE TOI !

Sarko commence à se lâcher un peu. Il a annoncé qu'il voulait supprimer 300 à 350 000 fonctionnaires et économiser 7 milliards. Mais ce n'est pas suffisant. Loin de là. Je voterai pour le candidat qui alignera le statut des fonctionnaires sur le statut du privé.

LES LICENCIEMENTS DANS LA BANQUE

vont s'accélérer. Compte tenu de la chute prévisible de leur rentabilité et l'évolution de la distribution financière vers un modèle omnicanal, les banques n'ont plus le choix : elles doivent accélérer leurs fermetures d'agences. La Société Générale a annoncé qu'elle allait supprimer 550 postes dans son réseau et ce n'est qu'un début.

LE BUDGET DE TRUMP

Le Parisien publie ce jeudi matin le budget de campagne, à aujourd'hui, des différents candidats et les chiffres sont frappants. Trump est le candidat qui a le moins dépensé d'argent. 27 millions de dollars seulement contre 188 millions pour Clinton, 96 millions pour Bernie Sanders ou 104 millions pour Ted Cruz. Il n'a pas besoin de faire de pub : chacune de ses déclarations, surtout les plus ravageuses, est reprise par tous les médias.

J'AI LU

Le dernier Pierre Lemaître, Goncourt 2013 avec le gigantesque Au revoir là-haut. "Trois jours et une vie". Bien mais pas exceptionnel. Lisez plutôt, si ce n'est pas déjà fait, un de ses premiers polars "Alex", un sommet du genre. C'est bon de se prendre pour Bernard Pivot quand on est inculte.

LE TTSO DE LA SEMAINE : début du scénario cauchemar ?

Selon Le Canard du jour, le "cauchemar" de Valls & Hollande est une "jonction entre le mouvement syndical et celui de la jeunesse", unis contre la loi El Khomri, "une fronde qui gagnerait toute la gauche" et déciderait/obligerait le PM à partir, ce qui, selon un ministre, "mettrait François Hollande à terre". Le reste du scénario est égrainé par Cambadélis : "Hollande battu au 1er tour, puis aucun député PC/EELV et 80 députés PS maximum...… une centaine de députés FN : l'opposition à la droite, ça serait donc le FN, pas nous." Si on en juge par la mobilisation aujourd'hui, ça a l'air pas mal parti. N'oubliez pas de vous abonner à l'excellente newsletter du soir de TTSO. C'est simple et c'est ici.

ENFIN UNE BONNE NOUVELLE

L'autorité de la concurrence propose de permettre aux candidats de s'inscrire directement au permis sans passer par l'auto-école. Comme, par exemple, en Grande-Bretagne.. Vive la concurrence.

VOILÀ C'EST TOUTBONNE JOURNÉEMAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 10/03/2016.

Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité