La bourse loves Trump

La hausse des indices boursiers s'est accélérée mercredi. Les indices boursiers américains ont inscrit de nouveaux records, mais ça devient une habitude, avec un Dow Jones au dessus des 21 000 points et un S&P aux portes des 2 400 mais tous les pays ont suivi. Mention spéciale pour le CAC qui a progressé de 2.10% et l'indice Européen, l'EuroStoxx 50, plus 2.13 %. Deux explications à cette hausse : Trump et la reflation.

LA REFLATION

C’est ce mot qui explique en grande partie la nouvelle poussée d’optimisme et la nouvelle accélération des indices boursiers. Nous sommes dans un scénario qu’une large majorité des investisseurs considère comme idéal : la croissance repart dans tous les pays, et avec l’accélération de la croissance, on a une reprise de l’inflation. Aux États-Unis bien sûr. Mais même en Europe. Pour la première fois, tous les pays de l’Union européenne affichent un taux de croissance positive et un taux d’inflation positif. Le marché salue un double évènement : la sortie de la crise économique mondiale et la sortie de la déflation, une déflation qui, il y a encore quelques mois, était le sujet d’angoisse principal.

LE RÊVE DES 2 % DEVIENT UNE RÉALITÉ

Et on reparle des objectifs d’inflation de 2 % fixés par les banques centrales. Quel que soit le pays, les banques centrales ont fixé depuis des décennies le chiffre de 2 % d’inflation comme le chiffre magique. Ne me demandez pas pourquoi c’est 2 % plutôt que 1.5, 1.8 ou 2.5. Mais c’est pour les banques centrales le niveau optimal, le niveau rêvé d’inflation. Un rêve qui semblait inatteignable depuis la crise de 2008. Et voilà qu’on y arrive. Aux États-Unis bien sûr. Mais hier on a appris que cet objectif a même été dépassé en Allemagne avec une inflation à 2.2 %. La reflation est en marche.

LES REFLATION TRADES

Et quelles conséquences pour les marchés ? Ce qu’on voit se produire chaque jour. Les reflation trades. C’est-à-dire les prises de position sur les marchés pour jouer l’impact de la reflation. Mercredi par exemple, ce sont les actions des banques qui se sont envolées et ont entraîné les indices boursiers vers des nouveaux records. Acheter des actions bancaires c’est un reflation trade car on pense qu’avec la hausse de l’inflation, on a la hausse des taux et donc une meilleure rentabilité pour les banques. Hier les taux d’intérêt à long terme ont progressé, surtout aux États-Unis. Là encore se mettre à la hausse des taux d’intérêt, c’est un reflation trade. Et je pourrais vous donner des dizaines d’autres exemples. Les marchés parient sur le reflation, ils ne craignent plus la déflation et ils n’ont pas peur non plus d’un dérapage à la hausse de l’inflation. Voilà pourquoi ils sont euphoriques.

L'AUTRE RAISON DE LA HAUSSE : TRUMP

Fascinant de voir les commentaires de la presse et des spécialistes après le discours de Trump devant le Congrès. Tout le monde souligne le fait qu'il n'ait donné aucune des indications précises sur son programme économique qu'on attendait mais le simple fait qu'il ait fait un discours "normal", sans attaques partisanes, sans insultes et sans dérapages est considéré comme un évènement positif majeur qui compense l'argent la vacuité de son message. Les marchés veulent un président normal...

QUE DIRE DE PLUS SUR LA FOLLE JOURNÉE FILLON ?

Tout a été dit, redit, discuté dans les chaumières et dans les dîners en ville hier. Une simple constatation : les électeurs de la droite Républicaine sont totalement perdus et voient une victoire qui semblait acquise se transformer en déroute humiliante. À quand le prochain rebondissement de House of Naze ?

L'INTRODUCTION DU JOUR

Snapchat rentre en Bourse. Et ce n'est pas une introduction en Bourse comme les autres. Snapchat, c'est un phénomène générationnel. Une société qui n'a pas trouvé son business model et qui ne fait pas de bénéfices mais qui séduit les millenials. D'un point de vue technique, ce qui est intéressant dans cette intro, c'est que les actions que détiendront les personnes qui vont souscrire seront des actions SANS droit de vote. Étonnant quand on prône l'économie de partage, l'économie collaborative. On est loin de l'image Woodstock affichée.

LIVE TO RIDE, RIDE TO LIVE

ou quand Trump parle d'Harley Davidson. Donald Trump a expliqué que les motos Harley subissaient des droits de douane allant jusqu'à 100% comme en Inde ou en Indonésie et que c'était inacceptable. La défense des bikers s'organise.

LE TTSO DU JOUR : "C'est un peu évident, mais…"

... personne ne leur demande. Pour l'un, on se focalise sur le programme/absence de, pour l'autre, sur la sortie de l'euro… mais jamais on ne pose à Macron ou à MLP la seule question qui vaille : "Le jour où vous êtes élu/e, avec quelle majorité gouvernez-vous ?" Dans La Tribune aujourd'hui, la politologue Virginie Martin rappelle une évidence : une élection présidentielle complète, c'est 4 tours (n'oublions pas les 2 tours de législatives)... … or ni En Marche, ni le FN n'auront la majorité (288 députés), du coup c'est quoi leur plan ? Au moins aussi intéressant que leur avis sur l'indépendance des fonctionnaires ou les crimes de la colonisation.

JE NE SUIS PAS SEUL

Selon le CSA, 70 % des jeunes de 18 à 24 ans ont une bonne image de l'Allemagne, 13 % une très bonne image. 53 % des français "aiment" l'Allemagne, à 90 % pour sa réussite économique.

LA CLAQUE DU JOUR

Que vont devenir les "travailleurs" européens qui sont installés en Grande-Bretagne après le Brexit ? Theresa May a compris hier qu'elle devait donner une réponse précise à cette question car la House Of Lords (équivalent du Sénat) a fait passer hier un amendement pour que les 3 millions d'Européens de Grande-Bretagne aient la garantie de pouvoir rester post-Brexit. Ce qui n'est pas du tout du tout du goût du camp Brexit. Elle va donc devoir revoir sa copie et vite si elle veut tenir sa deadline du 31 mars pour activer l'article 50.

ON S'EN FOUT ?

On va tous enfin avoir une piscine digne de ce nom, le Four Seasons George V va investir 35 millions d'euros pour une piscine de 17 m, il était temps (Challenges) ; les militants de LR ne distribuent plus de tracts, les tracts s'entassent, ils arrivent juste à en liquider une petite partie en les mettant dans des boîtes à lettres, à l'ancienne... ; des anciens du groupe d'audit Arthur Andersen qui avait été broyé dans l'affaire Enron il y a 15 ans ont repris la marque et la relance, comme dans la mode... ; nous n'aurons pas le plaisir de voir Dupont-Aignan lors du premier débat présidentiel sur TF1, le CSA l'a débouté, il se plaignait du fait que le débat était réservé aux 5 plus gros candidats.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 02/03/2017.

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