La deuxième fois aura été la bonne ! Le décret visant a réduire les salaires de François Hollande et Jean-Marc Ayrault a été présenté ce jeudi matin en Conseil des ministres. Les salaires du président de la République et du Premier ministre seront donc finalement bien revus à la baisse. Tous les détails.

Si cette mesure n'est pas passée du premier coup, voici chose faite ! François Hollande et son Premier ministre Jean-Marc Ayrault vont donc voir leur salaire allégé de 30% après présentation d'un décret à cette fin en Conseil des ministres ce jeudi.

Le président s'y était engagé lors de sa campagne, et les parlementaires avaient voté dans ce sens en juillet dernier, mais le Conseil constitutionnel avait tout annulé début août. La raison ? Dans un communiqué du 9 août, le Conseil se justifie par le "principe de séparation des pouvoirs". Lorsqu'ils ont voté pour cette réduction de salaire, le Sénat et l'Assemblée nationale, représentant le législatif, auraient dépassé leurs pouvoirs, en se mêlant de l'exécutif, personnifié par le président et le gouvernement.

Pourtant pas de problème pour Sarkozy en 2007Les choses se comprennent plus facilement en imaginant la situation d'une cohabitation : que se passerait-il si une Assemblée nationale et un Sénat de gauche, par exemple, décidaient de supprimer le salaire d'un président de la République de droite ?

On peut alors s'étonner qu'en octobre 2007, lorsque Nicolas Sarkozy a décidé d'augmenter son salaire de 140%, le Conseil constitutionnel n'ait pas réagi alors que cette hausse de salaire avait été votée par les députés et les sénateurs... La raison en est toute simple : personne ne lui avait soumis ce texte de loi !

Publicité
Finalement, ce léger retard dans l'adoption de la réduction de salaire du président de la République et du Premier ministre n'aura pas de conséquence, puisque, dès le rejet par le Conseil constitutionnel en août dernier, François Hollande avait promis que la réduction serait rétroactive. Ainsi, les salaires seront allégés "à compter de son investiture et de la nomination du gouvernement", mi mai.

© KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Publicité