Si le célèbre coiffeur n'en est pas à son premier redressement fiscal, il se pourrait qu'il soit, cette fois, mis en cause pour des faits encore plus graves.

En près de quatre décennies, Franck Provost est parvenu à se constituer un empire dans le monde feutré des salons de coiffure. A la tête du groupe Provalliance – groupe qu'il a créé et qui réunit des enseignes bien connues de tous telles que les salons Franck Provost, Jean-Louis David, Maniatis ou encore Saint Algue (3 130 salons au total) – il s'est forgé une solide réputation et peut se vanter d'être devenu le leader européen du secteur de la coiffure ainsi que le numéro 2 mondial. Mais Le Point a enquêté et fait aujourd'hui des révélations.

Sous la tondeuse, un logiciel trafiqué ?

Tout commence en 2015. Cette année là, un indic se rend à l'administration fiscale parce qu'il souhaite divulguer quelques informations. Des informations qui portent sur une société d'une dizaine de personnes répondant au nom de Marlix dont la mission consiste à adresser aux entreprise (aux salons du groupe Provalliance en l'occurence) un logiciel qui donne aux dirigeants la possibilité de se connecter à leur comptabilité. Histoire de pouvoir en prendre connaissance quand bon leur semble, voire de la gérer, à distance. Jusque là tout va bien. Sauf que, révèle Le Point, la société Marlix (rachetée, depuis, par Fiducial Informatique), distribuerait un autre produit nettement plus nébuleux. Il prend la forme d'une application capable de se relier au logiciel de caisse et qui permettrait d'indiquer des montants, des pourcentages, voire des chiffres d'affaires à éluder. C'est là que le bât blesse.

Faire disparaître les recettes

Au vu des enquêtes menées par l'administration fiscale, Franck Provost ne se serait, semble-t-il, pas privé de l'utiliser. Pour deux de ses salons les plus emblématiques et prestigieux situés dans le triangle d'or parisien et à Neuilly, les chiffres d'affaires apparaitraient étonnement bas. Selon le fisc, cette rentabilité se révélerait "inexplicable" et "incohérente" et pourrait démontrer que les sociétés en question, toutes deux détenues en propre par Franck Provost, auraient tout bonnement minoré leur chiffre d'affaires.

Quelques semaines plus tard, en septembre 2015, le fisc décide de passer à l'action. De nombreux salons sont perquisitionnés partout en France. Des procédures de redressements sont ouvertes. Et le résultat tombe : plusieurs dizaines de salons sont pourvus de la fameuse application permettant de faire disparaître les recettes. A cette époque, Franck Provost s'en sort plutôt bien puisque pour son célèbre salon du triangle d'or parisien ne subit "qu'un" redressement fiscal de 270 000 euros ce, uniquement pour l'année 2012, et que le salon de Neuilly se révèle, lui, épargné.

Le pire à venir ?

Mais Le Point, dans son enquête, tient à le préciser... Le vrai danger serait en passe d'arriver. Le groupe Provalliance ainsi que la société Fiducial Informatique ne risqueraient pas uniquement de nouvelles sanctions financières. Elles se révèleraient surtout pénales. Les documents saisis au moment de l'enquête pourraient bien être transmis à la justice (si tel n'est pas déjà le cas). Le but ? Déterminer s'il est question de fautes isolées ou bien d'un processus généralisé visant à réduire de manière conséquente l'ensemble de recettes du groupe en vue d'échapper à l'impôt.

Un montant indéterminé

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De fait si, Maître Bouchez El Ghozi, l'avocat du groupe Provalliance, tient à minimiser les faits, il a cependant admis que "la création du logiciel de caisse Marlix" avait été faite "en liaison avec Provalliance", puisque "tout à fait utile aux salons de coiffure", mais que les franchisés avaient, ces dernières années, été prévenus quant à l'utilisation frauduleuse de cette application reliée au logiciel. Pour l'heure, on ignore encore l'ampleur exacte de cette fraude. Quant au gouvernement, bien conscient de ces détournements (pas moins de 17 milliards de pertes chaque année pour l'Etat), il a mis en place un certain nombre de mesures et de dispositifs pour sécuriser ces types de logiciels.

En vidéo - "J'ai atterri dans la coiffure par hasard, je me destinais à une carrière militaire" Franck Provost

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