Vous pensiez que votre facture d’électricité était déjà bien assez élevée comme cela ? Et pourtant, elle risque d’augmenter de manière significative dans les années à venir. Il y a de l’électricité dans l’air… 

Fin des tarifs réglementés, coût de la filière atomique, renforcement de la sécurité, stockage, coût de démantèlement… Certes, ces termes peuvent sembler abstraits lorsqu’ils sont énumérés ainsi. Mais croyez bien qu’ils peuvent se révéler très concrets, notamment lorsque vous recevrez vos factures EDF dans les années à venir.

A lire aussi : Electricité : ces taxes qui alourdissent votre facture

Joue-la comme Beckham

Prenons l’exemple de nos voisins d’Outre-Manche. Selon un rapport publié en juin dernier par la Cour des comptes britannique, les sujets de Sa Majesté vont prochainement être contraints de payer une note d’électricité particulièrement salée (33 milliards d’euros pour être exacte). Pour quelle raison ? Parce qu’ils vont devoir financer deux EPR (comprenez : deux European Pressurized Reactor, soit deux réacteurs nucléaires). Il faut dire que lorsque Londres a négocié en 2013 la construction de ces réacteurs avec EDF, elle avait, à l’époque, tablé sur une dépense estimée à 6,8 milliards d’euros et non évalué ladite dépense à 33 milliards ! Dommage. Seulement voilà, il semblerait que cet exemple anglais soit communicatif. Les Français devraient très prochainement en faire la même amère expérience.

Pourquoi ? Parce que jusqu’à présent, nous étions protégés grâce à la pratique de tarifs administrés. Autrement dit : l’Etat fixait arbitrairement un niveau très bas pour ce qui est du prix du kilowattheure. Ce qui se ressentait sur notre facture. Mais depuis le 19 juillet dernier, le Conseil d’Etat a estimé que les tarifs réglementés du gaz étaient contraires aux directives européennes sur l’énergie et qu’il convenait par conséquent de les abandonner. Idem pour l’électricité puisque Bruxelles est sur le point de concocter une directive visant à supprimer les prix administrés du courant.

L’énergie a un coût, mais pas celui que nous payons

En d’autres termes, nous ne payons pas le juste prix de notre énergie. Et cela dure depuis des années. Selon les derniers calculs de la Cour des comptes, la France aurait aujourd’hui 61 milliards d’euros à rembourser. Une dette qui concerne les coûts de production de notre investissement dans le nucléaire pour lequel il convient désormais de s’acquitter des arriérés. Résultat des courses : en 2014, ladite Cour estimait le coût de notre mégawattheure à 62,60 euros. Soit bien plus que les 35 euros officiels régulièrement évoqués par EDF. Sans compter que nous avons encore 34 réacteurs à entretenir et des travaux à effectuer. Et là, la facture devrait, toujours selon la Cour des comptes, atteindre 100 milliards d’euros.

Ajoutez à cela, des coûts de démantèlement (lesquels ne sont donc pas non plus pris en compte dans nos factures actuelles) dont les dépenses estimées à 350 millions d’euros par réacteur ont, semble-t-il, été minimisées d’une part ; des frais pouvant atteindre 40 milliards d’euros visant à financer Cigéo (soit le centre de stockage que prévoit de construire l’Andra, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) d’autre part. Et vous obtenez une facture salée de chez salée.

Publicité
Tout cela combiné, il se pourrait que l’impact sur le prix du kilowattheure de votre facture d’électricité affiche une hausse de 34 % (+ 5,4 centimes par Kwh). Selon Capital, trois hausses devraient, dans les années à venir, impacter nos factures. La prise en compte des coûts réels d’EDF, le coût de rénovation de nos centrales, ainsi que la prise en compte des frais de démantèlement. Et la lumière fut.

En vidéo - Facture salée pour des clients d'EDF