Des marchés financiers à l'ancienne

L’agitation continue sur les marchés : ce qui se passe sur les marchés depuis trois jours est passionnant. Et extrêmement surprenant. Surprenant parce que c’est la première fois depuis bien longtemps que les marchés réagissent normalement aux bonnes vieilles règles des marchés de l’époque des dinosaures comme moi.

 

UN ENCHAÎNEMENT LOGIQUE

Écoutez bien. On a appris mercredi soir, avec le rapport de la Banque centrale américaine, qu’on a vraiment failli avoir une hausse des taux le mois dernier et le marché en a donc déduit qu’elle serait sûrement pour le mois de décembre, une conviction qu’il avait déjà depuis quelques jours. Du coup tout s’enclenche naturellement, trop même. La perspective de hausse des taux provoque une baisse des marchés obligataires américains, une hausse donc des taux d’emprunts à long terme. Elle entraîne également une belle hausse du dollar avec un sterling qui n’en finit pas de plonger et un euro qui commence à décrocher.

OLD SCHOOL

Et, tenez-vous bien, comme au bon vieux temps, cette hausse des taux et cette hausse du dollar provoquent la baisse des indices boursiers américains qui entraînent les autres indices boursiers. Et tout ça me surprend. Ce que je viens de décrire était le fonctionnement classique des marchés à l’époque pré-banques centrales, quand il y avait la vraie loi de l’offre et de la demande et que les marchés n’étaient pas totalement étatisés et "banquescentralisés". Pour des passionnés des marchés comme moi, c’est une vraie bouffée d’oxygène de revoir cette ancienne mécanique se remettre en marche. Même si ça ne dure que quelques jours, observez-la bien. Bienvenue au musée des marchés financiers.

DE PLUS EN PLUS BAS, JUSQU’OÙ ?

Que ce soit dans les sondages, que ce soit dans sa politique ou que ce soit dans ces confidences à des journalistes, on se demande jusqu'où Hollande pourra descendre encore. Dernier livre de journalistes : "Un Président ne devrait pas dire ça", 61 rendez-vous et 8 dîners au domicile des journalistes. Sur Sarko : "après Napoléon le petit, le petit De Gaulle" "Sa grossièreté, sa méchanceté, son cynisme" ; sur le voile: "La femme voilée sera la Marianne de demain" ; sur Ségolène Royal : "Celle dont je suis le plus proche, celle qui me connaît le mieux" ; sur lui même : "Je dis toujours oui a priori, je trouve insupportable les gens qui disent non" ; sur Macron : "Emmanuel Macron, c'est moi". Il a nié ses propos sur les "sans dents"... et Valérie Trierweiller s'est précipitée pour diffuser le SMS envoyé par Hollande utilisant le terme. On touche le fond mais on peut faire encore pire.

C’ÉTAIT TROP BEAU

Les entreprises croyaient qu'elles avaient retrouvé les actions gratuites pour motiver leurs équipes. Mais l'Assemblée pourrait bloquer un des derniers vestiges de la loi Macron. Il n'y aurait plus de baisse des cotisations patronales à 20% ni d'abattement sur la plus-value dans le calcul de l'impôt. Du grand n'importe quoi, comme d'hab.

LE TTSO DE LE SEMAINE :

Non, il ne suffit pas de faire semblant. Selon une étude publiée dans la revue scientifique Archives of Sexual Behavior, au lit aussi, inutile de faire semblant : votre partenaire sait le niveau de plaisir réel que vous éprouvez ! Menées sur des couples hétéros, les recherches concluent que les femmes estiment quasi exactement le plaisir ressenti par leur camarade de jeux, les hommes étant presque aussi précis. Pourquoi "presque" ? Car les garçons ont une légère tendance à sous-estimer leur prestation. Ça aussi, ça nous a pas mal étonnés… N'oubliez pas de vous abonner à l'excellente newsletter du soir de nos amis de TTSO ; c'est très facile et c'est ici.

À LIRE

Le dossier du jour du Financial Times sur la montée du protectionnisme et le ralentissement sensible du commerce international. Champion du monde: la Chine. Elle a bloqué tous les acteurs mondiaux du digital pour permettre à ses groupes nationaux de rafler le marché. Entre les méthodes classiques de blocage (taxes, interdictions directes...) et les méthodes plus indirectes ou innovantes - Standards nationaux basés sur des critères fantaisistes, appel au nationalisme (Achetez Français, Buy America..)- la globalisation est sous pression avec un impact visible : le ralentissement de la croissance mondiale.

L'ALLEMAGNE REFERME LE ROBINET

Le projet de loi adopté hier en Allemagne est un vrai virage : il faudra dorénavant 5 ans minimum de séjour dans le pays pour qu'un ressortissant de l'UE vivant en Allemagne sans travailler aux aides sociales. Et ce n'est qu'un début...

BONNE AMBIANCE POUR LE CAPITAL INVESTISSEMENT FRANÇAIS

Selon l'AFIC, l'Association Française des Investisseurs pour la Croissance, sur les six premiers mois de l'année, ses 228 fonds membres ont investi un montant record de 5.5 milliards d'euros dans plus de 1000 entreprises. La palme aux LBO, plus de 3 milliards d'euros. Et les perspectives d'avenir sont excellentes.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

L'euro est à 1.10, la livre sterling en dessous des 1.22, le dollar continue sa hausse, les indices boursiers reglissent : le CAC a raté sa n-ième tentative de hausse au-dessus des 4500 et le S&P 500 retrouve des niveaux proches des 2110. Accalmie du côté du pétrole en dessous des 50 dollars et l'or bouge peu à 1260 dollars.

ON S'EN FOUT ?

Ce soir je serai devant ma télé pour regarder le débat des primaires à 21h ; Juppé déclare : "je garde la tête froide", ce n'est pas un scoop ; Un psychiatre a vendu pendant des années des certificats pour troubles psychiatriques à des sans-papiers pour leur permettre d'avoir un titre de séjour, 200 patients par jour à 200 euros... ; Même en chocolat on est nuls, on consomme 7.6 kg par habitant contre 11 kilos en Allemagne, 10.9 en Belgique, 10.8 en Suisse, 10 en Grande-Bretagne ; Les Européens hésitent à prendre des sanctions contre la Russie (ils attendent sûrement qu'il n'y ait plus aucun habitant à Alep) ; Toyota et Suzuki se rapprochent ; Le groupe naval militaire DNCS pourrait empêcher les chantiers STX de Saint-Nazaire de tomber dans les mains des Chinois.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

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