Alors que l’évacuation totale de la "Jungle" de Calais est en cours depuis ce lundi matin, le gouvernement souhaite à tout prix éviter des accrochages entre migrants et policiers. 

© AFP / mars 2016

L’évacuation totale de la "Jungle" de Calais, qui a eu lieu lundi dès 8 heures du matin, est forcément un moment stressant pour les quelque 6 400 migrants, mais aussi pour le gouvernement qui craint des débordements avec la police.

"On leur confirme qu'il faut se tenir prêt pour demain"

Comme le rappelle Le Huffington Post, en mars dernier, l’évacuation de la zone sud du camp avait donné lieu à des affrontements entre policiers et migrants. Afin de ne pas vivre le même scénario, des représentants de plusieurs services de l’Etat de d’associations ont distribué, dimanche, des affiches qui indiquent comment se rendre au hangar d’où partiront les premiers bus à destination des centres d’accueil et d’orientation (Cao) en France.

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Une bande dessinée, avec tout le parcours bien expliqué, a également été délivrée à chaque migrant. "On leur confirme qu'il faut se tenir prêt pour demain", a précisé Serge Szarzyncki, directeur de la cohésion sociale. En organisant des tournées d’information, l’Etat fait donc tout pour rassurer les migrants et les convaincre de partir sans altercations.

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"On le sait tout ça. Il faudra nous forcer pour partir".

"On leur explique qu'il faut qu'ils quittent Calais comme des milliers d'autres l'ont fait avant eux, et qui à 70% ont obtenu l'asile", explique Pascal Brice, directeur général de l'Ofpra (l'Office français de protection des réfugiés et apatrides), organisation qui garde un œil très vigilant sur le démantèlement.

Des démarches insuffisantes, néanmoins, pour vaincre le scepticisme de certains. "On le sait tout ça. Il faudra nous forcer pour partir. Nous, on veut aller en Grande-Bretagne. Pourquoi n'y a t-il rien de prévu pour les adultes?", lâché ainsi Karhazi, un Afghan cité par Le Huffington Post.

D'autres migrants sont plus optimistes. Comme Mohamad, un autre Afghan parti en ville. "Je veux demander l'asile, c'est pour ça que je suis venu à Calais. À Paris il faut dormir sous les ponts. Ici, il y a des associations et ça va vite pour la demande".

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