Cessez-le-feu sur le pétrole

L'Arabie saoudite et la Russie, ainsi que le Qatar et le Venezuela, ont signé mardi un accord de gel de la production. L'OPEP, du fait de l'opposition de l'Iran, n'est pas partie prenante dans cet accord. Les marchés ne considèrent pas que cet accord est un évènement majeur. Nous pensons au contraire que cet accord marque la fin de l'effondrement du pétrole.

LES MARCHÉS N'Y CROIENT PAS

Les cours du pétrole ne se sont pas envolés après l’annonce de l’accord de gel de la production. Les marchés restent prudents. Et ils ont raison. Cet accord n’est qu’un accord partiel. Il n’inclut pas des producteurs clés comme l’Iran. Et personne ne peut vraiment croire que l’Arabie saoudite et la Russie, ennemis sur le terrain, notamment en Syrie, le respectent. Le pétrole avait rebondi de plus de 10% sur l’anticipation et les rumeurs d’un accord. Mais il n’a pas bougé après l’accord. Mais cet accord est un évènement majeur. Peu importe qui fait partie de l’accord et qui le respectera. Ce qui est important c’est le signal que donne l’Arabie Saoudite. L’Arabie saoudite a déclenché cette guerre du pétrole dévastatrice tant pour les producteurs que pour les marchés financiers. L'Arabie saoudite s’est même préparée pour une guerre longue en augmentant les ressources du pays par un énorme emprunt et en réfléchissant à la privatisation de sa compagnie pétrolière nationale. Et mardi, l’Arabie saoudite a sifflé la fin de la partie.

L'ARABIE SAOUDITE A GAGNÉ

Cet accord est un tournant. L’Arabie saoudite est un peu la Banque centrale du marché du pétrole. Et pour la première fois depuis la débâcle boursière, elle est intervenue sur le marché. Pourquoi ce changement de cap ? L’Arabie saoudite avait deux objectifs. Mettre au tapis pendant quelques années l’industrie du schiste aux États-Unis. Son but est atteint. A 30 ou 35 dollars, les producteurs américains, petits et moyens, ne survivent pas. Et l’industrie dans son ensemble mettra deux ou trois ans à se remettre en se consolidant. L’autre objectif était de limiter les recettes de l’Iran qui revient sur le marché. Et là encore l’objectif est atteint. A ce cours de baril, les Iraniens ne profitent que partiellement de la levée des sanctions. C’est donc mission accomplie pour l’Arabie saoudite. Mardi, elle nous a envoyé un signal fort. Elle ne veut pas de pétrole en-dessous de 30 dollars. Et on peut imaginer qu’au dessus de 50 ou 60 dollars, elle rouvrira les vannes. On a donc les bornes de variation du pétrole pour les mois qui viennent. C’est un élément de la volatilité des marchés qui disparaît.

LA RELANCE CHINOISE

Les banques chinoises ont distribué des crédits en janvier à un rythme record. C'est la preuve que Pékin cherche à relancer l'économie avec une politique monétaire plus agressive. La Chine va tout faire pour stopper le ralentissement du pays et elle peut y parvenir.

LE COUP D’ARRÊT ?

C'est la une du Parisien qui pense que la nouvelle mise en examen mardi pose un problème pour la candidature de Sarko en 2017 et même pour sa survie politique... Même si on n'aime pas le gars, on se pose obligatoirement des questions sur cet acharnement judiciaire et sur sa capacité incroyable de résistance aux coups...

J'AVOUE

Je vais aller voir Zootopie

LA MODE

est au rachat de titres. Beaucoup d'entreprises qui ont vu leur cours s'effondrer depuis quelques semaines ont décidé de racheter leurs propres actions. A tout seigneur, tout honneur : Apple, première capitalisation mondiale, a lancé un emprunt de 12 milliards de dollars pour racheter ses titres.

LE PLAN DU JOUR

Dévoilé dans Les Echos. C'est le plan de l'AFEP, l'Association Française des entreprises privées qui regroupe les plus gros groupes Français. Pour sauver le système d'assurance chômage, l'AFEP propose une forte dégressivité des allocations chômage et un contrôle beaucoup plus sévère des chômeurs.

TOUJOURS PAS DE GOUVERNEMENT

L'Espagne n'a toujours pas de gouvernement. Le parti de Rajoy, sorti vainqueur des élections mais sans majorité, n'est pas parvenu à un accord. Et le Parti socialiste a, jusqu'au 2 mars, pour parvenir à constituer une majorité. La seule solution est une alliance avec Podemos. Les négociations vont bon train mais la pilule des exigences de Podemos est un peu grosse à avaler pour le PSOE. S'il n'y a pas d'accord d'ici au 2 mars, il y aura de nouvelles élections législatives en juin.

POUR LES NOSTALGIQUES

C'est officiel. Renault relance la marque Alpine. Ghosn a présenté le nouveau modèle qui devrait être commercialisé en 2017.

LA RUMEUR DU JOUR

L' État serait prêt à sortir de Peugeot.L'action a été secouée mardi en Bourse, perdant jusqu'à 5% avant de clôturer à l'équilibre. Rumeur crédible.

VOILA C'EST TOUTBONNE JOURNÉEMAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 17/02/2016.

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