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Les autorités iraniennes ont annoncé ce mardi avoir procédé plusieurs tirs de missiles, précisant qu'il s'agit de tests effectués au cours de manoeuvres militaires. Les Etats-Unis ont rapidement réagi pour dénoncer ces nouveaux essais de missiles. Washington dit déplorer que l'Iran n'ait pas adopté 'un comportement plus responsable' après l'accord sur le nucléaire et la levée progressive des sanctions.
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Le guide suprême iranien se félicite de la levée des sanctions. L'ayatollah Ali Khamenei s'est exprimé dans une lettre adressée au président Rohani. Il fait part de sa satisfaction tout en mettant en garde contre 'la duperie des Etats-Unis'. Le numéro un iranien a souligné par ailleurs que la levée des sanctions en soi 'n'(était) pas suffisante pour relancer l'économie et régler les problèmes des gens'. Sur le plan économique, justement, le pays prévoit de récupérer l'équivalent de 32 milliards de dollars d'avoirs qui étaient jusque-là bloqués en raison des sanctions. Le montant a été annoncé par le président de la Banque centrale, qui a précisé que sur les 32 milliards, 28 viendront s'ajouter aux avoir de la Banque centrale, et 4 milliards seront transférés au Trésor. Cet argent se trouvent actuellement dans des établissements bancaires à l'étranger. - avec AFP
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Qualifié d'historique, l'accord sur le nucléaire iranien va mettre un terme à des années de sanctions contre la République islamique, notamment toutes celles imposées par les Nations unies entre 2006 et 2010. Mais l'histoire avait commencé bien avant. En 1979, la révolution islamique est suivie quelques mois plus tard par la prise d'assaut de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. La crise des otages américains durera 444 jours et obligera alors l'administration américaine Carter à rompre toutes relations diplomatiques avec Téhéran. Très rapidement, Washington impose les premières sanctions économiques en avril 80 : gel des avoirs iraniens aux Etats-Unis, puis interdiction des échanges de biens et services avec l'Iran. Une deuxième phase se déroule en 1995. Cette fois, c'est le pétrole qui est directement visé. L'Iran a été mis sur la liste noire des pays soutenant le terrorisme, et les Etats-Unis vont plus loin en interdisant le commerce du pétrole avec l'Iran, en interdisant aux compagnies du monde entier d'investir dans l'industrie pétrolière iranienne sous peine de sanctions commerciales avec eux. L'aggravation de ces mesures aura lieu à partir de 2005, avec l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. Trois ans plus tôt, le monde a découvert l'existence d'un programme nucléaire iranien, un temps gelé, il reprendra après l'élection d'Ahmadinejad, celui-ci refusant de céder aux injonctions du conseil de sécurité de l'ONU. Entre 2006 et 2008, alors que les Etats-Unis durcissent les mesures déjà prises, c'est l'entrée en scène des résolutions de l'ONU et des restrictions commerciales imposées par l'Union européenne. L'économie iranienne commence à pâtir de ce régime de sanctions, mais le bras de fer se poursuit. En 2009, Ahmadinejad est réélu, non sans contestation. Il campe sur ses positions. Les sanctions se durcissent encore. Et cette fois, elles s'étendent aux banques et aux avoirs des membres du gouvernement. Du gel des avoirs, à de nouvelles sanctions commerciales, financières, bancaires, en passant par un embargo sur les armes et la confirmation de l'embargo sur le pétrole, tous les pans de l'économie iranienne sont alors touchés. Maintenant avec la levée des sanctions liées au programme nucléaire iranien, des responsables américains pensent que l'Iran pourrait rapidement toucher 50 milliards de dollars de ses recettes pétrolières, jusqu'ici bloqués dans des banques étrangères. Une manne qui devrait redonner du souffle à l'économie iranienne. Par contre, les Etats-Unis ont adopté de nouvelles sanctions pour protester contre le programme de missiles balistiques de l'Iran, cette fois-ci. Téhéran les a qualifiées 'd'illégitimes'. Elles concernent cinq ressortissants iraniens et un réseau d'entreprises basées aux Emirats arabes unis et en Chine, qui ont été ajoutée sur la liste noire financière américaine, selon le Trésor à Washington.
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Le président américain Barack Obama a salué ce dimanche les progrès 'historiques' que représentent la levée des sanctions pour l'Iran et l'échange de prisonniers entre Washington et Téhéran. 'La journée d'hier fera date dans les efforts pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire. L'Iran a maintenant rempli des obligations clés comprises dans l'accord nucléaire et le plus important de tout, peut-être, c'est que nous avons accompli ce progrès historique par le biais de la diplomatie, sans déclencher une nouvelle guerre au Moyen-Orient. En coulisses des négociations, nos diplomates au plus haut niveau, y compris le secrétaire d'Etat Kerry ont utilisé toutes les réunions pour pousser l'Iran à libérer nos ressortissants. Je l'ai fait moi-même dans ma conversation avec le président Rohani. Plusieurs Américains, injustement détenus par l'Iran, retournent enfin chez eux.'
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Le président iranien n'a pas caché sa joie devant les parlementaires de son pays. Samedi, l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet dernier est enfin entré en vigueur. Un accord qui entraîne une levée progressive des sanctions économiques qui frappaient Téhéran depuis dix ans et qui asphyxiait son économie. L'Iran était accusée de vouloir se doter de la bombe atomique. #IAEA Director General confirms #Iran took all steps to start the implementation of #JCPOA https://t.co/02H1NTqiQ8 pic.twitter.com/iDV2hwnWAx- IAEA (@iaeaorg) January 16, 2016 'Cet accord est une des pages d'or dans l'histoire du pays a déclaré Hassan Rouhani, aux parlementaires iraniens. Durant ces négociations nous avons réussi à faire reconnaître par les grandes puissances nos droits en matière nucléaire.' Cette levée des sanctions devrait surtout permettre au pays de récupérer plus de 26 milliards d'euros gelés depuis des années pour relancer son économie à bout se souffle. L'Iran va aussi pouvoir augmenter ses exportations de pétrole. 'Tout le monde est heureux avec cet accord, a repris le président iranien, sauf les sionistes, les bellicistes, ceux qui provoquent la division parmi des musulmans et les radicaux aux Etats-Unis.' Israël et l'Arabie Saoudite sont les deux principaux pays à s'être opposés à cet accord. Ils voient d'un très mauvais oeil le retour de Téhéran sur la scène régionale et internationale. Sans surprise, le Premier ministre israélien est resté très ferme. 'La communauté internationale doit imposer des sanctions claires et sévères contre toutes violations de l'accord contre l'Iran, a prévenu Benjamin Netanyahou. Sans nos efforts visant à empêcher le programme nucléaire iranien , l'Iran aurait pu posséder des armes nucléaires depuis longtemps. La politique israélienne était et reste la même : éviter que l'Iran ne se dote d'armes nucléaires.' Les sites stratégiques nucélaires comme celui de Bouchehr, au sud de l'Iran, resteront soumis pour de nombreuses années encore 'à une surveillance sans faille', a rappelé samedi le ministre des affaires étrangères allemand.
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Echange sans précédent de prisonniers entre les Etats-Unis et l'Iran. Trois des cinq ex-prisonniers américains retenus en Iran ont embarqué ce dimanche à Genève à bord d'un avion en direction des Etats-Unis via l'Allemagne. Une mesure qui fait suite à la levée des sanctions contre Téhéran après l'accord sur le nucléaire iranien, Le journaliste irano-américain du Washington Post Jason Rezaian, 39 ans, était emprisonné depuis 545 jours. Il a pu quitter l'Iran avec son épouse. Il était accusé d'espionnage et risquait 20 ans de prison. Post publisher on Jason Rezaian: 'This 545-day nightmare for Jason and his family is finally over.' https://t.co/KZTvXJ2qgR- Washington Post (@washingtonpost) January 17, 2016 L'ancien marine Amir Hekmati, 32 ans, était également incarcéré pour espionnage. Il avait été condamné à mort en 2012 mais sa peine avait été communée en une peine de dix années de prison. Quant au pasteur Saïd Abedini, un converti au christianisme il avait été condamné à 8 ans de prison. Pastor Saeed's release from Iranian prison happened to fall on Religious Freedom Day https://t.co/8s9IKSOwVC- Christianity Today (@CTmagazine) January 17, 2016 Deux autres prisonniers américains, dont un étudiant, ont également été relâchés. Les Etats-Unis ont de leur côté libéré sept iraniens (dont six disposant de la double nationalité) poursuivis ou déjà condamnés pour violations des sanctions internationales prononcées contre Téhéran.
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Le patron de l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, est en visite à Téhéran au lendemain de la levée des sanctions internationales contre l'Iran. Objectif : vérifier que le pays remplit bien ses obligations. Les Iraniens, de leur côté, paraissent partagés quant à l'entrée de leur pays dans cette nouvelle ère. 'L'Iran a obtenu ce qu'il voulait, peu importe si la communauté internationale a gagné plus ou moins, estime un Téhéranais. L'Iran voulait un programme nucléaire et c'est ce que l'on a. L'Iran voulait la levée des sanctions et c'est aussi ce qui s'est passé.' 'Si l'Amérique restaure les sanctions, est-ce que l'Iran peut restaurer son programme nucléaire ? s'interroge un autre habitant. Non, il ne le pourra pas. Ils ont déjà démantelé toutes les centrifugeuses. Combien d'années cela prendrait-il pour que l'Iran restaure son programme ?' A New York, les panneaux lumineux indiquent depuis samedi soir la libération des cinq prisonniers américains qui ont aussi la nationalité iranienne. Les Américains aussi sont divisés sur la mise en oeuvre de l'accord avec Téhéran. 'Je pense que c'est une bonne chose tant qu'ils se conforment à ce qu'ont demandé les Nations Unies et les Etats-Unis. Je pense que c'est bien' réagit un Américain. 'Faire confiance à l'Iran, c'est idiot, dit au contraire un autre New Yorkais. Obama pense que ça sera son héritage. Mais je pense que ce sera un héritage négatif. S'asseoir là et signer un accord avec l'Iran dénote notre fragilité alors que nous devrions nous projeter avec force. C'est un désastre total.' Voilà qui n'est pas loin de la position de la majorité républicaine au Congrès, très critique sur l'attitude de l'administration Obama face à l'Iran. Celle-ci reproche au président sa naïveté face à un Etat qu'elle considère encore souvent comme un soutien au terrorisme.
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C'est sur twitter que le président iranien a savouré la 'glorieuse victoire' de son peuple. #ImplementationDay-I thank God for this blessing & bow to the greatness of the patient nation of Iran. Congrats on this glorious victory!- Hassan Rouhani (@HassanRouhani) 16 Janvier 2016 Samedi, l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet dernier est enfin entré en 'vigueur': http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/07/14/tout-ce-que-vous-.... Un accord qui entraîne une levée progressive des sanctions économiques qui frappaient Téhéran depuis 2006. L'iran était accusée de vouloir se doter de la bombe atomique. 'Cet accord est une des pages d'or dans l'histoire du pays a déclaré Hassan Rouhani, aux parlementaires iraniens. 'Durant ces négociations nous avons réussi à faire reconnaître par les grandes puissances nos droits en matière nucléaire.' Cette levée des sanctions devrait surtout permettre au pays de récupérer plus de 26 milliards d'euros gelés depuis des années pour relancer son économie à bout se souffle. L'iran va aussi pouvoir augmenter ses exportations de pétrole. 'Tout le monde est heureux avec cet accord, a repris le président iranien, sauf les sionistes, des bellicistes, ceux qui provoquent la division parmi des Musulmans et les radicaux aux Etats-Unis.' Israël et l'Arabie Saoudite sont les deux principaux pays à s'être opposés à cet accord et voient d'un très mauvais oeil le retour de l'Iran sur la scène internationale. Mais les sites stratégiques nucélaires comme celui de Bouchehr, au sud de l'Iran, resteront soumis pour de nombreuses années encore 'à une surveillance sans faille', a rappelé samedi le ministre des affaires étrangères allemand.
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L'accord sur le nucléaire iranien bientôt sur les rails. Federica Mogherini et Mohammad Zarif sont à Vienne ce samedi pour finaliser la mise en oeuvre du texte, synonyme de levée des lourdes sanctions internationales qui frappent Téhéran depuis 10 ans. Le chef de la diplomatie iranienne en est convaincu, les sanctions seront levées dès aujourd'hui : 'C'est non seulement un jour important pour l'activité économique en Iran mais aussi pour la diplomatie. Aujourd'hui nous allons prouver au monde que les menaces, les sanctions, l'intimidation et la pression, ne fonctionnent pas.' Meeting JZarif in Vienna to finalise work for #ImplementationDay #IranDeal pic.twitter.com/CBiA2kmRaN- Federica Mogherini (FedericaMog) 16 Janvier 2016 .JohnKerry is in Vienna to consult with JZarif & FedericaMog on the Joint Comprehensive Plan of Action. #IranDeal pic.twitter.com/IZnrRkIFFa- Department of State (StateDept) 16 Janvier 2016 Pour qu'il y ait levée des sanctions, l'Agence internationale de l'énergie atomique doit formellement attester que l'Iran a bien rempli ses engagements, c'est le contenu de l'accord historique signé en juillet dernier avec les grandes puissances. Un accord destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien.
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4 Iraniens ayant la nationalité américaine libérés ce samedi lors d'une échange de prisonniers avec les Etats-Unis, c'est ce rapporte l'agence de presse iranienne Fars. Parmi eux, il y aurait le journaliste du Washington Post Jason Rezaian. Il avait été arrêté en juillet 2014 chez lui, à Téhéran, où il travaillait comme correspondant du quotidien américain depuis deux ans. Accusé d'espionnage, il avait été condamné fin 2015 à une peine de prison dont la durée n'avait jamais été annoncée publiquement. Live updates: Iran agrees to release Washington Post reporter Jason Rezaian, according to Iranian media https://t.co/6VJDIzHo3a- Washington Post (@washingtonpost) 16 Janvier 2016 Le pasteur irano-américain Saïd Abdeini ferait également partie des personnes libérées tout comme l'ex-marine Amir Hekmati et Nosratollah Kosravi.
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L'Agence internationale de l'énergie atomique a refermé hier le dossier des activités nucléaires passées de la République islamique. Les 12 résolutions sanctionnant Téhéran pour avoir tenté, selon l'Occident, de développer un programme militaire, sont caduques. L'#AIEA passe l'éponge sur d'anciennes activités nucléaires de l'#Iran https://t.co/lb52FUSmxo pic.twitter.com/iFmAPi0MdQ- L'Orient-Le Jour (@LOrientLeJour) 15 Décembre 2015 'L'Agence n'a pas d'indication crédible concernant des activités de développement d'engins explosifs nucléaires après 2009. L'Agence n'a pas non plus d'indications crédibles de la diversification du matériel nucléaire en lien avec un possible usage militaire du programme nucléaire iranien', a souligné le directeur de l'AIEA Yukiya Amano depuis le siège de l'Agence onusienne à Vienne. Agence qui a pourtant reconnu que Téhéran avait testé, le 10 octobre dernier, un missile capable d'être équipé d'une tête nucléaire, ce qui est contraire à la résolution 1929 adoptée en juin 2010, soit plus de 5 ans avant l'accord conclut entre la République islamique et 6 Grandes Puissances en juillet.
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Après s'être opposé de toutes ses forces pendant des mois à l'accord conclu entre Téhéran et les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé iranien, le Premier ministre israélien a évoqué hier à Washington et pour la première fois, la nécessité de veiller à ce que cet accord soit appliqué. 'Donc trois choses, garder l'arme sous le pied. Soutenez vos alliés et en premier, cet allié, Israël ! Et troisièmement, faire tomber ce réseau terroriste. Voilà ce que je peux dire à propos de l'Iran' affirme Benyamin Netanyahu. En visite aux Etats-Unis pour la première fois depuis la conclusion en juillet dernier de l'accord entre l'Iran et les grandes puissances, Benyamin Netanyahu tente de réchauffer ses relations avec Barack Obama après des années de net refroidissement entre la Maison Blanche et Israël sur fond de tensions multiples et intensifiées au Proche et au Moyen-Orient. Etats-Unis/Israël: Netanyahu rencontre Obama pour la première fois depuis l'accord avec l'Iran https://t.co/NLaCUohhQG daphnerousseau #AFP- Agence France-Presse (afpfr) 9 Novembre 2015 Dans le Bureau ovale, Obama et Netanyahu jouent l'apaisement https://t.co/3jkS1J57r3- RTBF info (@RTBFinfo) 10 Novembre 2015
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Hossein Alavi, euronews : Commençons par l'une des grandes préoccupations du moment, qui est également un sujet important en Iran : l'environnement. Nous savons que l'Iran est confronté à une crise de l'eau et que de nombreuses ressources environnementales sont menacées. Face à un tel danger, quels sont les projets de l'Organisation de défense de l'environnement que vous dirigez ? Masoumeh Ebtekar : Ce que vous venez de souligner est tout à fait correct. Les premières mesures, adoptées par le gouvernement du Dr Rohani, ont consisté à changer les approches des administrations, concernant la gestion et l'usage des ressources en eau. Nous prêtons aussi une attention particulière à la préservation des ressources naturelles. Si les ressources naturelles avaient été préservées, nous n'aurions probablement pas eu de telles crises comme celles qui ont frappé le Lac d'Ourmia et d'autres zones humides importantes du pays. Une approche différente a donc été adoptée par le gouvernement. Le Conseil de l'eau et le Conseil suprême de l'environnement ont travaillé sur une meilleure gestion des ressources, en tenant compte de la situation de pénurie d'eau ; ils se sont aussi penchés sur un changement des habitudes agricoles. euronews : A quel point le peuple iranien est-il conscient de ce danger ? Les médias peuvent-ils parler et écrire librement sur ces sujets pour que les gens soient informés ? Et que font exactement les experts dans ce domaine ? Masoumeh Ebtekar : Ce sont des sujets qui sont très souvent évoqués. Le public est donc informé à la fois par les médias d'État et par les médias indépendants. De nombreux débats sont menés par des experts et des scientifiques. Fort heureusement, les universités et les centres de recherche travaillent sur ces problématiques. Et nous avons très souvent invité des consultants internationaux. euronews: Parlons un peu de politique. Vous êtes connue en Iran comme étant une figure réformiste. Après l'accord sur le nucléaire, on sait que Monsieur Rohani avait besoin d'un Parlement qui soutiendrait le gouvernement. C'est la raison pour laquelle, les prochaines élections parlementaires, qui se tiendront en février, sont très importantes. Le président Rohani a souligné que le prochain Parlement ne devrait pas être constitué d'une seule faction, mais qu'il devrait être multi-factions. Mais, avec le Conseil des Gardiens qui supervise les élections, comment les attentes de Monsieur Rohani peuvent-elles se concrétiser ? Masoumeh Ebtekar : Le président a dit plusieurs fois que son gouvernement souhaitait des élections équitables et libres afin que toutes les factions politiques, tous ceux qui croient en la Constitution iranienne, qui sont intéressés par l'avenir de l'Iran, puissent participer aux futures élections parlementaires. Le gouvernement, le ministre de l'Intérieur, les gouverneurs et le Comité exécutif des élections ont tous beaucoup de responsabilités. Il y a des défis, c'est évident. Mais comme d'autres pays, nous avons des divergences de vues et le gouvernement respecte toutes les différences d'opinions. Nous voyons cela comme une opportunité absolue ; bien sûr, tout cela doit se faire dans le respect de la loi et des règlements. La loi a le dernier mot ; d'ailleurs, notre Président, lui-même, est avocat. Compte tenu de la position prise par le gouvernement, nous espérons que les élections iraniennes seront une réussite, si Dieu le veut. euronews: Madame Ebtekar, en tant que vice-présidente, vous avez été la première femme à atteindre un tel niveau politique. Mais 37 ans après la Révolution, les femmes sont finalement peu présentes à de tels niveaux de responsabilité. Pourquoi ? Peut-on espérer, qu'à l'avenir, plus de femmes participeront à la vie politique et aux prises de décisions au plus haut niveau? Masoumeh Ebtekar : Eh bien, nous avons beaucoup progressé dans beaucoup de domaines en matière de représentation des femmes au cours des 37 dernières années. Par exemple, dans le domaine de l'Éducation, la présence de femmes iraniennes à différents niveaux est plus que remarquable. En matière de participation politique, nous avons eu beaucoup de hauts et de bas, comme n'importe quel autre pays. Mais, de manière générale, ce gouvernement prête beaucoup d'attention à la question de la présence des femmes. Le Dr. Rohani compte trois femmes parmi ses vice-présidents : une vice-présidente pour les affaires juridiques, une vice-présidente en charge des femmes, et moi-même, qui travaille dans l'agence pour l'environnement. Il y a des femmes qui occupent des postes de députés adjointes et de directrices générales dans de nombreux ministères. Au sein de l'organisation de défense de l'environnement, deux de mes adjoints sont des femmes ; il y aussi beaucoup de managers femmes. Par ailleurs, il est intéressant de constater que beaucoup de femmes ont réussi au niveau rural et que beaucoup d'entre elles ont intégré les conseils ruraux. euronews: Dernière question, Madame Ebtekar. En 1979, vous êtiez parmi les étudiants les plus actifs lors de la crise des otages à l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Nous savons désormais que les Etats-Unis et l'Iran ont pris le chemin de la diplomatie et de la négociation. Quel est votre sentiment aujourd'hui ? Pensez-vous que, dans un avenir proche, nous allons assister à une amélioration des relations entre l'Iran et les Etats-Unis ? Masoumeh Ebtekar : Ce qui est arrivé en 1979 était le résultat d'une longue période d'interventions américaines en Iran. À cette époque, les étudiants étaient très inquiets qu'un évènement similaire au coup d'État de 1953 contre le gouvernement de Mohammad Mosaddegh puisse se reproduire. Ils étaient très inquiets que l'Histoire se répète et c'est probablement la raison pour laquelle ils avaient agi de la sorte afin d' empêcher que de tels évènements ne se reproduisent. Aujourd'hui, l'Iran veut ouvrir une nouvelle ère de relations avec le monde. Nous espérons fortement établir des relations logiques et justes avec tous les pays pour que nous puissions, si Dieu le veut, changer la situation et assister à des évolutions à la fois, en ce qui concerne les relations entre l'Iran et les Etats-Unis, mais aussi en ce qui concerne le rôle que l'Iran peut jouer dans toute la région.
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Washington et Riyad affichent leur bonne entente. Le roi Salmane d'Arabie Saoudite a été accueilli, de façon assez exceptionnelle, devant la porte de la Maison Blanche par Barack Obama hier pour sa première visite aux Etats-Unis. Le royaume saoudien s'inquiète de l'accord passé avec l'Iran sur son dossier nucléaire, mais après l'entretien dans le bureau ovale, le ministre saoudien des Affaires Etrangères s'est dit rassuré : 'Le royaume d'Arabie Saoudite est satisfait de ces assurances, a déclaré Adel Al-Juber, après avoir passé les deux derniers mois en consultations avec nos alliés en Europe et ailleurs concernant cet accord. Et nous pensons que cet accord va contribuer à la sécurité et la stabilité dans la région en empêchant l'Iran d'acquérir la capacité nucléaire'. L'intervention armée de l'Arabie Saoudite au Yémen contre les rebelles chiites qui y ont pris le pouvoir a aussi été abordée - elle est soutenue par Washington. Mais elle suscite la colère de ces manifestants yéménites qui ont organisé une manifestation devant la Maison Blanche.
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Aux Etats-Unis, l'accord avec l'Iran sur le nucléaire suscite un intense débat. Parmi ses ardents défenseurs, Sandy Berger, ex-conseiller à la Sécurité nationale sous la présidence Clinton. Proche de la Maison Blanche, le co-président du groupe Albright Stonebridge n'a de cesse de répéter qu'il est illusoire de penser qu'un meilleur accord était possible. Euronews l'a rencontré à Washington à l'approche du premier vote du texte au Congrès. Sandy Berger se montre optimiste quant à son parcours législatif. Will itw today ex-Nat'l Security Advisor Sandy Berger on #Iran vote in Congress. On air later euronews pic.twitter.com/RNapxN1IgN- Stefan Grobe (StefanGrobe1) 28. August 2015 Stefan Grobe, euronews : 'Au sein des pays du groupe 5+1, il n'y a qu'aux Etats-Unis où l'on assiste véritablement à un bras de fer féroce entre partisans et opposants à l'accord. Comment l'expliquez-vous ? Est-ce à cause de l'influence d'Israël ou s'agit-il simplement de la réaction réflexe d'un congrès républicain anti-Obama ?' Sandy Berger : 'Il y a certainement, pour une part, l'esprit partisan qui joue. Mais je pense qu'historiquement, nous n'avons pas la même relation avec l'Iran que l'Europe. Nous étions très proches du Shah dans les années 50 et 60 ; ensuite en 1979, il y a eu la Révolution iranienne, des Américains ont été pris en otage - ce qui a été un évènement traumatisant -. Pendant 440 jours, les Américains étaient focalisés sur le sort de leurs compatriotes dans l'ambassade. Cela a profondèment marqué les consciences américaines. Donc d'emblée, l'Iran est suspect aux yeux des Américains. Pour les Etats-Unis, l'accord a des 'avantages immédiats' Deuxième point : je crois que les choses s'expriment aussi en termes de responsabilité vis-à-vis de la stabilité de la région et des inquiétudes se font entendre à ce sujet. De plus, beaucoup de gens ici sont spécifiquement préoccupés par la sécurité d'Israël. Certains se sont demandés si cet accord n'allait pas avoir un effet particulièrement négatif sur Israël. Donc, tous ces facteurs sont mêlés.' Euronews : 'Le principal argument des opposants à l'accord, c'est que l'Iran va simplement gagner du temps - en gros, 15 ans -, tirer profit de la levée des sanctions, utiliser l'argent pour financer le terrorisme international et de toutes manières, enfreindre les termes de l'accord. C'est la raison pour laquelle certains disent qu'il faut renégocier ce texte. Que leur répondez-vous ?' Sandy Berger : 'Pour quinze ans ou plus, on va empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire. L'Iran doit d'abord respecter ses engagements avant d'obtenir toute levée de sanctions. Et donc, les avantages de cet accord pour nous sont beaucoup plus immédiats. Evidemment, l'économie iranienne sera avantagée si les sanctions sont levées, mais l'impact des sanctions lui a fait perdre jusqu'à présent, mille milliards de dollars. L'économie du pays va très, très mal. Donc est-ce qu'une partie de l'argent récupéré sera détournée pour financer d'autres activités dans la région ? Sans aucun doute et je crois que ce doit être un motif de très grande préoccupation pour nous et nos alliés.' 'Un mouvement se dessine en faveur de l'accord' Euronews : 'Le Congrès n'a pas le pouvoir d'annuler l'accord, mais il peut le remettre en cause, il peut refuser de laisser le président lever les sanctions. Pensez-vous que l'administration Obama peut s'attirer suffisamment de soutien pour empêcher le Congrès d'agir de la sorte, voire obtenir un bloc parlementaire suffisant pour se passer d'un veto présidentiel ?' Sandy Berger : 'C'est exactement là où nous en sommes aujourd'hui. Il faut 34 voix au Sénat pour contourner un véto présidentiel. Pour ne pas obliger le président à intervenir, il en faudrait 41. Je pense que l'administration Obama préfèrerait cela, mais cette hypothèse est peu vraisemblable. Je pense qu'il y a un mouvement qui se dessine en faveur de l'accord. On s'est davantage intéressé au texte et je dirais que la plupart des sénateurs et membres du Congrès ont passé beaucoup temps sur cet accord durant l'été. Je crois qu'un mouvement se dessine en faveur de l'accord. Mais je ne crois pas que quiconque à la Maison Blanche ne crie déjà victoire.' Conserver le leadership américain Euronews : 'Si le Congrès rejettait l'accord, quelles en seraient les conséquences pour l'avenir de la politique étrangère américaine ?' Sandy Berger : 'Les Etats-Unis ont été en première ligne dans ce dossier depuis le tout début. Ils ont établi au cours des trois dernières années, une coalition économique en faveur des sanctions réunissant la Chine, la Russie, l'Inde et l'Europe. Nous avons pris l'initiative dans ces négociations aux côtés de nos partenaires européens. Je crois qu'aujourd'hui, si nous devions renoncer à notre leadership, ce serait une très grave erreur pour le leadership américain, non seulement sur ce sujet, mais aussi dans d'autres dossiers. De plus, je voudrais dire une dernière chose : une fois l'accord approuvé, il devra être mis en oeuvre et je pense qu'évidemment, nous voulons aborder cette période de mise en oeuvre dans une position forte en tant qu'Américains et en tant que groupe 5+1. Mais des questions se poseront tout au long du processus. Donc nous voulons l'aborder dans une position renforcée.' Sandy Berger craint la fin de l'unité du régime de sanctions Euronews : 'En Europe, le dossier iranien donne lieu à peu de débats et les sanctions sont considérées comme un instrument diplomatique, un moyen d'atteindre un but. De nombreux Européens s'inquiètent de la férocité de la controverse aux Etats-Unis. Craignez-vous que l'unité des partenaires pro-sanctions ne vole en éclat si le Congrès rejette l'accord ?' Sandy Berger : 'Absolument. Je crois qu'il serait très difficile de maintenir l'unité du régime de sanctions si le Congrès mettait en échec cet accord. A travers le monde, les différents pays - les Européens, mais aussi d'autres - ont été favorables aux sanctions parce qu'ils y ont vu le moyen de faire venir les Iraniens à la table des discussions et de mener des négociations sérieuses sur leur programme nucléaire. Ils ont discuté, négocié sérieusement. Je pense qu'il serait extrêmement difficile de revenir vers ces pays en leur disant : 'Notre Congrès n'aime pas cet accord, donc nous devons maintenir les sanctions pendant encore six mois ou un an.' Il est très dur d'imaginer des dirigeants européens qui diraient aux patrons d'entreprise de leur pays : 'désolé, vous ne pouvez pas encore aller faire des affaires en Iran à cause de la politique américaine.' Au final, il n'y aura plus d'unité dans les sanctions.' Euronews : 'Vous venez de parler des entreprises européennes. On constate déjà une ruée des entreprises européennes vers l'Iran de la part de sociétés italiennes et allemandes par exemple. Mais on ne voit pas cela du côté des entreprises amérciaines. Pourquoi ne font-elles pas campagne pour les partisans de l'accord ?' Sandy Berger : 'Je pense que nos sanctions contre l'Iran vont bien au-delà des sanctions liées au nucléaire. Nous avons mis en place un embargo sur le commerce avec l'Iran depuis 1979 et nos inquiétudes au sujet de l'Iran ne concernent pas uniquement le programme nucléaire, mais aussi la manière dont le pays soutient le terrorisme et les activités qu'il mène dans la région pour fragiliser ses voisins. Donc notre régime de sanctions sera plus difficile à suspendre que les sanctions européennes.' L'accord réussit déjà à 'faire sortir l'arme nucléaire de l'équation' Euronews : 'Au final, si l'accord est approuvé - et il semble que ce sera le cas -, de quelle manière cela marquera-t-il le bilan de Barack Obama ?' Sandy Berger : 'Je crois que c'est un accord historique extraordinaire. On n'est pas obligé de penser que ce texte va faire évoluer l'Iran de manière fondamentale, le transformer en un voisin pacifique, faire passer ses dirigeants de 'révolutionnaires' à 'modérés': on n'est pas obligé de penser cela et de reconnaître combien cet accord est approfondi. Mais ce qu'il va réussir à faire, c'est sortir l'arme nucléaire de l'équation. Toutes les inquiétudes que nous pouvons avoir au sujet de l'Iran seront plus fortes avec un Iran nucléarisé qu'avec un Iran dénucléarisé.'
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