Vidéos A la une
Hélène Liaigre, 84 ans : 'Et bien, tout d'abord, toute la nuit, on a entendu les bombes, et puis après, on a vu tous les soldats arriver, qui nous ont donné à manger... Ils savaient, parce qu'ils nous demandaient, pour maman, du thé, des gâteaux, tout ça. Et puis, pour papa, des cigarettes. On était content, parce qu'on avait souffert pendant la guerre, ma maman avait été enfermée pendant 48 heures dans la Kommandantur à Bayeux. J'étais contente, surtout quand on a vu le Général de Gaulle sur la place du château, avec Mr. Triboulet, qui était sous-préfet à l'époque. Alors là, on a été soulagés, parce qu'avec les tickets de rationnement et tout ça, c'était plutôt dur.' Albert Liaigre, 84 ans : 'on l'a su par les Français qui nous ont dit, 'vous pouvez rentrer'. Alors, quand on est rentrés, tout était cassé, les fenêtres, les carreaux et tout, et puis il y avaient des moustiques, parce qu'ils y avaient beaucoup de morts partout, des bêtes et tout, c'était effrayant. Il y avaient des mines posées partout. D'ailleurs, il y eut beaucoup de gens qui ont été tués, qui ont sauté sur les mines, des mines qui étaient piégées. Nous, on n'est pas morts, parce que ça ne devait pas arriver à ce moment-là. On a eu de la chance dans notre malheur.' Jeannette Ratel, 89 ans : 'Je savais que les Anglais allaient débarquer - où, exactement, je ne savais pas - parce que ma maman avait deux soeurs, qui après la Guerre de 1914, avait épousé l'une, un Ecossais et l'autre, un Anglais, et c'est elle qui a écrit à ma mère, plusieurs mois après, disant que Percy - c'était le nom de mon oncle - allait débarquer... enfin... qu'il allait 'déménager', donc on savait, c'était un code. Et le lendemain matin, nous sommes allés dans la Grande rue, et nous avons aperçu les Anglais qui arrivaient. Alors là, c'était la liesse, on a dit :'ça y est, les voilà, les voilà!' Alors tous les drapeaux sont sortis sur les fenêtres, et tout d'un coup, on entend : 'Les Allemands reviennent', tous les drapeaux sont rerentrés, c'était vraiment spectaculaire, et puis, ma foi non, c'était pas vrai, et alors là ç'a été vraiment la joie. Les parents, qui étaient très anglophiles, ont débouché une bouteille, bien sûr!' Guy Ratel, 87 ans : 'nous, on leur criait 'bravo!', 'ça a été très gentil', j'avais 16, 17 ans. On leur a réclamé une cigarette par exemple. Eux, avaient le grand plaisir de nous offrir des bouts de chocolat...Moi, j'ai été ramasser des gens qui étaient morts, j'ai vu des Allemands, même, morts, tués, autour de nous!' Jeannette Ratel : 'Cela nous a suivi toute notre vie, ça oui.' Guy Ratel : 'C'est ce qui nous reste en tête, maintenant, moi j'y pense tout le temps, tout le temps, à ça...'
Vidéos A la une
6h30, ce vendredi matin sur la plage d'Omaha Beach. 70 ans plus tard, la démarche est moins alerte, les cheveux ont blanchi, mais les souvenirs, eux, sont intacts. Les vétérans de la 29e division américaine d'Infanterie n'ont rien oublié de ce 6 juin 1944 au matin, du bain de sang qui se déroulait sous leurs yeux et auquel ils tentaient d'échapper. Il y a soixante dix ans, à 6h35 précisément, 90% des troupes de la première vague périssaient sur le sable normand. Les civils à l'honneur au Mémorial de Caen Le président français a donné le coup d'envoi des cérémonies de commémorations en rendant hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la liberté, à commencer par les 87 résistants fusillés par la Gestapo à Caen à l'aube du débarquement. Sur l'esplanade du Mémorial de Caen, François Hollande a tenu, ensuite, à honorer la mémoire des 20 000 civils morts en Normandie durant l'été 1944 : des anonymes qui ont fait ce qu'ils pouvaient pour aider les alliés. 'Je veux insister sur la solidarité qui fut celle des Normands dans cette épreuve. Il n'a pas manqué un fermier pour ouvrir sa grange à des malheureux qui cherchaient un abri, un marchand pour ouvrir sa boutique pour fournir encore ce qu'il lui restait de vivres, un entrepreneur pour ouvrir son atelier le temps que le déluge passe, un curé pour ouvrir son église pour une protection qui parfois pouvait être une malédiction quand un obus frappait', a déclaré le président français. Deux standing ovations pour les vétérans au cimetière américain de Colleville-sur-Mer Puis, François Hollande s'est rendu au cimetière américain de Colleville-sur-Mer où il a été accueilli par Barack Obama. 9387 soldats américains y sont enterrés, tous morts pendant la bataille de Normandie, sans compter les 1500 militaires supplémentaires disparus sous le feu allemand. 'Si le monde vous rend cynique, si vous doutez que le courage et la bonté existent encore, arrêtez vous et pensez à ces hommes', a déclaré Barack Obama. 'Wilson, Harry et Rock, ils sont ici aujourd'hui et je sais que nous les avons déjà chaleureusement applaudis... Mais tous les vétérans du D-Day et vous tous, levez-vous si vous le pouvez, sinon levez la main, honorons le service qu'ils nous ont rendus encore une fois', a dit Barack Obama, haranguant la foule. 'Ils ont livré bataille pour que nous connaissions la paix, ils se sont sacrifié pour que nous soyons libres, ils se sont battus dans l'espoir d'un jour où nous n'aurions plus besoin de nous battre', a conclut le président américain. A l'issue de ce vibrant hommage, marqué par deux standing ovations pour les vétérans, les deux présidents se sont recueillis face à la plage d'Omaha Beach, en contre-bas du cimetière, où 3000 hommes ont perdu la vie le 6 juin 1944 dans les rangs américains. Les forces du Commonwealth remerciées à Bayeux Au même instant, le Premier ministre français Manuel Valls accueillait son homologue britannique, David Cameron, et son épouse, ainsi que le Prince Charles, accompagné de Camilla, à la cathédrale de Bayeux. Bayeux fut la première ville continentale libérée, dès le 7 juin, par les troupes de la 50ème division britannique. Une cérémonie a ensuite été célébrée au cimetière militaire britannique en hommage aux soldats du Commonwealth, en présence de la reine d'Angleterre. Élisabeth II s'est adressée aux anciens combattants : des Britanniques mais aussi des Australiens, des Canadiens ou des Néo-Zélandais. La reine a souligné 'l'immense et héroïque effort' et les 'incroyables sacrifices' des vétérans du Débarquement.
Vidéos A la une
Pour évoquer l'atmosphère autour des cérémonies de commémoration du Débarquement, Olivier Péguy s'est entretenu avec Laurence Alexandrowicz, l'envoyée spéciale d'euronews à Ouistreham (Calvados). Olivier Péguy, euronews : La Normandie semble s'être mise aux couleurs du Débarquement. Qu'en est-il vraiment ? Laurence Alexandrowicz, euronews : Un petit peu partout sur les maisons, sur les mairies, on trouve des drapeaux américains, britanniques, canadiens selon les endroits où les Alliés ont débarqué sur les plages. Il y a également des affiches avec cette phrase : 'on a tous 70 ans'. On a rencontré une touriste américaine qui nous disait que vraiment dans son coeur, elle se sentait très proche de cette phrase 'on a tous 70 ans'. Les musées sont pleins, il y a énormément de touristes. Les restaurants, les hôtels affichent complets depuis des mois. Par ailleurs, depuis quelques jours, on peut voir dans les rues, sur toutes les routes de Normandie, des véhicules militaires de l'époque : des jeeps, avec à l'intérieur des conducteurs habillés en costumes d'époque. Ce sont des collectionneurs du monde entier, venus de France, de Belgique où ils sont très nombreux, d'Angleterre également. Il y a même des Russes qui sont venus en jeep de Moscou. Olivier Péguy : Il y aussi de nombreux vétérans : des Américains, des Britanniques, des Canadiens. Ils ont tous plus de 80 ans. Qu'est ce que ça leur fait à ces vétérans d'être là ? Laurence Alexandrowicz : Cette cérémonie est exceptionnelle parce que c'est sans doute la dernière fois pour beaucoup d'entre eux qu'ils pourront venir participer à un anniversaire comme celui-là. Donc il y a beaucoup d'émotion. Ce qu'on ressent le plus chez eux c'est beaucoup de joie d'être ici, beaucoup de fierté, et puis quand on leur parle, qu'on les interviewe, il y a toujours une petite larme au coin de l'oeil puisqu'ils se souviennent évidemment de leurs camarades tombés sur ces plages. Les touristes qui les rencontrent expriment un grand engouement pour ces vétérans. Ils sont 1800 attendus en Normandie et ces vétérans se font prendre en photo avec les touristes, les gens les embrassent... On a vu un groupe de trois Américaines chanter une petite chanson des années 1940 à un vétéran de 94 ans, ce même vétéran qui nous disait avec beaucoup de facétie : 'je ne vous ai pas tout raconté parce que j'en garde pour le 80ème et le 90ème anniversaire...' Et puis, il y a quelque chose qui revient aussi : ils ont peur qu'il y ait une nouvelle guerre, ils en parlent et ils regrettent que leur sacrifice n'ait pas pu servir pour que nous ayons une Europe et un monde beaucoup plus en paix. Olivier Péguy : De manière générale, les commémorations autour des guerres attirent de nombreux touristes français et étrangers. Comment cela s'explique ? Laurence Alexandrowicz : Il faut dire que 2014 est une année exceptionnelle puisqu'on fête le 70ème anniversaire du débarquement en ce début de mois de juin. Et à la fin du mois de juin, à Sarajevo, il y aura également le centenaire de la guerre de 1914. Je pense qu'en période de crise les gens se raccrochent à ces valeurs véhiculées par ces jeunes soldats venus libérer la France et l'Europe. Il y a beaucoup de touristes, notamment américains, qui nous ont dit combien il était important pour eux d'honorer la mémoire des morts. Et puis, comme je l'ai dit, dans dix ans il n'y aura peut-être plus de vétérans. C'est pour cela que cette année, il y a spécialement beaucoup de monde. On attend d'ailleurs en Normandie, entre juin et septembre, pour les 400 manifestations organisées autour de cet anniversaire du débarquement, 8 millions de touristes.
Vidéos A la une
Un début de dialogue prometteur... C'est l'impression qui domine après la rencontre, vendredi en France, des présidents russe Vladimir Poutine et ukrainien Petro Porochenko, en marge des célébrations du Débarquement du 6 juin 1944. Les deux dirigeants se parlaient pour la première fois. Et pour cause :le Russe n'a pas reconnu formellement la légitimité de l'Ukrainien. 'Nous nous sommes assis et nous avons parlé pendant environ un quart d'heure, a commenté Vladimir Poutine sur une chaîne de télévision russe. Je ne peux pas vraiment vous dire qu'il s'est agi d'une conversation détailllée. Néanmoins, nous avons abordé les principaux sujets relatifs à la résolution de la situation actuelle en Ukraine et au développement de nos relations économiques. Je ne peux pas ne pas saluer la position de M. Porochenko sur la nécessité de faire cesser immédiatement l'effusion de sang dans l'est de l'Ukraine, a-t-il poursuivi. Il a un plan pour cela. Mais ce que ce plan dit, c'est à lui qu'il faut le demander.' Le président ukrainien n'a pas voulu préciser. Il s'est contenté d'afficher un certain optimisme en qualifiant cet échange de 'bonne chose' et en évoquant la venue en Ukraine d'un représentant russe pour discuter de 'premières mesures'. Vladimir Poutine a également rencontré son homologue américain, Barack Obama. L'entretien a duré une dizaine de minutes. On ne sait pas ce que les deux dirigeants se sont dit. Les Américains avaient démenti la rencontre. C'est la présidence française qui l'a fait fuiter... sans doute pour valoriser la belle performance diplomatique que le chef de l'Etat français François Hollande, très impopulaire dans son pays, a réussi à l'occasion de ces commémorations.
Vidéos A la une
Les coups de canons ont résonné au-dessus d'Omaha Beach, au cimetière de Colleville-sur-Mer, où sont enterrés plus de 9.300 soldats américains. Barack Obama a rendu un vibrant hommage aux G.I.s tombés en Normandie, ainsi qu'aux vétérans présents à la cérémonie. 'Quand le monde vous rend cynique, arrêtez-vous une seconde et pensez à ces hommes. Si vous pouvez vous lever, s'il vous plaît, levez-vous ; si vous ne pouvez pas, levez votre main pour que nous puissions, une fois encore, leur montrer notre reconnaissance. Ces hommes ont fait la guerre pour que nous puissions connaître la paix. Ils se sont sacrifiés pour que nous puissions être libres. Ils ont combattu avec l'espoir qu'un jour, nous n'aurions plus besoin de nous battre. Nous leur en sommes reconnaissants.'' Un hommage a également été rendu aux soldats britanniques à la cathédrale de Bayeux, en présence du couple Cameron et des membres de la famille royale, dont le Prince Charles et son épouse Camilla. La reine Élisabeth a déposé une gerbe au cimetière militaire, où reposent plus de 4.600 soldats. Puis les chefs d'État et de gouvernement se sont retrouvés pour un déjeuner au château de Bénouville. L'occasion d'une grande photo de famille pour célébrer, malgré les tensions actuelles, l'unité des Nations, 70 ans après la bataille de Normandie.
Vidéos A la une
L'image était très attendue : celle de Barack Obama, Vladimir Poutine et Petro Porochenko réunis pour la première fois. Le cliché a été pris, ce vendredi, au château de Bénouville à l'occasion des cérémonies du 70e anniversaire du débarquement allié en Normandie. Le déjeuner d'Etat s'est avéré très politique pour François Hollande en pleine crise ukrainienne, dans ce haut-lieu de la résistance. Deux rencontres bilatérales, russo-ukrainienne et russo-américaine, ont ainsi eu lieu en marge du déjeuner. La vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement a ensuite rejoint la petite ville d'Ouistreham, dans le Calvados, pour assister à la cérémonie internationale. 28 845 soldats britanniques précisément, épaulés par les 177 fusiliers marins français du commandant Kieffer, étaient chargés de débarquer sur cette plage, baptisée 'Sword Beach' par les alliés. Cette place forte de la défense allemande fut le théâtre, elle aussi, de combats sanglants. 630 soldats britanniques et dix Français y sont morts le 6 juin 1944. 8000 personnes ont été invitées à la cérémonie, dont 1800 vétérans, bercés par un soleil radieux. Il y a soixante-dix ans, la météo avait été moins clémente : beaucoup périront noyés dans une mer démontée. Dans l'unique discours de cette cérémonie, François Hollande a salué le courage des soldats britanniques, des alliés, de l'Armée Rouge, et des peuples de l'ex-URSS. Il a également rendu hommage aux Allemands, 'victimes eux aussi du nazisme', selon lui. Profitant de cette audience exceptionnelle, il a insisté sur le 'devoir' de paix des dirigeants mondiaux. 'La liberté est un combat. La liberté n'est pas une évidence comme certains pourraient le croire au sein de nos nations, ceux qui pensent que la liberté est comme l'air que nous respirons, naturel, et qu'il n'y a même pas lieu d'y penser. Pourtant la liberté est toujours un combat, elle n'est jamais acquise', a déclaré le président français. La cérémonie s'est achevée par un spectacle de 45 minutes retraçant les étapes importantes du Jour J et de l'histoire de l'Europe. Une manière poétique d'insuffler aux jeunes générations la passion de l'Histoire et un certain sens du devoir de mémoire.
Vidéos A la une
Des tractations diplomatiques autour de l'Ukraine ont eu lieu ce vendredi en marge des cérémonies de commémoration du Débarquement. Les présidents russe et ukrainien se sont parlés pour la première fois directement. C'était au château de Bénouville en Normandie, juste avant le déjeuner des dirigeants. Les deux hommes se sont même serrés la main. Une source affirme qu''un dialogue a pu s'amorcer autour de possibles mesures de désescalade'. L'agence russe Ria Novosti, citant le Kremlin indique même que les deux hommes appelent à la cessation des hostilités et des activités militaires dans l'est de l'Ukraine. Par ailleurs, on a appris que Vladimir Poutine a également eu un bref entretien avec le président américain Barack Obama. Il s'agit de la première rencontre directe entre les deux hommes depuis le début de la crise ukrainienne.
Vidéos A la une
Ernest Côté aura 101 ans le 12 juin prochain. Le débarquement, il l'a vécu et malgré les années, ses souvenirs sont restés intacts. Laurence Alexandrowicz, notre envoyée spéciale pour les commémorations du Débarquement a rencontré le vétéran canadien francophone. À l'époque responsable logistique pour la troisième division d'infanterie canadienne, Ernest Côté a débarqué le 6 juin 1944 sur Juno Beach. 70 ans plus tard, il raconte. 'Le débarquement pour les Canadiens avait commence vers 8h, je pense, mais ça allait très bien sauf qu'il y avait des morts à droite et à gauche évidemment', dit le vétéran. Si Ernest Côté n'oubliera jamais ses nombreux camarades tombés ce jour-là, il garde aussi un souvenir parfait du flegme britannique, inébranlable même en temps de guerre. 'Les soldats Britanniques étaient contre une rampe, un groupe d'entre eux buvait une tasse de thé alors j'ai dû en aviser un capitaine. Je lui ai dit : 'écoutez quand vous aurez fini le thé, ôtez-nous les morts le plus vite possible parce que ce n'est pas bon pour le moral de la troupe qui rentre'', se souvient Ernest Côté. Ernest Côté avait 31 ans quand il a débarqué pour la première fois en France. Il est l'un de ceux qui ont planifié les détails de l'opération 'Overlord'. 'À la planification , on devait atteindre un objectif qui se trouvait à 8 km mais les fantassins, comme on dirait en latin 'pedibus cum gambis', ne vont pas loin alors à la quatrième vague de soldats, on leur avait fourni au moins une centaine de bicyclettes pliantes pour atteindre leur objectif', explique-t-il. L'ex-lieutenant colonel se souvient aussi avec humour et tendresse de l'accueil extraordinaire des Normands. 'Ce sont eux les premiers de la troupe qui avaient des prisonniers Allemands. Les soldats canadiens ont été choyés par les Normands avec un peu de Calva et tout le reste. Canadiens et Normands étaient heureux comme des princes malgré le fait que ces derniers avaient perdu femmes, enfants et maisons. Ils ont beaucoup souffert les Normands et quand on voit aujourd'hui la prospérité, on n'en revient pas. C'est la prospérité qui provient d'être libéré du joug Nazi', dit Ernest Côté. Dans le cimetière canadien de Beny Reviers, près des stèles à la mémoire des vétérans et des soldats canadiens morts pendant la Seconde Guerre mondiale, Ernest Côté se rappelle le prix de la liberté : 'pour moi, c'est un souvenir de ceux qui malheureusement ont du perdre leur vie ici, mais que voulez-vous, la liberté a un prix. Venir voir ces stèles toutes rangées représente le sacrifice que ces individus ont fait pour la Liberté'. Laurence Alexandrowicz, euronews: 'Dans cette paisible campagne normande, le cimetière canadien de Beny Reviers est là aussi un lieu de mémoire extrêmement émouvant. Plus de 2 000 hommes reposent ici et le plus jeune Canadien enterré en Normandie avait à peine 16 ans'.
Vidéos A la une
François Hollande accueillant chaleureusement Barack Obama... C'était cet après-midi, en Normandie, sur la plage de Ouistreham, l'une des cinq plages du Débarquement, théâtre 70 ans après d'une cérémonie commémorative grandiose, qui a réuni de nombreux chefs d'État et de gouvernement. Et comme prévu, Barack Obama et Vladimir Poutine n'étaient pas assis côte à côte. La reine d'Angleterre a été très applaudie, elle qui avait 18 ans au moment du Débarquement. Parmi les invités de marque, il y avait aussi le nouveau président ukrainien Petro Porochenko ou encore la chancelière allemande Angela Merkel. Dans son allocution, François Hollande a rendu hommage à toutes les victimes du nazisme, et il a appelé les Nations à poursuivre le combat pour la paix : 'Nous avons encore à faire notre devoir de préserver l'héritage qui nous a été laissé. Le devoir de faire progresser l'union des peuples d'Europe, pour ceux qui sont Européens ; notre devoir de renforcer le rôle des Nations Unies ; notre devoir de défendre partout les droits de l'Homme.' Un spectacle émouvant a ponctué cette cérémonie. Divisé en quatre actes, il a retracé les différents épisodes du Débarquement, le chemin vers la victoire et la paix et enfin la construction européenne. De notre correspondante en Normandie, Laurence Alexandrowicz : ''Ce spectacle nous a rappelé combien cet endroit, combien ces plages ont façonné l'Europe. Ouistreham, centre du monde aujourd'hui avec 19 Chefs d'État. Un 70ème anniversaire exceptionnel axé sur la transmission, parce que c'est sans doute la dernière fois que la plupart des vétérans participeront à un événement comme celui-ci.'
Vidéos A la une
Parmi les centaines de vétérans du Débarquement présents aux différentes cérémonies, il y a Bernard Dargols, 94 ans. Il est un des rares Français à avoir participé aux opérations sous uniforme américain. Et pour cause, au début de la guerre, il se trouvait aux Etats-Unis. Pour lui, pas question de rentrer en France sous le régime de Vichy. Le sol français, il ne le reverra qu'en ce début du mois de juin 1944... 'J'avais quitté la France à 18 ans, comme un jeune adolescent, raconte-t-il, et là, j'arrive à 24 ans, six ans après, avec un uniforme américain, le grade de sergent-chef. Revoir éventuellement ma famille, mes amis, mes copains, cela a été un moment d'émotion difficile à décrire.' Avec ses compagnons d'armes, Bernard Dargols débarque à Omaha Beach. 'J'ai fait les 100 derniers mètres au milieu d'un bombardement comme jamais je n'en ai entendu, raconte-t-il. Cela résonnait dans le ventre. Ce n'était pas un bombardement allemand, mais un bombardement allié, dont le but était de nous permettre de prendre pied avec plus de sécurité en France. Mais ce bombardement a tué des civils français, il a démoli des maisons françaises, des logements'. Plus de 150 000 hommes ont débarqué le 6 juin 1944. Beaucoup y sont restés. 'Dans le cimetière de Colleville-sur-mer, reposent exclusivement des soldats américains tombés pendant toute la Seconde Guerre mondiale, explique l'envoyée spéciale d'euronews, Laurence Alexandrowicz. Les victimes du Débarquement représentent seulement 10% des sépultures. C'est un endroit extrêmement émouvant, l'endroit le plus visité de tous les monuments liés au débarquement en Normandie.
Vidéos A la une
Huit millions de personnes sont attendues en Normandie entre juin et septembre pour les 400 manifestations prévues pour le 70e anniversaire du débarquement allié. Parmi ces visiteurs, de nombreux collectionneurs, venus de plusieurs pays, comme ce Belge : 'depuis l'âge de 10 ans, j'ai toujours aimé jouer au soldat. Mon père était déporté, donc on a eu des souvenirs assez marquants. On a des résistants dans la famille, alors on a effectivement le devoir de mémoire.' Des centaines de collectionneurs de matériel militaire sillonnent la région depuis plusieurs jours. C'est l'effervescence à l'approche du jour J. C'est aussi de grands moments d'émotions et de réflexions. 'C'est déchirant pour moi en tant que mère de savoir ce qui est arrivé ici et combien de garçons sont morts ici ', souligne une Américaine. 'Il est très important de se rappeler ce que nous avons fait pour essayer de protéger la liberté et permettre aux gens de faire leur propre choix dans la vie', ajoute une autre touriste venue des Etats-Unis. Avec ses musées, ses cimetières, ses vestiges du débarquement et autres monuments, la Normandie est une des régions de France les plus riches en sites liés à l'Histoire. Elle a attiré cinq millions de touristes en 2012, selon le Comité régional de tourisme. 'L'enjeu après ce 70e anniversaire sera de faire venir de nouveaux visiteurs en Normandie, souligne notre reporter Laurence Alexandrowicz. Les vétérans disparaissent et leurs familles, très nombreuses, viendront sans doute moins souvent'. Avec notre reporter Laurence Alexandrowicz
Vidéos A la une
La vue depuis le haut est impressionnante. Ces étranges fantômes de béton qui apparaissent à marée basse sur la plage d'Arromanches sont les vestiges du port artificiel. Haut-lieu de l'histoire du débarquement. Aucun soldat n'est venu se battre au corps-à-corps le 6 juin ici. L'endroit était destiné à la construction d'un port artificiel, dès le 7 juin. Churchill en a eu l'idée, faute de pouvoir capturer un port tenu par les Allemands. 115 caissons Phoenix, en béton, destinés à être coulés sont fabriqués en Angleterre, et tractés pendant 175 km. Frédéric Sommier, le directeur du musée : 'tous les ports principaux, Cherbourg et le Havre, étaient pris par les Allemands et bien tenus par les Allemands, donc il fallait trouver une solution pour débarquer la logistique, et il a trouvé cette idée fabuleuse de créer un port artificiel en Grande-Bretagne, de le tracter à travers la Manche et de l'installer ici'. Arromanches est libéré le 6 juin au soir et dès le 7 juin, les premiers bateaux sont coulés pour construire le port. Le 8 juin, les premiers caissons Phoenix sont immergés. Le 14 juin, les premiers déchargements commencent. Frédéric Sommier : 'dans un premier temps, pour créer une espèce de rade artificielle, on a coulé de vieux navires marchands pour créer un premier brise-lame avant d'amener les premiers éléments du port'. Complètement opérationnel dès le début du mois de juillet, le port artificiel d'Arromanches prouvera sa valeur lors de la grande offensive de Montgomery mi-juillet sur Caen. Frédéric Sommier: 'tous les éléments en béton, même les plus gros, qui pesaient 6 000 tonnes, flottaient. A l'intérieur de ce port, il y avait des plates-formes de déchargement, des quais d'accostage pour les bateaux, et à partir de ces quais ont été fabriquées des routes flottantes qui venaient jusqu'à la plage. Une route flottante, vous en avez une ici derrière le musée'. Situé face à la plage, le musée d'Arromanches est le plus important consacré au Débarquement. Des maquettes, des images d'archive, et des films aident à mieux comprendre le défi technique incroyable qu'a représenté la construction de ce port artificiel indispensable pour assurer le ravitaillement des Alliés. Alors que les tempêtes hivernales et les marées menacent chaque jour les restes de ce chef d'oeuvre d'ingénierie, on maintient en vie ici Mulberry Harbour, qui pendant des mois a permis d'amener renforts, munitions, nourriture et médicaments, contre la résistance allemande. Le port artificiel était gigantesque, 500 hectares, ça représente 714 terrains de football. Il a servi jusqu'à 18 000 tonnes de marchandises par jour.
Vidéos A la une
Il y a soixante-dix ans, l'Europe jouait son avenir lors d'une bataille historique. Le débarquement sur la Normandie a vu l'une de ses premières victoires ici, au dessus du pont de Bénouville, surnommé Pegasus Bridge, quand les parachutistes britanniques ont pris le contrôle du pont dans la nuit du 5 au 6 juin, empêchant ainsi toutes forces nazies d'arriver en renfort. Ce jeudi, en prélude aux commémorations de demain sur la plage de Ouistreham, le prince Charles, accompagné de plusieurs vétérans du Jour J, a traversé le fameux pont et a déposé une gerbe de fleurs sur le monument aux morts. Roy Catman est un ancien commando anglais, il se souvient : 'Nous avons eu pire que ça au Moyen-Orient. Mais c'était quand-même très effrayant. Il y avait des tirs de mortier et de mitrailleuses depuis les dunes de sables dans le fond de la plage. Mais on s'est battu et on est passé à travers'. Beaucoup des troupes appelées à débarquer en France sont parties de Portsmouth, en Angleterre. C'est là qu'une réconstitution a été organisée avec des soldats Britanniques et Néerlandais ce jeudi. Demain une vingtaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus pour les cérémonies, et pas moins d'un million de personnes tout le long de la côte normande.
Vidéos A la une
Huit millions de personnes sont attendues en Normandie entre juin et septembre pour les 400 manifestations prévues pour le 70e anniversaire du débarquement allié. Parmi ces visiteurs, de nombreux collectionneurs, venus de plusieurs pays, comme ce Belge : 'depuis l'âge de 10 ans, j'ai toujours aimé jouer au soldat. Mon père était déporté, donc on a eu des souvenirs assez marquants. On a des résistants dans la famille, alors on a effectivement le devoir de mémoire.' Des centaines de collectionneurs de matériel militaire sillonnent la région depuis plusieurs jours. C'est l'effervescence à l'approche du jour J. C'est aussi de grands moments d'émotions et de réflexions. 'C'est déchirant pour moi en tant que mère de savoir ce qui est arrivé ici et combien de garçons sont morts ici ', souligne une Américaine. 'Il est très important de se rappeler ce que nous avons fait pour essayer de protéger la liberté et permettre aux gens de faire leur propre choix dans la vie', ajoute une autre touriste venue des Etats-Unis. Avec ses musées, ses cimetières, ses vestiges du débarquement et autres monuments, la Normandie est une des régions de France les plus riches en sites liés à l'Histoire. Elle a attiré cinq millions de touristes en 2012, selon le Comité régional de tourisme. 'L'enjeu après ce 70e anniversaire sera de faire venir de nouveaux visiteurs en Normandie, souligne notre reporter Laurence Alexandrowicz. Les vétérans disparaissent et leurs familles, très nombreuses, viendront sans doute moins souvent'. Avec notre reporter Laurence Alexandrowicz
Vidéos A la une
Alors que l'Occident se prépare à commémorer le 70e anniversaire du débarquement, les célébations du D-Day sont l'occasion de rappeler le rôle énorme joué par la Russie dans la Seconde Guerre mondiale, et la victoire contre les Nazis. Dmitry Linnik est journaliste à Voice of Russia : 'les Russes ont payé le prix fort : 27 millions de personnes sont mortes, la moitié des Russes, et le reste des anciennes républiques soviétiques. C'est donc chaque famille qui a littéralement perdu quelqu'un à la guerre... C'est quelque chose qui est difficile à imaginer pour les gens en Occident' . Entrée en guerre aux côtés des Alliés en 1941, l'Union soviétique va réussir à repousser les offensives allemandes, jusqu'à la bataille de Stalingrad, l'une des plus sanglantes de l'histoire. Les lourdes pertes infligées à la Wehrmacht font de cette bataille un moment stratégique de la Seconde guerre mondiale. Les forces allemandes n'ont jamais repris l'initiative à l'Est, montré leurs faiblesses, et fragilisé leurs positions à l'ouest. Habbo Koch, historien à l'Université de Cologne : 'la défaite de l'Allemagne a commencé à Stalingrad et c'est devenu plus évident avec le D -Day, et les semaines qui ont suivi. Il n'y avait pas la défense militaire suffisante sur le terrain pour stopper l'avancée des forces alliées. Même si l'invasion de la Normandie n'a pas suffi à arrêter la guerre, qui a encore duré plus d'un demi-année'. Lors des commémorations du D-Day, les dirigeants occidentaux vont cotoyer Vladimir Poutine pour la première fois depuis l'annexion de la Crimée, et son exclusion des pourparlers du G7. L'occasion de presser à nouveau le Président russe à desserrer son emprise sur l'Ukraine, sous peine de nouvelles sanctions. Mais même s'ils ont ravivé les souvenirs pas si lointains de la Guerre froide, pour les historiens, les récents événements en Europe orientale ne devraient pas estomper le rôle majeur joué par la Russie dans la victoire sur les Nazis. Pierre Defraigne, analyste politique : 'Poutine se trouve être avoir actuellement la fonction de président de la Russie, mais on ne peut pas nier la contribution de la Russie, du peuple russe, à la victoire juste parce que Poutine est un président abusif, et autoritaire.' Un président qui continue de bénéficier d'une cote de popularité que à faire pâlir d'envie bien des dirigeants occidentaux : 83 % des Russes approuveraient l'action de Poutine en tant que président, selon un récent sondage.
Publicité